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Archive for the ‘● INTERVIEWS’ Category

Interview. Avec le quintette Papanosh, le chanteur André Minvielle a mis en musique des poèmes de Jacques Prévert. C’est à la fois sérieusement fait et plein de fantaisie. Assister à leur « Prévert Parade » est un bonheur qui ne se refuse pas !

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Qu’est-ce qui a déclenché la réalisation de cette « Prévert Parade » ?

Le comédien Fellag, avec qui j’ai travaillé, a suscité en moi un grand intérêt pour cet auteur en me passant le poème « Étranges étrangers ». J’ai bricolé une adaptation que j’ai envoyée aux ayant droits, lesquels l’ont apprécié et m’ont encouragé à aller plus loin.

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Interview. En compagnie de la pianiste Hélène Couvert, la flûtiste Juliette Hurel rend un très bel hommage à des compositrices françaises qui ont écrit de superbes œuvres au tournant des 19e et 20e siècles. En seconde partie, elles reçoivent le renfort de la comédienne Julie Depardieu pour évoquer Misia Sert, née Marie Sophie Olga Zénaïde Godebska et surnommée « reine de Paris », pianiste et figure importante de la vie culturelle de cette époque.

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Augusta Holmès, Mel Bonis, Clémence de Grandval, Cécile Chaminade, Lili Boulanger : la plupart des compositrices dont les œuvres figurent à votre programme sont méconnues…

Ce qui n’est pas normal ! Quelques-unes ont connu une certaine célébrité, mais il faut dire que composer de la musique quand on était une femme à cette époque, ça ne se faisait pas. C’est pour cela que Mélanie Bonis est devenue Mel Bonis, afin que l’on ne sache pas qu’il s’agissait d’une femme. Mais ce n’est pas cet aspect des choses qui nous a incité à créer ce programme, même si le fait qu’il réunit des pièces écrites par des femmes lui donne une unité. C’est la curiosité qui nous a guidé. Personnellement, j’ai un faible pour la musique française de la fin du 19e siècle et du début du 20e. Surtout, évidemment, pour les œuvres destinées à être jouées à la flûte qu’ont composées Fauré Debussy, Ravel…

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Interview. La chanteuse Lou Tavano et son compagnon, le pianiste Alexey Asantcheeff, ont composé une série de beaux morceaux, profonds et intenses. À découvrir en club, chez le Duc des Lombards !

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« Uncertain Weather » est un titre très évocateur…

L. T. : Cet album a été conçu au cours de séjours en Écosse, à Greenoch dans les Highlands. J’avais besoin de m’isoler pour faire le point sur ma vie. Nous étions dans une maison située face un paysage extraordinaire que je contemplais depuis un canapé situé dans un bow-window. J’assistais au spectacle qu’offrait la nature : pluie, tempête, grand soleil, ou même neige… Cette météo changeante correspondait parfaitement à ce qui se passait en moi !

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Interview. Anne la pianiste et son frère Yann l’écrivain vous invitent à vous rendre au port de La Scala pour vous élancer avec eux dans un périple musical et littéraire sur le thème de la mer. Cette grande artiste qu’est Anne Queffélec nous présente ce concert pas comme les autres qui est logiquement intitulé « En musique en mer ».

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Quel est votre rapport à la mer ?

Pour Yann comme pour moi, c’est quelque chose qui est lié à l’enfance. Nous sommes d’origine bretonne et nous avons passé beaucoup de temps chez notre grand-mère dans une maison située près de Brest, dans le Finistère. Les sensations que suscitent un tel environnement naturel, très puissant, restent profondément ancrées en vous, beaucoup plus que ce que vous avez pu vivre dans votre appartement parisien !

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Interview. Le pianiste belge Éric Legnini a écrit une très plaisante collection de chansons sans paroles qu’il interprète en trio, au disque avec le contrebassiste Thomas Bramerie et un guitariste, tantôt Rocky Gresset tantôt Hugo Lippi, chacun des deux possédant un style personnel. Ce beau travail dont le titre, « Six Strings Under », est un clin d’œil à la fameuse série « Six Feet Under » qu’il apprécie particulièrement, est à découvrir en club à l’approche de Noël. Un beau cadeau à se faire !

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Interview. Stéphanie chante accompagnée de Mathieu à la guitare. Avec beaucoup de délicatesse, le fraternel Duo Varnerin nous offre un bouquet de mélodies françaises dont les musiques ont été composées par Fauré, Debussy, Hahn, ou Séverac, afin de porter les textes de poèmes signés Mallarmé, Verlaine ou Charles Duc d’Orléans. De sa belle voix de soprano, Stéphanie Varnerin évoque ici le travail d’orfèvre qu’elle a accompli avec son frère.

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Quand on chante des mélodies, c’est normalement un piano qui assure les parties instrumentales. Qu’est-ce que cela apporte de le remplacer par une guitare ?

Cela permet par exemple de donner de nouvelles couleurs ou un peu plus de relief à ces œuvres. Nous ne les avons cependant pas fondamentalement modifiées.

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Dossier. Avec le printemps, une brassée d’événements consacrés au jardinage et à la nature, de même que des manifestations culturelles et festives éclosent chaque année. À vous de choisir votre ou vos temps forts parmi ceux que nous vous proposons dans ce dossier. Trouver des ides pour embellir votre jardin, écouter de la bonne musique au cœur d’un espace vert, tout est possible, même de participer ou assister à des compétitions sportives souvent originales.

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Interview. « Léonard de Vinci – La musique secrète » est le titre d’un concert de l’ensemble Doulce Mémoire donné à l’auditorium du Louvre, musée qui consacre comme on le sait une exposition événement au peintre de « La Joconde », tableau star de l’institution. On doit le beau programme de la soirée à Denis Raisin Dadre, flutiste et directeur de cet ensemble instrumental et vocal spécialisé dans la musique de la Renaissance. Il a mené avec passion de fructueuses recherches afin de retrouver les airs que Léonard de Vinci a pu interpréter.

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Peut-on suivre l’exposition en écoutant les enregistrements figurant sur votre disque ?

Absolument, je pense même que cela peut être très intéressant.

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Interview. Le compositeur et guitariste Frédéric Maurin s’est vu confier la direction artistique de l’Orchestre National de Jazz cette année. Jusqu’en 2022, l’ancien meneur de l’ensemble Ping Machine va développer des programmes inédits, mais aussi valoriser le répertoire de cette formation créée en 1986.

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Quelle est l’orientation que vous voulez donner à l’orchestre ?

J’ai décidé de ne pas privilégier une esthétique, chaque programme représentera un style. Nous avons commencé avec « Dancing in Your Head(s) », un hommage à la musique de Ornette Coleman et « Rituels », une œuvre collective et originale créée avec des chanteurs. Nous faisons de grands écarts, ce qui ne m’était pas facile à faire avec Ping Machine. Là, ça l’est, c’est même constitutif de notre mission. Nous allons aussi nous adresser au jeune public avec des spectacles spécifiques, ce qui n’existait pas auparavant. Il s’agit notamment d’un conte musical autour du mythe de Dracula. De plus, un orchestre constitué d’élèves issus d’écoles de musique ou de conservatoires va avoir pour tâche de faire vivre le répertoire de l’ONJ dont les premières pièces remontent à 33 ans, cela avec d’anciens directeurs de l’orchestre.

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Interview. Dirigeant l’orchestre de sa compagnie La Tempête, Simon-Pierre Bestion propose un spectacle très original,« Bach the Minimalist », avec la complicité de Jemma Woolmore laquelle se livre à une performance mapping video live. Des pièces du génial Jean-Sébastien y sont mélangées à d’autres, qualifiées de minimalistes, qui ont été écrites par des compositeurs des 20e et 21e siècles. Envoûtant !

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Votre compagnie se nomme La Tempête : c’est ce que vous promettez à vos spectateurs ?

Ah ! Habituellement, on me demande si c’est un hommage à la pièce de Shakespeare. Mais l’idée de la tempête me plait. Les éléments se déchaînent puis on attend de voir ce qui va se passer après, s’il va y avoir quelque chose de nouveau…

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Interview. La violoncelliste aventureuse Sonia Wieder-Atherton a commencé en 2012 un cycle de concerts hors norme, intitulés chacun « Odyssée ». À l’occasion de Nuit blanche, elle en donne six versions à la Cité de la musique. Cette invitation au voyage faite aux spectateurs, libres d’aller et venir dans la salle, les embarquera dans un périple sonore et visuel passant par les mondes de Bach, Bellini, Prokofiev, Krawzyck, Aperghis, ou Schumann, dont des œuvres croisent la route de pièces de Sonia Wieder-Atherton inspirées par des chants corses, hébraïques, ou arabo-andalous.

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Votre spectacle porte un titre évocateur. De quoi s’agit-il ?

C’est l’histoire d’un voyage d’une femme violoncelliste, laquelle est confrontée à différents sons. Je joue avec une bande-son comportant des bruits de vagues, de vent, de coups de tonnerre, etc. On y entend aussi des voix enregistrées dans divers lieux, au cours de résidences. Ce peut être une chanteuse, un écrivain, des enfants… Enfin, des gens qui avaient envie de participer à ce voyage !

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Interview. ne chante pas comme tout le monde et c’est une bonne chose ! Modulant en douceur sa voix, il vous subjugue sans difficulté. Avec Sandrine Marchetti (piano) et Paul Jarret (guitare), il présente ce soir les titres de « Vind », son dernier album en date, lequel lui « procure un sentiment d’aboutissement, de bien-être, d’évidence ». À nous aussi !

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« Vind », cela signifie vent dans les langues scandinaves. On pourrait dire qu’il s’agit plus d’une brise que d’une tempête…

Une brise, oui, mais qui cache une tempête intérieure ! Le vent est un élément que j’adore et il me paraissait idéal de choisir l’un des noms qu’on lui donne pour le titre de l’album. Consultant des dictionnaires, je tombais sur des mots comme mistral, par exemple, mais cela me semblait trop typé. Vind est plus général et comme j’aime beaucoup les musiques scandinaves, cela a été une évidence que de le choisir. D’ailleurs, je vais le conserver pour nommer notre groupe.

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Interview. Vivant entre New York et son pays, la Corée, après avoir séjourné un bon moment en France, Youn Sun Nah effectue inlassablement des tournées à travers le monde. Nulle part on est insensible à sa technique de chant parfaite et aux émotions que sa voix suscite. Cette superbe artiste retrouve Paris le temps d’une soirée en plein air au Parc floral.

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Comme la batteuse française Anne Paceo qui partage l’affiche avec vous au Parc floral et beaucoup d’artistes de jazz aujourd’hui, vous intégrez diverses influences dans votre musique…

Oui, Anne Paceo est d’ailleurs une musicienne que j’apprécie beaucoup. Le jazz ne connaît aucune limite, il offre d’innombrables possibilités.

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Interview. Le samedi en fin de journée, des espaces du château de Versailles se visitent en présence de musiciens et danseurs costumés comme au temps de Louis XIV ! Intitulé Sérénade Royale de la Galerie des Glaces, ce parcours est animé par des artistes de la Compagnie de Danse l’Éventail et de l’ensemble de musique baroque Les Folies Françoises dirigé par le violoniste Patrick Cohën-Akenine.

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Comment se déroule la Sérénade ?

C’est un dispositif bien rodé car cela fait plusieurs années qu’il existe. Vous êtes accueilli par un comédien dans le salon d’Hercule, puis une séance de chant accompagné de théorbe vous attend dans le vestibule de la Chapelle royale. Arrivé dans la Galerie des Glaces, vous assistez à une « turquerie », un ensemble de musiques et de danses qui évoque la venue d’un émissaire ottoman à la Cour de Louis XIV. La Sérénade se conclut par une scène d’escrime dans la cour de Marbre. L’idée est de montrer les différents arts que l’on enseignait et pratiquait à la Cour du roi. Écoutée lors de messes, de bals ou de soupers, la musique, par exemple, était permanente à Versailles, même si la radio n’existait pas encore !

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Interview. La soprano Julie Fuchs nous offre un magnifique programme consacré au bel canto à l’Opéra royal du château de Versailles, de même que sur l’album Mademoiselle. Avec le grand talent qu’on lui connaît, elle interprète ce soir des airs de Rossini, Fioravanti, Donizetti, Raimondi, Berlioz et Barbieri en compagnie de l’Orchestre National d’Île-de-France dirigé par Paolo Arrivabeni.

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Qu’est-ce que le bel canto ?

Littéralement, cela signifie beau chant. En tant que terme générique, le bel canto qualifie un répertoire écrit pour mettre en avant la voix. On le doit à beaucoup d’Italiens, mais pas seulement. Il est associé à la période romantique, quoiqu’il soit plus ancien qu’on ne le croit.

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Interview. Inscrite au programme de la série de concerts « Week-end Jazz en VF » de la Philharmonie, la batteuse Anne Paceo donne à cette occasion des titres de son nouvel album, Bright Shadows, à travers lequel elle s’aventure vers divers horizons musicaux en compagnie d’excellents instrumentistes et chanteurs.

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Le programme reflète-t-il bien ce qu’est le « jazz en VF » selon vous ?

Il est comme une photographie du jazz tel que le pratiquent des musiciens appartenant à une même génération, celle dont l’âge se situe actuellement entre 30 et 40 ans. Il expose bien la variété des propositions qui sont faites aujourd’hui, même si d’autres artistes encore auraient pu eux aussi y figurer, bien sûr !

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Interview. Voici un printemps très florissant pour la pianiste Vanessa Wagner qui donne Inland, son nouveau projet en solo consacré à des œuvres minimalistes, retrouve son confrère violoniste Augustin Dumay pour une nouvelle conversation à deux, puis participe à un concert orchestral avec Les Solistes Français.

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Inland fait suite à Statea, programme également consacré à la musique qualifiée de minimaliste, réalisé avec le musicien électro Murcof…

Qui était constitué de pièces de compositeurs de Satie, Cage, ou Adams. Dans le même esprit, mais seule cette fois, j’explore ce répertoire très prolifique en mettant en avant des musiciens pour beaucoup peu connus comme Bryce Dessner, William Susman ou Nico Muhly, aux côtés de plus célèbres tels que Moondog, Philip Glass, Michael Nyman ou Wim Mertens. C’est une sorte de voyage au cours duquel s’enchaînent des atmosphères différentes, quoiqu’une certaine mélancolie se dégage de ces morceaux intimistes. Il n’y a pas si longtemps que j’ose jouer des œuvres de ce répertoire, même si j’en écoute depuis un bon moment. J’essaie de trouver un équilibre entre l’interprétation de ces pièces et d’autres, appartenant aux domaines classiques, de même que j’aime travailler avec des artistes de diverses disciplines, ou me produire dans des lieux inattendus. Sortir de sa zone de confort est une bonne chose.

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Interview. Le superbe guitariste qu’est Biréli Lagrène est l’une des têtes d’affiche du Festival Jazz de Saint-Germain-des-Prés Paris. Il se produit ce soir en trio, afin d’interpréter les titres de son nouvel album, Storyteller, qui comprend entre autres des standards comme « On Green Dolphin Street », « Freedom Jazz Dance » ou « Wave ». Une occasion pour ce grand artiste de la six cordes de montrer l’étendue de sa palette sonore.

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Vous allez jouer dans le cadre d’un festival dont l’intitulé évoque la grande époque du Saint-Germain-des-Prés jazz…

Pas mal de choses se sont effectivement passées dans ce quartier à la fin des années 1940, notamment avec Django.

Lequel Django Reinhardt est une importante référence pour vous. Vous souvenez-vous de la première fois que vous avez entendu sa musique ?

Difficilement car je l’ai écoutée dès ma petite enfance ! On en jouait tout le temps dans ma famille. Je me souviens quand même qu’assez rapidement, je me suis mis à passer ses disques et à prendre une guitare pour essayer de la reproduire. Ensuite, j’ai découvert d’autres genres comme le jazz rock de groupes comme le Mahavishnu Orchestra, ce qui m’a énormément marqué.

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Interview. Manon retrouve l’Opéra Comique, où cet opéra de Jules Massenet, adapté du roman Manon Lescaut de l’abbé Prévost, est né en 1884. Il est présenté dans une production mise en scène par Olivier Py avec, dans le rôle-titre, la flamboyante Patricia Petibon. Marc Minkowski en assure la direction musicale à la tête des Musiciens du Louvre. Quelle affiche !

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Qui est Manon ?

C’est une jeune femme dont on ne connaît pas le passé, qui cherche à briller, mais aussi à exister par rapport aux hommes. Avec le chevalier Des Grieux, elle vit une histoire passionnée, tous deux formant une sorte de couple à la Bonnie and Clyde !

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Interview. De multiples influences irriguent les beaux morceaux que compose ce jeune pianiste, dont le jeu est aussi précis que brillant et généreux. Ils les interprètent ce soir en trio, avec les non moins excellents Dan Pappalardo à la contrebasse et Philippe Lemm à la batterie.

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Vos morceaux semblent raconter des histoires. Quelles sont-elles ?

La musique est en effet pour moi comme une forme de récit. Mais mes morceaux ne se référent pas forcément à des événements concrets. Chacun d’eux exprime plutôt le sentiment que quelque chose est en train de se passer. Ce que cela pourrait être exactement, c’est à vous d’en décider. J’aime emmener les gens en voyage grâce à ces morceaux, à la croisée des chemins, entre mon imagination et celle de chaque auditeur.

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Interview. Pianiste aventurier, Wilhem Latchoumia propose un récital sur le thème du « silence dans le son » ! On sait que l’absence de son joue un rôle important en musique et c’est avec des œuvres de Cowell, Dubedout et Scelsi qu’il le démontre ce soir entre les murs d’une galerie d’art, cadre qui se prête bien à l’écoute attentive de cet artiste.

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Vous venez d’enregistrer un album dans lequel vous mélangez des pièces issues du Cendrillon de Prokofiev à d’autres de Henry Cowell, compositeur surprenant de la première moitié du 20e siècle, lequel est au programme de votre récital…

Ce qui fait cohabiter deux mondes féeriques, Cowell s’étant beaucoup penché sur des traditions irlandaises empreintes de magie, ainsi que de spiritualité. Pour le récital, j’associe quelques-unes de ses pièces à des œuvres de Scelsi et Dubedout ayant elles aussi des liens avec la spiritualité, hindou notamment.

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Interview. Flûtiste et chanteuse, Naïssam Jalal a entrepris une « Quête de l’invisible », laquelle donne des résultats d’une beauté saisissante. Pour y parvenir elle fait se rencontrer le jazz et des musiques orientales. Propices à la méditation, mais également pleines d’énergie, ses compositions vous captivent sans difficulté. Elle se produit ce soir en compagnie du pianiste Leonardo Montana et du contrebassiste Claude Tchamitchian.

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Qu’est-ce que l’invisible qui est l’objet de votre quête ?

C’est tout ce qui est de l’ordre de l’intuition, de l’impalpable, de l’improvisation, de ce qui est en chacun de nous et que l’on nomme spiritualité, âme… C’est l’œuvre de Dieu si l’on est religieux, sinon on se contente de dire que tout cela est inexplicable. Pourquoi la musique nous fait-elle du bien, comment se fait-il que l’on puisse créer immédiatement un lien avec telle ou telle personne sans prononcer un mot… ? Voilà ce que j’essaie d’explorer à travers ma musique. Ce projet est différent des précédents qui évoquaient plus des sujets liés à des questions de société, avec ce que cela peu comporter de conflictuel. Je me suis penchée cette fois vers tout ce que notre existence peut nous offrir de beau.

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Dossier. Dès le 25 novembre, l’exposition « Les Nuits parisiennes » présentée à l’Hôtel de Ville va nous plonger dans une histoire allant du 18e siècle à aujourd’hui, en nous emmenant au Palais-Royal, au Moulin Rouge, au Tabou ou au Palace. Cette sorte de tournée des Grands Ducs nous donne l’occasion de faire un point sur le Paris noctambule d’aujourd’hui.

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« Paris la nuit c’est fini » chantait Manu Chao et son groupe Mano Negra au début des années 1990. Cette sentence définitive, combien de noctambules l’ont-ils proférée ? Tous ou presque depuis toujours, quand l’excitation d’avoir été là au bon moment pour vivre intensément une période marquante a cédé la place au désenchantement de l’avoir vue disparaître… tandis que d’autres vivaient à fond la hype du moment ! Si l’histoire de la fête nocturne parisienne a connu des baisses de tension, elle ne s’est pourtant jamais arrêtée. Mais au fait, quand a-t-elle commencé ? Depuis que la ville existe, bien sûr, mais pour l’historien Antoine de Baecque, commissaire de l’exposition « Les Nuits parisiennes – Du Palais-Royal au Palace », elle débute à la fin du 18e siècle en ce qui concerne l’organisation d’événements, la création de lieux et d’activités constituant peu à peu les bases d’un secteur économique florissant.

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Interview. Unis à la ville comme à la scène, selon l’expression consacrée, Ludmila Berlinskaïa et Arthur Ancelle donnent ce soir un florilège de pièces pour deux pianos, françaises et russes, plus quelques solos. Elles font partie des programmes de leur 2 Pianos Originals Project discographique. Aussi subtils qu’inspirés, ils nous révèlent des trésors rarement interprétés.

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Comment en êtes-vous venus à vous spécialiser dans l’interprétation d’œuvres écrites pour deux pianos, en plus de mener vos carrières en solo ?

A.A. Nous avons beaucoup exploré les transcriptions pour deux pianos, puis nous nous sommes aperçus qu’il existait un répertoire très important d’œuvres écrites directement pour ce duo d’instruments. C’est un domaine à part, trop souvent traité comme un parent pauvre. Hors, les chefs-d’œuvre abondent, même si nombre d’entre eux ont été oubliés. On a un peu tendance à jouer toujours les mêmes pièces.

L.B. Pourtant, il suffit d’aller regarder ce qui se trouve dans les bibliothèques pour en découvrir beaucoup d’autres…

A.A. … de même que d’aller dans des boutiques spécialisées où vous tombez sur des partitions de compositions qui n’ont jamais été jouées !

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Interview. Baum est un trio à cordes qui, sous le titre Ici-bas, interprète des mélodies de Fauré après les avoir arrangées sur le plan instrumental et en faisant appel à des chanteuses et chanteurs issus des univers jazz et pop. À cela s’ajoutent des « décrochages stylistiques » joués à la guitare électrique par Olivier Mellano, le directeur artistique de ce projet. On tombe sous le charme de ces airs dont on (re)découvre la profonde beauté. Sur disque, les vocalistes sont une vingtaine. Sur scène montent ce soir Camille, Élise Caron, Himiko Paganotti, Kyrie Kristmanson, John Greaves, Judith Chemla, Sandra Nkaké, Philippe Katerine.

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Dans quel état d’esprit avez-vous réalisés vos arrangements ?

L’idée était de retrouver au mieux toute la douceur qui émane des mélodies de Fauré. Nous restons fidèles aux partitions et, d’une certaine façon, nous sommes très proches de ce que l’on entend lorsqu’on les lit. Ce travail nous a demandé deux ans pendant lesquels nous nous sommes immergés dans la musique de Fauré. Plus nous plongions dedans, plus nous en tombions amoureux. Cette musique est envoûtante, à tel point que l’on surnommait ce compositeur « le maître des charmes ». Avoir réussi à mettre autant de beauté dans de petites formes telles que ses mélodies, est exceptionnel.

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Interview. Heureux qui, comme Lionel Loueke, a fait un beau voyage… The Journey est le titre d’un album très personnel qu’il vient de faire publier. Cet excellent guitariste qui a joué avec Herbie Hancock, Wayne Shorter, Chick Corea, ou Sting, y déploie un univers musical foisonnant empreint d’une rare sérénité.

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Quels sont les points de départ de votre Voyage ?

D’une part des réflexions sur les choses de la vie de tous les jours, de même que sur des sujets qui me tiennent à cœur comme la question du réchauffement climatique ou des migrations, ainsi que mon histoire personnelle. J’ai grandi au Bénin, puis je suis allé à Abidjan en Côte d’Ivoire pour étudier la musique classique, ensuite à Paris et aux États-Unis afin d’apprendre le jazz. Je sais donc ce que c’est que de quitter son pays, ce que l’on ne fait pas toujours avec plaisir, afin de concrétiser ses espoirs. J’ai voulu faire passer mes messages dans la douceur. Selon moi, c’est la meilleure façon d’éveiller les consciences.

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Interview. Norman Granz fut le programmateur des concerts « Jazz at the Philharmonic » dans les années 1940 et 1950, période durant laquelle il inventa des arrangements avec cordes pour l’interprétation de standards par le saxophoniste Charlie Parker. Éminent successeur de Granz, Christophe Dal Sasso revient sur ce travail et en propose une nouvelle version donnée au cours d’une soirée… « Jazz at the Philharmonie », explicitement sous-titrée « Charlie Parker / Bird with Strings Revisited ». Les saxophonistes Géraldine Laurent, Pierrick Pédron, Thomas de Pourquery, Olivier Bogé et Logan Richardson en sont les solistes.

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Quel est le programme de la soirée ?

Il comprend tous les standards du disque Charlie Parker with Strings, plus d’autres que Parker a joués en concert. Je les ai réarrangés de manière à ce qu’ils sonnent différemment, mais tout en gardant l’esprit initial. Avec quatre violonistes, deux altistes, un violoncelliste plus un quintette à vents, ainsi qu’un contrebassiste et un batteur, les saxophonistes vont interpréter un ou deux morceaux en solo et d’autres à plusieurs. En ce qui me concerne, après avoir passé des mois à écrire les arrangements, je me contenterai d’écouter ces artistes, ce sera pour moi une récompense !

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Interview. La formation dirigée par Clément Mao-Takacs nous offre un beau programme qu’il donne au musée d’Orsay à l’occasion de l’exposition Picasso. Bleu et Rose. Datant pour la plupart du début du 20e siècle, comme les tableaux du génial Pablo, les pièces qui le constituent sont signées de Stravinsky, Debussy, Weill, de Falla, Rota et Satie, la Parade de ce dernier étant l’un des morceaux de choix de la soirée.

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Intitulé « Fêtes et parades », votre concert s’annonce joyeux…

Cela dépend dans quel sens on prend ce terme. Le point de départ ce sont les tableaux présentés dans l’exposition, dont un certain nombre présentent des sujets liés au cirque. On y perçoit à la fois de la douceur et de la douleur, de même que de la fatigue. Lorsqu’on va au cirque quand on est enfant, on ressent un mélange de joie – car le spectacle est festif et excitant – et de mélancolie, laquelle peut être suscitée par un numéro de clown par exemple, ou la vue d’animaux en cage. C’est cette ambivalence des sentiments que je veux exprimer à travers le concert.

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Interview. Airs populaires de tous les pays, unissez-vous ! L’interprétation jazzée de chansons provenant de diverses parties du monde à laquelle se livre le quartette formé de Yoann Loustalot (trompette, bugle), François Chesnel (piano), Frédéric Chiffoleau (contrebasse) et Christophe Marguet (batterie) est des plus pertinentes. Yoann Loustalot nous en dit plus sur ce beau projet, bien abouti.

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Comment vous est venu l’idée de jouer ces airs populaires ?

D’une manière imprévue. Lorsque des musiciens se réunissent pour essayer des choses, chacun apporte des matériaux musicaux divers. Un jour, j’ai joué un air traditionnel suédois que j’avais en tête, une superbe mélodie permettant de réaliser d’intéressantes improvisations. Chacun d’entre nous a ensuite choisi deux ou trois morceaux issus de folklores auxquels il était attaché, tous étant associés à une histoire : des souvenirs d’enfance ou de voyage, des coups de cœur discographiques, etc.

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Interview. La claveciniste baroque Violaine Cochard, cofondatrice de l’ensemble Amarillis, forme un duo très original avec le pianiste de jazz Édouard Ferlet. Après la réalisation d’un premier projet consacré à Bach, les voici de retour avec un programme dont le thème est la danse. S’emparant de pièces classiques allant du 13e au 21e siècle, Ferlet les a comme recomposées pour leurs instruments…

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Votre duo est peu banal…

E.F. C’est la première fois à notre connaissance qu’un tel duo existe. L’idée est que nous gardions chacun ce qui fait notre univers, baroque pour Violaine, jazz pour moi, et que nous fassions se rencontrer ces deux mondes.

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Interview. Qu’il fasse chanter son piano ou qu’il se contente de ponctuer le jeu de ses compagnons, il fait toujours preuve d’une exceptionnelle musicalité. Ce soir, Jean-Pierre Como nous invite à découvrir une nouvelle série de compositions mélodieuses en compagnie de Christophe Panzani (saxophones), Rémi Vignolo (batterie) et Bruno Schorp (contrebasse).

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On est frappé par le soin que portez à l’aspect mélodique de vos morceaux…

Le fait est que je fais partie des musiciens de jazz mélodistes. J’adore les chansons. Je sais que d’autres composent d’une façon cérébrale, mathématique, rationnelle. Ce n’est pas mon cas. Mon inspiration c’est la vie, tout ce qui rythme notre quotidien, en bien ou en mal. Un bel endroit, une rencontre importante… Cela peut paraître naïf de dire cela, mais c’est vrai. Je ne maîtrise pas ce phénomène, c’est comme un souffle qui me traverse.

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Interview. C’est la première fois que le violoniste Renaud Capuçon joue à l’Olympia pour un programme entier. Il s’agit d’un florilège de pièces écrites pour des films par des compositeurs tels que Rota, Cosma, Legrand, Morricone, Williams, Desplat, Mancini, Korngold, ou Jarre, un certain nombre d’entre elles ayant fait l’objet d’une adaptation pour son instrument. Il donne ce concert avec l’Orchestre Lamoureux dirigé par Geoffrey Styles.

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Une certaine tendresse se dégage de l’ensemble…

C’est exactement le mot, j’ai réussi mon truc si vous me dites cela ! Le programme réunit des mélodies plaisantes, aptes à faire naître une sensation de bien-être – s’il y a un volume 2, peut-être aborderai-je des pièces exprimant d’autres sentiments. C’est un projet qui remonte à loin, j’y pensais depuis dix ans. En me plongeant dans le vaste répertoire des musiques de film, j’ai constaté que beaucoup de compositeurs français retenaient mon attention. Ce qui n’est pas un hasard car ils ont chacun une couleur particulière. Par exemple Georges Delerue ou Alexandre Desplat, qui sont très reconnaissables. Mais si j’ai voulu leur rendre hommage, le critère de sélection majeur reste l’attirance que j’ai à la fois pour les musiques et pour les films dans lesquels elles figurent – il était impensable pour moi de choisir la musique d’un film que je déteste. Lorsque je les ai enregistrées, le souvenir du moment où je les ai découvertes était très présent.

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Interview. Haïtien de Montréal, New York et de Paris, l’insaisissable Jowee Omicil est un souffleur jouant de divers saxophones, flûtes, clarinettes, ou trompettes, qui propose une musique bigarrée échappant aux classifications simplistes. Rencontré à Montmartre, quartier qu’il apprécie particulièrement, ce phénomène nous éclaire sur sa pratique du jazz. Celle-ci emprunte à différents styles de musiques, lesquelles sont d’origines géographiques diverses, cite des compositeurs comme Monk ou Mozart…

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Vos morceaux ont l’air de patchworks…

Oui, différentes sortes de musiques cousues ensemble… J’aime bien cette image, d’autant plus que j’ai un père couturier ! Quand je compose un « pantalon », je ne pense pas à un style particulier. J’essaie beaucoup de mélanges. Tel titre suivra une gamme orientale tout en groovant façon afrobeat, ou hip hop, un autre sera free en faisant un clin d’œil à Monk ou Parker…

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Interview. Thiefs (faute d’orthographe volontaire !) est une formation qui illustre parfaitement les liens forts existant entre les musiciens de jazz situés sur les deux rives de l’Atlantique. Le saxophoniste Christophe Panzani, l’un de ses fondateurs, nous en dit plus.

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Comment votre groupe est-il né ?

Tout a commencé à Paris où j’ai rencontré le contrebassiste Keith Witty. Nous nous sommes très bien entendus, notamment parce que nous sommes de la même génération et possédons la même culture. Nous avons pas mal joué ensemble pendant quelques jours et cela a continué lorsque je me suis rendu à New York où je vais souvent car j’y ai de la famille. D’où la formation de ce groupe, qu’ont entre autres rejoint des rappeurs et slameurs, comme Edgar Sekloka et Mike Ladd.

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Interview. Le pianiste virtuose François Chaplin nous offre deux programmes passionnants cet été. Le premier, donné en plein air au parc floral de Paris est consacré aux rapports entre Paris et les Amériques, tandis que le second, qui se déroule en deux parties dans l’Orangerie de Bagatelle, est en grande partie dédié à Debussy, dont on célèbre cette année le centenaire de la disparition terrestre.

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De Paris aux Amériques : votre premier programme possède un titre qui peut se lire dans les deux sens…

Il comporte des pièces qui expriment le grand attrait qu’ont opéré les musiques américaines sur les compositeurs européens au début du 20e siècle, notamment le jazz, lequel a fait souffler un vent de liberté à Paris. Et il comprend aussi en effet des œuvres d’Américains se sont inspirés de la capitale française, tels que Gershwin. Ce programme que je donne avec la pianiste argentine Marcela Roggeri et le clarinettiste Florent Héau va être festif et comportera des moments d’émotion.

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Interview. Florin Niculescu est un merveilleux violoniste qui figure parmi les plus importants artistes du jazz manouche, style qui doit beaucoup au compagnon de jeu du guitariste Django Reinhardt, son aîné Stéphane Grappelli (1908-1997). En quintette, il rend hommage à ce dernier au cours d’un spectacle réjouissant.

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Pourquoi cet hommage à « Monsieur Grappelli » ?

Cela fait 26 ans que je tourne en France et dans le monde en répandant le message musical délivré par mon maître, Stéphane Grappelli. J’ai eu envie d’exprimer mes sentiments envers lui à travers un spectacle au cours duquel je partage mes émotions avec une comédienne et une danseuse, en plus de mes musiciens. Il raconte donc un peu ma vie, comment j’ai quitté la Roumanie après la chute des Ceausescu afin de venir en France pour rencontrer Grappelli.

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Interview. Vivre comme un roi, cela vous tente ? Eh bien, rendez-vous au château de Versailles pour La Journée de Louis XIV, évocation en musique des temps forts qui rythmaient la vie quotidienne du monarque. Deux formations vous accompagnent du matin au soir dans le palais et ses jardins, l’ensemble Marguerite Louise, dirigé par Gaétan Jarry, et Le Poème Harmonique, mené par Vincent Dumestre. Ce dernier est un grand connaisseur de la musique jouée à l’époque du Roi-Soleil.

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Musicalement parlant, quel est l’intérêt de jouer dans ces lieux ?

Cela permet d’entendre les œuvres là où elles étaient destinées à être jouées, par exemple dans la Galerie des Glaces où les effets de réverbération étaient pris en compte par les compositeurs. C’est un peu la même chose que d’exposer un tableau dans un cadre absolument adéquat. À chaque fois que nous faisons ce type de concert, nous constatons que musiciens et publics réunis apprécient cette concordance.

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Interview. Avec le pianiste David Kadouch, le jeune violoncelliste Edgar Moreau nous gratifie d’un programme excellemment conçu, au disque comme sur scène. Consacré à la musique française de la fin du 19e siècle et du début du 20e, il se partage entre pièces connues et méconnues, telles que l’éblouissante sonate « Titus et Bérénice » de Rita Strohl (1865-1941), compositrice rarement jouée.

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Pourquoi ce programme exclusivement français ?

Sans être chauvin, j’ai eu envie de défendre la musique de mon pays. L’idée était de présenter une partie du répertoire français pour violoncelle et piano en exposant une certaine diversité d’écritures, Poulenc étant expressionniste, tandis que Franck et Strohl sont dans l’affect, le lyrisme…

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Interview. Le pianiste Michel Reis, le bassiste Marc Demuth et le batteur Paul Wiltgen forment un excellent trio qui vous emballe par ses mélodies parfaitement rythmées, dont les couleurs sont des plus variées. Ces trois Luxembourgeois adhèrent à ce grand mouvement qui a depuis une vingtaine d’années profondément fait évoluer l’art du trio, grâce à des artistes tels que Brad Mehldau ou Bobo Stenson. Michel Reis nous dit ici ce qui caractérise leur musique.

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Votre trio sonne comme un groupe…

Nous essayons de le faire du mieux que nous pouvons. Même si j’écris beaucoup de morceaux, il ne s’agit pas d’une formation destinée à m’accompagner. Nous discutons de toutes les options ensemble en ce qui concerne l’interprétation de ces morceaux. Nous nous connaissons depuis 20 ans, nous avons commencé à jouer du jazz tous les trois à l’occasion d’un concert donné dans notre lycée. Ensuite, nous avons chacun de notre côté suivi des formations, puis nous nous sommes vraiment retrouvés voilà sept ans.

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Interview. En concevant l’album Butter in My Brain, la chanteuse Claudia Solal et le pianiste Benjamin Moussay ont créé un univers musical qui n’appartient qu’à eux. Leurs délicates compositions possèdent un charme immédiat, comme vous le constaterez en vous rendant ce soir au Sunside…

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Le jazz est au cœur de vos chansons, mais pas seulement lui…

Pour le dire vite, ce sont des chansons d’art et d’essai. Elles résultent d’une forte attirance pour la pop anglaise et présentent des accents minimalistes. C’est la première fois que je réalise un projet qui n’est pas strictement jazz, lequel projet va dans les temps à venir m’amener à en concrétiser un autre plus ouvertement pop. Si j’ai toujours écouté du jazz chez moi [Claudia est la fille de Martial Solal], j’ai également nourri une passion pour la pop, notamment la new wave, ou encore pour les comédies musicales.

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Robert Carsen.jpgInterview. Pour écrire L’Opéra de quat’sous, Bertolt Brecht et Kurt Weill se sont inspirés de The Beggar’s Opera (L’Opéra du gueux), œuvre de John Gay et Johann Christoph Pepusch créée en 1728. Robert Carsen et Ian Burton en proposent une nouvelle version avec le chef des Arts florissants William Christie. Robert Carsen, qui en assure la mise en scène, évoque pour nous cette recréation.

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On connaît bien L’Opéra de quat’sous, moins The Beggar’s Opera

C’est une œuvre très particulière, importante dans l’histoire du théâtre, on peut dire qu’il s’agit de la première comédie musicale. Elle a été écrite à une époque durant laquelle on donnait beaucoup d’opéras en italien en Angleterre. Certains, comme John Gay et ses amis, trouvaient absurde que le public se presse pour voir des spectacles dans une langue qu’ils ne comprenaient pas et qui, de plus, montraient des histoires de dieux, de magiciens, etc. Ils ont donc conçu cette œuvre comme une satire de ces opéras. Composée de chansons populaires anglaises, écossaises et irlandaises, ses personnages sont d’un côté des voleurs, des assassins ou des prostituées et, de l’autre, des représentants de l’ordre corrompus. Elle tourne en dérision la capacité de l’homme à être malhonnête. Cela a été un énorme succès, les gens ont très bien compris son propos.

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Interview. Chanteur britannique à la voix de crooner énergique, le Parisien Hugh Coltman s’est jeté dans le bain revigorant de New Orleans pour élaborer une nouvelle série de chansons pleine de punch et de délicatesse qui mélange blues, jazz et folk. C’est immédiatement séduisant comme vous le constaterez en vous rendant au Bataclan ce soir.

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Votre album précédent, consacré au répertoire de Nat King Cole, a obtenu un beau succès…

Ce qui a incité un certain nombre de gens autour de moi à me conseiller de ne pas trop m’éloigner de ce registre. Mais j’avais envie de reprendre l’écriture de chansons. Alors je m’y suis mis… mais rien ne venait. Quand j’ai écouté C.W. Stoneking, un Australien qui fait du blues avec des couleurs calypso, ce qui est une démarche originale, cela a été un déclic qui m’a permis de trouver ma propre voie, laquelle allait passer par New Orleans…

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Interview. Une série de jeunes athlètes de la musique vont participer à un Bach Marathon, afin de confronter leur esprit créatif à celui du génial Jean-Sébastien. Sans prendre de grands risques, gageons que ce dernier comme ses lointains héritiers sortiront vainqueur de l’épreuve étant donné la qualité des artistes présents : Thomas Enhco (piano) et Vassilena Serafimova (marimba), Francesco Tristano (piano) et Federico Nitti (vidéo), Arandel (machines), ainsi que Electric Rescue (machines électroniques) et Gaspar Claus (violoncelle), lequel évoque pour nous sa contribution à cette très originale soirée.

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Qu’allez-vous jouer durant le Bach Marathon ?

Une pièce d’une trentaine de minutes intitulée « Variations », imaginée autour d’œuvres de Bach, comme le prélude de la Première Suite. L’idée était de les faire entrer en collision avec un autre type de musique, électronique en l’occurrence, de manière un peu punk mais tout en en restant admiratif. Cela peut être jugé blasphématoire, mais j’assume !

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Interview. Le saxophoniste et chanteur Thomas de Pourquery a fondé le groupe Supersonic, avec lequel il a exploré l’œuvre de Sun Ra voilà une poignée d’années. Ce septette qui porte bien son nom a récemment opéré un retour magnifique avec des compositions originales alternant des passages de tempête et des moments de quiétude réconfortants.

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Qu’est-ce qui définit votre groupe ?

Son son, qui lui est propre. Nous l’avons trouvé en interprétant la musique de Sun Ra, lequel est selon moi un grand compositeur classique, comme Bach !

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Interview. Aussi savant que plaisant, le nouveau projet de la contralto Nathalie Stutzmann lui fait enchaîner des bijoux d’airs baroques, principalement italiens. Ils sont extraits du recueil Arie antiche, constitué à la fin du 19e siècle par Alessandro Parisotti. Elle nous en interprète une partie ce soir en dirigeant son ensemble Orfeo 55.

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Qu’est-ce que sont les Arie antiche ?

C’est un équivalent de la Méthode rose destinée aux pianistes, un livre d’exercices pour les chanteurs débutants qui est utilisé depuis plus d’un siècle dans le monde entier. Il se compose de plusieurs volumes et on y trouve des airs pour tous les types de voix, chacun d’eux présentant des difficultés différentes.

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Interview. La prestation de Camille a fait boum lors de l’émission Prodiges de France 2 en 2014. Depuis, l’ascension des deux sœurs franco-suisses Berthollet a atteint des sommets hauts comme ceux des Alpes de leur enfance. Camille (violon et violoncelle, 19 ans) et Julie Berthollet (violon, 20 ans) font souffler un vent d’air frais dans le monde du classique en jouant avec grand talent des œuvres variées. L’entretien qui suit allie les propos de l’une et de l’autre, plus que jamais en accord !

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Vous allez jouer ce soir le programme de votre nouvel album, lequel est plutôt crossover

Oui, il s’agit de pièces qui nous touchent et qui, pour beaucoup, sont également appréciées d’un large public. Mais nous jouons aussi des œuvres moins connues comme le Trio élégiaque n°1 de Rachmaninov. Un accent particulier est mis aussi sur des musiques de films. Lors du concert, nous serons accompagnées par un orchestre, plus les pianistes Thomas Enhco et Guillaume Vincent. Et il y aura des surprises.

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Interview. Ce trio à vents nous entraîne dans un voyage dans le temps en remontant à la naissance du jazz. Il s’empare des formes premières de cette musique et les restitue à sa manière, laquelle est à la fois sérieuse et ludique. Ce beau travail est l’œuvre de Michel Feugère (trompette, bugle), Frédéric Couderc (saxophones, clarinettes, flûtes) et Julien Chirol (trombone), lequel se fait ci-dessous le porte-parole d’un ensemble dont le nom jette un pont entre notre début de siècle et celui du précédent, qui fut une période de créativité phénoménale.

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Votre trio est né récemment, mais vous n’êtes pas des débutants…

Nous jouons ensemble depuis une vingtaine d’années en diverses occasions. Nous avons notamment participé à des enregistrements d’albums de Jane Birkin, Jean-Louis Aubert ou Feist. L’envie de mettre notre complicité au service d’un projet qui nous tiendrait chacun profondément à cœur s’est concrétisée à partir de notre goût pour la musique française classique du début du 20e siècle, ainsi que pour le jazz des premiers temps qui en était le contemporain. Nous avons cherché à souligner les connexions entre les deux, lesquelles existaient de part et d’autre de l’océan.

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Interview. Aïrés : c’est sous ce nom que la trompettiste Airelle Besson, le pianiste Édouard Ferlet et le contrebassiste Stéphane Kerecki nous offrent une œuvre commune en forme de passerelle entre les mondes jazz et classique. Ces formidables solistes ne commettent aucune fausse note tout au long d’un projet discographique aérien dont la version scénique est à découvrir ce soir. Airelle Besson se fait pour nous la porte-parole de ce trio.

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Votre trio a pour particularité d’être sans leader…

Ou bien d’être un trio avec trois leaders ! Chacun est venu avec ses idées de reprises de pièces classiques ou ses propres morceaux.

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Interview. Résumer 20 ans de pratique musicale en trois concerts distincts, c’est l’audacieux défi que relève l’excellent Quatuor Psophos dans la petite salle du Bal Blomet avec plusieurs artistes invités, notamment des musiciens de jazz et la star Nemanja Radulovic. À cette occasion, nous rencontrons deux de ses membres : Cécile Grassi (alto), l’une des fondatrices avec Bleuenn Le Maître (violon), et Guillaume Martigné (violoncelle) qui a rejoint la formation en 2009 en même temps que Éric Lacrouts (violon).

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Quel effet cela fait d’avoir 20 ans ?

Cécile Grassi : Du bien ! Car cela prouve que nous avons su nous inscrire dans la durée, ce qui est important quand on fait ce que l’on aime par-dessus tout. C’était d’ailleurs notre ambition dès le départ, lorsque nous étions au conservatoire.

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Interview. Impressionnante de maturité, la trompettiste Lucienne Renaudin Vary a 18 ans. En trois années de carrière scénique seulement, elle est parvenue à obtenir une Victoire de la musique classique, dans la catégorie « Révélation Soliste instrumental », et à enregistrer un premier album sous son nom. Il comprend des pièces des domaines baroques et classiques, dont des airs d’opéra, ainsi que des standards issus de comédies musicales qu’elle joue à la manière jazz, accompagnée d’un orchestre. Elle en donne des extraits ce soir, après avoir interprété le Concerto de Hummel.

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Vous faites souvent l’analogie entre la trompette et la voix humaine…

Pour moi en effet, l’une et l’autre sont très proches du point de vue de l’expressivité. J’interprète d’ailleurs souvent à la trompette des airs qui sont habituellement chantés.

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