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Posts Tagged ‘Afrique’

Critique de disque. Durant plusieurs décennies, à partir du moment où la radio et le disque se sont répandus sur le continent, la musique congolaise a envahi toute l’Afrique sub-saharienne. Et même au-delà, jusqu’au Japon, où des groupes locaux se sont mis au soukous. Après avoir parfaitement exploré les GOLDEN AFRIQUE, vol. 2 (Network)répertoires d’Afrique de l’Ouest dans un premier volume, les compilateurs de Golden Afrique poursuivent leur beau travail avec une nouvelle et parfaite anthologie couvrant une fois de plus la période 1950-1980. Les stars sont là, tout comme les glorieux inconnus, ceux que seuls des connaisseurs peuvent dénicher. « Indépendance cha cha cha », qui figure ici, est de multiples façons exemplaires. C’est en effet un titre qui a servi d’hymne festif à toutes les nations africaines qui recouvrèrent leur liberté au tournant des années 1950 et 1960. C’est également une merveilleuse adaptation locale des rythmes cubains tels qu’on les appréciait alors sur le continent. Enfin, il permet de saluer Joseph Kabasele, surnommé « Grand Kallé ». Lui et son concurrent, Franco Luambo Makiadi qui connaîtra une grande renommée à la tête de son Tout Puissant OK Jazz, ont posé les bases de la rumba congolaise appelée aussi soukous. Cuivres éclatants, guitares électriques tricoteuses, percussions métronomiques, voix angéliques : tout concourt à provoquer une sorte d’hypnose et incite à bondir sur la piste de danse.

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Trois couleurs, un drapeau, un empireDossier. De par son passé colonial, la France a laissé son empreinte sur tous les continents. Lorsqu’on voyage, ignorer ce fait, c’est se placer dans des situations éventuellement conflictuelles dont on se passerait bien. Bien que faisant l’objet de fructueuses recherches universitaires, ce pan important de l’histoire de France, reste méconnu des citoyens de ce pays. Dans leur ensemble, ils ont du mal à prendre réellement conscience du phénomène. Comme on l’a dit à propos de la période vichyste, voilà un passé qui ne passe pas. Pourtant, l’heure semble venue de l’affronter. Les étals des libraires croulent à présent sous le poids de nombreux ouvrages destinés les uns au grand public, les autres aux spécialistes. L'Assiette au beurre - Deux d'un coup!...C'est superbe!De ce côté-ci, la question semble de moins en moins être de savoir s’il faut être pour ou contre le colonialisme.

Ce dossier n’a qu’une ambition : retracer les principales étapes d’une histoire coloniale qui a duré cinq siècles. En prendre connaissance est incontournable si l’on veut comprendre les relations qu’entretiennent la France et le reste du monde, ainsi que celles qu’ont nouées les Français dits « de souche » et leurs compatriotes issus des anciennes colonies.

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Critique de livre. Les ouvrages capables de nous initier à l’histoire du continent africain ne sont pas nombreux. Le livre de l’historienne Catherine Coquery-Vidrovitch est destiné au grand public qui y trouvera l’essentiel de ce qu’il faut savoir. Dans son introduction, l’auteure explique que pendant longtemps on a plus ou moins volontairement ignoré cette évidence : l’Afrique subsaharienne a une histoire ! Faute d’une masse de textes écrits, mais aussi en fonction de préjugés servant à justifier l’esclavagisme, le colonialisme et le racisme.

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Critique de disque. « Je suis allé à Kinshasa j’ai trop souffert (…). Les jaloux saboteurs aux yeux de crocodiles veulent mon échec, souhaitent ma misère ; voilà mon problème »… Cette chanson de style zaïrois enregistrée à Abidjan par un Tchadien (Maître Gazonga) est l’un des tubes absolus des années 1970 et 1980, quand de forts contingents de musiciens ouest-africains modernistes partirent à l’assaut de leur continent, de la France et finalement du monde. Période dorée s’il en est ! Cette impressionnante anthologie offre près de deux heures et demi de bonheur parfait en alignant quelques chefs-d’œuvre glanés dans des albums souvent difficiles à dénicher – nous insistons : tous les titres sélectionnés sont géniaux. Dakar, Bamako, Conakry, Abidjan – où de très nombreux artistes des pays voisins venaient enregistrer -, telles étaient les places fortes de la pop dans la région. Au terme de deux décennies d’indépendance, les jeunes nations de l’ex-Empire français affichaient une vitalité extraordinaire en matière de musique. Réunis pour jouer dans des bars d’hôtel ou des buffets de gare, pour représenter leur pays ou une administration, des centaines de musiciens ont alors acquis une expérience phénoménale, comparable à celles des jazzmen états-uniens des temps héroïques.

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Dossier. S’intéresser aux modes de vie des peuples de l’autre côté du monde, tout en respectant la diversité des cultures, cela va de soi en ce début de troisième millénaire. Il n’en a pas toujours été ainsi. Au milieu du XXe siècle, rompant avec les visions hautaines développées durant au moins un siècle en Occident, des chercheurs commencèrent à faire émerger des réalités inédites. En relatant leurs découvertes avec un grand souci d’honnêteté ou en donnant la parole à ceux que l’on n’avait jusqu’alors pas ou peu écoutés. Dans le feu de ce mouvement intellectuel déboula Jean Malaurie qui, en lançant une collection de livres remarquables, a bouleversé les certitudes passées et incité d’innombrables lecteurs à courir les routes… Créée en 1955, « Terre Humaine », éditée par Plon, fête aujourd’hui ses cinquante années d’activités.

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Critique de livre. Abasourdi, Didier Folléas a du mal à en croire ses yeux ce jour où il découvre un paquet de petites photos jaunies datant visiblement des années 1920. L’enveloppe dans laquelle elles sont réunies porte le nom d’Albert Londres. (…) Après s’être assuré de l’origine des clichés, cet historien et journaliste à ses heures se lance dans une enquête afin de les situer dans la chronologie d’une des plus retentissantes séries d’articles écrites par Londres – ils sont rassemblés en un livre titré Terre d’ébène. Passionné par l’Afrique, Folléas rédige dans la foulée un essai plein de vivacité permettant de replacer le travail du reporter dans son contexte.

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GEORGES SIMENONDossier. Tintin et Simenon : tels sont les deux grands reporters que la Belgique a donnés au XXe siècle. Cependant, si les écrits du premier nous restent inconnus, ceux du second ont bel et bien été publiés. Finalement, le seul point commun entre ces grandes figures de la littérature populaire reste qu’ils ont tous deux sillonné le monde ! Durant ses pérégrinations, Simenon le marin – il a essentiellement voyagé au fil de l’eau, douce ou salée – a ignoré peu de zones géographiques. On l’a rencontré au Cercle polaire, à Tahiti, New York, Odessa ou Port-Gentil, pour le compte de journaux qui lui offrirent de voyager contre quelques reportages. Des phrases courtes, des descriptions précises, une certaine rudesse de langage, une quasi-absence de pittoresque, une empathie réduite au minimum envers ses personnages : le style de Georges Simenon reporter, n’est pas très éloigné de celui de Simenon Georges, romancier.

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Critique de livre. Dire que les nombreuses photographies qui illustrent ce Carnet de vol font rêver est un euphémisme. Vues prises quasiment à ras de forêts, de plages ou de villages… Majestueux panoramas sur un volcan planté au milieu d’un grand lac, un atoll, le désert… Il en a vu du pays Thierry Barbier, depuis son ULM Sky Ranger, modèle d’engin volant ressemblant à un avion miniature.

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Critique de disque. Les rencontres entre musiciens du Nord et du Sud sont fort nombreuses. Moins courantes sont les fraternisations Sud-Sud. En voici une, et des plus réussies. Pour la cinquième fois en huit ans, des musiciens cubains et africains se réunissent pour perpétuer une fusion qui ne date pas d’aujourd’hui. Depuis les années 1930, sur toute la façade Atlantique, les rythmes cubains ont trouvé des oreilles plus que bienveillantes en Afrique. En somme, ces formes musicales héritées des esclaves africains revenaient au pays ! Quand sort « Indépendance cha-cha », ce merveilleux et énorme tube de Joseph Kabasele qui symbolise une nouvelle ère dans les années 1960, la jeune génération ne jure plus que par le style épicé des cousins américains.

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Tiken Jah Fakoly 2.jpgInterview. Des artistes de cette trempe, on n’en rencontre pas tous les jours. Connu dans toute l’Afrique de l’Ouest comme celui qui combat toutes les injustices, l’Ivoirien Tiken Jah Fakoly chante des textes forts, soutenus par des mélodies reggae roots d’excellente facture. Nous l’avons interrogé à l’occasion du lancement de son disque Coup de gueule.

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« J’ai la chance de pouvoir parler à haute voix, pour que tout le monde puisse m’entendre »

Votre Coup de gueule est très fort. On ne peut s’empêcher d’avoir peur pour vous…
Je suis fâché, comme des millions de personnes à travers le monde aujourd’hui. En ce qui me concerne, je suis en colère par rapport à ce qui se passe en Côte d’Ivoire, en Irak, en Tchétchénie… J’ai la chance de pouvoir parler à haute voix, pour que tout le monde puisse m’entendre. Il aurait été regrettable que je ne le fasse pas.

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Interview. Le grand chanteur malien Salif Keita nous parle de ses voyages et de son pays, où il a pu enregistrer son dernier album, M’Bemba, accompagné d’une pléthore de superbes musiciens. Aussi curieux que cela puisse paraître, pour qui ne connaît pas les difficultés du show business local, il n’est pas courant que les artistes africains aient les moyens de produire leurs disques chez eux.

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« C’est bien ce retour actuel à l’acoustique dans la musique africaine »


Que vous a apporté le fait d’avoir enregistré ce disque chez vous, à Bamako ?

Maintenant que j’ai toute la technologie nécessaire à domicile, ça me donne plusieurs avantages. L’un des plus importants, c’est que tous les musiciens dont j’ai besoin sont à proximité. Les transporter, les loger et les nourrir en Europe ou aux États-Unis, c’est une ruine. Et puis me plonger dans un environnement éloigné de chez moi ne se prête pas toujours bien à ce que je veux faire de mes chansons. À Bamako, quand on sort du studio, ce que l’on voit dans la rue nous inspire beaucoup et nous donne de l’énergie.

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Interview. Depuis plusieurs années, cet instituteur de profession a trouvé le moyen d’organiser de grands voyages sans se ruiner, plaçant des reportages par-ci, faisant publier des livres par-là. Son dernier ouvrage illustré de photos, Carnet de vol, raconte le périple en ULM qui l’a mené de Madagascar en France. Il nous fait partager son aventure à bord de ce moyen de transport hors du commun et nous confie ses bons plans sur l’île rouge.

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Qu’est-ce qui vous a incité à voler en ULM ?
Voler, c’est un rêve de petit garçon. Comme je suis du genre à concrétiser mes rêves dès que j’en ai la possibilité, je me suis lancé. J’ai fait du delta et du parapente, puis j’ai passé le thierry barbierbrevet de pilote d’avion. Posséder mon propre appareil étant au-dessus de mes moyens, j’ai opté pour l’ULM lorsque je me suis trouvé en poste à Madagascar. J’ai appelé tous les constructeurs pour voir lequel m’accorderait le plus de remise en échange de publicité. C’est de cette façon que j’ai pu me payer le moins cher, un kit de Sky Ranger. Je l’ai fait venir à Madagascar, ainsi qu’un mécano, et nous l’avons monté durant trois cents heures ! C’est un ULM trois axes, c’est-à-dire qu’il ressemble à un petit avion. Tout de suite, je suis parti à la découverte du ciel de Madagascar.

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Interview. Fondateur du très renommé label discographique Ocora, Charles Duvelle enregistre depuis quarante ans des musiciens traditionnels partout dans le monde, qu’ils soient professionnels ou pas. Après avoir quitté Ocora, il s’est consacré à la composition, puis est revenu à l’édition de disques avec la collection Prophet. Alors que cette dernière se boucle avec un quarantième volume, Duvelle, électron libre de l’ethnomusicologie, nous raconte son aventure.

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« J’ai eu, je pense, un choc comparable à celui des peintres du début du vingtième siècle, lorsqu’ils ont été confrontés aux arts dits primitifs »

Peut-on dire que vous êtes un ethnomusicologue ?

Être ethnomusicologue, c’est faire un peu d’ethnologie, d’ethnographie et de musicologie. Moi, je suis avant tout pianiste et compositeur. C’est donc en tant que musicien que j’ai voyagé et enregistré des musiques traditionnelles. J’ai cherché à les aborder le mieux possible, sans préjugé. Pas à les comprendre ou à les expliquer, car je ne pense pas que l’on puisse avoir cette prétention. Quitte à choisir une étiquette, je préfère le terme de musicologue. On devrait appeler ethnomusicologues les gens qui s’occupent d’une petite chose de la musicologie. Or ce qui est censé être de l’ethnomusicologie, c’est l’étude des musiques pratiquées par 95% de l’humanité, tandis que ce que l’on nomme musicologie est consacré aux œuvres des 5% qui restent. Berlioz, par exemple, relève plus de l’ethnomusicologie que l’étude de la musique chinoise. Cette dernière représente un grand pan de l’humanité, alors que Berlioz est un microphénomène de la musique du monde.

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Interview. Depuis 1989, grâce à Philippe Conrath, un vent chaud souffle sur la région parisienne durant la période de Noël. Africolor, le festival qu’il organise avec une petite équipe, réunit chaque année de nombreux spectateurs français et africains venus assister aux concerts donnés par d’excellents artistes du continent noir. Ils se déroulent dans plusieurs salles à taille humaine disséminées dans la Seine-Saint-Denis – dont le TGP, berceau d’Africolor. Durant ses années de journalisme à Actuel et Libération, Philippe Conrath a contribué à l’émergence des musiques africaines dans le paysage sonore français. Le festival et les tournées Africolor, ainsi que le label spécialisé Cobalt qu’il dirige, poursuivent cette belle histoire d’amour. Tout a commencé lorsqu’un jeune routard, attiré par une musique envoûtante, a posé son sac pour comprendre d’où elle venait…

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« Ce sont à la fois les artistes et le public qui m’ont fait comprendre les musiques africaines »

Vous souvenez-vous du moment où vous êtes tombé sous le charme des musiques africaines ?

C’était en 1975, j’avais 25 ans et je faisais le tour de l’Afrique de l’ouest à pied et en camion. Je suis tombé sur un concert de l’Ensemble instrumental du Mali à Sikaso. Cela a été un choc énorme. C’était une musique que j’entendais partout sur des cassettes ; mais quand j’ai vu ces 30 musiciens et chanteurs, je me suis rendu compte que cette musique essentiellement présentée comme rythmique était en fait une musique symphonique employant des gammes inédites. Elle avait un charme et une force extraordinaires. J’ai eu envie d’en savoir plus.

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Interview. L’industrie du spectacle cherche continuellement à nous vendre ses produits calibrés et sans originalité. Mathieu Boogaerts n’est pas de ceux-là. Ses chansons, faussement simples, racontent chacune des histoires très personnelles. Qu’elles soient drôles ou émouvantes, elles sont toujours touchantes. C’est au cours de ses très nombreux voyages que ce troubadour d’aujourd’hui écrit et compose.

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« Je me situe entre le touriste qui part durant ses congés et le “voyageur” »

En 1995, on vous a découvert dans un clip étonnant. Tout en chantant « Ondulé », vous vous faisiez tondre par trois personnes. Vous reveniez alors d’un long voyage…

Depuis quelques années, j’étais assez confiant, je savais où j’allais avec ma musique. J’écrivais toutes sortes de choses dans des carnets en sachant qu’un jour ou l’autre, ça me servirait. Par exemple, j’avais noté l’idée que je ferai un clip durant lequel je changerai de visage. Quand je suis parti en Afrique de l’est, je me suis laissé pousser les cheveux et la barbe, sans intention précise. Au retour, j’ai repensé à mon idée : c’était l’occasion de la concrétiser. Je l’ai réalisé avec l’aide d’une copine, pour le plaisir, mais de façon professionnelle. Et finalement, ce clip m’a permis d’avoir un contrat avec une maison de disques et d’enregistrer mon premier album.

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