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Posts Tagged ‘Algérie’

Amel Brahim DjelloulInterview. La fascination des Occidentaux pour l’Orient s’est notamment manifestée au XIXe siècle et au début du XXe dans le domaine de la musique. Inaugurant le cycle de quatre concerts Désirs de l’Orient, la lumineuse soprano Amel Brahim-Djelloul le prouve en donnant des pièces de Delage, Saint-Saëns, Caplet, Pierné, Massenet, Pillois et Stravinsky au cours de concerts intitulés L’Invitation au voyage.

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Tous les airs que vous allez chanter évoquent des contrées lointaines…

Ils ont été écrits sous l’inspiration de voyages ou de récits de voyage. Touchés par un souffle venu d’ailleurs, leurs compositeurs y abordent des langages musicaux différents de ce qui se pratiquait en Occident. Ils restent très énigmatiques. On y entend souvent de petites phrases en suspens qui se résument parfois juste à une idée. J’aime beaucoup ce répertoire qui est à la fois impressionniste, charmant et ludique.

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Critique de disque. Rimitti est un phénomène. À 80 ans passés, cette grande dame du raï en remontre à la plupart des chebs et chebbas du moment en matière de feeling. Il faut dire qu’elle a largement dessiné les contours du genre. Ce n’est pas en vain qu’on qualifie de cheikha, c’est-à-dire « maîtresse », cette femme d’expérience qui a débuté sa carrière CHEIKHA RIMITTI « N’ta goudami »dans les années 1930 comme danseuse, puis chanteuse aussi bien lors de fêtes religieuses, de mariages que dans des lieux de perdition. Rimitti, son surnom, vient, rappelons-le du fait que dans les bars où elle se produisait, elle incitait les clients à remettre ça… Avec les musiciens et d’autres vocalistes de sa génération, Saâdia Bedief – c’est son vrai patronyme – a créé le raï, mélange de thèmes d’origine bédouine et de musique arabo-andalouse.

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FRANK TENAILLE « Le raï » (Cité de la Musique - Actes Sud)Critique de livre. Le journaliste Frank Tenaille tient un fil chronologique pour raconter comment a émergé une multitude de vocalistes algériens à partir du début des années 1980, avec le raï comme mode d’expression. L’auteur raconte la naissance de ce style élaboré par une génération de maîtres, d’anciens – cheikh et cheikha –, qui, durant plusieurs décennies ont chanté le spleen des blédards échoués en ville durant la colonisation et les premières années de l’indépendance. Succédant à cette musique acoustique, usant d’instruments électriques et électroniques, le pop raï, lui, déboule au moment où la démographie explose en Algérie.

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Critique de disque. C’est émerveillé que l’on se laisse attraper par les chansons de cette anthologie charmeuse. Elle nous plonge dans une époque révolue, celle du music hall algérien des années 1950. Compositeur et LES STARS DU MUSIC’HALL D’ALGERIE (Nocturne)chanteur, José de Suza, alias Youssef Hagege, en est le fil rouge. Selon le principe de la collection bdworld, une bande dessinée raconte l’histoire d’un musicien (ici signée de Didier Zuili et Valérie Cohen), tandis qu’un cd présente quelques-uns de ses meilleurs enregistrements. Figurent également dans la sélection la diva Line Monty, le fantaisiste Blond Blond (auteur de l’inénarrable « Viens à Juan-les-Pins »), le volcanique Salim Halali, ainsi que Mustafa, Eva Montes… Faisant pratiquement toutes partie de la communauté juive d’Algérie, ces vedettes des scènes d’Alger et Oran ont créé un genre à part, la variété francarabe. Adoptant le format chanson à l’européenne, ces artistes ont intégré dans ce cadre des bribes de musique arabo-andalouse et des rythmes afro-cubains ou des volutes de tango, tout en mélangeant les langues française arabe. Un cocktail des plus enivrants que symbolise bien le titre « Cha cha oriental », avec son fameux refrain : « Chérie je t’aime, chérie je t’adore » !

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Critique de film et interview. Pour la première fois, un film documentaire raconte l’histoire de l’Algérie depuis son indépendance, proclamée en 1962. L’historien Benjamin Stora évoque pour nous sa contribution à ce film.

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Une fois de plus, la collection Histoires d’actualité s’est penchée sur l’un de ces points chauds de la planète qui occupent le devant de la scène médiatique. Comme d’habitude, on se rend compte que l’on ignorait presque tout des fondements même d’un conflit désastreux. Le récit, signé de Jean-Michel Meurice, Fabienne Strouvé et l’historien Benjamin Stora, est découpé en deux parties : Les Années d’espoir (1962-1975) et Les Années de cendre (1975-1994). Il couvre trente ans durant lesquels les Algériens ont essayé de concrétiser les rêves nés pendant la guerre contre la France coloniale de bâtir une vraie nation. La méthode de la collection fait de nouveau merveille.

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Critique de disque. Bilal ne fait plus précéder son prénom du qualificatif « cheb ». Bien que n’étant pas encore d’âge canonique, il n’affiche plus sa juvénilité. Lorsqu’on écoute son disque, il est d’ailleurs patent que ce chanteur de raï est un artiste arrivé à maturité. C’est bien simple, les huit titres de Hadi hala sont parfaits. Cet album est à la fois fidèle à l’esprit et à l’esthétique raï, tout étant réalisé avec soin. Le mérite en revient certainement à Mohammed Maghni, son arrangeur. Sur certains airs, on retrouve les couleurs vives du pop raï des années 1980 – voix très en avant, accordéon, mélange de claviers en arabesque et de percussions traditionnelles – ou la rugosité du style inventé par le groupe marocain Nass El Ghiwane dans la décennie précédente à une sorte de folk rock arabo-berbère très prenant. Pour d’autres, il s’est inspiré du meilleur de la pop libano-égyptienne, quand elle se fait délicieusement langoureuse et subtilement funky. Mais sans de bonnes chansons, ces belles constructions ne seraient que des coquilles vides.

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Critique de disque. Souad Massi propose une musique très personnelle, une sorte de folk pop teinté d’arabo-andalou qui ne correspond en rien à ce que l’on pourrait attendre d’une artiste algérienne. Quand on sait qu’à ses débuts, c’était le hard rock qui avait ses faveurs, on finit par être complètement dérouté. Belle claque envoyée aux tenants d’un formatage industriel des chanteuses, ainsi qu’à ceux qui ne conçoivent l’existence des femmes qu’en conserve, le succès de Raoui, premier disque de la demoiselle, a propulsé Souad Massi à l’avant de la cohorte des débutantes prometteuses. Son principal atout, c’est sa voix. Claire, douce, tantôt émouvante, tantôt enjouée, elle chante en français, en anglais et surtout en arabe des textes – traduits dans le livret -, de jeune femme sage qui, avec discrétion, veut vous dire des choses relevant de l’intime, ou exprimer un point de vue sur la marche du monde.

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Touaregs 1Dossier.  Les Touaregs forment l’un des peuples nomades qui font le plus rêver. Réputés farouches, ils ont conservé la plus grande part de leur culture, quitte à se rebeller contre les États cherchant à les assimiler. Prompts à prendre les armes pour défendre leurs intérêts, ils sont néanmoins de plus en plus ouverts sur le monde « extérieur ». Des agences de voyage sont aujourd’hui nombreuses à proposer des séjours ici ou là sur leur territoire, lequel couvre une grande partie du Sahara. Grimpons sur le dos d’un dromadaire virtuel et partons à la découverte des « hommes bleus » !

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Critique de disque. Victimes d’une double peine, les musiques populaires algériennes d’il y a quelques décennies ont longtemps été rejetées. Autant par les jeunes générations d’Algérie que par le public français, lequel, encombré de préjugés, commence tout juste à écouter les voix arabes et berbères. Idir, Khaled ou Mami, qui ont des admirateurs des deux côtés de la Méditerranée, ne sont pas dans cette boîte aux trésors dont le grand intérêt est de rendre justice aux vedettes des années passées – au passage, on regrette l’absence de datation des enregistrements sélectionnés. Grâce à cette anthologie, on embrasse un fantastique paysage géographique et musical. On voit se dessiner des reliefs fort variés. Il y a bien sûr les musiques des métropoles (Alger, Oran), mais aussi celles des plus petites villes (Tlemcen, Constantine…), des montagnes et du désert.

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Critique de disque. Aux confins de l’Algérie et du Maroc se trouvent les cités voisines de Béchar et de Figuig. Ces deux portes du Sahara situées en bordure de l’Atlas sont séparées par une frontière plus ou moins perméable, selon les aléas de la géopolitique locale… C’est de ce carrefour des civilisations berbère, arabe et ouest-africaines que vient Hasna. La réputation de cette chanteuse et guitariste est très grande dans le milieu des amateurs de musique maghrébine – enfin, chez ceux qui ne considèrent pas les artistes du sud algérien et marocain comme des chacals du désert. À l’écoute de ce disque – le premier en trente ans de carrière ! – on comprend cet engouement qui fait courir les mélomanes de mariages en festivals où se produit Hasna, aussi bien à Béchar, qu’à Oran ou Casa.

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Critique de disque. Si vous rencontrez les Big Men présentés sur ce disque, attendez-vous à recevoir une grosse claque. Des champions de raï et de reggae s’y mesurent avec panache. Les genres musicaux en question ont beaucoup de points communs : tous deux sont issus de traditions africaines métissées et nés de la pauvreté des faubourgs. Ayant longtemps souffert d’une mauvaise réputation, ils ont finalement abattu les murailles qui les enfermaient pour enchanter le monde entier. Mais, réussir la fusion nécessitait un chimiste de premier plan. Martin Meissonnier était l’homme de la situation. Producteur pionnier en matière de musiques du monde (Fela, King Sunny Adé, Khaled…), ainsi que journaliste émérite (le magazine sono mondiale Megamix d’Arte), ce metteur en son nous offre quatorze titres sans faute. Il faut dire que la distribution est époustouflante.

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Critique de disque. En terre d’Islam, le muezzin appelle à la prière par un chant très codifié. Il n’est cependant pas le seul à chanter la gloire de Dieu et de son Prophète. Conciliant musique et religion, les confréries soufis ont développées un vaste répertoire, tout comme les populations villageoises. C’est ce que démontre Houria Aïchi par cet enregistrement. Chanteuse et sociologue algérienne installée en France, elle est allé glaner des airs sacrés sur tout le territoire de son pays. D’Alger au Sahara, en Kabylie ou dans les Aurès, partout la beauté de ces hymnes pieux est également répartie. La voix ardente d’Houria Aïchi les clame, soutenue par de formidables instrumentistes menés par Henri Agnel.

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Interview. Le chanteur Rachid Taha revient d’un voyage en Algérie, son pays d’origine, où il effectué une tournée organisée par les centres culturels français. Né à Oran, il a grandi à Strasbourg et Lyon. L’ancien meneur du groupe Carte de Séjour poursuit depuis une vingtaine d’années une RACHID TAHAcarrière solo entre Paris et Londres. Son mélange de chaâbi, de raï, de rock et d’électro en fait un phénomène rare dans le monde de la musique, apprécié autant en France qu’en Grande-Bretagne et dans les pays arabes. Rachid Taha nous offre ici un carnet de voyage dans lequel il livre ses impressions sur l’Algérie, après être passé par Sig, Oran, Alger et Annaba.

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Interview. Comédien et metteur en scène algérien, Fellag est un des plus talentueux humoristes actuellement en activité en France. Ses spectacles restituent mille et une choses vues et vécues des deux côtés de la Méditerranée. C’est aussi un écrivain dont la plume alerte raconte des histoires tragi-comiques. À l’occasion de la reprise de son spectacle Le Dernier chameau, il se souvient pour routard.com des voyages qui ont formé sa jeunesse. Les vrais comme ceux que livres et films lui ont permis d’effectuer.

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« Maintes fois, j’ai couru tout en haut pour voir où se situait le gouffre dans lequel le soleil se reposait »

Le thème du voyage est très présent dans votre spectacle…

À chaque fois qu’il s’est passé quelque chose d’important dans ma vie, j’avais un sac ou une valise à la main. Sur un bourricot, à bord d’un train, dans un bus… Quand j’étais enfant, il y avait un bus qui s’appelait L’Oiseau blanc. À l’époque on donnait des noms aux bus – en France c’était peut-être pareil. Le bus, c’était un moyen de communication extraordinaire, le seul dont on disposait dans nos montagnes. De mon village de Kabylie, qui domine une petite route qui court le long de la mer, on ne voyait passer que deux voitures par jour et puis L’Oiseau blanc. Pour nous les gamins, il représentait le Voyage.

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Interview. Yamina Benguigui a parcouru le monde musulman afin de réaliser un film documentaire qui cherche à comprendre ce qui s’y passe du point de vue féminin. Femmes d’Islam est à présent disponible en DVD chez MK2, de même que Mémoires d’immigrés, autre grande fresque de cette cinéaste, qui évoque le sort vécu par ces Algériens, hommes et femmes, qui ont quitté leur terre natale pour venir travailler en France. Leurs enfants y ont également droit à la parole. Enfants, dont l’auteure fait partie.

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Dix ans après le tournage de Femmes d’Islam, quelles traces ce film a laissé en vous ?

Je me souviens que lorsque j’allais présenter le sujet dans les chaînes de télévision, il semblait exotique, pas vraiment capable de concerner les sociétés française et européenne. J’avais pourtant le sentiment que, depuis l’avènement de Khomeini, le monde musulman était dans une période de mutation et que les répercutions sur la France allaient être importantes. Observer comment les femmes musulmanes vivaient dans plusieurs pays permettait de mesurer la température de chacun d’entre eux. Nous sommes allé en Algérie, en Égypte, au Yémen, au Mali, en Indonésie et nous avons également enquêté en France.

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Interview. Insaisissable, Martin Meissonnier est à la fois journaliste, réalisateur, musicien, agent, tourneur et producteur. Côté médias, on a lu, entendu et vu ses travaux dans Libération, sur France Musique, Arte (Megamix), Canal + (La Guerre radioactive secrète), La Cinquième (Paroles de juges), etc. Pour la musique, Don Cherry, Fela, King Sunny Adé, Khaled, Papa Wemba, Amina, Arthur H, Alan Stivell et quantité d’autres ont été ses heureux comparses. Un sacré palmarès pour ce musicien qui a, en son nom, obtenu de beaux succès (spectacle de Decouflé pour l’ouverture des J. O. d’Albertville, générique des Guignols, musiques de film…). Voilà comment on peut tenter de cerner les activités de cet artiste éclectique qui fut, et reste, à la pointe de l’innovation en matière de world music. Par exemple, grâce à lui, les Nigérians Fela et Sunny Adé ont grandement élargi leur audience. Ce fut aussi le cas de Khaled, dont l’album enregistré avec Safy Boutella est d’ailleurs historique – avec Kutché, le raï s’est définitivement ouvert au monde. En 2001, il n’est pas surprenant de retrouver notre inlassable passeur en tant que concepteur d’un ébouriffant disque qui opère une synthèse parfaite entre reggae et raï. La sortie de ce disque intitulé Big Men, qui marque le grand retour de Meissonnier à la production, nous donne l’occasion d’aller voir cet impénitent nomade dans son home studio pour qu’il nous raconte comment il associe deux de ses passions : la musique et les voyages.

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