Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘Chanson’

Interview. Baum est un trio à cordes qui, sous le titre Ici-bas, interprète des mélodies de Fauré après les avoir arrangées sur le plan instrumental et en faisant appel à des chanteuses et chanteurs issus des univers jazz et pop. À cela s’ajoutent des « décrochages stylistiques » joués à la guitare électrique par Olivier Mellano, le directeur artistique de ce projet. On tombe sous le charme de ces airs dont on (re)découvre la profonde beauté. Sur disque, les vocalistes sont une vingtaine. Sur scène montent ce soir Camille, Élise Caron, Himiko Paganotti, Kyrie Kristmanson, John Greaves, Judith Chemla, Sandra Nkaké, Philippe Katerine.

÷

Dans quel état d’esprit avez-vous réalisés vos arrangements ?

L’idée était de retrouver au mieux toute la douceur qui émane des mélodies de Fauré. Nous restons fidèles aux partitions et, d’une certaine façon, nous sommes très proches de ce que l’on entend lorsqu’on les lit. Ce travail nous a demandé deux ans pendant lesquels nous nous sommes immergés dans la musique de Fauré. Plus nous plongions dedans, plus nous en tombions amoureux. Cette musique est envoûtante, à tel point que l’on surnommait ce compositeur « le maître des charmes ». Avoir réussi à mettre autant de beauté dans de petites formes telles que ses mélodies, est exceptionnel.

(suite…)

Read Full Post »

Dossier. Rock, électro, chanson, jazz, opéra… D’importants festivals rassemblent à travers la planète des centaines de milliers de mélomanes addicts aux sons des plus renommés artistes du moment. Pour vous aider à trouver la manifestation qui se trouvera sur votre route cet été, à moins qu’elle soit votre destination principale, routard.com vous invite à découvrir les programmes de 25 festivals incontournables. Ils le sont d’autant plus qu’ils se déroulent la plupart du temps sur ou tout près de sites remarquables : mer, montagne, nature, ville majeure… Pas étonnant que ces festivals soient des locomotives pour le tourisme !

(suite…)

Read Full Post »

Interview. Fondé par le flûtiste Joce Mienniel et le saxophoniste Sylvain Rifflet, l’ensemble Art Sonic est un quintette à vent, type de formation plutôt rare dans le jazz. Avec l’accordéoniste Didier Ithursarry, il rend hommage à un très beau répertoire, celui du musette et de la chanson populaire française. Intitulé Le Bal perdu, ce programme se constitue de morceaux, datant pour les plus récents d’il y a un demi-siècle, qui ont été arrangés de façon à la fois respectueuse et audacieuse. Joce Mienniel nous explique pour quelles raisons Art Sonic redonne vie à ces délicieuses ritournelles.

÷

Quel a été l’événement déclencheur de ce projet ?

Déjà, à la base, il faut dire que je suis curieux de nature, c’est une nécessité intérieure pour moi. J’ai besoin de m’exprimer dans différents genres. Récemment, j’ai réalisé un travail autour de l’œuvre du guitariste malien Ali Farka Touré, par exemple. C’est quelque chose que je partage avec Sylvain Rifflet qui, comme moi, aime explorer les domaines des musiques populaires. Plus précisément, c’est en écoutant la chanson « C’était bien (Au petit bal perdu) » de Bourvil que j’ai eu un flash. Cette merveille m’a amené à faire des recherches sur tout un univers.

(suite…)

Read Full Post »

TÉREZ MONTCALM 1Interview. De sa voix un peu voilée, mais qui est aussi capable de s’envoler, la Québécoise Térez Montcalm interprète joliment une série de chansons françaises à la manière jazz. Elles ont été créées par des artistes proches de ce genre musical comme Legrand, Gainsbourg, Distel, Trenet ou encore Nougaro. Ce à quoi s’ajoutent des compositions originales. Vous pouvez les écouter sur un nouveau disque, Quand on s’aime, et ce soir sur la scène du New Morning.

÷

Jusqu’à présent, on vous a surtout entendu dans des répertoires anglophones…

J’ai toujours chanté des titres en français, mais si j’ai consacré un album entier à ce répertoire, c’est que la demande autour de moi a été forte. Le choix s’est porté sur des morceaux qui sont pour la plupart bien connus du public. Avec Gil Goldstein, nous avons fait en sorte qu’elles sonnent vraiment jazz.

(suite…)

Read Full Post »

Festival d’AvignonDossier. Chaque été, la France prouve qu’elle est une terre de festivals. Nous vous indiquons ici quelques-uns des plus importants rendez-vous. Ils sont au nombre de dix, mais une vingtaine d’autres événements ont été ajoutés, en bref. La liste aurait pu être encore beaucoup plus longue… Les formes musicales les plus actuelles sont dominantes, mais pas au point que le rock ou la chanson parviennent à éliminer tous les autres genres. Les aficionados de reggae, de jazz, d’électro, de musiques classique ou « world » ont également de quoi agrémenter leurs loisirs estivaux. Idem pour les amateurs de théâtre.

(suite…)

Read Full Post »

james brownBlogpasblog 2 vous invite à découvrir des vidéos d’anthologies repérées sur les sites de partage.

Il suffit de cliquer sur les images figurant dans l’article pour qu’elles s’animent.

Pour l’heure, il s’agit de prestations in vivo ou de clips d’artistes remarquables par leur qualité et leur intensité.

Des scènes de films ou de séries et d’autres choses encore seront prochainement proposées.

Le choix est évidemment subjectif.

C’est ici : http://blogpasblog2.wordpress.com/

Read Full Post »

festival de carcassonneDossier. Un excellent programme qui se décline dans un lieu hors du commun : tels sont les deux critères retenus dans la sélection de festivals estivaux français que routard.com vous propose ci-dessous. Au plaisir d’écouter de la bonne musique ou de voir évoluer des comédiens remarquables s’y ajoute le spectacle qu’offre un site d’une beauté exceptionnelle.

(suite…)

Read Full Post »

Denis ColinInterview. Avec la chanteuse Ornette, le clarinettiste basse Denis Colin et son ensemble arpentent le monde luxuriant des chansons du regretté Nino Ferrer (1934-1998), des « Cornichons » à « La Désabusion ». Faisant preuve d’un respect exceptionnel, il donne une couleur personnelle à ces titres initialement composés dans des styles jazz, soul ou pop pour son projet scénique et discographique Univers Nino.

÷

Comment s’est fait la rencontre avec Ornette ?

Elle remonte à 2001, lorsque je donnais des cours de jazz à Montreuil où elle était étudiante. J’ai repensé à elle au moment où je travaillais sur le projet Nino. Sa voix correspondait à ce que je cherchais, sachant que je voulais à tout prix ne pas tomber dans le piège du revival. Il était exclu de prendre quelqu’un qui imiterait Nino Ferrer. L’autre écueil à éviter étant de produire des versions « jazz » de ses chansons. L’idée était de servir ces dernières plutôt que de s’en servir.

(suite…)

Read Full Post »

Combien d’étrangers ont-ils un de ses airs en tête à un moment ou à un autre quand ils visitent la capitale ? Presque tous sans doute ! C’est qu’en plus d’être une icône nationale, Piaf représente également un Paris idéal, à la fois sophistiqué et populaire. À l’occasion de la célébration du cinquantième anniversaire de sa disparition physique survenue le 10 octobre 1963, à l’age de 47 ans, voici un petit tour d’horizon des nids parisiens de ce drôle d’oiseau.

÷

PiafC’est assez extraordinaire quand on y songe. Aux côtés de Napoléon, de Gaulle, BB ou Zidane, ce petit bout de femme continue d’incarner la France à travers le monde, alors même qu’elle a disparu voilà un demi-siècle. Ses chansons de haute facture et surtout la puissance de ses interprétations portées par une voix exceptionnelle et un jeu de scène théâtral saisissant, sa vie de femme libre émaillée de drames : tout cela explique ce succès continu.

Aussi brève qu’intense, la vie trépidante d’Édith Piaf s’est déroulée en majeure partie à Paris. Elle commence comme un roman naturaliste du XIXe siècle et se conclut comme une saga de star du XXe. C’est à Ménilmontant (hôpital Tenon) que naît Édith Gassion le 19 décembre 1915 de parents saltimbanques qui demeurent au 72 rue de Belleville (20e) – ne croyez pas la plaque qui évoque ici sa naissance sur les marches de l’immeuble…

(suite…)

Read Full Post »

Rue de VerneuilDossier. Les chanteurs et musiciens pop se nourrissent de leur environnement, des rumeurs de leur ville comme de la vie qu’ils y mènent. Aussi est-il passionnant d’aller sur leurs traces pour voir où ils ont passé leur enfance, fait leurs débuts, écrit tout ou partie de leur répertoire et, parfois, visiter les lieux où ils reposent. Ce dossier vous propose des parcours et une sélection de sites majeurs où vous avez de grandes chances de percevoir quelque chose de la magie qui émane ou émanait de stars mondialement célèbres telles qu’Elvis Presley, U2, Bruce Springsteen, Serge Gainsbourg ou Shakira. Nous vous indiquons également des musées qui sont dédiés à certaines d’entre elles, des Beatles à Oum Kalsoum en passant par Bob Marley et ABBA. Il y en a pour tous les goûts !

(suite…)

Read Full Post »

Critique de disque. Moussu T, c’est Tatou. Et Tatou, c’est une des langues bien pendues de Massilia Sound System, collectif dont ce Parisien d’origine est le cofondateur. Ce qu’il nous propose dans ce disque se situe dans la lignée de ce que son groupe nous offre habituellement, bien que sa Mademoiselle Marseille ait des atours taillés sur mesure. Le reggae est toujours à la base de nombreux morceaux, mais de façon plus discrète. Il s’efface quelque peu au MOUSSU T E LEI JOVENTS  « Mademoiselle Marseille »profit d’une sorte de blues provençal. Pour constituer Moussu T e lei Jovents, Tatou s’est joint à Blu, guitariste de Massilia et Oai Star qui joue ici de plusieurs sortes d’instruments à cordes pincées, et au percussionniste brésilien Jamilson da Silva, lequel a collaboré avec DJ Dolores, l’Orchestra Santa Massa, Massilia et les Troublemakers. Banjo, le récit de l’écrivain jamaïcain Claude McKay a largement inspiré Tatou pour cet album (ouvrage édité par le Marseillais André Dimanche).

(suite…)

Read Full Post »

Jacques Higelin 10Biographie. Né à Brou-sur-Chantereine (Seine-et-Marne) le 18 octobre 1940, décédé à Paris le 6 avril 2018.

÷

Bébert et l’omnibusIssu d’une famille modeste, Jacques Higelin est poussé par son père vers le monde du spectacle. Enfant, il chante des chansons de Charles Trenet dans les cinémas, lors d’entractes. Adolescent, il s’initie à la cascade. Passant audition sur audition, il décroche un contrat de figurant pour l’opérette Nouvelle Orléans. On le voit en Indien ou en soldat au côté du jazzman Sidney Bechet.

(suite…)

Read Full Post »

Interview. Écrivain, peintre, chanteur, Serge Rezvani possède tous les talents, y compris celui d’avoir su mener une existence à la fois riche et simple, vivant le grand amour avec Lula entre les Maures et Venise. La cité des Doges est le personnage principal de son dernier livre, Venise qui bouge, recueil de réflexions et d’évocations sensibles que magnifient d’étonnants collages réalisés à partir de cartes postales. Cette publication coïncide avec la sortie du deuxième volume de l’intégrale discographique qu’il consacre à ses chansons.

÷

« Moitié Russe, moitié Iranien, je suis un exilé depuis toujours »

Depuis quand êtes-vous passionné par Venise ?

Pendant des années, Lula et moi ne voulions pas y aller. Nous étions passés une fois au loin, à bord du petit bus Ford que j’avais acheté pour aller en Grèce. Nous voyions les panneaux Venezia, mais nous refusions obstinément d’entrer dans cette ville qui n’était pour nous qu’une plate carte postale. Et puis, j’ai eu la chance de rencontrer un Vénitien, un restaurateur de tableaux, qui nous a invité dans sa ville. Évidemment, cela a été le coup de foudre ! Nous nous y sommes installés et y avons vécu la moitié du temps pendant vingt ans – l’autre moitié, nous la passions à La Garde-Freinet, dans le Var.

(suite…)

Read Full Post »

Critique de disque. Que ce soit au sein de Zebda ou, ici, en solo, Magyd Cherfi écrit abondamment sur ses jeunes années. Avec des flots de mots, comme s’il en tombait par cascade, il revient sur cette période de sa vie pendant laquelle s’est construite sa personnalité. Comme tout le monde, certes, mais tout le monde n’a pas eu l’impression de se voir trop souvent « refuser les penaltys ». Alors, Cherfi raconte en long et en large et avec force images ses états d’âme d’hier et d’aujourd’hui. Les mamans, les filles, l’école, la cité, la République, la France, tout y passe par la grâce d’une faconde inspirée. Les mots sont choisis au millimètre près. Il s’agit de ne pas se contenter de ces clichés si répandus depuis l’émergence du concept « beur de banlieue ».

(suite…)

Read Full Post »

Philippe KaterineInterview. Pour « ne pas tourner en rond comme un hamster », Philippe Katerine cherche à se surprendre en permanence, ce qui lui permet de retrouver cette fraîcheur d’esprit sans laquelle il dépérirait. Quand il ne chante pas, il joue la comédie ou prend ses crayons. Le fantasque créateur de « Louxor j’adore » et « Complètement VIP » nous convie à sa première exposition, laquelle est intitulée Comme un ananas. C’est joyeux et intriguant, comme ses chansons…

÷

Comment définir votre exposition ?

Elle exprime tous les sentiments que je peux ressentir, de l’angoisse à l’euphorie. C’est un parcours de dessins et de sculptures à vivre dont on sort avec des interrogations, du moins je l’espère. On peut s’y perdre, c’est fait exprès.

(suite…)

Read Full Post »

Critique de disque. S’étant complètement émancipé, Manu Chao a les moyens de faire exactement ce qui lui plaît. Tous les artistes qui possèdent cette chance n’en profitent pas. Mystère… Chao lui si. Après des années de vadrouille, le vagabond latino-parigot a passé un hiver dans sa ville natale, le temps d’enregistrer une flopée de nouvelles chansons. À son rythme, comme il les entendait et en cherchant à les présenter d’une manière inédite. Il en résulte un disque accompagné d’un livre signé avec le graphiste Woźniak. Les dites chansons rappellent celles des deux précédents albums studio de Chao, mais également certaines autres datant de l’époque de la Mano Negra. Dans les années 1980, nombre de groupes « alternatifs » ne rechignaient pas à pratiquer une sorte de rock musette. C’était souvent l’occasion de chanter Paris, ce qui est justement le sujet de cet album. Pas le Paris des rupins, bien sûr, mais celui des faubourgs, là où ça fait parfois froid dans le dos et souvent chaud au cœur.

(suite…)

Read Full Post »

Critique de disque. Pierre Vassiliu est l’un de ces chanteurs français qui ne sont pas ridicules quand ils s’expriment sur des mélodies brésiliennes ou africaines. Sûr que ses nombreux voyages ont formé son oreille pour qu’il adopte aussi facilement ces styles souvent très éloignés de la chanson tempérée que l’on apprécie en doulce France. Ce double album comporte un cd enregistré en public à Marseille qui, parcourant le répertoire constitué par Vassiliu en une quarantaine d’années, fait réentendre quelques-unes de ces ballades « exotiques » dont l’artiste peut s’enorgueillir : « Qui c’est celui-là », adapté d’un air de Chico Buarque, « Léna », aux allures sénégalaises, ou encore le parlant « Toucouleur ». On y trouve également « La Vie ça va », un reggae de bon aloi et aussi les merveilleux classiques « Amour, amitié » et « Dans ma maison d’amour », qui nous ramènent à la tradition hexagonale.

(suite…)

Read Full Post »

Critique de disque. L’amour, toujours… On connaît la chanson ! Empruntant ce thème archi-usé, Rezvani parvient pourtant à émouvoir et à amuser ses auditeurs. Peintre, écrivain et dramaturge de renom, il a aussi connu un grand succès avec plusieurs de ses airs. Jeanne Moreau en interpréta magnifiquement quelques-uns, notamment dans le film Jules et Jim (1962) où la fameuse comédienne chante « Le Tourbillon ». Elles furent annoncées comme étant l’œuvre de Cyrus Bassiak, pseudonyme trouvé par Rezvani pour rester caché et heureux. Ce nom devint alors une référence chez les amateurs de ballades faites de voix et de guitare acoustique. Quatre décennies plus tard, après avoir écrit de nombreuses autres chansons, leur auteur et compositeur s’est offert le plaisir d’enregistrer tout son répertoire en une série de cd, accompagné par le guitariste Amaury Canovas Filliard. Vivre étonné est le deuxième volume d’une intégrale bienvenue. Il comprend des airs déjà bien connus, tels que « Vie de cocagne » ou « J’ai la mémoire qui flanche » et d’autres encore. Plutôt adepte du format court, Rezvani a l’art d’exprimer l’amour avec simplicité et sincérité. Dire que ce disque est rafraîchissant est un euphémisme. Les cyniques n’ont qu’à bien se tenir !

(suite…)

Read Full Post »

Critique de disque. Égérie pop dans les années 1960, folkeuse, puis rockeuse plus tard, Valérie Lagrange s’est ensuite éloignée du devant de la scène musicale pour de graves raisons personnelles. La voilà revenue en 2003, avec un album qui réunit toutes les facettes de sa personnalité artistique. On y trouve des titres élégamment écrits par un Benjamin Biolay idéalisant son interprète et des chansons folk rock signées de la dame, laquelle donne à cette occasion libre cours à son goût pour les ballades – penchant cultivé tout au long de sa vie, y compris durant ses années routardes. Le tout forme un ensemble homogène produit, pour l’essentiel, par Biolay – il est à noter que la rencontre entre la chanteuse et son producteur-compositeur est antérieure au succès qu’a obtenu ce dernier avec ses propres disques ou en tant que complice de Keren Ann et d’Henri Salvador.

(suite…)

Read Full Post »

Interview. Yvette et Sigmund est une « fantaisie lyrico-pseudo-psychanalytique » imaginée par la mezzo Hélène Delavault. Ce nouveau spectacle, proposé avec la complicité de Jean-Pierre Drouet au piano, est bien dans sa manière. Piquant, drôle et intelligent, il est constitué de chansons d’Yvette Guilbert, diva des cafés-concerts des années 1900 (« Le Fiacre »…) et évoque l’admiration que lui portait Sigmund Freud.

÷

Hélène DelavaultQu’est-ce qui vous attire chez Yvette Guilbert ?

J’aime beaucoup son ironie, son humour. J’ai déjà interprété un certain nombre de ses chansons dans un précédent spectacle, L’Absinthe, que j’ai donné avec sa dernière accompagnatrice, Irène Aïtof – elle vient de décéder à l’âge de 102 ans. Elle m’a montré comment Yvette les chantait. Quand j’ai appris que Freud l’admirait, je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire sur cette relation.

(suite…)

Read Full Post »

Interview. « Oh mon amour… » Par ce leitmotiv entêtant, colonne vertébrale de la chanson « Désert », une nouvelle voix susurrante et piquante s’est gravée dans nos cerveaux. C’est celle d’Émilie Simon, jeune chanteuse et musicienne de caractère dont le premier album fait plus que séduire l’amateur d’électro et de chanson stylée.

÷

Emilie SimonMais d’où vient cette débutante si douée ? Émilie Simon a grandi à Montpellier, au-dessus du studio d’enregistrement de son père. Pratiquement tous les musiciens de la région sont venus y coucher sur bande leurs œuvres : jazzmen, punks, gitans, etc. Dans ces conditions, comment s’étonner qu’Émilie soit devenue musicienne : « Le fait de les voir venir avec des idées, travailler, puis repartir avec un résultat qui les contente ou pas, bref, de suivre le processus de création de ces artistes, ça m’a profondément marquée. » Passée très jeune par le conservatoire de sa ville, elle s’exile à Paris pour étudier la musique baroque à la Sorbonne – où elle a atteint le niveau de la maîtrise – et suivre des stages à l’IRCAM, temple de la bonne parole contemporaine.

(suite…)

Read Full Post »

Interview. Londres, New York, Paris, tels sont les points d’ancrage de Daniel Darc en ce monde. L’ancien chanteur de Taxi Girl, poète urbain comme on en fait peu en France, est un prince du macadam qui connaît aussi bien les avenues que les impasses de ces villes. À l’heure où sort son album Crèvecœur, il nous livre ici quelques propos à leur sujet, ainsi que sur la musique. À sa manière. Dur parfois, ironique souvent, sincère toujours.

÷

« Quand je voyage, c’est pour aller à Londres ou à New York, dans les grandes villes en tout cas »

Voyages-tu beaucoup ?

Non !

Pourquoi ?

Parce que j’ai beaucoup de problèmes. Il n’y a rien qui me casse plus les couilles que les gens qui se barrent pour oublier leurs problèmes. Quand je voyage, c’est pour aller à Londres ou à New York, dans les grandes villes en tout cas. Quand j’arrive en banlieue, je flippe de ne pas avoir Europe Assistance.

(suite…)

Read Full Post »

Critique de disque« Qui peut savoir où le destin m’entraîne / J’ai voyagé des années, des dizaines / Risqué ma vie au carrefour / Pour le savoir je cours toujours. » Ainsi va la vie du gringo errant… Inoxydable Lavilliers, fidèle à lui-même : textes finement ciselés, atmosphères musicales empruntées à la bossa, au reggae, à la salsa, au rock et même, pour cette fois, au r’n’b’ ! Cet album lui permet de faire le point sur le monde de l’an 2001. (suite…)

Read Full Post »

Critique de disque. Zazie est une figure à part dans le petit monde de la variété française. Cet album le prouve indéniablement. Elle fait partie de ces artistes populaires qui ne se moquent pas du monde. D’abord, elle a une voix, une vraie. Ce n’est ni une hurleuse, ni une susurreuse. C’est une moduleuse, qui se sert de ses cordes vocales pour exprimer des sentiments avec le plus de justesse possible. Ainsi, quand elle se fait douce on craque, quand elle s’élève on frémit : bien joué ! Autre qualité : son sens musical, qui la fait, pour ce Rodéo, s’entourer d’excellents compères en compositions tels que Jean-Pierre Picot et Philippe Paradis, respectivement pianiste et guitariste (on notera également la présence sur plusieurs titres d’un pigiste de luxe, le percussionniste Steve Shehan). À eux trois, ils produisent un son parfaitement synchrone avec son temps. C’est comme cela que l’on fait de la bonne pop. Un peu d’effets électroniques, des guitares presque saturées, une batterie véloce mais pas abrutissante : c’est très agréable, d’autant plus que leurs mélodies sont d’une jolie facture. Pour compléter ce tableau, les textes que Zazie se donne à chanter ne sont pas les pires qui s’écrivent en terre topcinquantesque.

(suite…)

Read Full Post »

Critique de disque. Les disques de Kent ressemblent à des lettres d’amis. Ils nous donnent des nouvelles d’un vieux camarade avec lequel on a partagé pas mal d’aventures. Que celles et ceux qui ne le connaissent pas encore ne se sentent pas gênés. Même sans avoir suivi le parcours de ce chanteur depuis ses débuts, on se trouve tout de suite à l’aise en sa compagnie. Bienvenue au club : en effet ! Par le biais de ses chansons, Kent expose des points de vue sur la vie qui va. Il fait cela sans emphase, soucieux de se faire comprendre des « vraies gens », sans cependant céder jamais à une quelconque démagogie. Dans ce registre, cherchez bien, il n’y en a pas beaucoup à réussir cela en France. Souvent attristé lorsqu’il décrit des états d’âme et des contextes il est vrai désolants, il conserve son humour et exprime toute la générosité qu’on lui connaît. Kent ne regarde pas de travers ses contemporains, mais droit dans les yeux. Les musiques sont au diapason de ces textes, à la fois enlevées, directes, vraiment bien troussées.

(suite…)

Read Full Post »

Critique de disque. Symptôme éclatant de l’implantation réussie du reggae sur les terres de France, le groupe Sinsemilia aligne ici une dizaine de chansons que l’on ne peut attribuer à personne d’autre qu’à lui-même. Ce n’est pas le cas de tous les reggaemen œuvrant dans l’Hexagone. Son style s’inspire de la musique jamaïquaine, certes, mais plus des travaux de groupes et chanteurs britanniques comme Aswad, LKJ ou Steel Pulse, ainsi que des rockers qui acclimatèrent le célèbre rythme à leur univers, que du pur roots ou du ragga de Kingston. L’influence de la chanson française est également présente dans le répertoire de cette formation. Chez Sinsemilia, on soigne ses textes : des chroniques sur la vie, ici et maintenant, qui mettent en avant des points de vue aussi pacifiques que radicaux. Guitares acoustiques et électriques, envolées de cuivres et section rythmique tournant rond, se côtoient dans ce disque fait de cavalcades et de ballades.

(suite…)

Read Full Post »

Critique de disque. « Je ne raisonne pas mais je veux que mes chansons résonnent » affirme Jean-Philippe Nataf quand on l’interroge sur sa musique. Depuis ses débuts, avec Les Innocents dans les années 1980, ce chanteur et guitariste a fait preuve d’un goût sûr et certain pour l’écriture rock classique. C’est-à-dire chic et sans chichi. Ici, dans un esprit folk, JP Nataf nous offre des mélodies concises, aérées, lyriques. Celui qui affirme que les textes ne sont pas une priorité fait sonner ses mots, français, à la manière anglo-saxonne. C’est-à-dire que leurs sonorités contribuent à l’efficacité de la musique. Ce n’est pas qu’ils ne veulent rien dire, mais ils évoquent plus des choses qu’ils ne les racontent. À cet égard, le salut à « Mon ami d’en haut » est un des plus délicats hommages à un proche disparu que l’on ait pu entendre. Pas facile à traiter ce thème.

(suite…)

Read Full Post »

Critique de disque. Elle en a de la chance, la chère Jane, d’avoir rendez-vous avec d’aussi distingués amis. Qui peut se vanter d’avoir un tel carnet d’adresses ? La voici qui chante avec Bryan Ferry, Brian Molko, Caetano Veloso, Paolo Conte, Feist et puis aussi Alain Souchon, Françoise Hardy, Étienne Daho, Alain Chamfort ou encore Miossec, Mickey 3D, Manu Chao… Album de luxe donc, plein de bonnes chansons signées par les invités ou chipées dans les répertoires d’autres auteurs – par exemple, la très gainsbourienne « Grippe » chantée avec Daho est de Brigitte Fontaine et Jacques Higelin.
(suite…)

Read Full Post »

Critique de disque. Faisant le joint entre les styles reggae crooner et ragga, Nuttea joue sur tous les tableaux et cela lui réussit. Il suit ainsi l’exemple de son modèle Dennis Brown, grande figure du reggae qui se fit autant charmeur que lutteur. Après le succès conséquent de son précédent album, Un signe du temps, le « diplômé de la Street Academy » écrit une nouvelle et belle page de l’histoire du reggae à la française. Son équipe est au point. On y trouve Handel Tucker à la production, le collectif Street Fab, Beres Hammond, Oxmo Puccino, Tiwony et Fefe Typical pour des collaborations diverses et bienvenues. Nuttea mène bien son affaire, alternant les coups de gueule bien sentis (« Même si le combat était perdu d’avance / Il ne faudrait pas baisser les bras / Car je souhaite autre chose à la France / Que ceux qui veulent la faire marcher au pas ») et les touchantes chansons d’amour, ou plutôt de désamour (« Je ne suis pas le prince charmant, ni toi la belle au bois dormant / Alors s’il te plaît réveille toi / Baby je ne t’aime pas »).

(suite…)

Read Full Post »

Critique de disque. « Tous les villages disposés comme des perles / Sur la Loire douce à mon cou parfaitement »… Les mots, parfois mystérieux, de Jacques Bertin filent entre les flots de notes telles les barques sur la Loire. Elles sont rares, direz-vous. Oui, tout comme la poésie de ce barde discret installé dans cette région de France où s’élèvent de nombreux et élégants châteaux. Bertin a commencé à se faire connaître dans les années 1970, époque pendant laquelle la chanson française est encore dominée par de grandes figures comme Léo Ferré. Ce n’est pas faire injure à notre artiste si l’on dit que son travail est proche de celui de l’arnarcho-monégasque. Le verbe de Bertin émeut par son lyrisme retenu, soutenu qu’il est par des orchestrations doucement mélancoliques – les cordes y dominent.

(suite…)

Read Full Post »

Liste des critiques de disques publiées sur ce blog.

Avec liens.

Classées de A à Z .

(suite…)

Read Full Post »

Serge Gainsbourg 22Biographie. Lucien Ginsburg, né à Paris le 2 avril 1928 (une sœur jumelle, Lilianne), décédé à Paris le 2 mars 1991.

÷

Riche et intense, telle fut l’existence de Serge Gainsbourg, alias Lucien Ginsburg (ou Ginzburg), l’artiste aux mille vies. La première est celle d’un fils d’émigrés russes réfugiés à Paris après avoir fui la guerre civile qui sévit dans les années 1920 en Union Soviétique. Durant l’occupation allemande, le petit Lulu porte, selon son expression, « l’étoile de shérif ». Mais la famille échappe à l’extermination programmée des juifs en se cachant dans le Limousin. Après la guerre, jeune homme aux goûts classiques, Lucien étudie l’architecture, la peinture… Pour survivre, il devient pianiste d’accompagnement ou d’ambiance comme son père.
Peu à peu, il écrit des chansons sous le pseudonyme de Julien Grix ou le nom de Serge Gainsbourg et commence à les interpréter en public. En 1957, il joue du piano au cabaret parisien Milord l’Arsouille et accompagne sa patronne, la chanteuse Michèle Arnaud, première artiste à avoir soutenu ce nouveau venu hors norme. Il se démarque en effet de l’esprit Rive gauche post Saint-Germain-des-Prés en vogue dans les cabarets de l’époque par son inspiration caustique et acerbe. Des artistes comme Les Frères Jacques inscrivent bientôt quelques-unes de ses chansons à leur répertoire. Gainsbourg entre dans l’écurie du dénicheur de talents Jacques Canetti qui le tourner dans Paris, en France et à l’étranger.

(suite…)

Read Full Post »

Françoise Hardy 10Biographie. Née à Paris, le 17 janvier 1944.

÷

Depuis le début des années 1960, elle est un des plus importants auteurs-compositeurs-interprètes français. Et ce, avec une discrétion rare dans le show business. Françoise Hardy est une lycéenne comme les autres, lorsqu’elle se fait offrir une guitare après l’obtention de ses baccalauréats. Sa mère savait-elle ce qu’elle faisait ? Françoise va abandonner ses études pour la chanson. Élève assidue du Petit conservatoire télévisé de Mireille pendant deux ans, elle passe avec succès une audition pour le label Vogue. Le super 45 tours « Oh oh chéri » sort en 1962. Mais c’est « Tous les garçons et les filles », titre figurant sur la face B, qui est remarqué (plus tard, il sera supporté par un scopitone signé Claude Lelouch). Le disque, vendu à deux millions d’exemplaires, est numéro 1 dans toute l’Europe. Son succès foudroyant doit beaucoup aux prestations télévisées de Françoise qui rejoint la cohorte des chanteurs yéyés, juste au moment où est publié le premier numéro du magazine Salut les copains. À la même époque, les Beatles sortent « Love Me Do », leur premier simple.
(suite…)

Read Full Post »

Interview. Le chœur de chambre Les Cris de Paris, que l’on entend d’habitude plutôt dans le registre contemporain, nous entraîne dans une charmante escapade. La, la, la : opéra en chansons est à la fois un spectacle séduisant et une œuvre ambitieuse basée sur un large répertoire d’airs populaires d’hier et d’aujourd’hui. Cela va de Yvette Guilbert à Madonna, en passant par Fréhel, Vian, Dutronc ou encore Dalida ! Geoffroy Jourdain, le directeur musical de l’ensemble nous donne le la.

÷

Qu’est-ce que raconte ce spectacle ?
Nous avons souvent interprété des chansons au terme de nos spectacles, en forme de clin d’œil. Là, c’est différent, il s’agit d’une création sur laquelle j’ai travaillé pendant deux ans avec mon frère Morgan et le metteur en scène Benjamin Lazar. L’idée était de construire une œuvre à partir de chansons, pas de présenter un récital déguisé ou de produire une comédie musicale, même si La, la, la raconte une histoire. En bref : une chanteuse célèbre, qui ne sait plus trop où elle en est, erre dans une grande ville, tandis qu’un fan transi est à ses trousses. C’est le chœur en entier qui interprète cette héroïne, ou plutôt ses pensées et ses émotions. Cela donne donc quarante personnes sur scène qui disent « je » ! À l’arrivée, c’est un spectacle qui possède une dimension humoristique prononcée, mais d’où se dégage aussi une certaine mélancolie.

(suite…)

Read Full Post »

Interview. Le contrebassiste Yves Rousseau s’empare d’une vingtaine de chansons de Léo Ferré au cours de Poète, vos papiers !, spectacle donné en compagnie des superbes chanteuses Jeanne Added et Claudia Solal, deux voix intenses et d’une rare pureté. Certains des titres interprétés ont été enregistrés par le poète et d’autres, restés inédits, ont été mis en musique par Rousseau. Le résultat fait preuve à la fois d’audace et de respect. Il ravira autant les fans de jazz que ceux de Léo. (suite…)

Read Full Post »

Critique de disque. On a coutume de faire démarrer la vogue des chanteurs à guitare, à partir de Georges Brassens – du moins en ce qui concerne ceux qui s’expriment en français. Eh bien pas du tout. Rappelons aux jeunes écervelés qu’avant le Sétois, il y eut le Québécois Félix Leclerc. Dans le savoureux et trop court texte du livret qu’il consacre à ce dernier, François Béranger se souvient de l’événement que fut l’avènement du trouvère canadien au début des années cinquante. Brassens fut piqué au vif, de même qu’une nuée de moineaux des villes et des campagnes françaises qui empoignèrent leurs six cordes en se disant qu’eux aussi pouvaient y aller de leurs goualantes poétiques. Ainsi Béranger, citoyen du onzième arrondissement parisien qui prit Leclerc comme modèle lors de ses premiers tours de chant donnés à La Roulotte, un cabaret alternatif de l’époque.

(suite…)

Read Full Post »

Critique de disque. Ce grand admirateur de Nat King Cole qu’est Henri Salvador maîtrise totalement son sujet. Avec lui, le style crooner, si typiquement nord-américain, devient naturellement français. Étonnant détournement auquel se voue ce vénérable saltimbanque depuis tant d’années. Ceux qui auront apprécié les saveurs de Chambre avec vue, le précédent album du renouveau salvadorien, ne seront pas dépaysés par ce disque-ci. Signés de Keren Ann – auteure de la chanson éponyme – qu’Henri place très haut, de Guy Béart ou de feu-Bernard Dimey, les textes sont à la hauteur du talent de mélodiste Salvador.

(suite…)

Read Full Post »

Critique de disque. Toujours aussi léger et profond, Moustaki livre ici douze chansons tendres et swinguantes. La palette des styles est joliment bigarrée : folk, manouche, klezmer, valse, reggae, balades à la française (dont un certain « Milord », en titre caché), comédie musicale (« Emma », en hommage à et avec la comédienne Emma Thompson) et d’autres, indéfinissables. D’ailleurs, mis à part les chansons elles-mêmes, l’inventive réalisation du disque mérite le détour. Maître d’œuvre de ce bel ouvrage, Jean-Claude Vannier, chanteur lui-même et célèbre producteur (notamment de l’album Histoire de Melody Nelson, qu’il a coécrit avec Gainsbourg) a su trouver la juste mesure entre respect des codes d’une certaine tradition et effets novateurs. Des cordes magistrales quand il en faut, des « peaux frottées », des cloches à vache, la guitare de Denys Lable, etc. : tout est en place pour que l’on puisse écouter le poète. Rien ne vient brouiller ses mots doux.

(suite…)

Read Full Post »

Critique de disque. « Ce qui m’intéresse, c’est chanter l’émotion » dit Lhasa de Sela, cette artiste d’origine états-unienne et mexicaine qui s’est fait connaître avec son premier disque, La Llorona, sorti en 1997. Contre toute attente, ses complaintes très personnelles, mi nostalgiques, mi mélancoliques, ont touché le cœur et l’âme de très nombreux auditeurs. The Living Road, son deuxième disque, charme autant que le premier. Voire davantage, car il est plus abouti. Le thème du voyage y est très présent. Mais, attention, Lhasa ne raconte pas d’histoires réalisto-poétiques à la manière de Bernard Lavilliers. Pour elle, le voyage a tout du cheminement introspectif. Cela donne de jolies choses : « Aujourd’hui je retourne à la frontière / Je dois encore traverser / C’est le vent qui me commande / Et me pousse à la frontière / Et efface le chemin / Qui disparaît derrière moi », ou bien : « Tu as voyagé si longtemps / Il faut continuer / Ne regarde même pas en arrière / Pour voir ce que tu as traversé / Même si ton corps se courbe sous le fardeau / Il n’y a aucun endroit où s’arrêter / Nulle part sur cette route. »

(suite…)

Read Full Post »

Critique de disque. Quel plaisir d’écouter ces Duels de tchatche et autres trucs du folklore toulousain qui mettent en voix Claude Sicre et Ange B, alias Jean-Marc Enjalbert. Ça explose de verve en permanence et ça prend la tête, dans le bon sens du terme. Ces duels sont organisés à la manière des joutes verbales telles qu’on les pratiquait en Occitanie, avant l’acculturation des populations françaises, et à la manière des traditions toujours très vives du Nordeste brésilien ou celles d’Afrique, du nord comme du sud. L’influence du blues et du rap des États-Unis est également présente : on n’en finirait plus de trouver des références, car nos duellistes sont de très grands connaisseurs des folklores du monde. Particulièrement en verve, Claude et Ange s’envoient des vannes avec virtuosité ou lancent, tantôt péremptoires, tantôt nuancés, des déclarations critiques sur notre société (« Il nous ment »).

(suite…)

Read Full Post »

Critique de disque. Fortes en sucre, les chansons d’Helena se croquent avec plaisir, une par une. Au terme de quarante minutes de dégustation, on s’aperçoit que, sans s’en être rendu compte, on a avalé tout le paquet. C’est que de fameux maîtres confiseurs, les musiciens de The Recyclers, ont enrobé les friandises d’Helena et de Katerine à la manière bossa nova et pop, comme on le faisait dans les années 1960 et 1970 – le disque est publié sous le label du maniaque des styles de cette époque-là, Bertrand Burgalat. Helena Noguerra, mannequin, comédienne, animatrice à la télé, susurre ses comptines faussement naïves en portugais, français et anglais, d’un ton quelque peu détaché.

(suite…)

Read Full Post »

Critique de disque. Si vous passez du côté du château de Chazey-sur-Ain, gare à vous ! C’est là que s’est fomenté le complot qui allait aboutir à ce disque maléfique, publié par un label au nom approprié : Nocturne. Il est le fruit – empoisonné ! – du Printemps musical de Pérouges, festival qui avait auparavant permis à Éric Montbel de composer un Jardin de l’ange, grimoire sonore recelant des chants sacrés et anciens de tradition populaire. Depuis, Montbel a retourné son aube et s’est consacré à d’autres compositions, méphistophéliques celles-là, pour la plupart écrites au cours du dix-neuvième siècle. Le Jardin des mystères, sous-titré Complaintes criminelles, ballades sanglantes et autres chansons sinistres, raconte des règlements définitifs de problèmes sentimentaux ou familiaux, des confidences de condamné à mort, des forfaits de malandrins, etc.

(suite…)

Read Full Post »

Critique de disque. 3… 2… 1… Et c’est parti pour un drôle de voyage musical à bord d’une fusée cuivrée, la Banda Bonaventura Somma. Cette fanfare d’une soixantaine de membres, auxquels s’ajoute une dizaine de percussionnistes, interprète une musique haute en couleur signée par Battista Lena. Ce guitariste s’inscrit dans la tradition italienne magnifiée par Nino Rota et ses musiques écrites, notamment, pour les films de Federico Fellini. Ce dernier aurait certainement apprécié le texte du poète Marco Lodoli qui nous invite ici à participer à l’aventure d’un cosmonaute russe dérivant et divaguant dans les étoiles. En italien, comme en français – car cet album propose les deux versions – on est rapidement envoûté par cette « comédie musicale », cet « opéra » sans pareil.

(suite…)

Read Full Post »

Critique de disque et critique de livre. Quand la new wave vient heurter la rive gauche… Dominique Ané est l’un des plus éminents représentants de la scène française des années 1990-2000. C’est dit. Enfant du rock amoureux des mots en rouge et noir d’artistes de la génération cabaret – tels que Barbara -, Dominique A est parti d’un univers très personnel, voire excessivement tourné sur lui-même, pour finalement parvenir à élargir son point de vue. D’abord minimaliste (La Fossette), il s’est aventuré sur des zones risquées, déstructurant son propos à la manière d’un Bashung (Remué). Et puis, avec Tout sera comme avant, le voici se frottant aux grandes formes, faisant souffler quelques vents tourmentés dans ses airs de jeune urbain. Mine de rien, ils sont rares, dans la chanson française, à s’y essayer.

(suite…)

Read Full Post »

Critique de disque. Gueule cassée de la punkitude parisienne, Daniel Darc est un poète chantant, fasciné pour toujours par les zones d’ombre de la vie, autant que par les éclatantes clartés qui illuminent l’existence. Cette chienne de vie, pourrait-on dire, qui ne fait aucun cadeau aux extralucides, à ceux qui ont choisi le camp du beau, du vrai, du pur, de l’idéal et qui s’en prennent plein la poire – « Pardonnez nos enfances comme nous pardonnons à ceux qui nous ont enfanté » chante-t-il. En ayant tout fait pour, peut-être, mais surtout parce que se révolter coûte cher. Daniel Darc n’est pas François Villon ni Arthur Rimbaud, mais il appartient à cette famille de garçons qui cherchent la bagarre. Et autre chose. Pas de pitié pour les tièdes ! Fasciné par les figures du rock et de la littérature les plus extrêmes (Johnny Cash, William Burroughs, Hubert Selby Jr., Lou Reed, Iggy Pop…, de grands blessés, eux aussi), il est l’un de ceux qui, en France, ont le mieux compris de quoi doit être fait une chanson rock. De notes et de mots instantanément sensibles. Le reste étant une question d’esprit et de style.

(suite…)

Read Full Post »

Critique de disque. « Ma banlieue a des charmes que rien ne remplace… » chante Reda Caire qui, en 1937, assimile les faubourgs de Paris à des coins champêtres… Pas chic, certes, mais quand on y va en goguette : « Tous les ennuis s’effacent ». Il fut donc un temps où chanter la banlieue se faisait dans la bonhomie. Avec ce double cd, les collections anthologiques de Frémeaux s’enrichissent d’un merveilleux volume. Il recèle des chansons idiotes – mais vraiment idiotes, hein, qui s’assument comme telles – « Je suis né à Saint-Ouen, Ouin ! Ouin ! » -, des romances pleines de mélancolie, des chansons à danser, des histoires de gens simples prenant du bon temps dans les guinguettes, de paumés de la zone, de péniches qui passent… L’accordéon est bien sûr l’un des instruments qui dominent l’univers musical de ces chansons formidablement construites, dotées de jolies mélodies, rehaussées de voix franches et claires. Damia est là, Fréhel et Piaf aussi, de même que Trenet, Chevalier, Fernandel, Andrex ou encore André Claveau, Robert Lamoureux, Bourvil, etc.

(suite…)

Read Full Post »

Critique de disque. Les Wampas, ces damnés de la chanson électrique, sillonnent les routes de France et d’ailleurs depuis 1983, semant et récoltant des décharges de joie désordonnée. Ils en ont vu du pays ! D’abord à la faveur de la vogue des groupes « indépendants » et « alternatifs » qui leur fit côtoyer la Mano Negra ou Les Garçons Bouchers, puis, quasiment en solitaire, durant une longue période, tels des survivants d’une cause que tout le monde croyait perdue ; celle du rock à la française. Vingt ans après, on trouve la trace des nombreux déplacements de ces rockers parisiens dans ce disque. On y parle notamment de Brest, de Toulouse et même de Saint-Mandé ! Étonnant chroniqueur, Didier Wampas, auteur et chanteur du groupe, évoque quantité de scènes vues ou vécues, à la fois datées et intemporelles, en tout cas toujours justes. En gros, il nous offre dans chacun de ses disques une étude assez fouillée de l’état d’esprit adolescent.

(suite…)

Read Full Post »

Critique de disque. C’est un paradoxe : Massilia Sound System est l’un des meilleurs groupes de reggae de France, mais il n’entend pas se situer dans cette catégorie. Il est vrai qu’en ce pays où chaque style inventé ailleurs a eu ses zélés imitateurs – soyons charitables, ne citons pas de noms… -, on n’a pas envie d’être classé dans la famille des caméléons quand on réussit à tracer son propre sillon. Chez MSS, le reggae est le point de départ d’une démarche très originale. Il s’agit pour ces troubadours des temps modernes de colporter une vision du monde différente du modèle dominant. Jah n’a rien à faire chez eux, ni la Bonne Mère d’ailleurs. D’esprit libertaire, la tchatche de ces mécréants incite à ouvrir les yeux sur ce qui nous entoure et à tendre la main à ses voisins en refusant toute autorité illégitime, ferment du centralisme honni. Cherchons à vivre en bonne entente au niveau local et, par contagion, cela ira bien mieux au-delà.

(suite…)

Read Full Post »

Critique de disque. Pour réussir une bonne chanson à la française, point n’est besoin d’en rajouter. On peut faire des miracles à partir de peu de choses. Mathieu Boogaerts est de ces chroniqueurs intimistes dont l’essentiel de l’intérêt repose sur le style d’écriture. Ses comptines de trentenaire parisien sonnent constamment juste. Qu’il raconte ses états d’âme un jour de pluie à Paris, le souvenir d’un mariage à Las Vegas, les espoirs déçus d’une grand-mère, l’éloge à un ami disparu ou la construction d’une maison, on y est par la grâce de quelques traits bien dessinés. Congénère de Dominique A et Philippe Katerine, Mathieu Boogaerts est, comme ces derniers, doté d’une sensibilité teintée d’ironie et d’innocence qui produit des effets décalés – à commencer par le fait d’intituler son disque 2000, quand celui-ci sort en 2002.

(suite…)

Read Full Post »

Critique de disque. « La bomba ! » Ce cri du cœur lancé au début de ce disque indique l’état d’esprit régnant sur les scènes où durant trois ans se sont produit Manu Chao et ses acolytes du Radio Bemba Sound System, son groupe explosif. Les adorateurs des deux précédents albums solo de Chao risquent de tomber de leur petit nuage car, enregistrées à la Grande Halle de La Villette en septembre 2001, les chansons du troubadour libertaire passent de leur état de ballades à celui de brûlots. Elles s’enchaînent à vitesse grand V : pas le temps de souffler ; ce qui est finalement très représentatif de ce qui se passe quand Manu est en ville. On se remémore les concerts de la Mano Negra – bien obligé, puisque une partie des vingt-neuf titres de l’album sont puisés dans le répertoire de la précédente formation de Chao. Et l’on constate que l’énergie est toujours là.

(suite…)

Read Full Post »

Older Posts »