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Posts Tagged ‘Cinéma documentaire’

Poussin 3

Interview. Dans chacun des numéros de la série Palettes, un tableau est démonté, fragmenté, dépigmenté ou radiographié, avant d’être reconstitué. Après trente minutes d’enquête palpitante, le commissaire Alain Jaubert finit par énoncer ses conclusions.

Poussin 1Alain Jaubert utilise toutes les ressources de l’érudition et des techniques audiovisuelles afin de mieux comprendre comment à coups de couteau ou de pinceau, à mains nues parfois, un peintre a accompli son œuvre. Palettes sait rester simple malgré la richesse de ses moyens – en matière grise s’entend. Loin du pensum doctoral et soporifique, cette demi-heure didactique est lumineuse. Réussir à passionner son spectateur en analysant, paPoussin 2r exemple, telle ou telle œuvre classique et mystique peinte par un artiste méconnu est l’un des petits miracles de cette série diffusée par Arte.

Scientifique de formation, journaliste et amateur d’art, Alain Jaubert communique à travers Palettes sa fascination pour la peinture, digérant pour cela des centaines d’ouvrages spécialisés. Pertinence des images, sobriété du commentaire dit à merveille par le comédien Paul Cuvelier : le plaisir est ici communicatif.

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Le Chagrin et la Pitié - Générique L’histoire est un genre auquel les Français sont traditionnellement attachés, nourris qu’ils sont des récits fondateurs de la nation. Depuis ses débuts, la télévision s’est fait l’écho de ces derniers, puis de leur remise en cause, tout en élargissant son propos au-delà des frontières du pays, principalement sous forme de films documentaires, aux côtés de fictions, de causeries ou de débats. Les premiers ont connu une évolution au même rythme que leur support. Parfois, pour des raisons économiques ou politiques, c’est au cinéma qu’ils ont d’abord été diffusés. Pour leur part, les historiens (des disciples de Lavisse aux tenants des Annales) ont progressivement changé leur rapport à un media jugé d’abord simplificateur. Au fil du temps, on les a vu venir faire soit la présentation de leurs travaux en plateau ou collaborer à l’élaboration de films documentaires. La présente saga couvre quatre décennies d’histoire  de l’histoire à la télévision française, de la fin des années 1950 au début des années 1990.

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train dérailléCritique de film. Ils avaient une vingtaine d’années. A partir de 1940, ils s’engagèrent dans la Résistance contre l’Allemagne nazie et ses soutiens français. Cinquante ans après ils se souviennent.

Qui ne s’est jamais posé cette question : « Pendant la guerre aurais-je été résistant ? » L’auteur du Refus dit être parti de cette réflexion d’ex-adolescent ayant mûri dans la période d’après-guerre, une trentaine d’années durant lesquelles on présenta la majorité des Français occupés comme des Résistants. Après cela, à partir du milieu des années 1970, la France est entrée dans une autocritique sévère et amère. Pierre-Oscar Lévy est l’un de ceux qui, cinquante ans après la fin du conflit, veulent repassionner le débat d’une manière positive en établissant un corpus de témoignages directs. Il donne la parole à de jeunes gens devenus vénérables qui, tous, ont refusé la défaite, plein « de révolte, de honte, de rage et d’accablement ». Son film suit l’évolution de la Résistance, faisant se succéder les récits d’une quarantaine de partisans.

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Critique de film. Le sac de Nankin, perpétré par les armées japonaises en 1937, est l’un des crimes de guerre les plus sanglants du XXe siècle. Au nom de l’empereur raconte cet événement historique majeur et s’intéresse à ce qu’il en reste dans la mémoire nationale nippone.

Nankin, 1937Installés depuis 1910 en Corée, les colons japonais créent en 1932 l’État fantoche du Mandchoukouo dans le nord de la Chine. En 1937, sous l’impulsion du gouvernement ultra nationaliste de Tokyo (devenu l’allié des fascistes italiens et nazis allemands), l’armée coloniale nippone entame véritablement sa conquête de la Chine. Elle prend Pékin et Shanghai, mais les si Chinois perdent du terrain, ils se défendent avec ardeur. Nankin (ou Nanjing), leur capitale, paye le prix fort pour cette résistance. Elle subit d’abord plusieurs jours de raids aériens intensifs, ce qui fait fuir les riches de la ville, lesquels laissent sur place les habitants les plus pauvres. Lorsque les Japonais investissent Nankin, ils se livrent à des massacres et des pillages. Les atrocités dureront plusieurs mois et causeront plus de 200 000 morts.

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Subterranean Homesick BluesCritique de film. En 1965, le jeune Bob Dylan est en train de devenir une figure de proue de la pop music internationale. C’est ce dont témoigne Don’t Look Back, un film exceptionnel signé Donn Alan Pennebaker, l’un des plus importants représentants du cinéma direct ou cinéma vérité.

Né en 1941, Robert Zimmermann a adopté son pseudonyme en hommage au poète gallois Dylan Thomas. Considéré comme un fils spirituel de Woody Guthrie, Bob Dylan devient l’un des chefs de file du courant folk en 1963 avec Blowin’ in the Wind et The Time They Are a-Changin’, aux côtés de Pete Seeger et Joan Baez, laquelle sera un temps sa compagne. Agressif, ironique, ce poète aux allures de beatnik bouscule les convenances et critique la marche du monde.

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Critique de film. Les Anges noirs de l’utopie est une remarquable synthèse qui retrace les temps forts de la furieuse histoire des pirates européens.

Un navire tourmenté par une tempête percPiratee l’écran. Dans un « sillage d’effroi et de ténèbres » s’approchent les fantômes de Barbe Noire et de Rackam le Rouge… Très vite, ce film plonge ses spectateurs au cœur d’une fabuleuse histoire que racontent l’écrivain Michel Le Bris et le réalisateur Michel Viotte. Excellemment écrit, le commentaire dit ce qu’il faut savoir, tandis que la réalisation fait rêver grâce à une iconographie qui concilie les nécessités de l’histoire et de l’esthétique, ainsi qu’à quelques extraits de fictions bien choisis et des prises de vue tournées dans des lieux fondés par ces criminels fascinants que furent les pirates.

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Critique de film. Vision amère de la vie moderne, L’Amour existe est une charge contre la monotonie et la laideur du cadre de vie imposé aux Franciliens du début des années 1960. Tout est étroit, mesquin dans ce monde rythmé par les horaires de travail et le temps passé dans les transports en commun.

« Longtemps, j’ai habité la banlieue » fait dire Pialat au commentateur. Le gamin de Courbevoie se souvient des cartes de géographie Vidal de Lablache qui « éveillaient le désir des voyages lointains, L’amour existemais entretenaient surtout nos illusions au sein même de nos paysages pauvres. » Ici, un vent léger anime la surface de l’eau. La mer ? Non, la caméra élargit notre champ de vision : il s’agit d’un étang au bord duquel s’ébrouent des machines.

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