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Posts Tagged ‘Congo’

ray-lema-headbug-1Interview. Inclassable, Ray Lema joue toutes sortes de musiques depuis longtemps. C’est ainsi qu’il a créé la sienne propre, au gré de ses pérégrinations entre son Congo natal, divers autres pays africains, les États-Unis, le Brésil ou la France où il s’est établi. Excellent pianiste et chanteur, il emprunte en ce moment les voies du jazz, résolument, mais à sa manière, à la fois grave et joyeuse, très abordable et sophistiquée.

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Reprenant un propos de Miles Davis, vous dites souvent « Le jazz n’est pas une musique, c’est une attitude »

C’est une phrase très importante pour moi. Pendant longtemps, j’ai été intimidé par le jazz, une musique très réglementée qui s’apprend à l’école ou dans un conservatoire, qui possède une dimension quasiment scientifique. Moi qui n’ai pas fréquenté ces institutions, quand je suis tombé sur ce propos, je me suis dit « pourquoi pas moi ? » et j’ai sauté le pas.

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JEAN ROLIN « L’explosion de la durite » (P.O.L.)Critique de livre. La durite est un tuyau en caoutchouc qui fait le lien entre les différentes parties d’un moteur à explosion. Quand cette pièce lâche, on se trouve en rade. C’est ce qui arrive à Jean Rolin, écrivain et reporter à ses heures, sur une route du Congo. Mais qu’est-il venu faire dans cette galère ? Un livre, forcément. L’Explosion de la durite est le récit d’une aventure moderne : l’acheminement d’une automobile de Paris à Kinshasa. Il y a un côté Pieds Nickelés dans cette histoire. Aussi préparé à cette entreprise qu’un pingouin pour la traversée du Sahara, Rolin a au départ l’intention de venir en aide à l’un de ses amis, un ex-colonel de l’armée zaïroise de Mobutu devenu vigile dans un fast-food.

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Critique de disque. Durant plusieurs décennies, à partir du moment où la radio et le disque se sont répandus sur le continent, la musique congolaise a envahi toute l’Afrique sub-saharienne. Et même au-delà, jusqu’au Japon, où des groupes locaux se sont mis au soukous. Après avoir parfaitement exploré les GOLDEN AFRIQUE, vol. 2 (Network)répertoires d’Afrique de l’Ouest dans un premier volume, les compilateurs de Golden Afrique poursuivent leur beau travail avec une nouvelle et parfaite anthologie couvrant une fois de plus la période 1950-1980. Les stars sont là, tout comme les glorieux inconnus, ceux que seuls des connaisseurs peuvent dénicher. « Indépendance cha cha cha », qui figure ici, est de multiples façons exemplaires. C’est en effet un titre qui a servi d’hymne festif à toutes les nations africaines qui recouvrèrent leur liberté au tournant des années 1950 et 1960. C’est également une merveilleuse adaptation locale des rythmes cubains tels qu’on les appréciait alors sur le continent. Enfin, il permet de saluer Joseph Kabasele, surnommé « Grand Kallé ». Lui et son concurrent, Franco Luambo Makiadi qui connaîtra une grande renommée à la tête de son Tout Puissant OK Jazz, ont posé les bases de la rumba congolaise appelée aussi soukous. Cuivres éclatants, guitares électriques tricoteuses, percussions métronomiques, voix angéliques : tout concourt à provoquer une sorte d’hypnose et incite à bondir sur la piste de danse.

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Critique de disque. Le tout puissant Konono n°1 entre dans la place et vous voilà à genoux. Il s’agit d’un groupe fondé à la fin des années 1970 par Mingiedi Mawangu. Il joue une musique conçue à partir de thèmes traditionnels émanant du peuple Bazombe, lequel vit des deux côtés de la frontière de la République Démocratique du Congo et de l’Angola. Resté fidèle aux répertoires des campagnes, Konono n°1 s’est cependant trouvé un son d’une modernité pleine de malice dans ces cours et arrières cours de Kinshasa où il fait danser les foules, pour l’amusement mais aussi, parfois, pour la transe. A la base, ses musiciens jouent du likembé, que l’on appelle également piano à pouces, un instrument constitué de lamelles métalliques fixées sur une boite. Rien de plus banal donc pour qui connaît les musiques des campagnes d’Afrique centrale. Sauf qu’ici les likembés sont reliés à des micros et que leur son vient s’écraser dans des hauts parleurs. A l’oreille, cela ressemble à un mélange de marimba et de guitare électrique saturée.

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« – Votre reportage n’est pas dans la ligne du journal !
– Messieurs, vous apprendrez à vos dépens qu’un reporter ne connaît qu’une seule ligne, celle du chemin de fer ! »

Dossier. Référence absolue des reporters français, Albert Londres (1884-1932) n’a pas seulement arpenté l’Inde, l’Indochine, la Palestine et les Balkans, dénoncé les méfaits de la colonisation en Afrique, enquêté sur le bagne de Cayenne et la traite des blanches en Argentine. Il nous a aussi laissé des ouvrages qui restent des modèles du genre et un Prix qui porte son nom, décerné depuis sa mort aux plus grands journalistes français. L’histoire de ce globe-trotter emblématique est celle d’un rêveur qui s’en prenait aux réalités du monde.

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Critique de disque. Les rencontres entre musiciens du Nord et du Sud sont fort nombreuses. Moins courantes sont les fraternisations Sud-Sud. En voici une, et des plus réussies. Pour la cinquième fois en huit ans, des musiciens cubains et africains se réunissent pour perpétuer une fusion qui ne date pas d’aujourd’hui. Depuis les années 1930, sur toute la façade Atlantique, les rythmes cubains ont trouvé des oreilles plus que bienveillantes en Afrique. En somme, ces formes musicales héritées des esclaves africains revenaient au pays ! Quand sort « Indépendance cha-cha », ce merveilleux et énorme tube de Joseph Kabasele qui symbolise une nouvelle ère dans les années 1960, la jeune génération ne jure plus que par le style épicé des cousins américains. Des groupes comme les Ambassadeurs, le Bembaya Jazz ou le Franco OK Jazz font la loi sur les pistes de danse. Hommage leur est donc rendu par cet Africando All Stars dans lequel Salif Keita croise Koffi Olomidé, Lokua Kanza ou Médoune Diallo, tous de magnifiques chanteurs dont la voix est soutenue par un excellent orchestre afro-cubain, au sens propre du terme. Goûtez à ce cocktail et vous ne pourrez plus vous en passer !

Michel Doussot

Mise en ligne sur routard.com le 27 juin 2001

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