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Posts Tagged ‘Guitare’

Interview. Le pianiste belge Éric Legnini a écrit une très plaisante collection de chansons sans paroles qu’il interprète en trio, au disque avec le contrebassiste Thomas Bramerie et un guitariste, tantôt Rocky Gresset tantôt Hugo Lippi, chacun des deux possédant un style personnel. Ce beau travail dont le titre, « Six Strings Under », est un clin d’œil à la fameuse série « Six Feet Under » qu’il apprécie particulièrement, est à découvrir en club à l’approche de Noël. Un beau cadeau à se faire !

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Interview. Stéphanie chante accompagnée de Mathieu à la guitare. Avec beaucoup de délicatesse, le fraternel Duo Varnerin nous offre un bouquet de mélodies françaises dont les musiques ont été composées par Fauré, Debussy, Hahn, ou Séverac, afin de porter les textes de poèmes signés Mallarmé, Verlaine ou Charles Duc d’Orléans. De sa belle voix de soprano, Stéphanie Varnerin évoque ici le travail d’orfèvre qu’elle a accompli avec son frère.

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Quand on chante des mélodies, c’est normalement un piano qui assure les parties instrumentales. Qu’est-ce que cela apporte de le remplacer par une guitare ?

Cela permet par exemple de donner de nouvelles couleurs ou un peu plus de relief à ces œuvres. Nous ne les avons cependant pas fondamentalement modifiées.

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Interview. Le compositeur et guitariste Frédéric Maurin s’est vu confier la direction artistique de l’Orchestre National de Jazz cette année. Jusqu’en 2022, l’ancien meneur de l’ensemble Ping Machine va développer des programmes inédits, mais aussi valoriser le répertoire de cette formation créée en 1986.

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Quelle est l’orientation que vous voulez donner à l’orchestre ?

J’ai décidé de ne pas privilégier une esthétique, chaque programme représentera un style. Nous avons commencé avec « Dancing in Your Head(s) », un hommage à la musique de Ornette Coleman et « Rituels », une œuvre collective et originale créée avec des chanteurs. Nous faisons de grands écarts, ce qui ne m’était pas facile à faire avec Ping Machine. Là, ça l’est, c’est même constitutif de notre mission. Nous allons aussi nous adresser au jeune public avec des spectacles spécifiques, ce qui n’existait pas auparavant. Il s’agit notamment d’un conte musical autour du mythe de Dracula. De plus, un orchestre constitué d’élèves issus d’écoles de musique ou de conservatoires va avoir pour tâche de faire vivre le répertoire de l’ONJ dont les premières pièces remontent à 33 ans, cela avec d’anciens directeurs de l’orchestre.

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Interview. Le superbe guitariste qu’est Biréli Lagrène est l’une des têtes d’affiche du Festival Jazz de Saint-Germain-des-Prés Paris. Il se produit ce soir en trio, afin d’interpréter les titres de son nouvel album, Storyteller, qui comprend entre autres des standards comme « On Green Dolphin Street », « Freedom Jazz Dance » ou « Wave ». Une occasion pour ce grand artiste de la six cordes de montrer l’étendue de sa palette sonore.

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Vous allez jouer dans le cadre d’un festival dont l’intitulé évoque la grande époque du Saint-Germain-des-Prés jazz…

Pas mal de choses se sont effectivement passées dans ce quartier à la fin des années 1940, notamment avec Django.

Lequel Django Reinhardt est une importante référence pour vous. Vous souvenez-vous de la première fois que vous avez entendu sa musique ?

Difficilement car je l’ai écoutée dès ma petite enfance ! On en jouait tout le temps dans ma famille. Je me souviens quand même qu’assez rapidement, je me suis mis à passer ses disques et à prendre une guitare pour essayer de la reproduire. Ensuite, j’ai découvert d’autres genres comme le jazz rock de groupes comme le Mahavishnu Orchestra, ce qui m’a énormément marqué.

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Interview. Baum est un trio à cordes qui, sous le titre Ici-bas, interprète des mélodies de Fauré après les avoir arrangées sur le plan instrumental et en faisant appel à des chanteuses et chanteurs issus des univers jazz et pop. À cela s’ajoutent des « décrochages stylistiques » joués à la guitare électrique par Olivier Mellano, le directeur artistique de ce projet. On tombe sous le charme de ces airs dont on (re)découvre la profonde beauté. Sur disque, les vocalistes sont une vingtaine. Sur scène montent ce soir Camille, Élise Caron, Himiko Paganotti, Kyrie Kristmanson, John Greaves, Judith Chemla, Sandra Nkaké, Philippe Katerine.

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Dans quel état d’esprit avez-vous réalisés vos arrangements ?

L’idée était de retrouver au mieux toute la douceur qui émane des mélodies de Fauré. Nous restons fidèles aux partitions et, d’une certaine façon, nous sommes très proches de ce que l’on entend lorsqu’on les lit. Ce travail nous a demandé deux ans pendant lesquels nous nous sommes immergés dans la musique de Fauré. Plus nous plongions dedans, plus nous en tombions amoureux. Cette musique est envoûtante, à tel point que l’on surnommait ce compositeur « le maître des charmes ». Avoir réussi à mettre autant de beauté dans de petites formes telles que ses mélodies, est exceptionnel.

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Interview. Heureux qui, comme Lionel Loueke, a fait un beau voyage… The Journey est le titre d’un album très personnel qu’il vient de faire publier. Cet excellent guitariste qui a joué avec Herbie Hancock, Wayne Shorter, Chick Corea, ou Sting, y déploie un univers musical foisonnant empreint d’une rare sérénité.

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Quels sont les points de départ de votre Voyage ?

D’une part des réflexions sur les choses de la vie de tous les jours, de même que sur des sujets qui me tiennent à cœur comme la question du réchauffement climatique ou des migrations, ainsi que mon histoire personnelle. J’ai grandi au Bénin, puis je suis allé à Abidjan en Côte d’Ivoire pour étudier la musique classique, ensuite à Paris et aux États-Unis afin d’apprendre le jazz. Je sais donc ce que c’est que de quitter son pays, ce que l’on ne fait pas toujours avec plaisir, afin de concrétiser ses espoirs. J’ai voulu faire passer mes messages dans la douceur. Selon moi, c’est la meilleure façon d’éveiller les consciences.

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Interview. Yoann Kempst swingue et groove en douceur quand il ne déclenche pas des éclairs avec sa guitare électrique au gré de morceaux délicieusement instables. Ils relèvent a priori du genre fusion, mais ce serait très réducteur de les circonscrire à ce dernier. Ce musicien sans carcan joue ce soir en trio avec le bassiste Guillaume Marin et le batteur Francis Arnaud.

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Votre musique entre difficilement dans une catégorie…

Ma démarche consiste à créer des morceaux à tiroir qui procèdent de quelque chose s’approchant de l’artisanat, de la cuisine… Je mets les mains dans la matière. À charge pour l’auditeur de deviner quels en sont les ingrédients.

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thibault-cauvinInterview. Guitariste inspiré, comme en témoigne son nouvel album consacré à Vivaldi, Thibault Cauvin joue dans des espaces de toutes dimensions à travers le monde : un petit théâtre en Afrique, Carnegie Hall à New York ou la Cité Interdite de Pékin… Alors pourquoi pas la Tour Eiffel ? Dans ce haut lieu, il va nous interpréter des pièces du répertoire ancien, ainsi que des œuvres que des compositeurs d’aujourd’hui lui ont écrites. Toutes font référence au voyage, ce qui est logique étant donné que ce musicien se double d’un nomade comme on en fait peu.

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Comment avez-vous eu l’idée de vous produire à la Tour Eiffel ?

Au départ, c’était une blague. Avec la personne qui s’occupe de mes concerts, nous cherchions un lieu qui symbolise le mieux Paris dans le cadre de la préparation d’une série nommée Magic Tour, au cours de laquelle je joue dans des lieux exceptionnels. Nous étions devant ce monument, dont je me lasse pas à chacun de mes passages par Paris, et nous nous sommes dit « pourquoi pas ? » C’était parti ! Cela va se passer au premier étage, dans une salle où l’on a des vues spectaculaires sur l’intérieur comme l’extérieur de la tour. Le contraste entre le gigantisme du site et l’intimisme de mon concert va pour le coup être magique.

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natalia-m-kingInterview. Pour son nouveau projet, la guitariste américaine Natalia M. King chante le blues à la manière jazz, dans un style qu’elle nomme blazz. Exprimant diverses émotions, sa superbe voix vous prend le cœur et le fait palpiter.

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Ce que vous chantez actuellement est à la fois profondément blues et profondément jazz…

J’essaie de créer une forme de relation intime entre ces deux musiques cousines, en prenant garde de ne pas aller trop d’un côté ou de l’autre. J’appelle blazz ce qui résulte de cette démarche.

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Interview. Nommé pour quatre ans à la tête de l’Orchestre National de Jazz, le guitariste Olivier Benoit a inauguré ce printemps un cycle de cinq pièces consacrées chacune à une ville européenne. La première est une mise en musique de ses impressions de Paris. Durant deux soirées, l’ONJ joue cette œuvre intense au Carreau du Temple, lieu où la formation est maintenant en résidence et où elle donnera des concerts tous les mois.

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OLIVIER BENOITEn fait vous retrouvez l’ONJ…

J’en ai été en effet membre en 2001, quand Paolo Damiani le dirigeait. C’est une expérience qui me sert aujourd’hui car j’en connais tous les rouages de l’intérieur.

Le décloisonnement des genres est annoncé comme étant au cœur de votre projet…

Je fais partie d’une génération qui a grandi auprès de gens comme Henri Texier, Louis Sclavis ou Marc Ducret, très ouverts d’esprit, s’intéressant à toutes les musiques populaires et savantes, ainsi qu’à l’ensemble des formes artistiques existantes, telle que la danse, par exemple. Le jazz est en perpétuelle évolution, il est tout le temps là où on l’attend pas. Je suis très attaché au fait de faire une musique vivante, qui soit de notre temps. Les légendes du jazz ont suivi cette démarche. C’est un bon exemple à suivre.

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Interview. C’est tout bonnement l’un des plus grands guitaristes de la scène jazz française. Fils de Matelo Ferré, qui fut l’égal de Django Reinhardt, il a commencé sa carrière lorsqu’il portait des culottes courtes. Musicien dans l’âme il n’a jamais raccroché son instrument. Durant deux soirées il va jouer en trio et en quartette des morceaux de son frère Elios, ainsi que des œuvres en solo que lui ont inspiré les partitions de compositeurs classiques.

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Vous avez débuté alors que vous étiez enfant. N’avez-vous pas eu parfois la tentation de faire autre chose que de la musique ?

BOULOU FERREJe n’ai pas eu le temps ! J’ai commencé à chanter dans les années 1950, quand j’avais 6 ans, puis je me suis mis à la guitare et j’ai enregistré mon premier disque à 11 ans, avec Jean Ferrat. Les concerts sur de grandes scènes se sont succédé les uns après les autres, c’était comme si j’étais accroché à une corde et que l’on me tirait en permanence. De toute façon, dans mon milieu, on n’avait pas trop le choix. Et puis les enfants étaient dociles à cette époque !

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Critique de disque. Le luth à trois est une discipline non homologuée dans le monde musical arabe. Les jeunes frères Joubran innovent donc en réunissant leurs talents respectifs. D’entrée de jeu, on est captivé par leur colloque de virtuoses. Cependant, ils ne font pas partie de ces instrumentistes qui en TRIO JOUBRAN « Randana »imposent par de vaines prouesses. Leur propos est d’exprimer des sensations profondes le plus justement possible, pas d’épater la galerie. En pinçant les cordes de leurs ouds – l’oud est la forme arabe du luth -, ils expriment leur idée de la beauté et de la douceur, avec autant d’assurance que de sensibilité. La mise en place de Samir, Wissan et Adnan est époustouflante de précision. On a connu des frères moins unis ! Tous trois sont nés à Nazareth, ville palestinienne incluse dans l’État d’Israël – dont ils ont la nationalité – au sein d’une famille très musicienne – la mère chanta et le père est un luthier réputé. L’aventure scénique commence dans les années 1990 lorsque Samir, formé à Nazareth et au Caire, part sur les routes moyen-orientales, puis européennes. Partout, on le fête et, bien vite, il collabore avec des poètes – dont Mahmoud Darwish -, des cinéastes et des chorégraphes, notamment en France. Il est ensuite rejoint par Wissan pour former un duo, lui aussi très apprécié et enfin par Adnan.

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Critique de disque. Si vous vous êtes déjà rendu à Chinguetti, cité entourée de dunes qui se situe dans la région de l’Adrar en Mauritanie, la musique de Moudou ould MatMOUDOU OULD MATTALLAtalla vous est peut-être familière. Ce guitariste se produit en effet régulièrement devant les voyageurs en quête de bonnes vibrations. Mais si vous ignorez tout du lieu et de sa culture, voici un album qui va vous donner envie de vous rendre fissa dans ce coin du Sahara. Surtout si vous êtes déjà adepte des compositions du Malien Ali Farka Touré, car Moudou ould Mattalla est son « cousin » mauritanien. En pinçant les cordes de sa guitare électrique, qui sonne souvent comme le luth tidinit local, il fait passer à sa manière d’identiques sensations blues subjuguantes – son attrait pour cet instrument est né à l’écoute de groupes tels que Pink Floyd et… Scorpions.

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Critique de disque. Pour trouver la tribu des T’boli, ce n’est pas compliqué. Rendez-vous sur l’île philippine de Mindanao, puis rejoignez la province montagneuse du South Cotabato. Là, il suffit de gagner le lac Sebu. Certes, il est nécessaire de traverser la jungle pour arriver jusque sur les terres verdoyantes FINGGUY FLANG & LUMING TUANde nos amis, mais la rencontre avec ce peuple aborigène vaut la peine que l’on se donne. Sa musique est en effet des plus intéressantes. Elle se joue notamment grâce au luth hegelung, instrument de forme oblongue dont Fingguy Flang et Luming Tuan sont des virtuoses. Avec seulement deux cordes, elles interprètent une sorte de blues rural, tel qu’on en a inventé ailleurs dans le monde, du Mississippi au Mali, en passant par les steppes d’Asie centrale.

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Un demi-siècle après la disparition physique de Django Reinhardt, sa musique reste incroyablement présente. Il ne se passe pas une soirée sans que des guitaristes jouent ses compositions dans Paris. Combien d’artistes français du passé peuvent se prévaloir d’une pareille postérité ? La Cité de la Musique lui consacre une grande expo, laquelle est intitulée Django Reinhardt, swing de Paris.

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Né en 1910 à Liberchies (Belgique) de parents saltimbanques, Django Reinhardt le manouche a passé la première partie de sa vie dans la « zone », ces terrains vagues situés sur le tracé des anciennes fortifs, notamment entre Saint-Ouen et Clignancourt. La scénographie de l’expo évoque l’univers des puciers en donnant à voir de nombreux documents manuscrits et imprimés posés sur de vastes tables-boîtes, lesquelles sont environnées de photos, d’affiches, d’écrans où sont projeté des extraits de films et de quelques toiles peintes par Django – dont une intéressante Femme gitane. Inspiré par les rythmes du jazz, d’autres tableaux sont signés de Kupka, Sonia Delaunay ou Dubuffet.

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Critique de disque. C’est à Rafah, dans la bande Gaza près de la frontière égyptienne, que vit Moneim Adwan, chanteur et joueur de oud (sorte de luth). Il est difficile de résister aux émotions diffusées par sa voix qui, pour aller vite, n’est pas sans rappeler celle de Cheb Mami. Tous deux ont en partage cette saisissante aisance à monter vers les aigus. Accompagné d’un ensemble constitué d’un kânun, d’un violon, d’une flûte ney et de percussions, Moneim Adwan emploie ses très sensibles cordes vocales à servir des textes de poètes palestiniens contemporains. Ils expriment l’amour, la beauté des choses, bref tout ce qui apaise et incite à espérer vivre des jours meilleurs. En lançant de tels vers, cet artiste atteint plus sûrement le cœur et l’âme de ses auditeurs que s’il usait des canons de la propagande.

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Critique de disque. Un vrai délice : simplicité, calme et volupté. La musique que nous joue ce guitariste capverdien est renversante, en ce sens qu’elle donne envie de s’asseoir ou de s’allonger afin de se laisser envahir par un flot de notes d’une grande beauté et d’une extrême douceur. Humbertona a enregistré les treize thèmes de cet album en 1973 et 1974 alors qu’on était encore très loin du succès planétaire emporté par Cesaria Evora. On trouve d’ailleurs dans cette sélection d’airs classiques du Cap-Vert certaines compositions qu’a interprétées la diva de l’archipel, notamment « Miss Perfumada ». Une guitare solo, une autre en accompagnement, ainsi qu’un cavaquinho (guitare à quatre cordes d’origine portugaise), c’est, pour l’essentiel ce que l’on entend ici. Humbertona, le soliste, est de ces guitaristes qui font chanter leur instrument. Résultat : il nous tient en haleine, à l’image des meilleurs vocalistes.

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Interview. Pour son projet Songs of Freedom, le guitariste s’empare de classiques de la pop des années 1960 et 1970 en donnant libre cours à son imagination. C’est avec grand plaisir que l’on redécouvre en sa compagnie des compositions des Beatles, de Stevie Wonder, de Led Zeppelin ou de Bob Marley, lesquelles sont réinventées avec la complicité de divers chanteurs.

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Comment avez-vous choisi les titres ?

Ce sont des morceaux qui ont marqué ma jeunesse, qui m’ont remué et fait aimer la musique. Je les ai choisis aussi parce qu’ils me permettent de continuer à développer mon propre son.

Votre première passion n’était pas le jazz ?

Non, j’y suis venu tardivement. Enfant, j’ai d’abord été attiré par le dessin et la peinture puis, avec des camarades d’école, je me suis mis à la batterie pour m’amuser, pour faire du bruit ! J’étais plutôt hard rock et de fil en aiguille la guitare m’a happé. C’est en découvrant le rock progressif que j’en suis venu au jazz, une musique qui m’a tellement fasciné que j’ai voulu apprendre toutes ses méthodes et théories, be-bop notamment. Ce que j’ai fait en autodidacte, en travaillant intuitivement, avant de jouer en tant que professionnel dans des formations de style fusion.

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Critique de disque. La sérénité faite musique. Guitariste très apprécié, mais peu connu en dehors des cercles spécialisés, Toti Soler mérite que l’on cite infailliblement son nom quand un(e) honnête mélomane vous demande sur quel disque on peut écouter des ballades aussi belles que sensibles. Il est des virtuoses qui vous en mettent plein les oreilles, pour vous prouver qu’ils sont les meilleurs. Ce n’est pas le cas de celui-ci. Ses doigts pincent-elles seulement les cordes ? Il semble que non, car cela leur ferait du mal ! Ses notes coulent comme des gouttes d’eau et forment de petits ruisseaux forts rafraîchissants. Soler n’est pas que guitariste, il chante aussi. Et de belle manière, fort émouvante – ses textes sont signés par des poètes de Barcelone et alentours : Joan Vergés, Joan Slavat-Papasseit, Marià Manent… Pascal Comelade, l’un des plus grands fans de Toti Soler, dit de sa musique qu’elle est « intemporelle ». Ce n’est pas faux. En revanche, on peut en situer le lieu d’origine. La Catalogne, l’Espagne et plus généralement la Méditerranée, en ce sens qu’elle est ouverte aux échanges et ne se contente pas d’emprunter les chemins des traditions régionales.

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Interview. Il est l’un des quatre artistes qui participent aux 20e Nuits des Musiciens, après le rocker Louis Bertignac, le chanteur Cali, et avant le trompettiste Thierry Caens. Ayant joué avec beaucoup de monde, le guitariste Sylvain Luc n’a pas eu de difficultés à déterminer sa liste d’invités. Y figurent le pianiste Thierry Eliez et le batteur André Ceccarelli qui l’accompagnent dans son dernier disque en date. Belle soirée amicale en perspective.

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Comment va se dérouler la soirée ?

Elle va réunir des musiciens venus d’horizons différents. Je vais établir un fil conducteur, mais l’intérêt de ce genre de soirée est que l’on puisse laisser toute sa place à l’imprévu. C’est comme cela que de petits miracles peuvent survenir. On a cette chance-là dans le jazz, c’est moins facile d’improviser quand on est musicien classique !

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Interview. Plongé dans le flamenco dès ses plus jeunes années, le guitariste Juan Carmona s’est régulièrement approché du jazz durant toute sa carrière. À tel point que, notamment dans son actuel répertoire, on le sent constamment glisser d’un genre à l’autre de manière subtile au gré de superbes compositions. Le voici sur scène à la tête d’un formidable septette qui comprend le chanteur Rafael de Utrera et le danseur Rafael de Carmen.

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D’où vient cette couleur jazz que l’on perçoit dans votre musique ?
Tout en restant un Juan Carmonaflamenquiste, j’ai souvent joué avec des musiciens de jazz comme Jan Garbarek, Larry Coryell, Philip Catherine ou encore Sylvain Luc dont j’admire la liberté d’expression. C’est d’ailleurs cela que j’adore dans le jazz, cette liberté que donnent notamment les techniques d’improvisation. Le langage que j’ai appris au côté de ces artistes me permet de créer des morceaux à ma manière, tout en respectant les règles du flamenco.

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Critique de disque. Il est des musiciens vagabonds qui vous emmènent au bout du monde avec grâce et simplicité. Thierry Robin est de ceux-là. Fils de modestes paysans angevins, il joue de la guitare dans les milieux folk dans les années soixante dix. Il gigue avec des Bretons, puis côtoie des Berbères et découvre les répertoires arabes, gitans et indiens. Alezane raconte quelques unes des pérégrinations musicales de cet insaisissable nomade. Extraits des albums parus sous le nom de Robin durant les deux dernières décennies, les titres qui figurent sur ce double cd nous font entendre de chaudes et parfois curieuses compositions, toutes ayant pour épicentre la guitare, le luth ou le oud. Parmi les chanteurs gitans et indiens qui y posent leur voix, on retrouve Gulabi Sapera, vocaliste et danseuse originaire du Rajasthan.

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Interview. Il fut l’un des jeunes guitaristes qui relancèrent l’intérêt pour la musique de Django Reinhardt dans les années 1970. Rien de plus normal donc qu’il figure à l’affiche des Nuits manouches qui s’inscrivent dans une copieuse liste d’événements marquant le centenaire de la naissance de la naissance du génial musicien inventeur du style jazz manouche.

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Raphaël FaÿsVous allez avoir l’honneur de jouer le soir même des 100 ans de Django…
Au cours de ce programme, je vais me produire en trio avec de formidables compagnons de jeu, Steeve Laffont et Yorgui Loeffler, guitaristes eux aussi. Nous allons nous retrouver tout au long de l’année et ensuite, je me consacrerais entièrement au flamenco – projet dont je vais présenter le volet Extremadura durant Les Nuits manouches. Cela fait 20 ans que je travaille dans ce sens. Aborder cette musique demande un long cheminement, tout comme d’ailleurs celle de Django.

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Critique de disque. Se faire guitariste au pays de la kora, voilà qui n’est pas banal. C’est le choix qu’a effectué Djelimady Tounkara, figure historique de la musique populaire malienne. Au sein du Rail Band, formation majeure qu’il a rejoint très jeune dans les années soixante-dix, ce musicien a contribué à la modernisation du répertoire de son pays. Moins connu que certains membres de son orchestre (Salif Keita, Mory Kanté), il publie son premier disque solo à plus de cinquante ans. Djelimady Tounkara abandonne ici l’électricité pour utiliser une guitare acoustique.

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Angelo DebarreInterview. Angelo Debarre est une des étoiles qui va briller durant Les Nuits manouches, lesquelles se déroulent à l’Alhambra. Guitariste se situant dans la lignée de Django Reinhardt, il a réussi à développer son propre style, précis et enlevé, notamment en jouant pendant des années avec l’accordéoniste Ludovic Beier. Il nous présente ici sa nouvelle formation, un trio constitué de deux guitares et d’une contrebasse.

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Vous allez jouer votre nouveau répertoire, mais des invités sont également annoncés…
Oui, en plus de Tchavolo Hassan à la guitare et d’Antonio Lucisati à la contrebasse, avec qui je forme le trio Tout à Cordes, il y aura pour une deuxième partie les maestros du violon Marius Apostol et Costel Nitescu. Après, un bœuf est attendu, mais là je ne sais pas encore qui va venir !

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Critique de disque. Cet album fait l’effet d’un coup de vent frais pendant une canicule. À son écoute, on se voit fort bien dans une cour de Bougouni, là où il a été enregistré sur un « studio nomade ». On peut également s’imaginer marchant dans la brousse, ou en train de fixer le courant du Niger, ou encore prostré, regardant stupidement passer un défilé de vaches efflanquées… Certes, ce commentaire fait quelque peu Tintin au Mali mais, que voulez-vous, l’imagination a ses raisons que la raison ne connaît pas. Pendant ce temps, le musicien N’gou Bagayoko, lui, dessine de petites figures musicales à l’aide de sa guitare. C’est si léger que l’on en viendrait presque à oublier que son talent est énorme. La subtilité de ses pièces délicates est formidablement restituée par la prise de son et la postproduction de Frédéric Galliano. Le musicien routard dont Bougouni est devenu l’un des foyers, auteur d’un très intéressant African Divas qui mêle électronique et voix mandingues féminines, joue la carte de la transparence.

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Critique de disque. Ry Cooder intervenait de façon discrète sur le disque Buena Vista Social Club, cette réunion de famille qui a connu le succès que l’on sait. Il en était le maître de cérémonie et se contentait, en tant que pièce rapportée, de glisser quelques notes toujours bienvenues. Guitariste fort apprécié dans les studios californiens dès les années 1960, Cooder est parti à l’aventure dans les décennies suivantes, forant les soubassements de la musique populaire nord-américaine : blues, rock, jazz, tex-mex, etc. Puis, il alla encore plus loin, se tournant vers Hawaï, l’Inde, l’Afrique de l’ouest et enfin Cuba. Une quête émaillée de trouvailles merveilleuses, de rencontres passionnantes pour lui, comme pour nous. Quand on aime le jeu de ce guitariste – en fait, il maîtrise tous les instruments à cordes pincées -, tout à la fois direct, précis, élégant, économe et généreux, on pouvait donc être frustré de ne pas assez l’entendre dialoguer avec ses flamboyants héros de La Havane. Mambo sinuendo comble toutes les attentes.

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Critique de disque. Little Axe est une bande de francs-tireurs, de ceux que l’on retrouve toujours aux avant-postes quand il s’agit d’ouvrir de nouvelles voies. En l’occurrence, ils caracolent en terres reggae, portant bien haut les couleurs du blues. À la tête du bataillon se trouve le guitariste américain Skip McDonald. Ancien membre du Sugarhill Gang – celui-là même qui propulsa le rap dans la sono mondiale à la veille des années 1980 avec le premier tube du genre, « Rapper’s Delight », ainsi que « The Message » de Grand Master Flash -, il a depuis mené une carrière de mercenaire, sans jamais oublier ses propres rêves de conquête. On l’a notamment retrouvé au côté de Bim Sherman, chanteur jamaïquain qui a donné un des disques les plus étonnants de l’histoire du reggae – où la batterie est remplacée par des tablas ! -, le bien nommé Miracle. Ce disque a paru sur le label On-U-Sound du Britannique Adrian Sherwood, lequel coproduit Champagne & Grits. Constitué de chansons belles et profondes, c’est le troisième album à paraître sous la bannière de Little Axe, collectif épisodique formé en 1994, dans la continuation de Tackhead, groupe précurseur en matière de mélange des genres.

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Critique de disque. Vétéran de la scène rock’n’roll et country blues nord-américaine, J.J. Cale est loin d’être rangé des voitures. Pour preuve cet album impeccable, par lequel il nous offre treize chansons pleines de vitalité. Elles ont beau avoir été enregistrées au début du troisième millénaire, il est bien difficile de les dater avec certitude. Rien d’étonnant à cela car l’artiste a, dès les années 1960, créé son propre univers, lequel est assez éloigné des feux de la mode – en revanche, comme tous les modèles, il a fait école (Dire Straits…) et nombre de ses chansons ont été reprises, notamment par Eric Clapton (« After Midnight », « Cocaine »…). Mais, si la musique de Cale est indatable, elle est en revanche situable : go west ! Le sud-ouest des États-Unis, ses routes sans fin, ses plaines, ses montagnes et ses déserts : on voit tout cela en écoutant les disques du cow-boy à guitare.

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Critique de disque. Le jeu du guitariste cubain possède une force tranquille, tout en étant virevoltant. Tel est le charme de cet artiste important qui, depuis vingt cinq ans, entretient la flamme des musiques cubaines traditionnelles avec son Cuarteto Patria. Les onze titres de ce disque peuvent être pris pour une annexe du fameux disque Buena Vista Social Club dans lequel Eliades Ochoa tenait une place fondamentale. Mais ils peuvent évidemment s’écouter aussi en tant que tels. On préférera le tournoyant « Arrimate paca », le langoureux « No me preguntes tanto », l’instrumental virtuose « Siboney » ou encore le majestueux « Pena », etc.

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Critique de disque. Aux confins de l’Algérie et du Maroc se trouvent les cités voisines de Béchar et de Figuig. Ces deux portes du Sahara situées en bordure de l’Atlas sont séparées par une frontière plus ou moins perméable, selon les aléas de la géopolitique locale… C’est de ce carrefour des civilisations berbère, arabe et ouest-africaines que vient Hasna. La réputation de cette chanteuse et guitariste est très grande dans le milieu des amateurs de musique maghrébine – enfin, chez ceux qui ne considèrent pas les artistes du sud algérien et marocain comme des chacals du désert. À l’écoute de ce disque – le premier en trente ans de carrière ! – on comprend cet engouement qui fait courir les mélomanes de mariages en festivals où se produit Hasna, aussi bien à Béchar, qu’à Oran ou Casa.

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Critique de disque. Une belle voix, une guitare, quelques percussions : il suffit parfois de peu de chose pour que l’on succombe au charme d’un artiste. C’est d’un guitariste particulièrement merveilleux dont il s’agit ici. Originaire du sud de Madagascar, D’Gary s’est imposé en tant que soliste après avoir brillé dans de nombreux groupes locaux. L’une de ses particularités est de reproduire les sonorités d’instruments à cordes de sa région en utilisant la guitare acoustique. La richesse d’inspiration de ses compositions vient de cette médiation. L’autre point fort du musicien est sa technique, digne des plus grands virtuoses – adepte des accords libres, D’Gary accorde son instrument de manière différente pour chaque morceau interprété, selon le style adopté ou le thème abordé…

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Critique de disque. Bai Kwong et Chow Hsuan sont deux stars de la chanson populaire chinoise des années quarante et cinquante dont Gary Lucas est un fervent admirateur depuis ses pérégrinations juvéniles en Extrême-Orient. Indissociablement liée à ses aventures amoureuses – comme il le raconte avec verve dans le livret -, cette passion ne pouvait aboutir qu’à un album au dessus duquel flotte un halo de tendresse et de sensualité. Musicien renommé – il fut l’un des lieutenants du Captain Beefheart et travailla avec Jeff Buckley – Gary Lucas appartient à cette catégorie de guitaristes américains qui, comme Ry Cooder, Arto Lindsay ou Marc Ribot, restent profondément ancrés dans leur propre tradition tout en s’imprégnant des cultures des autres.

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Critique de disque. Le pas du chat noir : chaque note que comporte ce disque correspond à cette image. La musique du joueur de oud tunisien avance avec agilité et à pas feutrés. Ses intentions restent discrètes pour ne pas dire mystérieuses. En tout cas, elle fascine. Anouar Brahem fait partie de ces musiciens qui se faufilent entre les cases dans lesquels on cherche obstinément à les ranger. C’est ainsi que, fameux pour sa pratique du luth oriental (le oud, donc), il a cependant voulu prendre de la distance avec le type de musique que lui inspire habituellement son instrument. Dans son atelier de Tunis, il s’est mis à composer pour le piano, outil qui lui est moins familier.

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Critique de disque. Le fameux guitariste et chanteur de Niafunké sait se faire désirer. Depuis plusieurs années, Ali Farka Touré déclare ne vouloir se consacrer qu’à son activité d’agriculteur et avoir pris sa retraite de musicien. On a du mal à le croire. D’ailleurs, il donne ici ou là quelques rares concerts auxquels se précipitent les amateurs de vraie musique. En attendant, inch Allah, un nouvel enregistrement, voici deux anciens albums réédités en cd. Initialement sortis sans titre, ils ont pris le nom de la couleur dominante de leur pochette. L’un était rouge, l’autre vert, d’où l’intitulé de cette publication. Red date de 1979 et Green de 1988. Ces deux collections de blues rural africain se situent à la mi-temps d’une carrière qui fit passer Ali Farka Touré de l’ombre à la lumière. Ingénieur du son à la radio nationale malienne durant les premières années de l’indépendance, il a pu enregistrer sept albums vinyle (parus en France chez Sonodisc). Une sélection de titres issus des cinq premiers figurent sur l’anthologie Radio Mali, quant aux deux autres, les voici.

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Eliades OchoaInterview. Eliades Ochoa est de ces hommes qui, au premier coup d’œil, vous inspirent le respect par leur allure. Costaud, affable et plutôt réservé, le grand guitariste cubain est l’un de ces musiciens qui ont conquis la terre entière en participant à l’enregistrement du disque Buena Vista Social Club réalisé par Ry Cooder. Avec son propre groupe, le Cuarteto Patria, il défend les musiques traditionnelles de son île natale depuis un quart de siècle. À l’occasion de la sortie de son album Estoy Como Nunca et au lendemain d’un concert triomphal donné à Paris, Ochoa le virtuose nous parle de voyage et de musique. Tout étonné que l’on puisse s’intéresser à sa personne…

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« Je crois que c’est avec les pilotes et les hôtesses de l’air que j’ai le plus de relations »

Votre métier vous mène d’un continent à l’autre. Quelle est votre vision du monde ?

Ma vision du monde, c’est que tous ces voyages m’empêchent de travailler autant que je le voudrais à ma musique. Je n’ai pas non plus beaucoup de temps pour répondre à des invitations lancées par des amis ou des gens qui veulent me rencontrer. Mes voyages sont donc essentiellement consacrés à me déplacer d’une ville à l’autre… Et à passer de longs moments dans les aéroports. Je crois que c’est avec les pilotes et les hôtesses de l’air que j’ai le plus de relations (rires) ! Plus qu’avec les gens qui viennent nous écouter sur scène. Nous avons aussi des obligations autour des concerts. Ce matin, nous avions prévu d’aller nous promener dans Paris. Et voilà qu’on est venu nous dire qu’il fallait répondre à des interviews. D’un côté, c’est bien parce que ça aide à nous faire connaître. Mais de l’autre, ce temps pris nous manque pour faire autre chose…

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Biographie. John Genzale. New York, le 15 juillet 1951 – New Orleans, le 23 avril 1991.

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Un premier groupe (Actress en 1970), puis c’est la grande aventure des New York Dolls [article à part] pour ce guitariste et chanteur états-unien. En 1975, il forme les Heartbreakers avec le batteur Jerry Nolan, issu des Dolls ; le bassiste Richard Hell en fait un temps partie. Sorti en 1977, le LP L.A.M.F. (Like A Mother Fucker) contient l’hymne « Born to Lose » – titré parfois « Born to Loose ». C’est un des albums majeurs du genre punk rock.

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