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Posts Tagged ‘Inde’

Critique de disque. De sa voix exhalant des souffles ensorceleurs, Susheela nous fait sans cesse glisser des moiteurs tropicales aux brumes septentrionales, et inversement. Après Salt Rain et Love Trap, deux albums réalisés en SUSHEELA RAMAN « Music for crocodiles »Europe, la chanteuse s’est décidée à aller enregistrer la plupart des chansons en Inde, son pays d’origine – d’autres sessions ont eu lieu en Grande-Bretagne et en France, contrée où elle s’est acquis un public fidèle. Déjà fort bien établi, le style inventé par la Tamoule Susheela Raman et son compagnon, le guitariste britannique Sam Mills, prend de ce fait des couleurs encore plus singulières. Rappelons qu’à la base, il s’agit d’un mélange de folk anglo-saxon et de traditions du sud de l’Inde. Loin de jouer la carte de l’exotisme, le couple a préféré employer les compétences des musiciens de Chennai-Madras afin que, par petites touches, ceux-ci enrichissent ses compositions volatiles. Ces dernières échappent en effet à toute tentative de définition catégorique, ce qui fait en grande partie leur charme.

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Critique de disque. Prêt pour une superbe balade en terres hautement spirituelles ? Alors en route. Le Qalandar Express est un train qui, chaque année au mois d’octobre, mène des pèlerins au village de Sehwân Sharif situé dans la province pakistanaise du Sindh. Là, les fidèles vénèrent la mémoire de Qalandar, un saint soufi de notre 13e siècle. Montent à bord du disque présent, les cinq musiciens de l’ensemble Badila pour une belle échappée dans les répertoires mystiques d’Inde et d’Asie centrale : raga, maqâm, qawwâli… Rapprocher comme ils le font des pièces musulmanes et hindoues n’est pas une lubie. Il existe en effet une caste de musiciens et poètes dont la zone d’activité s’étend le long de la frontière indo-pakistanaise et qui chantent tout aussi bien les louanges des saints soufis et de Krishna. Ils se nomment les Manghaniyars. Mame Khan, l’un des deux chanteurs de Badila, est issu de ce clan qui a bien du mérite de pratiquer l’œcuménisme là où les conflits religieux sont souvent sanglants.

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Critique de disque. Ah ! Ce que l’on aurait aimé être là quand ce disque a été enregistré ! Frédéric Galliano, le producteur, a installé son studio nomade à Farakala, village situé au sud du Mali. C’est donc à deux pas de la brousse environnante que se sont rTRILOK GURTU AND THE FRIKYIWA FAMILYetrouvés d’incroyablement bons musiciens. L’idée était de plonger Trilok Gurtu dans l’univers mandingue. Ce percussionniste indien n’est pas un novice en matière de mélange des cultures. On l’a entendu sur de nombreuses scènes jazz au côté d’expérimentateurs tels que John McLaughlin, Joe Zawinul, Jan Garbarek ou le regretté Don Cherry. Il a aussi collaboré avec cet autre maître des rythmes qu’est le Brésilien Nana Vasconcelos ou encore l’inclassable Neneh Cherry… Bref, lorsqu’il rencontre des camarades de jeu prêts à tout, il fonce. Ici, il a relevé un défi : n’employer que des instruments locaux tout en restant fondamentalement indien.

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Critique de disque. Il est saisissant le son du hautbois le soir au fond des temples d’Inde du sud. Strident mais pas agressif, il projette dans l’espace des mélodies à la fois joyeuses, sensuelles et fondamentalement mystiques. Nous sommes ici dans le domaine de la tradition carnatique propre aux États du sud de l’Inde (Kerala, Andra-Pradesh, Karmataka, Tamil Nadu). Ce type de musique n’a pas ces langueurs qui caractérisent ses cousines hindoustanies du Nord. Aussi, le nâgaswaran (hautbois à double hanche) de Thiruppulivanam E. Haridoss nous plonge-t-il directement dans un univers louangeant Krishna, Vishnu et autres dieux hindous. Le souffleur est accompagné de plusieurs percussionnistes et d’un chanteur, T.H. Thiyagarajan. Enregistré au temple de Shiva à Thiruppulivanam, l’ensemble interprète des pièces de compositeurs et poètes classiques datant, pour les plus anciennes du quinzième siècle. C’est l’un de ces disques intrigants, et donc fort recommandables, qui conviennent parfaitement à qui voudrait commencer de s’initier aux beautés des musiques indiennes. Sans concession envers le marché occidental, il n’en est pas pour autant hermétique. Divin équilibre…

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Critique de film. La collection Histoires d’actualités aborde les rivages de l’Inde et du Pakistan. Lourde de dangers pour le monde, la difficile coexistence de ces deux États est ici détaillée.

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L’entrée en matière de ce montage d’archives est majestueuse. En 1899 à Bénarès, des opérateurs britanniques tournent les toutes premières images filmées d’une contrée ô combien mythique. Elles sont suivies de celles L’INDE, LES TOURMENTS DU SIECLErecueillies trente ans plus tard par une équipe d’Albert Kahn. Fastes des Maharadjahs obsolètes, plans fixes de passants : que savait-on de l’Inde en ce début de siècle ? Pas grand chose. Le commentaire se charge de dresser un rapide et efficace exposé de la situation. Au début du XXe siècle, elle est sous domination anglaise et comprend une multitude d’hindous, ainsi qu’une forte minorité de musulmans, lesquels sont majoritaires dans certaines régions.

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Critique de disque. Quand on explore les traditions musicales du monde, il arrive qu’on en écoute certaines un grand sourire aux lèvres. C’est ce qui risque de vous arriver si vos prêtez vos oreilles à Mazhar Shagan. Non pas que ce musicien œuvre dans une quelconque voie drolatique. Pas du tout. Ce Pakistanais du Penjab interprète des ragas. Il n’y a pas de quoi rire donc. Seulement, il nous les livre en jouant de la mandoline et du rebab. Pas du sitar comme c’est généralement l’usage. Et, bien que Mazhar Shagan suive scrupuleusement tous les codes traditionnels, on s’amuse beaucoup à constater que ce simple changement d’instrument modifie grandement la perception que l’on a habituellement de ce type de musique savante. Mazhar Shagan n’est pas un expérimentateur tel qu’on en trouve à foison en Occident. Il est membre d’une famille de Lahore, vouée à la musique depuis des lustres – son père est le chanteur Ustad Gulam Hassan Shagan. En procédant comme il le fait, il retourne aux sources mogholes et persanes qui ont en partie donné naissance à la culture hindoustani du nord des Indes.

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Interview. Jérôme-Cécil Auffret fait partie de la maison de production Boréales depuis sa création en 1987. Pour elle, il a signé quelques épisodes de la série Les Seigneurs des animaux, contes dans lesquels l’ethnologie et l’éthologie croisent l’art cinématographique.

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Il a notamment réalisé Le Pélican de Ramzan le Rouge : en Inde, sur le lac Manchar, les pêcheurs Mohanna ont pour « hobby » la capture d’oiseaux dont ils agrémentent leurs jardins. Comme dans tous les villages, la jalousie pointe son nez de fouine… À la découverte d’un site magnifique, d’un peuple inconnu et d’animaux étonnants, s’ajoute le plaisir de suivre un récit tantôt poignant, tantôt amusant, captivant toujours. Tels sont les atouts de ce film et de la collection en général.

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