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Posts Tagged ‘Inde’

Critique de disque. Ah ! Ce que l’on aurait aimé être là quand ce disque a été enregistré ! Frédéric Galliano, le producteur, a installé son studio nomade à Farakala, village situé au sud du Mali. C’est donc à deux pas de la brousse environnante que se sont rTRILOK GURTU AND THE FRIKYIWA FAMILYetrouvés d’incroyablement bons musiciens. L’idée était de plonger Trilok Gurtu dans l’univers mandingue. Ce percussionniste indien n’est pas un novice en matière de mélange des cultures. On l’a entendu sur de nombreuses scènes jazz au côté d’expérimentateurs tels que John McLaughlin, Joe Zawinul, Jan Garbarek ou le regretté Don Cherry. Il a aussi collaboré avec cet autre maître des rythmes qu’est le Brésilien Nana Vasconcelos ou encore l’inclassable Neneh Cherry… Bref, lorsqu’il rencontre des camarades de jeu prêts à tout, il fonce. Ici, il a relevé un défi : n’employer que des instruments locaux tout en restant fondamentalement indien.

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Critique de disque. Il est saisissant le son du hautbois le soir au fond des temples d’Inde du sud. Strident mais pas agressif, il projette dans l’espace des mélodies à la fois joyeuses, sensuelles et fondamentalement mystiques. Nous sommes ici dans le domaine de la tradition carnatique propre aux États du sud de l’Inde (Kerala, Andra-Pradesh, Karmataka, Tamil Nadu). Ce type de musique n’a pas ces langueurs qui caractérisent ses cousines hindoustanies du Nord. Aussi, le nâgaswaran (hautbois à double hanche) de Thiruppulivanam E. Haridoss nous plonge-t-il directement dans un univers louangeant Krishna, Vishnu et autres dieux hindous. Le souffleur est accompagné de plusieurs percussionnistes et d’un chanteur, T.H. Thiyagarajan. Enregistré au temple de Shiva à Thiruppulivanam, l’ensemble interprète des pièces de compositeurs et poètes classiques datant, pour les plus anciennes du quinzième siècle. C’est l’un de ces disques intrigants, et donc fort recommandables, qui conviennent parfaitement à qui voudrait commencer de s’initier aux beautés des musiques indiennes. Sans concession envers le marché occidental, il n’en est pas pour autant hermétique. Divin équilibre…

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Critique de film. La collection Histoires d’actualités aborde les rivages de l’Inde et du Pakistan. Lourde de dangers pour le monde, la difficile coexistence de ces deux États est ici détaillée.

L’entrée en matière de ce montage d’archives est majestueuse. En 1899 à Bénarès, des opérateurs britanniques tournent les toutes premières images filmées d’une contrée ô combien mythique. Elles sont suivies de celles L’INDE, LES TOURMENTS DU SIECLErecueillies trente ans plus tard par une équipe d’Albert Kahn. Fastes des Maharadjahs obsolètes, plans fixes de passants : que savait-on de l’Inde en ce début de siècle ? Pas grand chose. Le commentaire se charge de dresser un rapide et efficace exposé de la situation. Au début du XXe siècle, elle est sous domination anglaise et comprend une multitude d’hindous, ainsi qu’une forte minorité de musulmans, lesquels sont majoritaires dans certaines régions.

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Critique de disque. Quand on explore les traditions musicales du monde, il arrive qu’on en écoute certaines un grand sourire aux lèvres. C’est ce qui risque de vous arriver si vos prêtez vos oreilles à Mazhar Shagan. Non pas que ce musicien œuvre dans une quelconque voie drolatique. Pas du tout. Ce Pakistanais du Penjab interprète des ragas. Il n’y a pas de quoi rire donc. Seulement, il nous les livre en jouant de la mandoline et du rebab. Pas du sitar comme c’est généralement l’usage. Et, bien que Mazhar Shagan suive scrupuleusement tous les codes traditionnels, on s’amuse beaucoup à constater que ce simple changement d’instrument modifie grandement la perception que l’on a habituellement de ce type de musique savante. Mazhar Shagan n’est pas un expérimentateur tel qu’on en trouve à foison en Occident. Il est membre d’une famille de Lahore, vouée à la musique depuis des lustres – son père est le chanteur Ustad Gulam Hassan Shagan. En procédant comme il le fait, il retourne aux sources mogholes et persanes qui ont en partie donné naissance à la culture hindoustani du nord des Indes.

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Interview. Jérôme-Cécil Auffret fait partie de la maison de production Boréales depuis sa création en 1987. Pour elle, il a signé quelques épisodes de la série Les Seigneurs des animaux, contes dans lesquels l’ethnologie et l’éthologie croisent l’art cinématographique.

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Il a notamment réalisé Le Pélican de Ramzan le Rouge : en Inde, sur le lac Manchar, les pêcheurs Mohanna ont pour « hobby » la capture d’oiseaux dont ils agrémentent leurs jardins. Comme dans tous les villages, la jalousie pointe son nez de fouine… À la découverte d’un site magnifique, d’un peuple inconnu et d’animaux étonnants, s’ajoute le plaisir de suivre un récit tantôt poignant, tantôt amusant, captivant toujours. Tels sont les atouts de ce film et de la collection en général.

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Critique de disque. Zazie est une figure à part dans le petit monde de la variété française. Cet album le prouve indéniablement. Elle fait partie de ces artistes populaires qui ne se moquent pas du monde. D’abord, elle a une voix, une vraie. Ce n’est ni une hurleuse, ni une susurreuse. C’est une moduleuse, qui se sert de ses cordes vocales pour exprimer des sentiments avec le plus de justesse possible. Ainsi, quand elle se fait douce on craque, quand elle s’élève on frémit : bien joué ! Autre qualité : son sens musical, qui la fait, pour ce Rodéo, s’entourer d’excellents compères en compositions tels que Jean-Pierre Picot et Philippe Paradis, respectivement pianiste et guitariste (on notera également la présence sur plusieurs titres d’un pigiste de luxe, le percussionniste Steve Shehan). A eux trois, ils produisent un son parfaitement synchrone avec son temps. C’est comme cela que l’on fait de la bonne pop. Un peu d’effets électroniques, des guitares presque saturées, une batterie véloce mais pas abrutissante : c’est très agréable, d’autant plus que leurs mélodies sont d’une jolie facture. Pour compléter ce tableau, les textes que Zazie se donne à chanter ne sont pas les pires qui s’écrivent en terre topcinquantesque.

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Critique de disque. Figure emblématique de la musique indienne, ainsi que des « musiques du monde », Ravi Shankar est cependant un illustre inconnu pour beaucoup. Le volume de la série Rough Guide que voilà est une excellente entrée en matière. On y trouve une sélection d’enregistrements datant de 1964 à 1995 constituée de pièces plutôt brèves, durant de deux à dix neuf minutes – si, si, c’est court. Débarqué sur les scènes hippies à la faveur d’une amitié nouée avec George Harrison, guitariste des Beatles, Ravi Shankar a été le premier musicien extra-occidental à devenir une grande vedette internationale. Côté classique européen, ce fut le violoniste Yehudi Menuhin qui s’enthousiasma pour le joueur de sitar, tandis que chez les jazzmen, John Coltrane s’emballa pour l’artiste indien. On voit à quel niveau notre homme se situe. Ex-enfant prodige – qui séjourna longtemps à Paris dans les années 1930 -, à la fois compositeur – notamment pour le cinéma – et interprète de ragas, Ravi Shankar a développé un style personnel, osant des échappées peu orthodoxes. Cela a pu lui être reproché dans les milieux traditionnels. Mais enfin, quand un virtuose est inspiré, que faire sinon le laisser voler là où il veut ?
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