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Posts Tagged ‘Littérature’

Interview. Avec le quintette Papanosh, le chanteur André Minvielle a mis en musique des poèmes de Jacques Prévert. C’est à la fois sérieusement fait et plein de fantaisie. Assister à leur « Prévert Parade » est un bonheur qui ne se refuse pas !

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Qu’est-ce qui a déclenché la réalisation de cette « Prévert Parade » ?

Le comédien Fellag, avec qui j’ai travaillé, a suscité en moi un grand intérêt pour cet auteur en me passant le poème « Étranges étrangers ». J’ai bricolé une adaptation que j’ai envoyée aux ayant droits, lesquels l’ont apprécié et m’ont encouragé à aller plus loin.

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Interview. Anne la pianiste et son frère Yann l’écrivain vous invitent à vous rendre au port de La Scala pour vous élancer avec eux dans un périple musical et littéraire sur le thème de la mer. Cette grande artiste qu’est Anne Queffélec nous présente ce concert pas comme les autres qui est logiquement intitulé « En musique en mer ».

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Quel est votre rapport à la mer ?

Pour Yann comme pour moi, c’est quelque chose qui est lié à l’enfance. Nous sommes d’origine bretonne et nous avons passé beaucoup de temps chez notre grand-mère dans une maison située près de Brest, dans le Finistère. Les sensations que suscitent un tel environnement naturel, très puissant, restent profondément ancrées en vous, beaucoup plus que ce que vous avez pu vivre dans votre appartement parisien !

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Reportage. En juin 2018 a été rouverte la Bibliothèque Humaniste, après une rénovation qui l’a rendue joliment attractive. C’est l’un des joyaux de Sélestat, éminente cité qui est riche d’un remarquable patrimoine architectural ancien. Elle s’avère être une destination de choix pour un petit ou grand week-end de découverte de l’Alsace, car elle se situe en son centre.

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« J’ai mis tout mon génie dans ma vie ; je n’ai mis que mon talent dans mes œuvres. » Tel est l’un des aphorismes qui contribuent à la renommée d’Oscar Wilde, homme de lettres qui a connu une destinée romanesque. Oscar Wilde – l’impertinent absolu : pour la première fois en France, une exposition la retrace grâce à de nombreux documents et œuvres d’art. Elle est à voir au Petit Palais, monument inauguré en 1900, année de la mort de l’écrivain qui survint non loin, à Saint-Germain-des-Prés. C’est l’occasion d’évoquer la relation qu’entretenait ce francophile avec Paris, ville où il se sentait le plus libre.

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Géraldine Pailhas - Mobile EtoileInterview. La comédienne Géraldine Pailhas est à l’affiche de plusieurs productions ce printemps. Le moins que l’on puisse dire est que sa palette de jeu est étendue car les rôles qu’elle tient sont tous très différents les uns des autres. Avant Mobile étoile (photo ci-dessus) sort le 9 mars Céline ! – Deux clowns pour une catastrophe de Emmanuel Bourdieu où elle est impressionnante (photo ci-dessous). Elle évoque pour Paris Capitale le rôle qu’elle y tient, ainsi que sa vie parisienne partagée entre gastronomie japonaise, salles de cinéma, art… et foot.

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En 1948, l’écrivain Céline est en exil au Danemark. Plein d’enthousiasme, le jeune universitaire américain et juif Milton Hindus vient le visiter… Il se trouve alors jeté dans les griffes du romancier et de sa compagne Lucette qui espèrent tous deux que cet admirateur va les aider à revenir en France, où l’homme de lettres est considéré à juste titre comme un collaborateur des nazis. Tel un agneau pénétrant l’antre du loup, l’innocent Hindus (Philip Desmeules) prend peu à peu la mesure de l’antisémitisme qui ronge l’esprit tourmenté de son héros. Adapté de l’ouvrage de l’essayiste, mis en scène avec sobriété et efficacité, le film ne dédouane nullement Céline, lequel est magistralement incarné par Denis Lavant. Tout à la fois maternelle, séductrice, dompteuse, Lucette pose un regard scrutateur sur les deux hommes.

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Lucette est un personnage très ambigu…

Son rôle est d’être vigilante, de limiter les excès voire les explosions de son compagnon. Je la vois comme quelqu’un de bonne foi, qui cherche à ce que les choses s’arrangent. Mais il n’en reste pas moins qu’elle forme un couple infernal avec Céline.

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Les meilleures séries télévisées diffusées depuis 1990 font chacune l’objet d’une présentation critique sur ce blog, sous la forme de textes courts. Ils sont réunis sur des pages donnant une vision d’ensemble sur ce qui a commencé à être produit à travers le monde au cours de telle ou telle année : de 1990 à 1999 ; de 2000 à 2005 ; en 2006 ; 2007 ; 2008 ; 2009 ; 2010 ; 2011 ; 2012 ; 2013 ; 2014 ; 2015 ; 2016 ; 2017 ; 2018 ; 2019 ; 2020

Ci-dessous, les séries sélectionnées sont classées par ordre alphabétique.

Il suffit de cliquer sur un titre pour accéder à la page où figure le texte correspondant.

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Ex-libris Der Des DersInterview. Durant l’hiver 1920 à Paris, les fantômes de la Grande Guerre n’en finissent plus de hanter les personnages de Le Der des ders, roman écrit par Didier Daeninckx que Jacques Tardi a adapté sous forme de bandes dessinées. Les deux auteurs nous expliquent comment ce travail s’est effectué.

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Ces deux-là devaient se rencontrer. En 1984, à la lecture du Der des ders, roman de Didier Daeninckx paru dans la Série noire, le dessinateur de bandes dessinées et illustrateur Jacques Tardi se passionne pour son intrigue et le contexte dans lequel elle se déroule. En 1920, un détective privé parisien recherche des poilus disparus pour le compte d’épouses qui veulent refaire leur vie. Le coup de fil d’un « héroïque » colonel va l’entraîner dans une sombre histoire où se croisent un magouilleur américain, une bourgeoise frivole, des anarchistes précurseurs de Droit au logement et un maître chanteur. Il y avait là effectivement de quoi faire saliver Jacques Tardi. « Tu ne l’as pas écrit pour moi ? » demande-t-il à son camarade au cours de l’entretien qu’il nous a accordé. « Non ! répond Daeninckx. Quand j’écris des romans, à aucun moment je pense à des adaptations. J’ai déjà assez de difficulté à sortir du piège dans lequel je me suis fourré tout à fait volontairement. » Pourtant, après son coup de cœur, « L’idée a fait son chemin, raconte Tardi. J’avais d’autres projets, le temps a passé, les questions de rachats de droits ont posé des problèmes aux éditeurs. Et puis à un moment, cela s’est précipité. »

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Felicity LottInterview. La soprano anglaise Felicity Lott nous reçoit dans le Grand salon du musée Jacquemart-André pour deux soirées conjuguant la prose de Marcel Proust et la musique de Reynaldo Hahn, lesquels furent très liés. Comprenant une visite du musée et la dégustation d’une coupe de champagne, le programme se constitue d’extraits de Un amour de Swann lus par le comédien Alain Carré et de mélodies chantées par Dame Felicity, qui sait être aussi émouvante que malicieuse. Elle est accompagnée au piano par Jacqueline Bourges-Maunoury.

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Êtes-vous une proustienne chevronnée ?

Oh, j’aimerais bien. Mais, comme pas mal de gens, j’ai commencé à lire son œuvre sans jamais le terminer. Il faut beaucoup de temps et de quiétude pour cela. Or, je suis toujours en train de courir ! Cela dit, j’ai suffisamment lu de romans et de lettres de Proust pour apprécier sa merveilleuse écriture, en particulier son humour. Sa façon de décrire sa société ne suscite pas des éclats de rire, mais elle fait naître de grands sourires sur les visages de ses lecteurs.

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jardin de l'école Du BreuilDossier. Chaque année, au printemps, de nombreux événements permettent de (re)découvrir de merveilleux jardins, en particulier à Paris et dans ses environs.

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JEAN ROLIN « L’explosion de la durite » (P.O.L.)Critique de livre. La durite est un tuyau en caoutchouc qui fait le lien entre les différentes parties d’un moteur à explosion. Quand cette pièce lâche, on se trouve en rade. C’est ce qui arrive à Jean Rolin, écrivain et reporter à ses heures, sur une route du Congo. Mais qu’est-il venu faire dans cette galère ? Un livre, forcément. L’Explosion de la durite est le récit d’une aventure moderne : l’acheminement d’une automobile de Paris à Kinshasa. Il y a un côté Pieds Nickelés dans cette histoire. Aussi préparé à cette entreprise qu’un pingouin pour la traversée du Sahara, Rolin a au départ l’intention de venir en aide à l’un de ses amis, un ex-colonel de l’armée zaïroise de Mobutu devenu vigile dans un fast-food.

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BERNARD GIRAUDEAU « Cher amour »Critique de livre. Et le petit miracle se reproduit. Le comédien et réalisateur Bernard Giraudeau est devenu sur le tard un de ces écrivains qu’on est heureux de retrouver régulièrement en librairie. C’est un ami dont on aime lire le récit des dernières aventures. Chacun de ses ouvrages est un recueil d’histoires vécues par lui-même ou glanées au cours de ses voyages.

La structure de Cher amour rappelle celle du Marin à l’ancre, ouvrage constitué de missives envoyées à un ami immobilisé par la maladie. Dans ce livre, il s’adresse à une belle inconnue, songe fait femme. Le sentiment d’amour traverse l’intégralité des textes.

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Gracianne HASTOY « Squelettes en sucre » SéguierCritique de livre. Le Mexique est une terre bénie pour les amateurs d’histoires corsées. Le fantastique B. Traven, par exemple, en a rassemblé et imaginé de nombreuses dans plusieurs ouvrages. Journaliste et écrivaine française, Gracianne Hastoy prend en quelque sorte le relais de son illustre aîné dans ce recueil de récits glanés auprès de gens du peuple qu’elle a rencontrés dans la province de Oaxaca où elle s’est installée. Le titre de son ouvrage fait référence aux friandises que l’on vend lors de la fête des Morts. Il est bien choisi dans la mesure où, si la mort rode à travers les dix-sept nouvelles du recueil, ces dernières possèdent toutes une touche de fantaisie qui les rend délicieuses à lire.

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EDDY L. HARRIS « Harlem » (Liana Levi)Critique de livre. Mais qu’est-ce qui m’a pris de venir habiter ici ? C’est ce que se demande à plusieurs reprises l’auteur au cours de cet ouvrage. Eddy L. Harris a passé un temps de son enfance dans le fameux quartier noir de New York. Il y revient pour faire le point sur le sort des Afro-américains. Et sur Harlem, qui fut et reste la terre promise des émigrés du sud des États-Unis et des Caraïbes. Pendant deux ans, il demeure dans un ghetto où les habitants mènent une « vie insulaire ». « Rien n’est délicat, rien n’est convenable dans ces rues où j’habite », se désole-t-il.

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LUIS SEPÚLVEDA « L’ombre de ce que nous avons été »Critique de livre. Le titre de ce roman peut être trompeur. Il nous amène à penser qu’il s’agit d’une œuvre crépusculaire, voire désespérée. Eh bien non ! Si les personnages principaux sont de quasi papys et que leur passé est au centre de l’intrigue, cette dernière est traversée par un certain humour qui compense ses aspects tragiques. Car nous sommes à Santiago du Chili, où se produisit en 1973, le 11 septembre, l’implacable coup d’État dirigé par le général Pinochet qui renversa le régime démocratique et progressiste du président Allende.

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Le rouge et le noir

« Il allait enfin paraître sur le théâtre des grandes choses… »

Dossier. Le Rouge et le noir est un des chefs-d’œuvre de la littérature mondiale. Ce dossier vous dit tout ou presque sur ce roman d’initiation de Stendhal.

Sommaire

  • Le contexte politique
  • Le contexte social
  • L’auteur
  • Le titre
  • L’intrigue
  • Un roman social
  • Un roman d’amour
  • Les principaux personnages

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BERNARD GIRAUDEAU « Les dames de nage »Critique de livre. Les dames de nage, ce sont ces supports pour aviron en forme de « y » que l’on trouve sur les canots. De là à dire que Bernard Giraudeau a ramé pour nous écrire ce roman : pas du tout ! Dans une langue imagée, l’ancien mataf organise quelques souvenirs de voyage pour nous raconter les pérégrinations de son personnage, Marc Austère. Exprimant une sensualité qui fait mentir son nom, mais aussi une chaste sensibilité, ce dernier dresse le portrait de femmes qui ont marqué sa vie de matelot, puis de cinéaste.

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Napoleon rulesCritique de film. Un dessin animé au contenu clairement politique, voilà qui n’est pas courant. Adaptation d’un court roman de George Orwell sortie en 1954, La Ferme des animaux de John Halas et Joy Batchelor a conservé son charme et sa pertinence.

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L’histoire

Non, décidément, rien ne va plus à la ferme. Les animaux en ont assez du bipède qui les dirige. Un soir, le Major, un vieux cochon, réunit l’ensemble des animaux de la ferme avant de mourir : « Tout ce que nous produisons nous est enlevé. Renversez le tyran ! Tous les animaux sont frères ! » À l’aube, ils font fuir le fermier. Tous travaillent maintenant avec ardeur, mais les plans de leur leader, le cochon Boule de suif, sont contrecarrés. Accusé de trahison, il est mis en fuite par César, autre cochon qui se fait craindre par sa garde constituée de chiens méchants. De saison en saison, le pouvoir de César devient excessif. Sa devise : « Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres. » Comment les citoyens de la ferme vont-ils réagir ?

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Critique de livre. « Vous êtes écrivain ? » Le narrateur ne sait quoi répondre à Setsuko, la patronne d’un restaurant de sushi du quartier de Liberdade à São Paulo. Son rêve est d’écrire, mais il n’a jamais sauté le pas. Quelque peu velléitaire, il se laisse embarquer dans une aventure qui va l’amener au Japon. Comme la mystérieuse Setsuko qui l’a en quelque sorte envoûté, il est d’origine nippone (nombre de Japonais ont émigré au Brésil au cours du XXe siècle). S’il est complètement acculturé – il ne parle pas un mot de la langue de ses ancêtres -, son interlocutrice apparaît peu à peu comme indéfectiblement liée à son ancienne patrie, qu’elle a quittée après la Seconde Guerre mondiale.

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Critique de série. Avec Ardéchois cœur fidèle ou Les Dames de la côte, Le Comte de Monte-Cristo est une des plus belles réussites du genre feuilleton que présentaient les chaînes de la télévision française des années 1970.

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Que l’on ne cherche pas ici une relecture révolutionnaire de l’œuvre signée par Alexandre Dumas. Le réalisateur Denys de La Patellière n’est pas un foudre de la Nouvelle vague, tandis que le scénariste Jean Châtenet et le dialoguiste André Castelot ne sont pas des adeptes du Nouveau roman ou du théâtre brechtien. Tant mieux d’ailleurs, car leur propos est direct, franc du collier. C’est à un beau spectacle qu’ils nous convient. Exceptionnel, Jacques Weber interprète Edmond Dantès, le jeune ci-devant capitaine du Pharaon. Romantique en diable, il nous donne un innocent révolté par l’injustice qui se mue en un terrifiant vengeur masqué. Weber est comme il se doit entouré d’une ribambelle de ces fameux « seconds rôles » que l’on confiait alors à de grands comédiens (Henri Virlogeux, Roger Dumas, Jean-François Poron…). Une excellente distribution, des décors et costumes soignés, un récit captivant qui ne trahit pas le texte original… Que demander de plus ?

Michel Doussot

Le Comte de Monte-Cristo. Feuilleton réalisé par Denys de la Patellière (1979). Diffusé sur FR3 en quatre parties de 90 minutes, il a ensuite été redistribué en six épisodes de 55 minutes.

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Critique de livre.  Journaliste et écrivain, Jean-François Duval est depuis longtemps passionné par ce phénomène littéraire et culturel que fut la Beat Generation, dont l’origine remonte à l’immédiat après-guerre, lorsque se forma aux États-Unis un groupe d’amis que réunissait un même amour de la poésie et de la liberté. Mais « Il n’y a jamais eu de mouvement beat » affirme Allen Ginsberg, l’une des principales figures de cette aventure, à l’auteur. « Nous sommes chacun des écrivains profondément singuliers » poursuit-il. Si des points communs existent entre Ginsberg, William Burroughs ou Jack Kerouac, – figure centrale et involontairement héroïque de ce « mouvement » et donc de ce livre –, leurs styles d’écriture ne sont pas identiques.

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Interview. Écrivain, peintre, chanteur, Serge Rezvani possède tous les talents, y compris celui d’avoir su mener une existence à la fois riche et simple, vivant le grand amour avec Lula entre les Maures et Venise. La cité des Doges est le personnage principal de son dernier livre, Venise qui bouge, recueil de réflexions et d’évocations sensibles que magnifient d’étonnants collages réalisés à partir de cartes postales. Cette publication coïncide avec la sortie du deuxième volume de l’intégrale discographique qu’il consacre à ses chansons.

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« Moitié Russe, moitié Iranien, je suis un exilé depuis toujours »

Depuis quand êtes-vous passionné par Venise ?

Pendant des années, Lula et moi ne voulions pas y aller. Nous étions passés une fois au loin, à bord du petit bus Ford que j’avais acheté pour aller en Grèce. Nous voyions les panneaux Venezia, mais nous refusions obstinément d’entrer dans cette ville qui n’était pour nous qu’une plate carte postale. Et puis, j’ai eu la chance de rencontrer un Vénitien, un restaurateur de tableaux, qui nous a invité dans sa ville. Évidemment, cela a été le coup de foudre ! Nous nous y sommes installés et y avons vécu la moitié du temps pendant vingt ans – l’autre moitié, nous la passions à La Garde-Freinet, dans le Var.

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Le Manuscrit trouvé à SaragosseCritique de film. C’est l’histoire d’un film retrouvé, inspiré d’un roman composé de dizaines d’intrigues… À voir et à lire, Le Manuscrit trouvé à Saragosse est un merveilleux labyrinthe dans lequel on s’amuse à s’égarer. Suivez le guide.

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« Moi, je commence à m’y perdre » lâche Alphonse van Worden, jeune capitaine de la garde wallonne du roi d’Espagne. Comme ce candide héros, nous sommes l’objet du diabolique récit de Jan (ou Jean) Potocki, diplomate polonais auteur de Manuscrit trouvé à Saragosse, un monument de la littérature européenne qui fut écrit en français de 1797 à 1812. Pillée durant tout le XIXe siècle, son œuvre n’a été véritablement reconnue qu’en 1958, lorsque pour les éditions Gallimard, Roger Caillois en livra un quart sous son titre original. Enfin, en 1989, René Radrizzani édita chez José Corti une quasi intégrale à partir de très nombreux fragments retrouvés.

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A-Love-Supreme-Ph.EricLegrand_08-e1406126213484Interview. Luc Clémentin a mis en scène un spectacle qui adapte « A Love Supreme », une nouvelle du romancier congolais Emmanuel Dongala. Ce texte, qui porte le même titre qu’une œuvre figurant parmi les plus importantes de l’histoire du jazz, évoque la figure de son compositeur, le saxophoniste John Coltrane.

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Pouvez-vous présenter en quelques mots Emmanuel Dongala ?

Né en 1941, il est à la fois écrivain et chimiste. Lors des guerres qui ont frappé le Congo, il a quitté Brazzaville en 1997 pour se réfugier aux États-Unis où il est actuellement enseignant. Il a écrit plusieurs romans tout autant cocasses et poétiques que tragiques comme Un fusil dans la main, un poème dans la poche ou Johnny, chien méchant. Son recueil de nouvelles, Jazz et vin de palme, publié en 1982 (*), est l’un de ses plus fameux ouvrages. C’est de ce dernier qu’est tirée la nouvelle « A Love Supreme ».

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Liste des critiques de livres publiées sur ce blog.

Avec liens.

Classées de A à Z.

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Critique de disque et critique de livre. Quand la new wave vient heurter la rive gauche… Dominique Ané est l’un des plus éminents représentants de la scène française des années 1990-2000. C’est dit. Enfant du rock amoureux des mots en rouge et noir d’artistes de la génération cabaret – tels que Barbara -, Dominique A est parti d’un univers très personnel, voire excessivement tourné sur lui-même, pour finalement parvenir à élargir son point de vue. D’abord minimaliste (La Fossette), il s’est aventuré sur des zones risquées, déstructurant son propos à la manière d’un Bashung (Remué). Et puis, avec Tout sera comme avant, le voici se frottant aux grandes formes, faisant souffler quelques vents tourmentés dans ses airs de jeune urbain. Mine de rien, ils sont rares, dans la chanson française, à s’y essayer.

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Dossier. S’intéresser aux modes de vie des peuples de l’autre côté du monde, tout en respectant la diversité des cultures, cela va de soi en ce début de troisième millénaire. Il n’en a pas toujours été ainsi. Au milieu du XXe siècle, rompant avec les visions hautaines développées durant au moins un siècle en Occident, des chercheurs commencèrent à faire émerger des réalités inédites. En relatant leurs découvertes avec un grand souci d’honnêteté ou en donnant la parole à ceux que l’on n’avait jusqu’alors pas ou peu écoutés. Dans le feu de ce mouvement intellectuel déboula Jean Malaurie qui, en lançant une collection de livres remarquables, a bouleversé les certitudes passées et incité d’innombrables lecteurs à courir les routes… Créée en 1955, « Terre Humaine », éditée par Plon, fête aujourd’hui ses cinquante années d’activités.

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Critique de livre. « Après beaucoup d’efforts, Sylvestre, un mineur, avait enfin pu s’offrir une montre de poche. » Ainsi commence Le Chagrin de saint Antoine, une histoire au cours de laquelle le héros, qui a perdu son précieux trésor, demande des comptes au fameux saint. B. Traven (vers 1890-1969) la raconte dans ce recueil de nouvelles inédites. Cette phrase résume assez bien de quoi ces dernières sont faites : un style direct, une forme proche du conte et l’expression d’une grande estime pour le « petit » peuple mexicain.

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Critique de livre. Fascinant recueil de nouvelles que ce livre. Les histoires qu’il recèle se déroulent presque toutes dans la forêt tropicale. Atmosphère moite, chaleur éprouvante, moustiques et fièvres garantis. Il y a des serpents aussi, dans Anaconda, le premier récit où, à la manière de Rudyard Kipling, Horacio Quiroga dote ses animaux de sentiments humains. Il raconte que tous les reptiles venimeux d’une forêt se réunissent en congrès afin de déclarer la guerre à une bande de bipèdes venus s’installer sur leur territoire. Ceux-ci ont pour but de mettre au point un sérum antivenimeux… Curieuse histoire suivie d’autres tout aussi étranges.

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Critique de livre. Nous sommes en 1919 à Jazyk, sur le tracé de la ligne ferroviaire du Transsibérien. La ville est occupée par des soldats tchèques, coincés dans la région à la suite de la guerre mondiale et de la révolution russe. A Jazyk se retrouveront aussi un bagnard évadé, un chaman, une femme émancipée et mère d’un jeune garçon, les membres d’une secte d’illuminés et des « rouges ». Il est difficile d’exposer explicitement les éléments de l’intrigue, car ce serait rendre un méchant service au lecteur. Les paroles et actes des uns et des autres sont en effet porteurs de mystère dès les premières pages. On peut juste dévoiler que la situation est tendue pour tout le monde dans ce roman.

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Critique de livre. Assurément, le nom de Joseph Kessel (1898-1979) reste une référence pour qui s’intéresse à la littérature française du XXe siècle. Romancier à succès qui devint académicien en fin de carrière, il fut aussi un grand reporter qui pigea pour de nombreux journaux. Que reste-t-il aujourd’hui de tous ses articles relatant des choses vues, aussi bien en bas de chez lui qu’à l’autre bout du monde ? Les éditions Tallandier nous donnent la possibilité de nous faire une idée en rééditant en poche les six volumes comprenant une sélection de reportages déterminée par son auteur même.

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Critique de livre. Abasourdi, Didier Folléas a du mal à en croire ses yeux ce jour où il découvre un paquet de petites photos jaunies datant visiblement des années 1920. L’enveloppe dans laquelle elles sont réunies porte le nom d’Albert Londres. (…) Après s’être assuré de l’origine des clichés, cet historien et journaliste à ses heures se lance dans une enquête afin de les situer dans la chronologie d’une des plus retentissantes séries d’articles écrites par Londres – ils sont rassemblés en un livre titré Terre d’ébène. Passionné par l’Afrique, Folléas rédige dans la foulée un essai plein de vivacité permettant de replacer le travail du reporter dans son contexte.

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Critique de livre. Naturaliste familier des forêts amazoniennes, François Feer nous gratifie d’un ouvrage très amusant qui raconte les mœurs d’un certain nombre d’animaux dont il a croisé la route. Sa galerie de portraits est alimentée par de sérieuses connaissances, mais le ton employé est des plus délirants. Il se défoule sans vergogne, usant d’analogies anthropomorphiques qui sont rigoureusement exclues lorsqu’il a à rédiger des textes scientifiques.

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RAMON DÍAZ-ETEROVIC « La couleur de la peau »Critique de livre. Heredia est un privé de Santiago. En sa compagnie, nous arpentons de livre en livre cette ville durant des enquêtes imaginées par Ramón Díaz-Eterovic. La description des quartiers, rues et avenues est d’une telle précision que les connaisseurs de la capitale chilienne y retrouveront certainement quelques-uns de leurs lieux familiers. Les autres lecteurs peuvent s’équiper d’un plan ou tout simplement suivre Heredia dans ses aventures. Même s’il goûte peu le vocable, Heredia est un vrai détective, du genre à ne pas lâcher prise avant d’avoir compris le fin mot de l’histoire dans laquelle son auteur l’a plongé.

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GEORGES SIMENONDossier. Tintin et Simenon : tels sont les deux grands reporters que la Belgique a donnés au XXe siècle. Cependant, si les écrits du premier nous restent inconnus, ceux du second ont bel et bien été publiés. Finalement, le seul point commun entre ces grandes figures de la littérature populaire reste qu’ils ont tous deux sillonné le monde ! Durant ses pérégrinations, Simenon le marin – il a essentiellement voyagé au fil de l’eau, douce ou salée – a ignoré peu de zones géographiques. On l’a rencontré au Cercle polaire, à Tahiti, New York, Odessa ou Port-Gentil, pour le compte de journaux qui lui offrirent de voyager contre quelques reportages. Des phrases courtes, des descriptions précises, une certaine rudesse de langage, une quasi-absence de pittoresque, une empathie réduite au minimum envers ses personnages : le style de Georges Simenon reporter, n’est pas très éloigné de celui de Simenon Georges, romancier.

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« – Votre reportage n’est pas dans la ligne du journal !
– Messieurs, vous apprendrez à vos dépens qu’un reporter ne connaît qu’une seule ligne, celle du chemin de fer ! »

Dossier. Référence absolue des reporters français, Albert Londres (1884-1932) n’a pas seulement arpenté l’Inde, l’Indochine, la Palestine et les Balkans, dénoncé les méfaits de la colonisation en Afrique, enquêté sur le bagne de Cayenne et la traite des blanches en Argentine. Il nous a aussi laissé des ouvrages qui restent des modèles du genre et un Prix qui porte son nom, distinguant chaque année des journalistes francophones. L’histoire de ce globe-trotter emblématique est celle d’un rêveur qui s’en prenait aux réalités du monde.

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Dossier. « Je hais les voyages et les explorateurs. Et voici que je m’apprête à raconter mes expéditions. » La phrase d’ouverture de Tristes Tropiques, l’ouvrage le plus célèbre de Claude Lévi-Strauss, est restée Claude Lévi-Straussfameuse. Ce qu’on lit ensuite dans ce livre la contredit largement car, sans voyage, son auteur ne serait pas devenu un des plus importants ethnologues de son temps, ni non plus un des penseurs essentiels du XXe siècle. Il est de ceux qui ont contribué à modifier le regard de leurs contemporains sur les peuples dits « primitifs » et d’une manière générale sur les cultures autres que françaises et européennes. Grâce à Tristes Tropiques, l’homme qui n’aimait pas les voyages est d’ailleurs devenu un auteur fétiche pour de nombreux amoureux de la route !

Ce dossier vous guide à travers une vie bien remplie, en s’intéressant aux événements qui l’ont marqué, ainsi qu’aux idées qui en sont issues. Nous, nous aimons les voyages et les explorateurs. Et voici que nous nous apprêtons à raconter, entre autres, les expéditions décisives de Lévi-Strauss au Brésil…

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Blaise Cendrars« Quand tu aimes il faut partir / Quitte ta femme quitte ton enfant / Quitte ton ami quitte ton amie / Quitte ton amante quitte ton amant / Quand tu aimes il faut partir » (« Tu es plus belle que le ciel et la mer »).

Dossier. Frédéric-Louis Sauser, alias Blaise Cendrars, est de ces écrivains dont le nom est pour toujours associé au voyage. En train, en bateau, en voiture, il a parcouru l’Europe, la Russie, les Amériques… bien souvent sans un sou en poche. De ses pérégrinations, Blaise Cendrars (1887-1961) a tiré une œuvre foisonnante. Passionné par les arts et techniques modernes, par les mystiques aussi, il fut à la fois un poète avant-gardiste et un prosateur généreux, un romancier et un reporter. Il fascine par la simplicité et l’évidence de son style, par la force des tableaux et des portraits d’où jaillit une humanité rare. L’auteur de L’Or, de Moravagine et de Bourlinguer alimente aujourd’hui encore notre désir formulé par le titre de son dernier roman : Emmène-moi au bout du monde. Ce dossier vous propose de le suivre à la trace, en faisant quelques haltes afin de partager certains de ses points de vue.

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KIM YOUNG-HA « Fleur noire »Critique de livre. « La tête enfoncée sous l’eau, au milieu des plantes aquatiques ondulantes du marais, I-jeong vit une multitude d’images défiler devant ses yeux, des scènes qui s’étaient déroulées dans le port de Chemulpo, des épisodes qu’il croyait avoir oubliés depuis longtemps. » Il y a des romans dont la première phrase vous dit que ce qui va suivre vous tiendra en haleine jusqu’à la dernière page. Fleur noire, récit épique de l’aventure vécue par un millier de Coréens au début du XXe siècle, en fait partie. S’inspirant d’une histoire vraie, Kim Young-ha nous raconte l’émigration de ce groupe d’hommes, de femmes et d’enfants qui quittèrent leur pays, alors en train de passer sous la coupe du Japon, pour s’installer au Mexique où ils espéraient pouvoir s’enrichir par leur travail.

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ARNALDUR INDRIDASON « L’homme du lac » (Métailié)Critique de livre. En quelques romans, on s’est attaché à Erlendur, ce commissaire officiant à Reykjavik dont les enquêtes nous rendent familier ce drôle de pays qu’est l’Islande. Dans chacun de ses volumes, l’auteur trouve son point de départ dans un fait d’actualité et le relie à des événements du passé. Ici, il fait sortir un squelette des profondeurs du lac de Kleifarvatn, après que ce dernier ait vu son niveau baisser considérablement à la suite d’un tremblement de terre en 2000. Le décès de la victime remonte aux années 1960 : suicide, meurtre, accident ?

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ÉRIC HAZAN « L’invention de Paris » (Seuil)Critique de livre.  Cette ville a au moins deux millénaires d’existence. Ce n’est pas rien ! Aussi est-il parfaitement logique que de nombreux auteurs se soient penchés sur son histoire. Éric Hazan arrive donc après tant d’érudits, d’historiens, de poètes… alors pourquoi est-on aussi emballé par son essai ? L’habileté de sa construction y est pour beaucoup. Il s’agit en effet d’une promenade, mieux, d’une flânerie, à travers Paris. Premier rendez-vous : le… 1er arrondissement, autrement dit le cœur de la capitale. À partir de là, Hazan nous prend et ne nous lâche plus. Son invention de Paris commence donc par les vieux quartiers situés à l’intérieur de l’enceinte médiévale de Charles V (Halles, Sentier, Marais, Quartier latin, Saint-Germain…).

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BERNARD GIRAUDEAU « Les hommes à terre » (Métailié)Critique de livre.  On sait que Bernard Giraudeau est un impénitent voyageur. Mais lorsqu’il revient chez lui, il est de ceux qui préfèrent raconter des histoires que de décrire des paysages. Il n’y a pas de longues descriptions parmi les nouvelles réunies dans Les Hommes à terre, mais des coups d’œil aiguisés, ça oui. En quelques traits, il saisit un détail évocateur et voilà, on y est. Dans cette rue de Saïgon, sur le port de Lisbonne… En revanche, ce qui est détaillé, ausculté même, ce sont les actes et les sentiments de ses personnages, voire les pulsions qui les commandent.

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Bernard GiraudeauInterview. Après son remarquable Les Marins à l’ancre, Bernard Giraudeau revient nous raconter de vigoureuses et lyriques histoires de voyageurs. C’est qu’il écrit vraiment bien le gaillard ! Quatre des cinq nouvelles que contient Les Hommes à terre ont pour personnages principaux des marins débarqués, assoiffés de sexe et surtout d’amour. Ancien marin lui-même, le comédien et cinéaste connaît bien les gens de la mer, leurs rêves et leurs espoirs. Grand lecteur de récits de voyage et de romans dont les intrigues se situent sur des terres lointaines, Bernard Giraudeau a trouvé son style. Ce qui n’était pas gagné d’avance, étant donné le nombre et la qualité de ses prédécesseurs. Melville, Cendrars ou Duras ne sont pas loin du bateau, mais c’est bel et bien captain Giraudeau qui tient la barre.

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COLETTE FELLOUS « Aujourd’hui » (Gallimard)Critique de livre. « Les hommes lèvent la tête vers nos fenêtres et menacent, ils font signe qu’ils vont nous égorger, c’est le mois de juin, jour numéro 5, lundi matin, année 1967. » Colette Fellous a 17 ans. Elle se trouve dans sa chambre de jeune fille, dans l’appartement familial de l’avenue de France à Tunis. Dans quelques instants, sa vie va prendre un nouveau tournant. L’annonce du début de la Guerre des Six Jours provoque ce jour-là des émeutes dans tous les pays arabes, dont la Tunisie. Les juifs sont pris à partie pour leur soutien supposé à Israël. Beaucoup d’entre eux vont partir.

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Critique de livre. « Comme si l’important était moins de croire à quelque chose que d’y adhérer passionnément »… Michel del Castillo trouve de belles et fortes formules pour tenter de cerner l’âme espagnole. Ce qui est bien entendu un défi quasi impossible à relever. Donc très espagnol… Son Dictionnaire amoureux part comme de juste de la lettre A, à laquelle il consacre d’ailleurs un article soulignant l’importante influence de l’arabe dans la langue et la culture castillanes – nombre de noms commencent en effet par « al ».

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NIK COHN TrikstaCritique de livre. « Au coin de Royal et de Bienville, nous nous sommes arrêtés et avons éclaté de rire, (…) spontanément, gloussant de plaisir comme des demeurés. En dépit de ce que nous avions imaginé ou vu au cinéma, rien ne nous avait préparés à cette exagération, tous nos sens étaient assaillis en même temps. La lumière filtrée, couleur vitrail. Les arômes de café, de pain chaud, de sexe torride. Et la musique, tant de musique, parfois bonne, parfois affreuse, mais toujours éclatante de vie. » Nik Cohn a connu la Nouvelle-Orléans à la faveur d’une tournée du groupe The Who en 1972. Cette ville est alors La Mecque de tous les amoureux des musiques afro-américaines : jazz, blues, rock’n’roll, rhythm’n’blues, soul, funk… L’auteur y est revenu très régulièrement depuis, sans se lasser.

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BRUCE CHATWIN « Œuvres complètes » (Grasset)Critique de livre. Écrivain-voyageur par excellence, Bruce Chatwin a connu une fulgurante carrière. Cinq ouvrages ont en effet paru en une douzaine d’années, avant que leur auteur ne décède en 1989 à Nice, atteint du sida. Deux autres livres paraîtront après sa mort. Depuis sa naissance en 1940 à Sheffield, il n’a littéralement pas tenu en place. Enfant déjà, la guerre l’obligea à déménager sans cesse dans toute l’Angleterre. Il pratiqua le métier d’expert en art avant de devenir journaliste, profession dont il conservera les meilleures techniques narratives.

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Critique de livre. Ramón Chao se pose d’emblée une question de bon sens : « Qu’est-ce qui pousse à l’aventure un type comme moi d’âge antédiluvien, ni Énée, ni Marco Polo, avec ce scooter d’occasion ? Défi lancé à moi-même, recherche du surnaturel, impulsion tellurique… Rien de tout cela. On voyage sans destination, pour le plaisir de changer. Le jour où j’arriverai quelque part le rideau tombera, motus, point final ; et du nord au sud, par-ci, par-là, tant que je bouge je vis, je divague… » Eh bien, cher don Ramón, sachez que c’est avec grand bonheur que l’on vous suit sur votre pétrolette, lors de votre poursuite d’un incertain fantôme, celui de Priscillien, évêque hérétique et martyr des débuts du christianisme espagnol. 

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HENRI CALET « L’Italie à la paresseuse » (Le Dilettante)Critique de livre. À qui cela n’est-il jamais arrivé ? Un voyage qui tourne à l’à-peu-près n’importe quoi : c’est ce que raconte Henri Calet dans ce petit bijou publié en 1950 chez Gallimard et longtemps resté introuvable. Il nous raconte ici une virée en Italie en tant que journaliste sensé représenter la presse française dans un congrès consacré au gaz combustible. Évidemment, l’auteur ne connaît rien sur le sujet. Il saisit juste l’aubaine d’aller faire un tour dans ce pays que tant d’écrivains ont parcouru et à propos duquel ils ont consacré des ouvrages de haute volée.

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CHICO BUARQUE « Budapest » (Gallimard)Critique de livre. Très grande figure de la chanson brésilienne, Chico Buarque s’est lancé dans la littérature durant les années 1990. Budapest est son troisième roman. José Costa, son personnage principal, est un anti-héros auquel on s’attache malgré les nombreux défauts qui minent son caractère. Ancien journaliste, ce carioca vit confortablement de ses travaux d’écriture. Dans l’ombre, il produit des articles, des discours, des autobiographies… Bref, tout ce que l’on veut. Mais, au fond, qu’attend-il de la vie ? Pour l’heure, son existence est plutôt ennuyeuse. Son entourage est formé d’une épouse vedette de la télévision, donc distante, d’un fils obèse auquel il a du mal à s’intéresser, d’un ami et associé qui ne pense qu’au business… Bof ! Et ce n’est pas en pratiquant son métier que José risque de retrouver l’enthousiasme. Nègre, il doit œuvrer secrètement : hormis son associé, personne ne sait qu’il écrit divinement bien. Une escale imprévue va secouer cet homme aussi désolé que désolant.

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JORGE LUIS BORGES & ERNESTO SABATO « Conversations à Buenos Aires »Critique de livre. « C’est la plus grande création de la littérature fantastique. » Diable, de quoi parle donc Jorge Luis Borges ? De Dieu… C’est l’une des nombreuses répliques qui émaillent les sept conversations ici évoquées. Dans ce court et vif ouvrage, nous nous retrouvons plongés dans cette Argentine littéraire qui a su se trouver une identité malgré de nombreuses embûches. D’ailleurs, l’entretien retranscrit dans le livre s’est déroulé à la veille du coup d’État de la clique Videla. Remontons dans le temps et retrouvons-nous à la table de Borges et d’Ernesto Sabato, entre le 14 décembre 1974 et le 15 mars 1975. C’est l’été.

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