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Posts Tagged ‘Musette’

Interview. Fondé par le flûtiste Joce Mienniel et le saxophoniste Sylvain Rifflet, l’ensemble Art Sonic est un quintette à vent, type de formation plutôt rare dans le jazz. Avec l’accordéoniste Didier Ithursarry, il rend hommage à un très beau répertoire, celui du musette et de la chanson populaire française. Intitulé « Le bal perdu », ce programme se constitue de morceaux, datant pour les plus récents d’il y a un demi-siècle, qui ont été arrangés de façon à la fois respectueuse et audacieuse. Joce Mienniel nous explique pour quelles raisons Art Sonic redonne vie à ces délicieuses ritournelles.

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Quel a été l’événement déclencheur de ce projet ?

Déjà, à la base, il faut dire que je suis curieux de nature, c’est une nécessité intérieure pour moi. J’ai besoin de m’exprimer dans différents genres. Récemment, j’ai réalisé un travail autour de l’œuvre du guitariste malien Ali Farka Touré, par exemple. C’est quelque chose que je partage avec Sylvain Rifflet qui, comme moi, aime explorer les domaines des musiques populaires. Plus précisément, c’est en écoutant la chanson « C’était bien (Au petit bal perdu) » de Bourvil que j’ai eu un flash. Cette merveille m’a amené à faire des recherches sur tout un univers.

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Un demi-siècle après la disparition physique de Django Reinhardt, sa musique reste incroyablement présente. Il ne se passe pas une soirée sans que des guitaristes jouent ses compositions dans Paris. Combien d’artistes français du passé peuvent se prévaloir d’une pareille postérité ? La Cité de la Musique lui consacre une grande expo, laquelle est intitulée Django Reinhardt, swing de Paris.

Né en 1910 à Liberchies (Belgique) de parents saltimbanques, Django Reinhardt le manouche a passé la première partie de sa vie dans la « zone », ces terrains vagues situés sur le tracé des anciennes fortifs, notamment entre Saint-Ouen et Clignancourt. La scénographie de l’expo évoque l’univers des puciers en donnant à voir de nombreux documents manuscrits et imprimés posés sur de vastes tables-boîtes, lesquelles sont environnées de photos, d’affiches, d’écrans où sont projeté des extraits de films et de quelques toiles peintes par Django – dont une intéressante Femme gitane. Inspiré par les rythmes du jazz, d’autres tableaux sont signés de Kupka, Sonia Delaunay ou Dubuffet.

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Didier Lockwood, tournée des barsInterview. Le fameux violoniste vient pour la troisième fois participer au festival Jazz musette des Puces, manifestation très originale dont il est le parrain en compagnie du guitariste Thomas Dutronc. Avec beaucoup d’autres artistes de style musette et manouche, tous deux parcourent les rues du célèbre marché aux Puces de Saint-Ouen, en faisant des haltes devant ou dans les bars et restaurants.

Pourquoi êtes-vous le parrain de ce festival depuis ses débuts ?
Je connais depuis longtemps son organisateur, Serge Malik, c’est un ami. Quand il a eu l’idée de ce festival, il m’a emmené avec lui. Je lui donne des idées, on en discute et il organise. Ce qui est agréable, c’est que les artistes intègrent vraiment le quartier. Nous jouons dans les bistrots, les restaurants et les rues. L’ambiance est très bonne. Il n’y a pas d’équivalent à ce festival.

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Critique de disque. « Ma banlieue a des charmes que rien ne remplace… » chante Reda Caire qui, en 1937, assimile les faubourgs de Paris à des coins champêtres… Pas chic, certes, mais quand on y va en goguette : « Tous les ennuis s’effacent ». Il fut donc un temps où chanter la banlieue se faisait dans la bonhomie. Avec ce double cd, les collections anthologiques de Frémeaux s’enrichissent d’un merveilleux volume. Il recèle des chansons idiotes – mais vraiment idiotes, hein, qui s’assument comme telles : « Je suis né à Saint-Ouen, Ouin ! Ouin ! » -, des romances pleines de mélancolie, des chansons à danser, des histoires de gens simples prenant du bon temps dans les guinguettes, de paumés de la zone, de péniches qui passent… L’accordéon est bien sûr l’un des instruments qui dominent l’univers musical de ces chansons formidablement construites, dotées de jolies mélodies, rehaussées de voix franches et claires. Damia est là, Fréhel et Piaf aussi, de même que Trenet, Chevalier, Fernandel, Andrex ou encore André Claveau, Robert Lamoureux, Bourvil, etc.

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Critique de disque. Membre éminent de la Linha Imaginot, avec Massilia Sound System et les Fabulous Trobadors, Bernard Lubat défend une certaine idée de la musique et, d’une manière générale, de la culture populaire : gaie, « libérante », punchy et occitaniste – sans être ni régionaliste ni nationaliste pour autant. Multi-instrumentiste jouissant d’une grande réputation dans les milieux parisiens du jazz et des variétés Lubat s’est, à la fin des années soixante-dix, décidé à revenir au pays. En l’occurrence, il s’agit d’Uzeste, village aquitain dans lequel sa compagnie accueille tout au long de l’année des prestations d’artistes en tout genre, sous forme de festivals, mini ou maxi (notamment en août). L’esprit « désintégriste » et « insoliste » de Lubat et de sa bande est des plus réjouissants. Ce disque en est l’expression joyeuse. Il fait se succéder chansons et modules sonores qui mêlent le verbe haut du Gascon, ainsi que celui de son fabuleux compère André Minvielle (lui aussi a sorti un disque foutraque : Canto sur le même label), à des fragments de jazz, de rap, de blues et de musette. Le plus drôle, c’est que cet assemblage apparemment hétéroclite est très cohérent. Lubat fait tout pour nous faire oublier qu’il est un grand musicien : ça ne marche pas !

Michel Doussot

Mis en ligne en 2002 sur routard.com

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Critique de disque. Le musette, style inventé par les exilés d’Auvergne et d’Italie dans le quartier parisien de la Bastille, a connu son heure de gloire au milieu du vingtième siècle, avant d’être abîmé par des accordéonistes de carte postale. Quand, en 1990, jaillit le premier volume – sur trois – de la série Paris Musette on retrouva heureusement entier le charme canaille de cette musique populaire. Mâtinés de jazz, titres originaux et reprises s’y succèdent en une valse sans fin, enivrante. Ces disques, qui exhalent un incroyable parfum d’authenticité, sont le fruit du travail amoureux d’une équipe hors pair, comprenant la fine fleur des praticiens du genre : Marcel Azzola, Daniel Colin, Richard Galliano, Marc Perrone, Jo Privat, Joe Rossi et autres accordéonistes, ainsi que René Duprat et Didier Roussin à la guitare. Distribution complétée par de nombreux sorciers du rythme parigot, de souffleurs et de vocalistes voltigeurs (André Minvielle, Jacques Mahieux, etc.). Le malheur a cependant voulu que plusieurs maîtres d’œuvre de cette série disparaissent coup sur coup. Après Paris Musette, Swing manouche et Vent d’automne, on en resta là. Mais le pli était pris, Jazz et Java avait suffisamment fait de petits – Les Primitifs du futur, par exemple – pour que la tristesse ne prenne pas le dessus sur la douce mélancolie qu’inspire le musette à tous les véritables amoureux de Paris.

Michel Doussot

Mis en ligne en 2002 sur routard.com

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Critique de disque. A Paris, dans chaque faubourg, les accordéonistes faisaient la loi dans les bals musette des années trente et quarante. Sur l’estrade, des hommes, mais aussi beaucoup de femmes que cette anthologie au charme fou nous donne à entendre. Hormis Yvette Horner, survivante de ces temps glorieux, la plupart des interprètes qui y figurent sont tombées dans l’oubli : Tity Quentin, Tony Rico, Paula Chabran… Grâce à Dominique Cravic, membre des formidables jazzo-musette Primitifs du futur – dont fait également partie le dessinateur Robert Crumb qui signe la « pochette » -, leurs airs gouailleurs sont ressuscités.

Michel Doussot

Mis en ligne en 2001 sur routard.com

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