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Posts Tagged ‘Musiques d’Afrique’

ray-lema-headbug-1Interview. Inclassable, Ray Lema joue toutes sortes de musiques depuis longtemps. C’est ainsi qu’il a créé la sienne propre, au gré de ses pérégrinations entre son Congo natal, divers autres pays africains, les États-Unis, le Brésil ou la France où il s’est établi. Excellent pianiste et chanteur, il emprunte en ce moment les voies du jazz, résolument, mais à sa manière, à la fois grave et joyeuse, très abordable et sophistiquée.

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Reprenant un propos de Miles Davis, vous dites souvent « Le jazz n’est pas une musique, c’est une attitude »

C’est une phrase très importante pour moi. Pendant longtemps, j’ai été intimidé par le jazz, une musique très réglementée qui s’apprend à l’école ou dans un conservatoire, qui possède une dimension quasiment scientifique. Moi qui n’ai pas fréquenté ces institutions, quand je suis tombé sur ce propos, je me suis dit « pourquoi pas moi ? » et j’ai sauté le pas.

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Akalé Wubé 2Interview. Akalé Wubé est l’une de ces formations d’éthio-jazz que l’on trouve un peu partout dans le monde et singulièrement en France, chacune développant son propre style en s’appropriant les bases de l’envoûtant groove créé à Addis-Abeba durant les années 1960 et 1970. Le batteur David Georgelet nous explique la démarche de cet impeccable groupe.

Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à l’éthio-jazz ?

Au départ, il y a la découverte de la collection de disques Éthiopiques, éditée par Francis Falceto pour le label Buda, par le trompettiste Paul Bouclier. Il aimait tellement cette musique qu’il a eu envie de former un groupe avec des jazzmen comme moi pour la jouer. Elle est fascinante. Ce qui est frappant, c’est qu’à la première écoute, vous ne pouvez pas l’identifier. Elle ne ressemble pas aux genres africains qui nous sont familiers. Bien souvent, on l’imagine venir d’Asie car les gammes utilisées sont proches.

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Critique de disque. C’est par ce chanteur que le monde ébahi a découvert l’incroyable musique populaire moderne d’Éthiopie. Nous étions en 1986, alors que l’ancien royaume de l’autoritaire Hailé Sélassié était dirigé par une junte militaire. Sorti cette année-là en Europe bien qu’enregistré une décennie plus tôt, l’album Erè Mèla Mèla de Mahmoud Ahmed devint instantanément un classique de la « world music » naissante. Jusque-là, seuls quelques voyageurs ou expatriés connaissaMAHMOUD AHMED « Alèmyé »ient l’étonnante pop éthiopienne. A leur retour chez eux, ils s’amusaient à faire écouter des cassettes en blind test à leurs amis. Qu’est-ce que c’est ? D’où ça vient ? Peut-être est-ce Fela Kuti avec des jazzmen birmans et un chanteur d’Asie centrale ? Ou alors un soulman complètement barré dans un trip arabisant ? On se perdait en conjectures. Il fallait savoir que ce que l’on écoutait était basé sur des formes et des rythmes traditionnels d’Éthiopie et que c’était joué par des instrumentistes fort urbains, sensibles au jazz, au rock et au rhythm’n’blues. Ce qu’il y avait peut-être de plus fascinant, c’était les voix des chanteurs, celle de notre ami Mahmoud Ahmed au premier chef.

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Critique de disque. C’est d’une fraîcheur et d’un dynamisme rares et cela provoque une envie de danser irrépressible. Tel est le kwaito, le tempo selon lequel bat le cœur de la jeunesse sud-africaine. L’onde de choc de l’explosion house music partie de Chicago au milieu des années 1980 a rapidement atteint la TALES OF URBAN S.A. - KWAITO & HOUSEGrande-Bretagne, puis le monde entier. Si le genre existe encore en tant que tel, il a perdu sa suprématie parce que la famille électro s’est, depuis ces temps héroïques, considérablement enrichie de nombreux genres et sous-genres. Il reste au moins un pays ou ce rythme joyeux et bondissant est toujours vivace : l’Afrique du Sud. C’est dans les townships qu’il s’est formidablement acclimaté, dans ces quartiers populaires qui furent des zones de relégation durant l’apartheid, ségrégation qui a sévi dans le pays durant une quarantaine d’années. Lorsqu’au début de la décennie 1990, la minorité afrikaner renonça à monopoliser tous les pouvoirs, les jeunes issus des populations premières (Zoulous, Xhosas, etc.) se mirent à espérer en des temps meilleurs. C’est à ce moment-là que le kwaito apparut, particulièrement à Johannesburg (le terme se décompose ainsi : Kwaî pour énergie, To, pour township).

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Critique de disque. Ah ça ! Voici une formidable collection qui va nous tenir en haleine pendant longtemps. Éditée par Buda, label qui a déjà lancé quelques fameuses séries telles qu’Éthiopiques et Angola, Zanzibara se propose de faire découvrir les musiques populaires swahili de la côte orientale africaine, du moins celles qui se rapprochent le plus de la culture arabe. A l’évidence, c’est à Zanzibar que l’onZANZIBARA peut écouter les répertoires les plus manifestement influencés par les styles égyptiens. A coup de violon, d’oud, de qanun et d’accordéon, on y pratique entre autres le taarab, une musique voluptueuse qui mène à l’extase ou, plus modestement, réconforte ses auditeurs. L’un des orchestres de l’île qui défend le mieux ce style est l’Ikhwani Safaa Musical Club (le club musical de l’amicale fraternelle), celui-là même que l’on entend sur le volume 1 de la collection. Comme ce club existe depuis un siècle, il ne manque pas de chansons sublimes à nous offrir. On fond en dégustant quelques superbes morceaux de choix portés par des musiciens et des vocalistes, hommes et femmes, qui sont là juste pour leur plaisir – la musique n’est en général pas leur métier – et le notre.

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Critique de disque. Durant plusieurs décennies, à partir du moment où la radio et le disque se sont répandus sur le continent, la musique congolaise a envahi toute l’Afrique sub-saharienne. Et même au-delà, jusqu’au Japon, où des groupes locaux se sont mis au soukous. Après avoir parfaitement exploré les GOLDEN AFRIQUE, vol. 2 (Network)répertoires d’Afrique de l’Ouest dans un premier volume, les compilateurs de Golden Afrique poursuivent leur beau travail avec une nouvelle et parfaite anthologie couvrant une fois de plus la période 1950-1980. Les stars sont là, tout comme les glorieux inconnus, ceux que seuls des connaisseurs peuvent dénicher. « Indépendance cha cha cha », qui figure ici, est de multiples façons exemplaires. C’est en effet un titre qui a servi d’hymne festif à toutes les nations africaines qui recouvrèrent leur liberté au tournant des années 1950 et 1960. C’est également une merveilleuse adaptation locale des rythmes cubains tels qu’on les appréciait alors sur le continent. Enfin, il permet de saluer Joseph Kabasele, surnommé « Grand Kallé ». Lui et son concurrent, Franco Luambo Makiadi qui connaîtra une grande renommée à la tête de son Tout Puissant OK Jazz, ont posé les bases de la rumba congolaise appelée aussi soukous. Cuivres éclatants, guitares électriques tricoteuses, percussions métronomiques, voix angéliques : tout concourt à provoquer une sorte d’hypnose et incite à bondir sur la piste de danse.

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Critique de disque. « Je ne fais pas de maloya traditionnel, mais je m’en inspire » explique clairement Davy Sicard. Cette précision évite bien des débats. Considérant le maloya comme une forme de blues, il se nourrit de ce très percussif genre musical typiquement réunionnais pour écrire des mélodies dans la veine soul. L’identité réunionnaise est le thème qui traverse chacun des airs du disque. Il ne s’agit aucunement de brûlots nationalistes. Le chanteur expose en fait de légitimes réfleKer Maronxions sur ses origines, sur l’histoire de son peuple et sur sa culture. S’exprimant en français et en créole, Davy Sicard dit parfois les choses directement mais, la plupart du temps, il poétise avec grâce son discours. Ainsi, ses chants d’amour sont-ils à double sens. Il s’adresse par exemple à la liberté comme à la femme de sa vie. C’est très joliment fait, d’autant plus que les textes sont merveilleusement chantés par leur auteur, lequel est un vocaliste expérimenté.

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