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Posts Tagged ‘Musiques d’Amérique latine’

Dossier. Espaces où se concentrent et se brassent des populations venues de divers horizons, les villes sont des lieux propices à l’émergence de formes musicales originales. Issues de cultures locales, nourries d’influences extérieures, modernisées ou respectueuses de la tradition, elles sont devenues des emblèmes de ces cités, voire d’un pays tout entier. Les découvrir au cours d’un séjour fait partie des bonheurs que l’on peut s’offrir lors de ses voyages. Nous vous invitons dans ce dossier à suivre de belles partitions à travers le monde.

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Interview. Line Kruse est une violoniste danoise, très liée à Paris, qui aime autant le jazz king size que les musiques latino-américaines – elle a travaillé avec Gotan Project, fameux groupe mêlant tango et électro. Mélodieuses et foisonnantes de rythmes, ses élégantes compositions sont à déguster en septette (11 octobre) puis en big band (4 décembre).

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Un big band jazz mené par une violoniste, ce n’est pas banal…

Oui, à ma connaissance, c’est assez inédit. Des violonistes invités par ce type de formation c’est courant, mais créer un répertoire dédié à cet instrument dans ce cadre-là, non. L’idée est de contribuer au renouvellement d’une longue tradition en explorant les rythmes latino-américains, lesquels sont d’une richesse incroyable.

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RICHARD BONA - photo Rebecca_MeekInterview. Richard Bona a passé son enfance au Cameroun, tenté sa chance en Europe, notamment à Paris puis, contraint de partir pour des raisons administratives, s’est installé à New York où il a joué avec George Benson, Herbie Hancock, Pat Metheny, Michael Brecker… Bassiste et chanteur, il y a développé son propre style, toujours subtil et élégant, en n’oubliant jamais ses origines africaines. Le voici qui fait le lien entre ces dernières et les musiques cubaines dans un esprit latin jazz qui lui est propre, en compagnie du groupe Mandekan Cubano.

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Votre nouveau projet s’intitule Heritage

Il évoque les cinq siècles d’histoire des musiques cubaines. Très souvent, on a une vision plutôt vague de ce qu’est cet univers. C’est un mélange d’apports autochtones, espagnols, africains, chinois, une sorte de melting pot. La façon même dont ces musiques sont jouées rappelle cette histoire : le piano, le violon ou la trompette sont européens, les maracas amérindiens, les tambours africains… J’ai ressenti un puissant besoin de raconter cette histoire.

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Critique de disque. Voulez-vous danser le boogaloo ? Mélange de musiques afro-cubaines et de soul, auquel on a ajouté une belle rasade de jazz et une pincée de rock psychédélique, ce genre a connu son heure de gloire à la fin des années Boogaloo1960 du côté de Nueva York. Apparu après la grande époque du mambo et du cha-cha-cha et juste avant celle de la salsa, le boogaloo disparut assez vite. Comme d’autres micromouvements musicaux, tels que le rocksteady jamaïcain ou le glam rock britannique, il ne jouit d’une renommée qu’au sein de cercles restreints de connaisseurs. Et c’est bien dommage ! Cette anthologie est une parfaite initiation pour qui veut succomber aux sortilèges boogalesques. Certains des artistes qui y figurent sont fameux : Tito Puente, Ray Barretto, Willie Colon, Bobby Valentin en sont, ainsi que la diva Celia Cruz, qui nous chante Tumbaloflesicodelicomicoso. Comme le titre de cet air l’indique, le boogaloo est principalement fait pour s’amuser et danser.

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Critique de disque. Le Chávez Ravine n’existe plus. Ou plutôt, cet ensemble de quartiers de Los Angeles Est a subi une telle mutation que ses premiers habitants ne peuvent plus le reconnaître. Aujourd’hui, le stade des Dodgers a remplacé les rues et sentiers de ce secteur semi-urbain où s’étaient établies des familles de RY COODER « Chávez Ravine »chicanos, ces émigrants mexicains installés en Californie. C’est le souvenir de ce lieu que ravive Ry Cooder dans un disque singulier. Rappelons aux étourdis que ce guitariste et chanteur est une figure à part dans le show business américain. Épris de toutes les formes de musique, il a exploré avec succès – public et critique – tous les registres existant aux États-Unis, puis ceux d’autres contrées : Inde (avec V. M. Bhatt), Mali (avec Ali Farka Touré) ou Cuba (avec Manuel Galbán et le Buena Vista Social Club). Ici, il s’inspire des musiques que l’on pouvait écouter à l’époque où les citoyens de Chávez Ravine, du moins certains d’entre eux, s’élevèrent contre leur expropriation, dans les années 1950. Rock tex-mex, rhythm’n’blues, conjunto, country et jazz sont au programme, le tout étant agrémenté de touches reggae et électro. Un vrai festival !

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Critique de disque. Tisser des liens entre toutes les formes de tango inventées depuis cent ans, voilà ce à quoi Marcelo Mercadante parvient sans difficulté apparente dans ce disque envoûtant. Ce joueur de bandonéon argentin a été MARCELO MERCADANTE  « Con un taladro en el corazón »formé à Buenos Aires, notamment auprès de Juan José Mosalini que l’on connaît bien en France. Mais c’est à Barcelone qu’il vit et travaille, en particulier au sein du Quintito Porteño qui l’accompagne ici. La capitale argentine ainsi que Montevideo, ces deux cités qui se font face de chaque côté du Rio de la Plata, continuent de donner le la en matière de tango, c’est entendu. On sait aussi que Paris reste un grand pôle créatif en la matière – sans oublier Helsinki où la musique argentine passionne nombre de Finlandais. Mais, et l’Espagne ? On ne parle guère de ces artistes locaux ou émigrés argentins qui y font vivre une scène intéressante, en procédant par exemple à des mélanges entre tango et musiques ibères.

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Rue de VerneuilDossier. Les chanteurs et musiciens pop se nourrissent de leur environnement, des rumeurs de leur ville comme de la vie qu’ils y mènent. Aussi est-il passionnant d’aller sur leurs traces pour voir où ils ont passé leur enfance, fait leurs débuts, écrit tout ou partie de leur répertoire et, parfois, visiter les lieux où ils reposent. Ce dossier vous propose des parcours et une sélection de sites majeurs où vous avez de grandes chances de percevoir quelque chose de la magie qui émane ou émanait de stars mondialement célèbres telles qu’Elvis Presley, U2, Bruce Springsteen, Serge Gainsbourg ou Shakira. Nous vous indiquons également des musées qui sont dédiés à certaines d’entre elles, des Beatles à Oum Kalsoum en passant par Bob Marley et ABBA. Il y en a pour tous les goûts !

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Critique de disque. Le Venezuela jouit d’une position enviable du point de vue musical. Ce pays se situe en effet au carrefour de nombreuses cultures : afro-caraïbéennes, andines, brésiliennes, ce qui, si l’on ajoute les traditions purement locales, est susceptible de donner de sacrés mélanges. C’est ce que l’on entend d’un bout à l’autre de cette anthologie si réussie qu’elle en est emballante. VENEZUELA (World Music Network)Le groupe qui l’inaugure est emblématique. Un Solo Pueblo synthétise en effet toutes les influences susnommées sous des couleurs modernes en deux titres : Caracas, Caracas et leur grand succès Viva Venezuela. Le style criolla, lui aussi, combine plusieurs sons, mais à l’ancienne. On y sent particulièrement présents les esprits des ancêtres indiens. Mario Suárez et le Quinto Criollo le défendent à merveille. La salsa a également ses pratiquants au Venezuela, comme nous le prouvent Guaco, Dimension Latina et Oscar D’León – ce dernier étant une énorme vedette du genre. Alberto Naranjo y su Trabuco mêlent de leur côté salsa et calypso. Cocktail explosif s’il en est ! Pour sa part, d’inspiration rumba, Maracaibo 15 rappelle l’influence gitane sur les musiques latino-américaines. Quant à la veine africaine, elle est exploitée par Tambur Urbano, Grupo Barlovento, Vasallos del Sol et Raíces de Chuspa.

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Critique de disque. Genre international parti de New York dans les années 1970, la salsa s’est particulièrement bien implantée en Colombie où elle a fusionné avec de nombreux rythmes locaux comme la cumbia. L’opération n’était pas difficile à réussir étant donné ses origines afro-cubaines. Les cultures des îles et côtes hispanophones de la mer des SALSA COLOMBIACaraïbes sont très proches les unes des autres. L’anthologie présente souligne très bien les spécificités du style colombien – d’autant plus qu’elle est l’œuvre d’une compilatrice qui connaît aussi bien le pays que sa musique, Sandra Alayon-Stanton. La totalité des titres sélectionnés provient du catalogue des Discos Fuentes de Medellin, cité malheureusement plus connue pour son cartel que pour son label. Ce dernier est le plus important du pays et réunit des artistes de toutes les régions. Se dégage de l’anthologie présente une impression de vivacité extrême. Par exemple, le Bongo bongo de la bien nommée Sonora Dinamita résonne comme un défi aux danseurs les plus sveltes !

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Critique de disque. Incontournable personnalité de la musique latino-américaine, il était aussi grand par sa taille que par son talent. Surplombant ses congas du haut de son mètre quatre-vingt-dix, Ray Barretto frappait celles-ci avec une finesse dont peu de percussionnistes sont capables. Cette anthologie RAY BARRETTO « A man and his music - Que viva la musica »rend hommage à l’artiste, quelques mois après sa disparition. Né en 1929 à New York, ce fils de Portoricains est un pur produit de Spanish Harlem. Il commence sa carrière de conguero après avoir donné ses premiers coups – sur son instrument – dans les clubs de jazz de… Munich, où il était soldat. À son retour, il fait partie d’orchestres de musiques afro-cubaines (José Curbelo, Tito Puente…) et jazz (Art Blakey, Dizzy Gillespie…). Le double cd présent commence l’histoire en 1963, à partir d’« El watusi », le premier hit solo de Barretto. Mis à part quelques titres des débuts, les airs réunis ont été enregistrés à partir de 1967 sous le fanion de la Fania, label dont le musicien sera un des nombreux héros durant un quart de siècle.

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Critique de disque. Soft, ce n’est pas doudou du tout. Il s’agit du groupe formé par Fred Deshayes, un professeur de droit guadeloupéen qui, après avoir écrit quelques chansons pour des interprètes de son île, s’est convaincu de porter lui-même son répertoire. Bien lui en a pris. Contre toute SOFT « Kadans a péyi-la »attente, lui qui ne verse ni dans le zouk love, ni dans le ragga ou le rap, a suscité une belle et forte passion dans le public de son île avec ce disque. Exprimant les réflexions d’un jeune Antillais sur divers problèmes (rapports, à l’Afrique, à la France, notamment avec la chanson « Krim kont la Gwadloup »…) ou des sentiments universels (l’amour, un bébé qui sourit…), son verbe créole a fait mouche – il est dommage que les textes ne soient pas traduits en français métropolitain dans le livret.

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Critique de disque. Awa, cela signifie « non » en créole antillais. Drôle de titre pour un album riche en propositions artistiques positives. Ce non est sans doute la seule réponse que le multi-instrumentiste et chanteur martiniquais David Walters a à donner à ceux qui voudraient le voir suivre les chemins les plus courus. Car sa musique n’appartient qu’à lui, même si elle doit beaucoup à des genres et des folklores bien précis. Cet artiste est doté d’un sacré tempérament. Quand, jeune athlète promis à une belle carrière, David Walters voit sa carrière de sauteur en hauteur stoppée net par un blessure, il s’élance dans la musique en fondant Zimpala avec un collègue bordelais. Versé à la fois dans les percussions afro et l’électro, cet Antillais trentenaire qui a grandi en métropole entreprend ensuite des voyages initiatiques en Martinique et au Togo.

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Critique de disque. Percussionniste cubain, Miguel « Angá » Diaz frappe un grand coup avec cet album, son premier en solo. Connu pour avoir joué au sein des ensembles Opus 13, Irakere, Afro-Cuban All Stars, puis avec plusieurs membres du Buena Vista Social Club (Rubén González, Ibrahim Ferrer, Ry Cooder et Manuel Galban, Omara Portuondo, Cachaito López…), ce musicien est donc un crac dans la catégorie « afro-cubain ». Mais pas seulement. En venant vivre à Paris, il a collaboré avec les jazzmen états-uniens Steve Coleman et Roy Hargrove, tous deux à la recherche de rythmes aussi puissants que raffinés. C’est en France, également, qu’il s’est lié à quelques-uns des interprètes présents sur son disque : le DJ Dee Nasty, le flûtiste Malik Mezzadri, le multi-instrumentiste malien Baba Sissoko.

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Critique de disque. Cinq ans après La Revancha del tango, un premier album qui a amplement modifié le point de vue de nombreux auditeurs à travers le monde sur la musique du Río de la Plata, le trio Gotan Project a tenu à faire évoluer sa formule ô combien accrocheuse. Certes les figures langoureuses du tango et les rythmes électroniques font toujours bon ménage. Mais, pour ne pas se répéter, Eduardo Marakoff (guitare), Christophe H. Müller et Philippe Cohen Solal (basse, claviers) ont pris le parti de laisser leurs complices présents sur le précédent disque jouer avec leurs propres boîtes de couleurs. Il y a là le bandéoniste Nini Flores, auquel l’ensemble doit beaucoup, la chanteuse Cristina Vilallonga, la violoniste Line Kruse et le pianiste Gustavo Beytelmann, lequel s’est chargé de réaliser de majestueux arrangements pour section de cordes.

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Critique de disque. Le tango de Juan Carlos Cáceres n’est pas banal. Ce dernier propose en effet une reconstitution des premières formes de la musique née autour du Río de la Plata un peu avant la fin du dix-neuvième siècle. À cette époque, elle n’avait pas cette allure chic qu’elle allait prendre en pénétrant les salons parisiens. L’une de ses sources était le candombe des descendants d’esclaves africains encore assez nombreux en Uruguay et en Argentine, juste avant que ne déferlent d’Europe des centaines de milliers de migrants. Faute de disposer d’enregistrements de ce mythique proto-tango afro, on peut toujours essayer d’en retrouver les saveurs. C’est ce à quoi s’attelle depuis des années avec ferveur et talent le pianiste Juan Carlos Cáceres. Ce dernier est un jazzman argentin – ami du dessinateur Hugo Pratt qui chantait volontiers le blues dans les caves de Buenos Aires – qui débarqua en France durant le mois de mai 1968. Flambeur boogaloo au sein de Malón, mais aussi tanguero avec le groupe Gotán – à ne pas confondre avec Gotan Project -, il se fait accompagnateur de vedettes françaises, peintre, enseignant ; c’est une figure attachante de la scène latino parisienne.

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Critique de disque. Dans les années qui suivirent la Seconde Guerre mondiale, un nouveau son tropical se répandit sur toute la planète : le calypso. Certes, ce dernier était né au cours dix-neuvième siècle, mais grâce à des vedettes internationales comme le Jamaïquain Harry Belafonte, il se fit alors connaître sur toute la planète. Des succès gigantesques de cette époque sont restés dans toutes les mémoires : « Shame and Scandal in the Family », « Rum and Coca Cola », « Jean and Dinah », « Matilda »… L’un des hauts lieux du calypso dans les années 1950 se nommait Dirty Jim, un club de Port of Spain, capitale de l’île Trinidad. Il a aujourd’hui disparu, mais ce disque permet de retrouver les grandes vedettes du genre qui s’y produisirent. Calypso Rose, The Mighty Sparrow, The Mighty Terror, Bomber, Lord Superior, Relator chantent les titres mentionnés ci-dessus et d’autres aussi légers et charmants. Ils sont accompagnés de l’orchestre de Syl Dopson, formation qui perpétue un style calypso très proche de celui que l’on jouait naguère dans les bars et lors des carnavals.

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Critique de disque. La flor de luna ne pousse que lors des nuits de pleine lune. En langue aztèque, on la nomme xochimetzil nous précise ce groupe qui s’affiche comme éphémère. S’il ne poursuit pas ses travaux après ce disque, ce sera bien dommage. Il s’est constitué autour d’un trio formé par l’Équatorien Alfonso R. Mosquera et les Mexicains Gildardo Mejia et Gutierrez Bernal – ils se sont rencontrés au sein de La Calaca, ensemble spécialisé dans les musiques traditionnelles du Mexique. C’est un bouquet de belles chansons que nous offrent les membres de ce collectif venus d’Amérique latine, de France et d’Inde. Elles sont le fruit de greffes réussies.

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Critique de disque. Buena Vista Social Club, suite… Sans fin, apparemment. Cette formation mythique comprenant tellement de formidables solistes de tout âge, la saga peut durer longtemps. On ne s’en plaindra pas. Cette fois, c’est le trompettiste Miguel « Guajiro » Mirabal qui mène la danse. Pour son premier disque enregistré sous son nom – à 71 ans ! -, il rend hommage à Arsenio Rodriguez, grand révolutionnaire de la musique cubaine des années 1940. C’est ce dernier qui a imposé les orchestres son de type conjunto, dans lesquels la conga, le piano et les trompettes tiennent un rôle très important. Adulé par ses pairs, le « merveilleux aveugle » quittera pourtant Cuba pour tenter sa chance aux États-Unis, où il ne rencontrera pas le succès escompté. Miguel Mirabal, lui, est resté au pays. Originaire de la campagne – d’où son surnom : guajiro signifie péquenot -, il s’est formé à la trompette au sein de la fanfare menée par son père à Melena del Sur. Jeune homme, il rejoint La Havane où il fera partie de nombreux orchestres. En cinquante ans, il a joué avec et pour tout le monde.

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Critique de disque. Si les musiques typiques sont encore florissantes dans toutes les îles des Caraïbes, il faut bien reconnaître qu’un vaste mouvement de brassage des genres poursuit irrésistiblement son cours. La musique du Dominicain Mangu – pseudo faisant référence à un plat tonique constitué de bananes plantains – est un réjouissant symptôme du phénomène. Dans ce disque sautillant, le tchatcheur et musicien mélange avec bonne humeur rythmes afro-latinos, hip hop et ragga. Il faut dire que l’énergumène nourrit depuis un bon moment son inspiration en vadrouillant entre les Amériques, notamment du Bronx à Miami, Paris et allez savoir où ! Venant longtemps après un premier album (Mangu, cd Island) qui avait déjà mis le feu en 1998 et un tube avec le groupe noJazz en 2002 (« Candela »), Mi familia comble l’attente de ceux qui avait apprécié son énergie.

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Critique de disque. Et l’on s’y laisse reprendre… Une fois de plus, on tombe en effet sous le charme du son Buena Vista Social Club. Dans le cas présent, la voix vibrante d’une des membres de cette éminente association, Omara Portuondo, se pose sur de splendides chansons que magnifie un exceptionnel orchestre. Celui-ci a été réuni par le britannique Nick Gold, responsable, avec Ry Cooder, de l’album Buena Vista Social Club en 1997, et le Brésilien Alê de Siqueira, collaborateur de Caetano Veloso et Carlinhos Brown, lequel signe ici un titre. Chaque instrumentiste tient parfaitement son rang, ce qui n’est guère surprenant. Sur le devant figurent les guitaristes, notamment Manuel Galbán (électrique), Papi Oviendo (tres) et le Brésilien Swami Junior (sept cordes). L’introduction dans le jeu des musiciens brésiliens se fait avec délicatesse. Aucun effet tape à l’oreille ne vient bousculer le délicat équilibre trouvé entre cordes, vents, percussions et chœurs.

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Critique de disque. Le Chant de le Terre et des étoiles ? Encore un machin world à tendance new age ? En fait non, bien qu’il s’agisse de mettre en musique la cosmogonie des Quechua, ce peuple andin qui a bien du mérite d’avoir sauvegardé quelque chose de sa culture ancestrale. Avec un tact remarquable, une équipe de musiciens français accompagne Luzmila Carpio dans son aventure. Chanteuse à la déjà longue expérience, cette dernière compose aussi, en s’inspirant des musiques traditionnelles, ainsi que de ce qu’elle voit et entend chez elle, sur les sentiers de l’Altiplano bolivien. Avant d’aller plus loin, il faut dire combien la voix de Luzmila est subjuguante. Nous en voudra-t-elle si on compare son chant à celui d’une autre chaman, à savoir Björk, sa cadette islandaise ? Même voix cristalline, quasi enfantine, même manière de chanter-parler ou de s’envoler dans des hauteurs mystérieuses. On songe aussi à Yma Sumac. Mais là, peut-être qu’on y va fort, car Luzmila Carpio ne partage en rien ce goût du glamour kitsch qui rendit célèbre la « princesse inca » d’Hollywood. La sobriété de cette artiste, égale à celle de son œuvre, en fait la richesse.

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Liste des critiques de disques publiées sur ce blog.

Avec liens.

Classées de A à Z .

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Critique de disque. Étonnante histoire que celle de ce disque. Elle commence par un coup de foudre amical, celui du musicien français Sébastien Martel qui, lors d’un séjour à Cuba, rencontre Miguel Angel Ruiz, un artiste membre du groupe Raizes dans les années 1970. Ayant découvert les poèmes de son aîné, Sébastien s’en pénètre à tel point que, lors d’un nouveau séjour sur l’île, il retourne voir Ruiz les bras chargés de mélodies imaginées à la lecture de ces textes. Le poète apprécie les compositions de Martel, fait des suggestions, puis donne son accord pour que son admirateur entreprenne de faire vivre les chansons ainsi créées. Le malheureux poète ne pourra pas écouter ce disque – sur lequel on entend sa voix -, il est décédé en 2001. C’est bien dommage car, en dehors du fait que les événements qui l’ont précédé sont bien jolis et émouvants, cet album est une franche réussite.

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Critique de disque. En route pour Vera Cruz ! C’est de là que vient la plupart des enregistrements que l’on trouve sur ce disque grisant. Conformément à la ligne éditoriale du label Ocora, c’est un musicologue, Cyril Vincensini, qui s’est chargé de collecter les chants figurant dans ce volume. À l’origine, le territoire Huasteca est de culture maya. C’est la région du Mexique où débarqua le redoutable Cortez. On y joue aujourd’hui dans le style huapango. Comment est né ce dernier ? Bien malin celui qui pourrait, sans se tromper, dresser l’arbre généalogique des musiques populaires de ce coin du monde. Acculturés, mais pas complètement, mis en contact permanent avec les formes de danses et de chansons espagnoles, françaises et africaines, les populations et leurs trovadores ont élaborés d’étonnantes fusions. Celles que l’on écoute dans cet album sont produites par une douzaine d’ensembles semi professionnels.

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Critique de disque. « Ce qui m’intéresse, c’est chanter l’émotion » dit Lhasa de Sela, cette artiste d’origine états-unienne et mexicaine qui s’est fait connaître avec son premier disque, La Llorona, sorti en 1997. Contre toute attente, ses complaintes très personnelles, mi nostalgiques, mi mélancoliques, ont touché le cœur et l’âme de très nombreux auditeurs. The Living Road, son deuxième disque, charme autant que le premier. Voire davantage, car il est plus abouti. Le thème du voyage y est très présent. Mais, attention, Lhasa ne raconte pas d’histoires réalisto-poétiques à la manière de Bernard Lavilliers. Pour elle, le voyage a tout du cheminement introspectif. Cela donne de jolies choses : « Aujourd’hui je retourne à la frontière / Je dois encore traverser / C’est le vent qui me commande / Et me pousse à la frontière / Et efface le chemin / Qui disparaît derrière moi », ou bien : « Tu as voyagé si longtemps / Il faut continuer / Ne regarde même pas en arrière / Pour voir ce que tu as traversé / Même si ton corps se courbe sous le fardeau / Il n’y a aucun endroit où s’arrêter / Nulle part sur cette route. »

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Critique de disque. Les musiques venant des pays andins sont souvent résumées à ces impressionnants orchestres à flûtes et tambours qui se sont répandus à travers le monde après le succès d’« El condor pasa » de Simon and Garfunkel. Ici, on fait dans la simplicité : Florindo Alvis joue de son charango, une petite guitare locale, et chante accompagné de deux membres de sa famille. Ces trois Indiens Quechua réactivent des airs traditionnels du Potosi, région située au sud de la Bolivie, dont la capitale fut un très grand centre économique à l’époque qui suivit la conquête espagnole.

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Critique de disque. Un pied en avant, et puis encore un pied en avant… Ou en arrière ? Zut, c’est infernal ce truc ! On a envie de danser, ça c’est sûr, à l’écoute de Radio Bakongo et de ses ondes secouantes. Mais comment ? Il s’agit du premier disque, enfin le premier à sortir sous son nom, de Paulino Salgado, dit Batata. Ce dernier vient de San Basilio de Palenque, village colombien des monts de Maria, ancien sanctuaire des esclaves échappés des sinistres repères de trafiquants installés sur la côte caraïbe. Tambourineur vaudou de 75 ans, Batata œuvre lors de cérémonies funéraires quand il n’est pas en ville, à Carthagène, ou sur la route avec Toto La Momposina pour propager une de ces musiques hybrides qu’on aime dans ce coin du monde. Celle de Batata, la champeta criolla, est un creuset dans lequel on retrouve les rythmes afro-colombiens hérités des ancêtres enlevés sur les rives équatoriales et atlantiques d’Afrique, puis le bullerengue, la cumbia, le son cubain, etc. À cela s’ajoutent les influences successives de la rumba congolaise, du highlife nigérian, du compas haïtien et… impossible de tout citer.

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Critique de disque. Ry Cooder intervenait de façon discrète sur le disque Buena Vista Social Club, cette réunion de famille qui a connu le succès que l’on sait. Il en était le maître de cérémonie et se contentait, en tant que pièce rapportée, de glisser quelques notes toujours bienvenues. Guitariste fort apprécié dans les studios californiens dès les années 1960, Cooder est parti à l’aventure dans les décennies suivantes, forant les soubassements de la musique populaire nord-américaine : blues, rock, jazz, tex-mex, etc. Puis, il alla encore plus loin, se tournant vers Hawaï, l’Inde, l’Afrique de l’ouest et enfin Cuba. Une quête émaillée de trouvailles merveilleuses, de rencontres passionnantes pour lui, comme pour nous. Quand on aime le jeu de ce guitariste – en fait, il maîtrise tous les instruments à cordes pincées -, tout à la fois direct, précis, élégant, économe et généreux, on pouvait donc être frustré de ne pas assez l’entendre dialoguer avec ses flamboyants héros de La Havane. Mambo sinuendo comble toutes les attentes.

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Critique de disque. Alors que les vieilles branches et les jeunes pousses cubaines s’imposent dans le paysage musical mondial, et que sont mis de plus en plus en évidence les beaux fruits musicaux venus du Pérou ou de Colombie, on a tendance à oublier que New York a été et reste un terreau fabuleux en matière de musique latino-américaine. Dans la jungle minérale de la côte est des États-Unis se sont effectivement épanouis de nombreux artistes venus des îles voisines. Ils y ont créé la salsa, style particulièrement en vogue dans les années 1970 quand flottait fièrement le fanion de la Fania. Eddie Palmieri, Portoricain d’origine, a été l’un des plus splendides musiciens de cette génération caliente. D’innombrables virtuoses sont passés dans son orchestre, soulignant souvent les qualités humaines, professionnelles et artistiques de leur lider maximo. Sur le premier point, on espère qu’ils sont sincères et lucides. Sur les deuxième et troisième, impossible de douter de leur avis, notamment à l’écoute de ce disque.

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Critique de disque. Un trio international pour une musique qui mélange les genres : tango, électro et dub… Cette fusion inédite est née dans l’esprit du musicien électronique français Philippe Cohen Solal. Comme ce dernier, le pianiste suisse Christoph H. Mueller a travaillé pour des réalisateurs de films – ce fut également l’un des membres de l’éphémère formation world techno Touch El Arab. D’où une certaine aisance à créer des atmosphères prenantes. À la guitare, l’Argentin Eduardo Makaroff apporte sa grande expérience de chef d’orchestre habitué des clubs où l’on chavire aux sons du tango – il a officié à La Coupole de Paris. Tel est le trio fondateur de Gotan (tango en verlan) Project.

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Critique de disque. Señor Coconut, alias Uwe Schmidt, est un artiste qui mérite de nombreuses épithètes mais, en tout cas, pas celui de raisonnable. Ce qui ne l’empêche en rien de faire ce qu’il a à faire avec le plus grand sérieux. À savoir l’interprétation de grands classiques de la musique populaire internationale de la fin du vingtième siècle à la manière cha-cha-cha. Après un remarquable recueil consacré au groupe électronique Kraftwerk, voici un florilège constitué de « Smoke on the Water » (Deep Purple), « Riders in the Storm » (Doors), « Smooth Operator » (Sade), « Oxygène » (Jean-Michel Jarre), « Blue Eyes » (Elton John), ensemble auquel s’ajoute une série de chansons originales de Schmidt. Des morceaux de choix, certains étant plus évidents à passer au mixer latino que d’autres.

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Critique de disque. Depuis les années 1990, une ribambelle de musiciens brésiliens célèbre un carnaval permanent. Sciemment festifs, ils rénovent brillamment l’art de la chanson populaire en y intégrant des éléments provenant de tous les genres inventifs imaginés partout dans le monde. Aux côtés de Lenine et Arnaldo Antunes, Carlinhos Brown se situe à l’avant-garde de ce joyeux cortège. Pour son quatrième album personnel – hyperactif, il a travaillé avec, entre autres, Daniela Mercury, Marisa Monte, les tambourinaires de Timbalada et est très impliqué dans la vie culturelle de sa ville -, le Bahianais s’est amusé à rehaussé sa musique hybride de sons latinos pour nous rappeler que son pays fait partie de la même aire culturelle que les Caraïbes, la Colombie ou l’Espagne. La fusion est ici parfaite. Presque trop à l’écoute du premier titre, « Carlito Marrón », énorme fusée sonique qui, lancée au cours d’une soirée dansante, ne peut que faire des dégâts monstrueux.

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Critique de disque. Le feuilleton n’est pas terminé : les aventures de Ry Cooder à Cuba connaissent de nouveaux rebondissements. Après Buena Vista Social Club et Mambo sinuendo (avec Manuel Galbán), notamment, voici le Californien de retour dans les studios Egrem de La Havane aux côtés de cadors afro-cubains. Cette fois, le guitariste producteur se consacre entièrement à Ibrahim Ferrer, l’un des éminents membres du dit Club. On a abondamment raconté – et l’intéressé lui-même aussi dans Buena Vista Social Club, le film de Wim Wenders – comment il avait dû abandonner sa carrière de chanteur. Revenu – et de quelle manière ! – au devant de la scène, il s’est acquis de nombreux admirateurs. Ces derniers, comme ceux qui ignorent encore le papy à gapette blanche, ne peuvent qu’être comblés par ce disque solaire. Cinquante cinq minutes de bonheur pur les attendent. Peu de disques peuvent prétendre à un tel exploit.

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Critique de disque. « La bomba ! » Ce cri du cœur lancé au début de ce disque indique l’état d’esprit régnant sur les scènes où durant trois ans se sont produit Manu Chao et ses acolytes du Radio Bemba Sound System, son groupe explosif. Les adorateurs des deux précédents albums solo de Chao risquent de tomber de leur petit nuage car, enregistrées à la Grande Halle de La Villette en septembre 2001, les chansons du troubadour libertaire passent de leur état de ballades à celui de brûlots. Elles s’enchaînent à vitesse grand V : pas le temps de souffler ; ce qui est finalement très représentatif de ce qui se passe quand Manu est en ville. On se remémore les concerts de la Mano Negra – bien obligé, puisque une partie des vingt-neuf titres de l’album sont puisés dans le répertoire de la précédente formation de Chao. Et l’on constate que l’énergie est toujours là.

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Critique de disque. Les musiques qui courent les rues de Tijuana se nomment banda sinaloense ou norteno, sortes de polkas mâtinées de rythmes afro-cubains. C’est à partir de ce terreau que de jeunes fondus de musique électronique locaux et locos ont inventé la nortec (norteno-techno). Grand bien leur a pris ! Après avoir échantillonné des bribes de percussions, de cuivres et d’accordéon, ils ont greffé ces échos de la tradition sur des canevas hérités de la house, du break beat, du drum’n’bass et même de l’électro-pop de groupes européens tels que Yello. La bonne surprise est que cette alchimie produit d’excellents résultats. Les membres du collectif Nortec se succèdent sur ce disque avec un égal talent – mention spéciale à Bostich et Terrestre.

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Critique de disque. Le jeu du guitariste cubain possède une force tranquille, tout en étant virevoltant. Tel est le charme de cet artiste important qui, depuis vingt cinq ans, entretient la flamme des musiques cubaines traditionnelles avec son Cuarteto Patria. Les onze titres de ce disque peuvent être pris pour une annexe du fameux disque Buena Vista Social Club dans lequel Eliades Ochoa tenait une place fondamentale. Mais ils peuvent évidemment s’écouter aussi en tant que tels. On préférera le tournoyant « Arrimate paca », le langoureux « No me preguntes tanto », l’instrumental virtuose « Siboney » ou encore le majestueux « Pena », etc.

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Critique de disque. Comme c’est joli ce que l’on entend sur cet album de chansons douces. Légèrement voilée, la voix caressante de cette jeune femme se pose avec délicatesse sur des mélodies imparables. Ces dernières font l’objet d’une orchestration exemplaire. Les canons du bolero, de la guarija, du son, bref de tous ces styles implantés ou nés à Cuba sont respectés avec une grâce angélique par des musiciens que l’on sent à l’affût du moindre dérapage. C’est tout juste si les rythmes afro-cubains osent suivre la voix de velours de Leyanis Lopez par crainte de la brusquer. C’est qu’il ne faut pas rompre le charme ! D’un bout à l’autre, on se laisse donc bercer par cette fée caribéenne. Mi corazón y yo appartient à cette sorte de disque fait pour durer.

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Critique de disque. Au tournant des années soixante et soixante-dix, de Los Angeles et de San Francisco, ont surgit de mirifiques combos à l’allure dépenaillée, mêlant d’infernaux rythmes latinos aux fulgurances du rock et de la soul, le tout étant parsemé de subtilités jazz… Une grande révolution culturelle était en marche ! Le goût croissant pour les obscures merveilles du passé provoque un afflux d’anthologies réjouissantes. Revolución – The Chicano’s Spirit est l’une de celles-là. Elle réunit une dizaine de groupes dont la renommée n’a guère dépassée les milieux chicanos. Ces derniers, migrants venus du Mexique, se sont implantés vaille que vaille dans les métropoles californiennes. Au point de pouvoir développer leur propre forme de musique électrique. Le leader incontesté de cette scène fut, bien sûr, Carlos Santana.

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Critique de disque. Il est impossible de ne pas succomber à la voix légère et si humaine de Susana Baca. Il faudrait qu’elle fasse un très gros effort pour nous décevoir ! Ce qui n’arrive pas avec cet Espíritu vivo pour lequel l’afro-péruvienne est entourée de ses musiciens habituels, auxquels se sont ajoutés deux invités. Ceux-ci impriment leur marque avec classe à une collection de chansons parfaites en tout point. Il s’agit du guitariste Marc Ribot et du maître es claviers John Medeski, deux New-yorkais déjà présents dans le précédent disque, Eco de sombras, dirigé lui aussi par le fameux producteur Craig Street. Sauf que pour cette fois, la contribution des Yankees ne s’est pas faite à distance – Susana et son groupe à Lima, eux à New York -, mais en live, dans un studio de Manhattan. La couleur de l’album s’en ressent, parsemé qu’il est d’éclats rock et groove ultra urbains.

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Critique de disque. Le succès continu des musiques cubaines permet de découvrir nombre de gloires chenues et méconnues de la grande île des Caraïbes. Mais il donne également l’occasion à de nouveau talents de trouver des oreilles attentives. Les Orishas ne sont pas un groupe de salsa de plus. Ces trois jeunes installés en Europe offrent une synthèse convaincante de rythmes provenant de leur terre natale et de break beats made in USA. Yotuel et Ruzzo sont les deux rappeurs du trio, Roldán en est le chanteur. Douceur de celui-ci, rugosité de ceux-là : ce type d’alternance a fait ses preuves dans le hip hop et le raggamuffin. Ici, la couleur afro-cubaine est déterminante. Elle permet d’échapper aux aspects répétitifs dont pâtissent parfois les œuvres des tchatcheurs jamaïquains et afro-américains.

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Critique de disque. Partout dans le monde, on trouve des musiciens qui suivent la droite ligne indiquée par le show business et d’autres qui préfèrent les chemins buissonniers – lesquels, ironie de l’histoire, deviennent souvent d’excellents produits du point de vue industriel… En France, par exemple, on a eu Les Négresses Vertes ou Mano Negra, deux groupes que l’on ne cite pas ici par hasard car Los de Abajo (Ceux d’en bas) sont à une dizaine d’années de distance leurs correspondants mexicains. Issu de la scène alternative chilanga (autrement dit de Mexico Ciudad), ce collectif a commencé sa carrière en offrant une frénétique réplique du ska jamaïquain. Le présent disque, édité par le label de David Byrne, démontre que sa palette sonore s’est élargie.

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Critique de disque. Caramba ! Une voix tempétueuse, qui roule les « r » à vous filer des secousses dans le bas de la colonne vertébrale et qui fait souffler un vent de gaieté irrépressible : franchement, ça ne se refuse pas ! Profondément ancrée dans les traditions de sa Colombie natale, Totó La Momposina invoque, titre après titre, les esprits d’Afrique, des Andes et des Caraïbes, pour que s’accomplisse un ouragan permanent. Tous les styles hybrides de son pays métisse trouvent en La Momposina une interprète idéale. Cumbia, bulleregue, chalupa ou garabato sont ici servis par une orchestration d’une grande densité. Cuivres, flûtes, percussions, guitares, voix : tout cela vibre intensément.

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Critique de disque. Le respect : voilà ce que recherche chaque être humain, et singulièrement les émigrants mexicains tentant de passer coûte que coûte la frontière, afin de gagner quelque richesse, pour soi ou sa famille restée au pays. À l’écoute de Border, ces olvidados des temps modernes nous deviennent plus familiers. Avec fermeté et sensibilité – mais sans pathos -, Lila Downs nous raconte leur vie déchirante. Et cela de la plus belle des manières : par des chansons parfaites, aussi bien écrites qu’interprétées. La voix de cette américano-mexicaine est d’ailleurs remarquable, passant sans problème apparent de l’aigu au grave, et de la fantaisie à l’émotion – prouesses jamais superflues, toujours mises au service des chansons.

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Dossier. Ce dossier couvre mille ans d’histoire de la musique ! Des troubadours à Manu Chao, Musiques du mondeles échanges entre musiciens de toutes les cultures furent et restent très importants. Toujours, les mélomanes ont apprécié les sons nouveaux… Lesquels, en fait, sont souvent anciens, qu’ils viennent d’ici ou de là-bas. Le point de vue se fait depuis la France pour que chaque lecteur puisse retrouver ses repères les plus familiers au cours de ce voyage à travers le temps et le monde.

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Dossier. À 100 ans bien sonnés, le tango est en pleine santé. À la fois danse et musique, il continue de passionner des millions d’aficionados à travers le monde. Partout, on apprécie tout autant ses formes les plus anciennes que ses résurgences modernistes.

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le tango, René Gruau, 1910Voilà soixante-dix ans, une étonnante rencontre a eu lieu entre deux immenses figures de la musique argentine. On est à New York, un jeune bandéoniste de 13 ans joue devant le chanteur Carlos Gardel, un ami de ses parents. Le petit Astor Piazzolla ignore presque tout du tango et a à peine conscience d’avoir devant lui une grande vedette. Séduit par le talent du muchacho, Gardel l’embauche pour figurer dans son prochain film, El día que me quieras. Et surtout, il lui propose de participer à sa prochaine grande tournée qui va bientôt démarrer. Piazzolla est retenu à New York et regrette de ne pas avoir rejoint l’orchestre de Gardel. Pourtant, c’est durant ce périple que l’avion du chanteur s’écrase avec ses musiciens le 23 juin 1935 sur l’aéroport de Medellin, en Colombie…

Aujourd’hui, personne ne les a oubliés. Ni l’un, ni l’autre. Signe supplémentaire que le tango n’a pas fini de nous faire danser et de nous émouvoir.

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Critique de disque. Ce disque défriche le territoire musical des Garifunas, une population qui s’étend sur plusieurs États d’Amérique centrale – Belize, Guatemala, Honduras. PARANDA – AFRICA IN CENTRAL AMERICAElle se constitue de descendants d’esclaves africains qui, après s’être évadés, se sont mélangés aux Indiens qui peuplaient les côtes de la mer des Caraïbes. Nommée paranda, la musique de ces éternels rebelles est peu influencée par celle des Européens colonisateurs, de même que leur langue et leur religion. Acoustiques et percussifs, de petits ensembles instrumentaux accompagnent des chants qui font se répondre un soliste et un chœur.

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Critique de disque. Parfait héros du tango argentin, Carlos Gardel fut et reste une idole incontestée d’un genre musical hyper sensuel, à la fois viril et féminin. Très rythmiques bien qu’exemptes de percussions, langoureuses au possible, ses chansons n’ont pas pris une ride. Natif de Toulouse, Charles Romuald Gardes CARLOS GARDEL « 38 chefs-d’œuvre » (Frémeaux & associés)grandit dans les faubourgs de Buenos Aires où, enfant, il apprend à maîtriser les chants de la ville comme ceux de la campagne argentine. Sa voix s’impose vite, notamment lorsqu’il fait sortir le tango des bouges où il a vu le jour. Pudique dans l’expression de sentiments violents, Carlos Gardel séduit au-delà du public argentin – c’est même l’une des premiers chanteurs à jouir d’une reconnaissance mondiale.

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Critique de disque. Clandestino, le premier album solo de Manu Chao portait mal son titre. Succès phénoménal en France comme à l’étranger – deux millions et demi d’exemplaires vendus ! -, ce coup d’essai s’est avéré être un coup de maître. Conçu selon les mêmes principes, Proxima estación… Esperanza – annonce entendue dans le métro de Madrid -, est une suite de comptines écrites au gré des pérégrinations de l’artiste routard. Manu Chao et son coproducteur Renaud Letang enchaînent ces chansons en y insérant des sons captés à la radio. On y entend aussi des « lutins », petits échos du disque précédent, ainsi que des reprises de mélodies déjà utilisées – une pratique fréquente dans le reggae, lequel inspire beaucoup Chao, de même que les musiques latino-américaines et le rock.

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Critique de disque. Les rencontres entre musiciens du Nord et du Sud sont fort nombreuses. Moins courantes sont les fraternisations Sud-Sud. En voici une, et des plus réussies. Pour la cinquième fois en huit ans, des musiciens cubains et africains se réunissent pour perpétuer une fusion qui ne date pas d’aujourd’hui. Depuis les années 1930, sur toute la façade Atlantique, les rythmes cubains ont trouvé des oreilles plus que bienveillantes en Afrique. En somme, ces formes musicales héritées des esclaves africains revenaient au pays ! Quand sort « Indépendance cha-cha », ce merveilleux et énorme tube de Joseph Kabasele qui symbolise une nouvelle ère dans les années 1960, la jeune génération ne jure plus que par le style épicé des cousins américains.

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Eliades OchoaInterview. Eliades Ochoa est de ces hommes qui, au premier coup d’œil, vous inspirent le respect par leur allure. Costaud, affable et plutôt réservé, le grand guitariste cubain est l’un de ces musiciens qui ont conquis la terre entière en participant à l’enregistrement du disque Buena Vista Social Club réalisé par Ry Cooder. Avec son propre groupe, le Cuarteto Patria, il défend les musiques traditionnelles de son île natale depuis un quart de siècle. À l’occasion de la sortie de son album Estoy Como Nunca et au lendemain d’un concert triomphal donné à Paris, Ochoa le virtuose nous parle de voyage et de musique. Tout étonné que l’on puisse s’intéresser à sa personne…

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« Je crois que c’est avec les pilotes et les hôtesses de l’air que j’ai le plus de relations »

Votre métier vous mène d’un continent à l’autre. Quelle est votre vision du monde ?

Ma vision du monde, c’est que tous ces voyages m’empêchent de travailler autant que je le voudrais à ma musique. Je n’ai pas non plus beaucoup de temps pour répondre à des invitations lancées par des amis ou des gens qui veulent me rencontrer. Mes voyages sont donc essentiellement consacrés à me déplacer d’une ville à l’autre… Et à passer de longs moments dans les aéroports. Je crois que c’est avec les pilotes et les hôtesses de l’air que j’ai le plus de relations (rires) ! Plus qu’avec les gens qui viennent nous écouter sur scène. Nous avons aussi des obligations autour des concerts. Ce matin, nous avions prévu d’aller nous promener dans Paris. Et voilà qu’on est venu nous dire qu’il fallait répondre à des interviews. D’un côté, c’est bien parce que ça aide à nous faire connaître. Mais de l’autre, ce temps pris nous manque pour faire autre chose…

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