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Posts Tagged ‘Musiques d’Europe’

Dossier. Espaces où se concentrent et se brassent des populations venues de divers horizons, les villes sont des lieux propices à l’émergence de formes musicales originales. Issues de cultures locales, nourries d’influences extérieures, modernisées ou respectueuses de la tradition, elles sont devenues des emblèmes de ces cités, voire d’un pays tout entier. Les découvrir au cours d’un séjour fait partie des bonheurs que l’on peut s’offrir lors de ses voyages. Nous vous invitons dans ce dossier à suivre de belles partitions à travers le monde.

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Critiques de disque et de film. En 1990, à peine la Roumanie avait-elle fini sa révolution que de jeunes musiciens bruxellois se précipitèrent dans le pays afin de rencontrer ces collègues tsiganes qui avaient fasciné l’un d’eux quelque temps auparavant, lors d’un voyage à travers le pays. À Clejani, en Valachie, ils trouvèrent leur bonheur. The continuing adventures of Taraf de HaïdouksDans ce village à moitié peuplé de Roms, une rue réunit en effet les habitations des lautari, les troubadours locaux. En recrutant un instrumentiste par famille, pour ne pas faire de jaloux, Stéphane Karo et Michel Winter purent lancer sur les routes l’extraordinaire Taraf de Haïdouks (l’orchestre des bandits justiciers). Cette histoire, comme beaucoup d’autres, est racontée dans l’un des documents audiovisuels que propose The Continuing Adventures of Taraf de Haïdouks.

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Critique de disque. Calicanto chante les folklores du nord-est de l’Italie depuis un quart de siècle. Les membres de ce groupe pratiquent le collectage auprès des personnes dépositaires de la tradition orale, puis restituent airs et chants glanés en tant qu’artistes, c’est-à-dire d’une manière non servile, créatrice. Ici, ils se sont concentrés sur la région des isole senza mar. Les îles sans mer évoquées par le titre de ce disque, ce sont les monts CALICANTO « Isole senza mar »Euganei, l’un des joyaux qui étincellent aux environs de Venise et de Padoue. La zone où ces derniers se situent étant particulièrement humide, ils se trouvent fréquemment environnés de brumes. D’où des visions troublantes (voir la reproduction du livret ci-contre). Le dessin de ces hautes collines d’origine volcanique a d’ailleurs inspiré le poète romantique Shelley lorsqu’il écrivit Julian and Maddalo, texte dont une adaptation figure dans cet album.

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Critique de disque. Au cours d’une scène émouvante de Volver, Almodóvar nous montre plein cadre Penelope Cruz en train de chanter l’air qui donne son titre au film. Impeccable, la comédienne interprète à la manière flamenco le classique du tanguero Carlos Gardel… SacrESTRELLA MORENTE « Mujeres »é Pedro ! Il s’agit en fait d’un joli tour de passe-passe, car la voix que l’on entend est celle d’Estrella Morente – le titre figure sur cet album. Le cinéaste nous avait déjà fait le coup dans Talons aiguille. Marisa Paredes y mimait un lacrymal « Piensa en mi » dû aux cordes vocales de Luz Casal. Estrella Morente est une des plus belles figures du flamenco actuel. Alliant puissance et douceur, toujours très expressive, elle est éblouissante. En plus de purs flamencos, elle donne dans ce disque dédié aux mujeres une série d’airs d’origine latino-américaine. Certaines de ses héroïnes sont des symboles comme Yerma, personnage d’un drame rural de Federico García Lorca artistes, ou des artistes telles que Penelope Cruz, evidentemente, Chavela Vargas, Susana Rinaldi, Rocio Jurado, Imperio Argentina, Carmen Linares… « Zambra » – nom d’une forme de danse gitane féminine – est un des sommets de cet album. Pour cette chanson bouleversante, Estrella est accompagnée par les guitaristes enchanteurs du Grupo Laúdes del Albaicín.

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Critique de disque. Le commerce équitable entre le Nord et le Sud produit d’excellents résultats. Ellika et Solo le prouvent en s’échangeant avec simplicité de petites notes ELLIKA & SOLO « Abaraká ! Tack ! »légères, quasi insouciantes. Ellika Frisell est une violoniste suédoise, Solo Cissoko un chanteur et joueur de kora sénégalais. Tous deux se sont rencontrés au cours d’une séance d’impro dans un club de Stockholm, après avoir chacun de leur côté travaillé un bon moment dans et hors leur milieu culturel d’origine. Ellika est une figure reconnue du folk scandinave et a mélangé ses sons avec des Indiens, ce qu’a fait aussi Solo, artiste qui dans le passé fut invité à jouer avec des vedettes de son pays (Youssou n’Dour, Touré Kunda…). Ce qui frappe le plus à l’écoute de ce disque est que la fusion à laquelle se livre le duo semble absolument naturelle.

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Critique de disque. Nombre de peintures datant de l’Antiquité grecque nous montrent des musiciens en train d’exercer leur art, mais il est bien difficile de savoir à quoi ressemblaient les tubes de l’époque. Melpomen, formation issue de la Schola Cantorum Basiliensis – de Bâle donc – et dirigée par Conrad Steinmann, se propose de nous en donner une idée. C’est passionnant. Plutôt que d’exécuter les bribes de partitions parvenues jusqu’à nous en essayant de les compléter, comme l’ont très bien fait les ensembles Atrium Musicae de Madrid et Kérylos, Melpomen a choisi d’imaginer un programme de chants et de musiques tel qu’il pouvait se dérouler vers 450 avant J.-C. lors d’un symposium, banquet accompagné de divertissements.

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Critique de disque. La trépidante cavalcade qui ouvre cet album annonce bien la couleur. Il s’agit d’une chanson mélangeant avec folie musiques klezmer et tzigane. Le carnaval auquel nous convie le trompettiste Frank London est une de ces « conspirations » qu’il affectionne. Cofondateur dans les années 1980 des Klezmatics, il contribue activement à la revitalisation du répertoire des juifs d’Europe de l’Est depuis New York, l’un des refuges de la culture yiddish. Mais, là ou d’autres cherchent légitimement à préserver la tradition, lui abat les barrières en invitant des artistes de toute origine à rejoindre sa fanfare – ici, ils sont quarante – et en empruntant des figures de styles dans de nombreuses musiques du monde.

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Critique de disque. C’est peu dire que, de France, on perçoit assez mal ce que les pays voisins produisent comme musiques populaires. Ce qui est un comble à l’heure où l’on clame le mot Europe à tout bout de champ. La sortie de ce disque est donc une aubaine pour qui voudrait connaître l’un des importants courants qui traversent l’Italie au début des années 2000. La sélection met en avant les artistes qui s’inspirent autant des folklores que des sons électroniques. Trad’ plus électro ? Voila un type de cocktail qui a souvent mauvais goût, il faut bien le dire. On est donc heureusement surpris par la qualité des treize titres proposés ici. Chacun d’entre eux recèle de nombreuses idées piochées dans les traditions du nord comme du sud de cette nation si musicale qu’est l’Italie. Dans le vivier des tarentelles, notamment, ces chants et danses propices à la transe que Nidi d’Arac et Alpha Bass, par exemple, marient logiquement à l’une ou l’autre variante hypnotique de l’électro – à la drum’n’bass, en ce qui concerne Alpha Bass, ce qui donne l’inexplicable impression que sa chanson provient d’un groupe indien de Londres… Il y a plein de friandises de ce genre tout du long d’un album sans faute.

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Dossier. La Bretagne est une terre bénie pour les voyageurs épris de découvertes musicales. Les festivals y abondent en effet chaque été. Voici une sélection de quelques grands rendez-vous aptes à satisfaire les amateurs de rock, de rap, d’électro, de chanson ou de « musiques du monde », à commencer bien sûr par celles qui viennent de Bretagne ! Ce qui les unit : la qualité des artistes programmés et les efforts engagés pour que règne une bonne ambiance durant chacun d’eux.

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Critique de disque. Les vastes mouvements de populations qui ont secoué l’Europe entre la fin de l’ère antique et la Renaissance excitent l’imagination. On a même parfois tendance à oublier le sang versé sur le chemin de ces transhumances qui, pour ne pas être toutes des invasions, ne se passaient pas toujours dans la joie et la bonne humeur ! Mais enfin, perpétuer la mémoire d’échanges culturels pacifiques reste une œuvre fort sympathique, salutaire et passionnante. C’est à cela que se consacre le groupe Mosaïca qui « revendique cet héritage trop longtemps occulté d’interférences culturelles romano-wisigothiques, byzantines, ibériques, séfarades, berbères et arabes. » Ouf ! On n’a oublié personne ? Rêvant d’une « Andalousie occitane », les musiciens béarnais et marocains qui constituent cette formation jettent un pont entre les Pyrénées et l’Atlas.

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Critique de disque. Le rembetiko fait partie de la grande famille des musiques mélancoliques, aux côtés du fado, du blues, du flamenco, du raï ou du tango. THE DIASPORA OF REMBETIKOC’est comme de juste un genre issu des classes sociales les plus défavorisées, en l’occurrence celles de la société grecque. On en décèle les prémices au début du XXe siècle, lorsque affluent nombre de paysans dans les faubourgs des grandes villes. Mais c’est après 1922 que prend véritablement forme le rembetiko – appelé aussi rebetiko. Cette année-là, un million de Grecs sont expulsés de Turquie et « retournent » au pays. Ils apportent avec eux un mode de vie très marqué par les cultures d’Asie mineure. D’où des couleurs orientales très prononcées dans cette musique que nous fait découvrir l’anthologie présente. Ses concepteurs ont choisi d’y faire figurer, pour l’essentiel, des artistes grecs de la diaspora. On sait que les compatriotes d’Ulysse sont des champions du voyage et beaucoup d’entre eux se sont installés sur tous les continents.

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Critique de disque. Les chants et musiques de Sardaigne ne dérogent pas à ce trait commun à toutes les traditions du pourtour méditerranéen. Ils sont le reflet d’une histoire extrêmement riche. Les habitants des îles et des côtes de la Mare Nostrum ont en effet tous connu des périodes d’occupations par des peuples issus d’une autre rive ou, plus pacifiquement, sont restés en contact quasi permanente avec des cultures d’ailleurs. Cela donne ici des airs dans lesquels on trouve des influences grecques, italiennes, espagnoles, arabes sans que l’une ou l’autre soient dominantes. Marina Pittau offre un beau tour d’horizon des répertoires de son île : des chants pour la foi, pour se raconter des histoires de bandit, pour évoquer l’amour ou pour bercer les enfants…

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Critique de disque. L’accordéon ne jouit pas de l’intérêt, voire de l’affection, qu’il mérite. C’est peut-être ce que se sont dit les musiciens polonais du Motion Trio en se réunissant un beau jour de 1996. Instrumentistes diplômés en rupture de ban académique, ils ont pendant un temps joué sur les trottoirs de Cracovie, à l’angle de la rue Florianska et de la place du Marché, non loin de l’école où ils furent formés. Ces premiers de la classe ayant choisi la vie de bohème brûlaient à l’évidence du désir de mettre en application des idées originales. A savoir, inventer un néo-folklore urbain constitué d’apports multiples. Ceux-ci ne sont pas toujours identifiables, ce qui constitue l’un des nombreux atouts de ce brelan d’as. Au fond, la façon de faire de la musique dont usent ces artistes trentenaires est proche de celle de leurs congénères ayant opté pour les machines électroniques.

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Critique de disque. Il y a dans ce monde des gens qui se lèvent le matin avec des rêves tenaces en tête. C’est sans doute le cas du guitariste flamenco Bruno Allary. A force d’obstination, il a rassemblé – rassegna signifie rassemblement en sarde – sept instrumentistes et chanteurs autour d’un projet plein de panache : inventer une forme musicale qui réunirait en elle toutes les traditions méditerranéennes. Les compagnons de jeu d’Allary viennent de Provence, de Corse, de Naples, de Grèce et d’Algérie. Certes, il manque à l’appel certaines composantes culturelles de la Mare nostrum, notamment celles de sa partie orientale, mais leur absence est compensée par les interventions de musiciens algériens. Le titre de l’album fait référence au jeu de dominos, lequel se pratique sur tout le pourtour méditerranéen : eh bien, Bruno Allary sort gagnant de sa partie. Sans conteste possible, chaque pièce s’unit à l’autre.

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Critique de disque. Il n’y a pas que dans les Balkans que la musique européenne prend des airs orientaux. La Grèce entretient elle aussi depuis toujours des rapports serrés, quoique souvent conflictuels, avec ses voisins asiatiques. Le Crétois Stelios Petrakis renoue ce lien dans un disque dont le titre signifie en français Aux confins du monde. On a affaire ici à un exceptionnel artiste pour lequel la musique doit avoir quelque chose de sacré. Il règne une atmosphère empreinte de majesté tout du long de ce Akri tou dounia dont le mélange de hiératisme et de sensualité en impose. C’est de la belle musique populaire, vivante, vibrante, swinguante, exigeante Compositeur et joueur de lyra – sorte de violon traditionnel crétois -, il a trouvé de parfaits compagnons d’aventure.

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Critique de disque. Si l’on connaît fort bien l’œuvre littéraire de Federico García Lorca (1898-1936), on sait moins que cet écrivain fut également musicien et musicologue. On l’entend d’ailleurs jouer du piano sur ce disque, le temps de quatre chansons interprétées par Encarnación López en 1931. Treize autres canciones populares españolas collectées par le poète sont ici chantées par la voix limpide de la soprano Victoria de Los Angeles (celles-ci datent de 1970).

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Critique de disque. Elle est caressante la voix de Luz Casal, légèrement voilée, touchante et porteuse d’émotions. Elle est de celles dont on dit qu’elles peuvent tout chanter, y compris l’annuaire. C’est ce qu’elle fait d’ailleurs (mais non, elle ne chante pas l’annuaire !). Son répertoire est en effet assez large, allant du rock aux ballades rétro. Mais c’est du côté d’une esthétique pop européenne qu’elle se tourne ici résolument. À sa manière, procédant à un mélange d’ingrédients variés, jouant avec les styles crooner, jazz, folk, flamenco, rock… Très grande vedette en Espagne et en Amérique latine, Luz Casal est particulièrement connue de ce côté des Pyrénées pour son interprétation de « Piensa en mi », un classique latino. Cela tombe bien pour ses fans d’ici, car les chansons douces mises en avant sur ce disque ont tout pour plaire à ceux qui redemandent du sensible, voire du poignant – ceux qui l’apprécient surtout en tant que rockeuse tendance FM devront se tourner vers ses autres disques.

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Critique de disque. Que l’on ne compte pas sur les Muvrini pour arrêter de rêver à une planète où régneraient l’amitié et l’amour : « Refaire le monde »  (« Rifà lu mondu ») est l’un des titres phare de leur nouveau disque. L’ensemble vocal mené par Jean-François Bernardini (auteur et compositeur des chansons) est riche de ce songe merveilleux. Comme un long fleuve paisible, cet album se déroule avec assurance. Ses treize plages permettent d’entendre plusieurs invités qui y déposent leur voix, chacun dans son style. Familiers des vedettes de la scène pop, les Muvrini accueillent MC Solaar, Stephan Eicher, mais aussi les chœurs basques d’Oldarra, ainsi que les chanteuses afghanes Zarina et Manila Fazel.

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Critique de disque. La sérénité faite musique. Guitariste très apprécié, mais peu connu en dehors des cercles spécialisés, Toti Soler mérite que l’on cite infailliblement son nom quand un(e) honnête mélomane vous demande sur quel disque on peut écouter des ballades aussi belles que sensibles. Il est des virtuoses qui vous en mettent plein les oreilles, pour vous prouver qu’ils sont les meilleurs. Ce n’est pas le cas de celui-ci. Ses doigts pincent-elles seulement les cordes ? Il semble que non, car cela leur ferait du mal ! Ses notes coulent comme des gouttes d’eau et forment de petits ruisseaux forts rafraîchissants. Soler n’est pas que guitariste, il chante aussi. Et de belle manière, fort émouvante – ses textes sont signés par des poètes de Barcelone et alentours : Joan Vergés, Joan Slavat-Papasseit, Marià Manent… Pascal Comelade, l’un des plus grands fans de Toti Soler, dit de sa musique qu’elle est « intemporelle ». Ce n’est pas faux. En revanche, on peut en situer le lieu d’origine. La Catalogne, l’Espagne et plus généralement la Méditerranée, en ce sens qu’elle est ouverte aux échanges et ne se contente pas d’emprunter les chemins des traditions régionales.

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Critique de disque. Ce disque n’est pas fait pour les brutes. Ou plutôt si, pour qu’elle se radoucissent. Il en émane des flots de mélancolie qui vous submergent : aucune digue ne tient ! Ljiljana Buttler, Bosniaque d’origine serbe et croate, est une des plus fameuses chanteuses qu’a connu l’ex-Yougoslavie, dans les années 1970 et 1980. Célèbre sous le patronyme Petrovic – Buttler est son nom d’épouse -, elle est surnommée la « mère de l’âme » et fait vivre un répertoire traditionnel fortement influencé par la musique tzigane. Juste avant que ne commence la guerre de la décennie 1990, elle quitte son pays parce qu’on n’y apprécie plus son art – celui-ci dépend beaucoup des kafanas, spacieux restaurants qui commencent à être démodés. On goûte plus alors – et encore maintenant – une version « moderniste » de la musique balkanique : le turbofolk. Fin de la première partie de l’histoire. Voici la suite.

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Critique de disque. Quelle noblesse dans cette musique ! Dire qu’elle en impose est un euphémisme. Hiératique, mais sans raideur, ce pourrait être une musique de cour royale. Cependant, c’est plus simplement l’œuvre d’amis que l’on imagine réunis dans une cour, dans un patio. Nous sommes chez Ross Daly, un musicien routard qui a joué avec beaucoup de monde un peu partout sur la planète, pourvu que la tekné soit là, c’est-à-dire le feeling. Fils de diplomate irlandais, il a grandi dans plusieurs pays, puis ne s’est jamais arrêté de voyager. Aujourd’hui joueur de lyra, sorte de vièle à trois cordes, il a appris la guitare au Japon et le sitar en Californie ! Installé en Crète, il y compose avec patience et obstination en se référant à toute sorte de traditions, sans limite. Pour approfondir son travail, il invite régulièrement quelques-uns de ses alter ego chez lui.

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Critique de disque. La culture catalane a trouvé une superbe héroïne en la personne de Marina Rossell. La Catalogne, province autonome d’Espagne, s’est depuis toujours singularisée, alternant périodes d’indépendance et de soumission forcée à de plus grandes puissances. Au fil du temps s’est logiquement développé tout un répertoire de chansons ayant pour assises une langue propre et des modes musicaux typiques, quoique appartenant à la grande famille méditerranéenne. Depuis un quart de siècle, Marina Rossell explore tous les recoins de la tradition catalane et écrit des choses qui y appartiendront un jour. À Barcelone et alentours, c’est une très grande vedette. Elle mérite de l’être par chez nous et ailleurs comme le prouve cet album qui réunit onze titres ayant marqué sa carrière, de 1976 à 2003.

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Liste des critiques de disques publiées sur ce blog.

Avec liens.

Classées de A à Z .

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Critique de disque. Les estampies, délicates compositions anonymes recueillies par les esthètes florentins du treizième siècle médiéval, font partie d’un pot commun à tous les pays européens et aux contrées du pourtour méditerranéen. On en trouve la trace un peu partout, dans des versions souvent très différentes les unes des autres. C’est ce flou artistique qui a séduit le maître es cordes pincées qu’est Agnel, musicien au parcours digne d’un troubadour. Français du Maroc, surnommé « pied rouge » comme tous ceux qui sont restés dans le pays après l’indépendance du royaume, il a est initié à la musique classique occidentale par ses parents en même temps qu’il découvre toutes les formes musicales arabes et berbères. Arrivé en France dans les années soixante-dix, il est l’un des pionniers du renouveau de la musique dite ancienne. Il joue également avec les plus ouverts des musiciens contemporains et des jazzmen. Depuis ce temps, il a approfondi sa connaissance des registres orientaux en travaillant, notamment, en compagnie d’artistes tels qu’Angélique Ionatos ou Houria Aïchi… Ce qui nous ramène à ce disque dans lequel Agnel donne sa lecture des airs florentins du Trecento.

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Interview. Plongé dans le flamenco dès ses plus jeunes années, le guitariste Juan Carmona s’est régulièrement approché du jazz durant toute sa carrière. À tel point que, notamment dans son actuel répertoire, on le sent constamment glisser d’un genre à l’autre de manière subtile au gré de superbes compositions. Le voici sur scène à la tête d’un formidable septette qui comprend le chanteur Rafael de Utrera et le danseur Rafael de Carmen.

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D’où vient cette couleur jazz que l’on perçoit dans votre musique ?
Tout en restant un Juan Carmonaflamenquiste, j’ai souvent joué avec des musiciens de jazz comme Jan Garbarek, Larry Coryell, Philip Catherine ou encore Sylvain Luc dont j’admire la liberté d’expression. C’est d’ailleurs cela que j’adore dans le jazz, cette liberté que donnent notamment les techniques d’improvisation. Le langage que j’ai appris au côté de ces artistes me permet de créer des morceaux à ma manière, tout en respectant les règles du flamenco.

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Critique de disque. Dans les décennies qui ont suivies la guerre d’Espagne, la poésie de Federico Garcia Lorca a été portée comme un drapeau par des générations d’acteurs et de chanteurs bouleversés par la fin terrifiante de l’homme de lettres andalou tué comme un chien en 1936, dès les premiers jours du putsch de Franco, parce que progressiste, homosexuel et poète. Une victime de la barbarie donc, et à ce titre souvent interprété avec pathos. Ce qui agaça. Plus ou moins délaissée après la chute de la dictature, l’œuvre du poète est réexplorée par de nouvelles générations d’artistes, dont Vicente Pradal. Ce dernier a réalisé Romancero gitano, un spectacle de chant, de musique et de danse qui visite la suite de poèmes de Lorca dont elle adopte le titre. Celle-ci est inspirée par la vie des gitans andalous qui, on s’en doute, n’était pas faite que de joies dans les années 1920, période pendant laquelle elle fut écrite. Cet album en donne la version discographique.

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Critique de disque. Il est des musiciens vagabonds qui vous emmènent au bout du monde avec grâce et simplicité. Thierry Robin est de ceux-là. Fils de modestes paysans angevins, il joue de la guitare dans les milieux folk dans les années soixante dix. Il gigue avec des Bretons, puis côtoie des Berbères et découvre les répertoires arabes, gitans et indiens. Alezane raconte quelques unes des pérégrinations musicales de cet insaisissable nomade. Extraits des albums parus sous le nom de Robin durant les deux dernières décennies, les titres qui figurent sur ce double cd nous font entendre de chaudes et parfois curieuses compositions, toutes ayant pour épicentre la guitare, le luth ou le oud. Parmi les chanteurs gitans et indiens qui y posent leur voix, on retrouve Gulabi Sapera, vocaliste et danseuse originaire du Rajasthan.

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Critique de disque. Mazel tov ! Solomon et Socalled sont dans la place ! Il n’y a plus qu’une chose à faire : taper dans ses mains et faire tourner les vinyles ! Provenant de Londres, cette folie klezmer est une jolie surprise, du genre inclassable. Elle est l’œuvre de deux musiciens au parcours atypique. Sophie Solomon est une violoniste britannique, une spécialiste du folklore ashkénaze qui accumule néanmoins les collaborations au sein de collectifs électro – elle est membre de Oi Va Voi et se fait également appeler DJ Starets. Quant au canadien Socalled (alias Josh Dolgin), ce manipulateur de rythmes analogiques et digitaux s’est fait, de Montréal à New York, le champion d’un genre improbable : le hip hop yiddish ! L’union entre ces deux énergumènes est scellée par ce disque dans lequel ils jouent, avec le cérémonial en vigueur lors des banquets de mariages du Yiddishland. Puisque c’est la fête et que plus on est de fous, plus on peut aller à fond dans le délire, un certain nombre de figures du renouveau klezmer sont invitées à titre de témoins actifs.

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Critique de disque. Sacré Marc Almond ! Le voici dans l’ex-pays des Soviets, où l’on chante langoureusement de grands sentiments, avec force trémolos. Passion, drame, joie de vivre mélangés dans un même mouvement… Garçon ! Vodka et caviar pour tout le monde ! Archétype de l’artiste anglais excentrique, l’homme à la voix d’orgeat n’aime rien tant que la culture underground, celle des cabarets, night-clubs et discothèques. En conséquence, c’est sous cet angle qu’il aborde ses genres musicaux préférés. Le duo électro rock Soft Cell par lequel il débuta ? De tonalité disco. Mother Fist and Her Five Daughters, l’un de ses disques majeurs ? Il suinte l’atmosphère des bars louches de Barcelone. Les chansons françaises qu’il a interprétées dans deux albums ? Toutes puisées dans le répertoire rive gauche. Son grand succès « Something’s Gotten Hold of my Heart », extrait du flamboyant The Stars We Are ? Inspiré par les shows de Broadway et de Las Vegas. On le retrouvera plus tard avec plusieurs enregistrements aux rythmes puisés à la source électro la plus festive. Et ainsi de suite… Ce parcours très original peut faire sourire. Pourquoi pas d’ailleurs ? Cette obsession du premier degré un peu décalé tel qu’on l’aime dans les boites gay possède un charme fol.

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Critique de disque. Quel charmeur ce Gianmaria ! Sa voix de velours légèrement éraillée nous chante des balades craquantes, accompagnée d’un langoureux orchestre de chambre électrico-acoustique. Le type de chant presque parlé dont use Testa le classe parmi les artistes intimistes, ceux qui, tournés vers l’introspection, tentent de décrire les sentiments les plus universels. Au premier plan desquels on trouve l’amour, principale préoccupation apparente de cet heureux homme. Les mots doux du poète piémontais sont indissociables des musiques sur lesquelles ses vers sont délicatement posés.

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Critique de disque. C’est le genre de disque que l’on aborde avec méfiance. Des remixes de musique tsigane ? Ouf, le projet de « revisite », terme que le label Crammed préfère employer à la place de remix, donne des résultats concluants. Arto Lindsay, Mercan Dede, Bumcello et les autres travaillent à partir des voix, des cuivres ou de tout autre élément des morceaux originaux comme s’il s’agissait de leurs propres compositions. Chacun a sa manière. Señor Coconut transforme un titre du Koçani Orkestar en fanfare cumbia, DJ Dolores nous fait croire à l’existence d’un folklore tsigano-brésilien, Bucovina Club, alias Shantel, transforme en reggae survitaminé le « Carolina » du Taraf des Haïdouks, lui-même déjà un détournement de « Oh Carolina », un vieux tube roots des Folkes Brothers…

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Critique de disque. Pour Rão Kyao, l’affaire est entendue : le fado est en grande partie originaire des contrées orientales où se sont rendus, durant plusieurs siècles, de très nombreux Portugais. On est prêt à lui donner raison à l’écoute de ce disque qui donne des couleurs arabes et indiennes à la grande musique populaire du petit pays ibère. Comme Rão Kyao est un flûtiste formé à Bombay et qu’il connaît aussi bien d’excellents musiciens dans son pays que dans celui d’en face, le Maroc, il a pu se donner les moyens de concrétiser ses théories. Sa musique coule de source, tranquillement, portant en elle matière à rêverie. On y trouve de belles mélodies inspirées par le répertoire fado et des arrangements tantôt languissants, tantôt guillerets.

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Critique de disque. Les grands amoureux des musiques du monde le savent. Ils en ont fait l’expérience. À force de tendre ses oreilles vers des sonorités « nouvelles », venues de loin ou d’hier, on se trouve happé par des disques magiques. Celui-ci en est un. Il est l’œuvre de résistants, d’irréductibles musiciens attachés à des instruments, les leurs, que l’industrie du spectacle tend à faire disparaître en Italie comme ailleurs. On découvre donc, au gré des vingt plages de ce volume, le colascione – luth à trois cordes -, le saltiero – cithare -, l’arpicella – harpe portative -, le piffero – hautbois -, etc. Les interprètes viennent de toutes les régions d’Italie. Ils sont musiciens amateurs ou professionnels, certains sont également musicologues, d’autres luthiers.

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Critique de disque. L’envie de voyage naît souvent d’une idée. Celle des six musiciens réunis sous la bannière des Troubadours United est de prendre comme point de départ les schémas mélodiques laissés par les troubadours occitans et les minnesänger germains du Moyen Age et d’aller voir ce qui les rapprochent de la « soul music » des soufis arabes et des Indiens de la même époque. Venus d’Allemagne, de France, de Turquie et d’Inde, les Troubadours United mettent donc leurs pas dans ceux de leurs lointains confrères – une démarche proche de celle que mène Radio Tarifa. Personne ne peut aujourd’hui dire avec certitude de quelle manière on interprétait ces pièces dansantes ou méditatives que semaient les saltimbanques et poètes le long des routes, d’Occident en Orient et du nord au sud. C’est un problème. Mais c’est justement l’impossibilité de résoudre ce problème qui offre un beau terrain d’aventures à des musiciens dont l’érudition n’empêche pas le plaisir de jouer.

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Critique de disque. Voilà un disque tout simple, d’une clarté qui fait songer à la lumière d’une matinée ensoleillée. Il contient des romanceiros, ballades traditionnelles qui, pour certaines, courent à travers la péninsule ibérique depuis le Moyen Age. José Barros et ses musiciens ont choisi d’interpréter ces pièces d’or selon leur envie. Il ne s’agit donc pas d’un album cherchant à retrouver les sons d’autrefois, ni d’une entreprise moderniste, mais juste d’une sélection de belles chansons transfigurées par la voix chaude et émouvante de José Barros. Cet artiste portugais explore le répertoire ancien de son pays depuis les années 1980 avec, successivement, les groupes Bago de Milho, Romanças, Ronde dos Quatro Caminhos et enfin Navigante.

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Critique de disque. À la différence des nombreuses formations qui viennent régulièrement rappeler la puissance de frappe des musiques rom, celle-ci n’arrive pas d’une petite bourgade ou de la campagne, mais de la ville. Et d’une grande, puisqu’il s’agit de Sofia où le chanteur Jony Iliev et ses amis écument les cabarets. Cette activité, qui n’obéit pas aux mêmes impératifs que celle qui consiste à ambiancer mariages et enterrements, donne une couleur particulière à la musique de ces tsiganes bulgares. Perméables aux effets de mode et à l’atmosphère cosy des night-clubs, les chansons de cet album sont dotées d’harmonies jazz, de petits solos rock à la guitare électrique, d’une batterie, d’un saxophone et d’un accordéon, etc.

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Critique de disque. 3… 2… 1… Et c’est parti pour un drôle de voyage musical à bord d’une fusée cuivrée, la Banda Bonaventura Somma. Cette fanfare d’une soixantaine de membres, auxquels s’ajoute une dizaine de percussionnistes, interprète une musique haute en couleur signée par Battista Lena. Ce guitariste s’inscrit dans la tradition italienne magnifiée par Nino Rota et ses musiques écrites, notamment, pour les films de Federico Fellini. Ce dernier aurait certainement apprécié le texte du poète Marco Lodoli qui nous invite ici à participer à l’aventure d’un cosmonaute russe dérivant et divaguant dans les étoiles. En italien, comme en français – car cet album propose les deux versions – on est rapidement envoûté par cette « comédie musicale », cet « opéra » sans pareil.

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Critique de disque. Il était très attendu ce premier album de la Mahala Raï Banda. Sur Electric Gypsyland, collection de formidables remixes électro de chansons tsiganes, figurait en effet « Iest Sexy », une petite bombe lancée par ce groupe et qu’avait repris au vol le DJ allemand Shantel – le titre est ici présenté dans sa version originale. On avait donc hâte de savoir si la jeune formation allait être capable de tenir la longueur. Eh bien, on n’est pas déçu. Tout ce que l’on est en droit d’attendre d’un ensemble tsigane se trouve dans ce disque. Des mélodies tuantes de beauté, des rythmes efficacement dansants, des voix enfiévrées, des cuivres rutilants… Et ce grain de folie qui vous fait lever les mains en l’air pour dessiner des arabesques et vous pousse à dandiner du bassin avec frénésie. Si l’on arrive à écouter raisonnablement les chansons de ce disque, on parvient à comprendre pourquoi on s’excite autant.

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Critique de disque. Tagada, tagada ! La fanfare de Koçani déboule en cavalcade partout où on lui laisse la bride sur le cou. Cette formation macédonienne est l’une des plus réputées parmi les orchestres venus de l’est depuis la fameuse chute du Mur, sa magie opérant aussi bien sur scène qu’en disque. Les Rom qui la composent sont de ces musiciens de village dont on loue les services pour tout événement d’importance. Leur particularité, bien typique de la région, est d’être des tsiganes en majorité musulmans. En Macédoine, petit pays issu de la Yougoslavie, les « visiteurs » ottomans ont laissé des traces profondes. Ce qui s’entend dans la musique de cet orchestre, à commencer par l’utilisation des cuivres, aujourd’hui si répandu dans tous les Balkans. À force de voir défiler les fanfares militaires du sultan de la Grande Porte, de nombreux musiciens de ces régions ont adopté ce type de formation. Se rattachant donc à cette tradition, le Koçani Orkestar exprime plus encore sa part d’identité turque par certaines parties vocales, introductions ou solos.

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Critique de disque. Quand un artiste de renom décide de consacrer un disque aux chansons qu’il aime par dessous tout, on craint souvent le pire : autocomplaisance, kitsch et autres ratages sont souvent au rendez-vous. Ouf ! Sinéad O’Connor, elle, réussit son projet. Chantant des airs qu’elle a entendus et appris durant son enfance, en famille et à l’école, son hommage à la culture populaire irlandaise, dont la manifestation la plus fameuse est la musique, est de bout en bout emprunt d’une rare dignité. La réussite est là parce que la chanteuse a choisi le bon angle d’attaque : la simplicité. Dans ce Sean-nós nua (Le Vieux chant nouveau), pas d’emphase, pas de surenchère dans les arrangements « modernes » – la plaie de bon nombre de productions « celtiques ». Ici, ils concilient avec classe les figures stylistiques du genre (chorus de violon, de cornemuse, etc.) et les tendances du jour (effets dub discrets, dus à Adrian Sherwood, coréalisateur du disque avec la chanteuse).

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Critique de disque. Ça chante en italien, mais ce n’est pas de la romance rauque, ni de la ballade pour crooner jazzy. C’est du rock, mais sans violence ni emphase. Ma ! Que stravaganza ! Fabio Viscogliosi ne fait pas les choses comme tout le monde. On a d’ailleurs déjà du lui dire cela au cours de sa carrière de dessinateur de BD, son premier métier, durant laquelle il s’est illustré de façon singulière (L’Œil du chat, Le Pacha). Habitué à travailler seul, l’artiste joue de quasiment tous les instruments et fait toutes les voix sur ce premier volume de chansons lumineuses. Sa manière de faire et son inspiration le situent dans la belle lignée des mélodistes minimalistes du, ou venant du, rock (Robert Wyatt, Jonathan Richman, Pascal Comelade, The Cure à ses débuts, etc.) – avant de se lancer, Fabio Viscogliosi s’est acoquiné avec Yann Tiersen et The Married Monk.

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Critique de disque. Partie d’un village situé aux confins de la Roumanie, près de la frontière moldave, la fanfare Ciocãrlia a rendu fou tous ceux qui, à travers le monde, ont pu assister à l’une de leurs prestations. Il y a de quoi ! Quelle énergie ! Et quelle finesse ! Les douze musiciens de cet ensemble rom ne se contentent pas de déclencher des tempêtes. Instrumentistes formés dans la plus pure tradition tsigane, c’est à dire, dès leur plus jeune âge, par imitation et par la pratique, ils font se succéder des airs à danser d’une gaieté furieuse – dont le tempo peut en remontrer aux tenants de la techno les plus hardcore – et des ballades mélancoliques subtilement orchestrées. Constamment surprenante, quoique familière – qui n’a jamais succombé aux charmes d’une fanfare ? -, la musique des troubadours de Ciocãrlia intègre des bribes de jazz big band, de paso doble pour corridas ou encore le thème du Parrain de Nino Rota…

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Critique de disque. Clarinettiste, le new-yorkais David Krakauer ravive à sa manière les couleurs du klezmer – un mot yiddish qui est la contraction orale de deux autres : keli (boîte) et semerl (chant). Cette musique est née en Europe de l’Est, au cœur du Yiddishland, étendue virtuelle qui recouvrait les quartiers et les villages où vivaient difficilement les Juifs depuis environ mille ans. Jusqu’à ce que des hordes de criminels s’abattent sur eux au vingtième siècle. Musique de fête jouée par des interprètes itinérants, le klezmer est constitué d’éléments provenant des traditions est européennes et ottomanes. Il s’est, avant même la Shoah, implanté aux États-Unis, et singulièrement à New York. Là, il croise la route du jazz et, dans la foulée, imprime sa marque sur le répertoire de Broadway, jusqu’aux frontières de la musique savante – souvenez-vous de l’ouverture de la Rhapsody in Blue de Yakov Gershowitz, alias George Gershwin.

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Critique de disque. Le titre de ce disque est à la fois exact et trompeur. S’il s’agit bien ici de chanson et de flamenco, les airs qu’il réunit sont pourtant tous français. Les vocalistes qui se succèdent au cours de ce florilège accommodent à la sauce andalouse une série de standards très appréciés au-delà des frontières du pays de Piaf et de Gainsbourg. À l’annonce de ce genre de projet, on peut légitimement craindre le pire. Heureusement, d’un coup de bassin cambré, les interprètes choisis évitent les écueils du kitsch. Eva Duràn, Guidiana, Charo Manzao ou Yeyé de Cádiz sont d’authentiques cantaroes. Ils s’approprient avec la ferveur qui convient ces « vieilles » rengaines que sont « Et maintenant », « Non, je ne regrette rien » ou « Le Métèque » – dont la fameuse accroche devient logiquement : « Con mi carita de gitano ». La sélection effectuée dans le patrimoine français se fait principalement dans les branches mélancolique et tragique de ce dernier, celles qui permettent de belles envolées. Ce qui donne de splendides « L’Aigle noir » ou « Avec le temps ».

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Critique de disque. À la fois Brésilien et Barcelonais, Wagner Pá met à profit les avantages que lui procurent ses deux identités. Si son premier disque est fondamentalement de tonalité bossa, ses arrangements partent dans tous les sens. En cela, ce novateur partage avec son compatriote Lenine resté au pays, non seulement l’originalité de son prénom – au Brésil, on n’est pas vraiment du genre conventionnel… -, mais aussi le goût pour les musiques du monde. C’est-à-dire, vu de Rio ou de Bahia, le reggae, le rock ou le hip hop. Et comme Barcelone est une ville où se côtoient des musiciens gaiement cosmopolites – dont un certain Manu Chao, lequel a collaboré à l’enregistrement de cet album -, un musicien brésilien plein d’idées ne pouvait que trouver sa place. Wagner, DJ en radio et en club – relisez cet étrange début de phrase ! -, est devenu l’un des pivots de la scène locale où on l’a surnommé « brazuca matraca », autrement dit le Brésilien tchatcheur en argot catalan.

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Critique de disque. Comment faire du neuf avec de l’ancien ? Éternelle question qui se pose lorsqu’on évoque la nécessaire modernisation des musiques traditionnelles. En ce qui la concerne, Mariza a choisi une voie étroite pour nous proposer sa vision du fado, style que cette chanteuse née au Mozambique n’a abordé avec la rigueur qui convient que tardivement – toutes proportions gardées, c’est encore une jeunette ! Pas d’électronique ni même d’électricité pour accompagner sa très belle voix. Que de l’acoustique ! Alors, rien de nouveau sous le soleil portugais ? En fait si, car Mariza a d’abord écumé les clubs et les bars où l’on chante le jazz, le gospel ou la soul – le fado étant pour elle un passage obligé bien que plaisant. D’où la couleur particulière de sa voix.

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Critique de disque. Chanteuse renommée en Israël, Chava Alberstein apporte sa contribution à la régénérescence de la culture yiddish – laquelle intéresse de plus en plus d’artistes, alors qu’on la jugeait perdue. Chansons en yiddish donc, mais aussi en hébreu et en anglais, se succèdent sur ce disque qui met en valeur des poèmes anciens et des textes d’auteurs contemporains, dont ceux de la chanteuse. « Comment dis-tu “amour” / Dans ta langue ? / Peux-tu l’écrire pour moi ? / Oh, comme c’est beau. » Effectivement. Chava Alberstein est une chanteuse et une compositrice à qui la simplicité réussit – elle a débuté sa carrière guitare à la main, influencée par Brassens et Brel. Belle voix à la fois nonchalante, plaintive et ferme, elle est ici très bien mise en valeur par une production qui tangue joliment entre klezmer et folk rock acoustique.

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Dossier. Ce dossier couvre mille ans d’histoire de la musique ! Des troubadours à Manu Chao, Musiques du mondeles échanges entre musiciens de toutes les cultures furent et restent très importants. Toujours, les mélomanes ont apprécié les sons nouveaux… Lesquels, en fait, sont souvent anciens, qu’ils viennent d’ici ou de là-bas. Le point de vue se fait depuis la France pour que chaque lecteur puisse retrouver ses repères les plus familiers au cours de ce voyage à travers le temps et le monde.

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Critique de disque. « Quelle nostalgie dans cette musique ! » s’exclame Tintin en écoutant les « romanichels » installés dans le parc de Moulinsart (album Les Bijoux de la Castafiore). Le reporter routard n’est pas le seul à avoir succombé au charme de la musique tsigane. Des compositeurs savants comme Liszt et Bartók s’en sont inspirés. Composite, totalement ouverte à l’improvisation, c’est une musique vivante dominée par le violon, le cymbalum et la voix. Entre tradition et modernisme, le Taraf de Haïdouks (l’Orchestre des Bandits justiciers) est une formation majeure du genre. Ses musiciens viennent de Clejani, l’un de ces villages roumains dans lesquels les tsiganes se sont sédentarisés depuis le Moyen Age.

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Critique de disque. Parcourant depuis des décennies les campagnes italiennes, Giovanna Marini est devenue l’une des plus grandes spécialistes de l’art polyphonique populaire de son pays. Musicologue et chanteuse elle-même, elle créée des spectacles et enregistre des disques dans les registres folk, contemporain ou médiéval. Avec son quartetto, elle est ici accompagnée par l’ensemble Micrologus pour faire rejaillir en fontaine des chants d’une puissance estomaquante.

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