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Posts Tagged ‘Musiques d’Europe’

Critiques de disque et de film. En 1990, à peine la Roumanie avait-elle fini sa révolution que de jeunes musiciens bruxellois se pThe continuing adventures of Taraf de Haïdouksrécipitèrent dans le pays afin de rencontrer ces collègues tsiganes qui avaient fasciné l’un d’eux quelque temps auparavant, lors d’un voyage à travers le pays. À Clejani, en Valachie, ils trouvèrent leur bonheur. Dans ce village à moitié peuplé de Roms, une rue réunit en effet les habitations des lautari, les troubadours locaux. En recrutant un instrumentiste par famille, pour ne pas faire de jaloux, Stéphane Karo et Michel Winter purent lancer sur les routes l’extraordinaire Taraf de Haïdouks (l’orchestre des bandits justiciers). Cette histoire, comme beaucoup d’autres, est racontée dans l’un des documents audiovisuels que propose The Continuing Adventures of Taraf de Haïdouks.

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Critique de disque. Calicanto chante les folklores du nord-est de l’Italie depuis un quart de siècle. Les membres de ce groupe pratiquent le collectage auprès des personnes dépositaires de la tradition orale, puis restituent airs et chants glanés en tant qu’artistes, c’est-à-dire d’une manière non servile, créatrice. Ici, ils se CALICANTO « Isole senza mar »sont concentrés sur la région des isole senza mar. Les îles sans mer évoquées par le titre de ce disque, ce sont les monts Euganei, l’un des joyaux qui étincellent aux environs de Venise et de Padoue. La zone où ces derniers se situent étant particulièrement humide, ils se trouvent fréquemment environnés de brumes. D’où des visions troublantes (voir la reproduction du livret ci-contre). Le dessin de ces hautes collines d’origine volcanique a d’ailleurs inspiré le poète romantique Shelley lorsqu’il écrivit Julian and Maddalo, texte dont une adaptation figure dans cet album.

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Critique de disque. Au cours d’une scène émouvante de Volver, Almodóvar nous montre plein cadre Penelope Cruz en train de chanter l’air qui donne son titre au film. Impeccable, la comédienne interprète à la manière flamenco le classique du tanguero Carlos Gardel… SacrESTRELLA MORENTE « Mujeres »é Pedro ! Il s’agit en fait d’un joli tour de passe-passe, car la voix que l’on entend est celle d’Estrella Morente. Le cinéaste nous avait déjà fait le coup dans Talons aiguille. Marisa Paredes y mimait un lacrymal « Piensa en mi » dû aux cordes vocales de Luz Casal. Estrella Morente est une des plus belles figures du flamenco actuel. Alliant puissance et douceur, toujours très expressive, elle est éblouissante. En plus de purs flamencos, elle donne dans cet album dédié aux mujeres une série d’airs d’origine latino-américaine. Certaines de ses héroïnes sont des symboles comme Yerma, personnage d’un drame rural de Federico García Lorca artistes, ou des artistes telles que Penelope Cruz, encore elle, Chavela Vargas, Susana Rinaldi, Rocio Jurado, Imperio Argentina, Carmen Linares…

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Critique de disque. Le commerce équitable entre le Nord et le Sud produit d’excellents résultats. Ellika et Solo le prouvent en s’échangeant avec simplicité de petELLIKA & SOLO « Abaraká ! Tack ! »ites notes légères, quasi insouciantes. Ellika Frisell est une violoniste suédoise, Solo Cissoko un chanteur et joueur de kora sénégalais. Tous deux se sont rencontrés au cours d’une séance d’impro dans un club de Stockholm, après avoir chacun de leur côté travaillé un bon moment dans et hors leur milieu culturel d’origine. Ellika est une figure reconnue du folk scandinave et a mélangé ses sons avec des Indiens, ce qu’a fait aussi Solo, artiste qui dans le passé fut invité à jouer avec des vedettes de son pays (Youssou n’Dour, Touré Kunda…). Ce qui frappe le plus à l’écoute de ce disque est que la fusion à laquelle se livre le duo semble absolument naturelle.

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Critique de disque. Nombre de peintures datant de l’Antiquité grecque nous montrent des musiciens en train d’exercer leur art, mais il est bien difficile de savoir à quoi ressemblaient les tubes de l’époque. Melpomen, formation issue de la Schola Cantorum Basiliensis – de Bâle donc – et dirigée par Conrad Steinmann, se propose de nous en donner une idée. C’est passionnant. Plutôt que d’exécuter les bribes de partitions parvenues jusqu’à nous en essayant de les compléter, comme l’ont très bien fait les ensembles Atrium Musicae de Madrid et Kérylos, Melpomen a choisi d’imaginer un programme de chants et de musiques tel qu’il pouvait se dérouler vers 450 avant J.-C. lors d’un symposium, banquet accompagné de divertissements.

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Critique de disque. La trépidante cavalcade qui ouvre cet album annonce bien la couleur. Il s’agit d’une chanson mélangeant avec folie musiques klezmer et tzigane. Le carnaval auquel nous convie le trompettiste Frank London est une de ces « conspirations » qu’il affectionne. Cofondateur dans les années 1980 des Klezmatics, il contribue activement à la revitalisation du répertoire des juifs d’Europe de l’Est depuis New York, l’un des refuges de la culture yiddish. Mais, là ou d’autres cherchent légitimement à préserver la tradition, lui abat les barrières en invitant des artistes de toute origine à rejoindre sa fanfare – ici, ils sont quarante – et en empruntant des figures de styles dans de nombreuses musiques du monde. Proprement réjouissant à suivre, son défilé nous fait perdre la tête car au klezmer le plus pur se mêlent des sonorités cuivrées chapardées aux mariachis mexicains, aux reggaemen jamaïquains, aux marching bands de la Nouvelle Orléans, aux fanfares maracutu brésiliennes, aux orchestres de mariage et d’enterrements balkaniques… Et encore, on n’a sans doute pas identifié tous les conspirateurs infiltrés dans la procession. L’affaire est entendue, on ne se fait pas prier pour adhérer sans réserve à cette association de bienfaiteurs, d’autant plus que la seule formalité à remplir est d’entrer dans la danse.

Michel Doussot

Mis en ligne en 2006 sur routard.com

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Critique de disque. C’est peu dire que, de France, on perçoit assez mal ce que les pays voisins produisent comme musiques populaires. Ce qui est un comble à l’heure où l’on clame le mot Europe à tout bout de champ. La sortie de ce disque est donc une aubaine pour qui voudrait connaître l’un des importants courants qui traversent l’Italie au début des années 2000. La sélection met en avant les artistes qui s’inspirent autant des folklores que des sons électroniques. Trad’ plus électro ? Voila un type de cocktail qui a souvent mauvais goût, il faut bien le dire. On est donc heureusement surpris par la qualité des treize titres proposés ici. Chacun d’entre eux recèle de nombreuses idées piochées dans les traditions du nord comme du sud de cette nation si musicale qu’est l’Italie. Dans le vivier des tarentelles, notamment, ces chants et danses propices à la transe que Nidi d’Arac et Alpha Bass, par exemple, marient logiquement à l’une ou l’autre variante hypnotique de l’électro – à la drum’n’bass, en ce qui concerne Alpha Bass, ce qui donne l’inexplicable impression que sa chanson provient d’un groupe indien de Londres… Il y a plein de friandises de ce genre tout du long d’un album sans faute.

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