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Posts Tagged ‘Musiques du Brésil’

Critique de disque. La voix a mûri, mais elle provoque toujours ce même frisson dans l’échine. Maria Bethânia Vianna Telles Veloso est une des artistes majeures de la musique populaire brésilienne. Essentiellement interprète, elle MARIA BETHANIA « Que falta você me faz »chante à merveille les plus importants auteurs et compositeurs de son pays. Ici, elle est au sommet, reprenant quelques trésors du répertoire de Vinicius de Moraes, figure historique de la bossa nova. Celui-ci accueillit chaleureusement la jeune Bahianaise lorsqu’elle descendit à Rio en 1965 pour confirmer les espoirs que l’on portait en elle après des débuts remarqués. Le titre de l’album est explicite : Combien tu me manques. Poète et diplomate, Vinicius de Moraes (1913-1980) était un bon vivant – marié sept fois ! – aux idées progressistes et, à ce titre, mis à la retraite par les dictateurs militaires en 1968. C’est notamment l’auteur, avec Tom Jobim, de « The Girl of Ipanema », standard non repris ici.

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Critique de disque. Vous qui passez par Arcoverde, cité marchande située à l’orée du Sertão du Pernambuco, État du Nordeste, rendez-vous sur une des hauteurs de la ville, dans le quartier de Cruzeiro. Là, vous rencontrerez COCO RAIZES DE ARCOVERDEcertainement un des membres de la famille Calixto qui, sur ce disque, nous restitue l’ambiance d’une samba de coco raízes. Ça y est, vous êtes perdu… Dans ce contexte, samba signifie réunion. Coco, c’est un style de danse chantée très répandu dans la région. Et il est raízes, parce que proche des racines des populations locales. Produit d’une hybridation entre rythmes venus d’Afrique, via la côte nordestine, et de traditions indiennes, le coco raízes s’interprète sur des percussions : tambourin pandeira, tambour basse bombo, maracas shékéré, triangle. À cet ensemble s’ajoute le son des tamancas, sandales en bois que portent les danseurs de trûpé – c’est le nom du pas de danse. Surplombant ce subtil enchevêtrement de rythmes, une voix principale chante, reçoit la réponse d’un chœur et reprend. C’est imparable ! La variété des rythmes et des styles de chant rend cette forme de musique festive constamment surprenante.

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Critique de disque. Ceux qui se promènent fréquemment dans l’État du Pernambouco ont la chance d’avoir déjà pu goûter aux saveurs de cette superbe et intrigante musique. Comme ils ne doivent pas être si nombreux que cela, il nous faut tenter de la décrire. En gros : des tambours, des cuivres et des voix SIBA « Fuloresta do samba »offrent une synthèse entre rythmes de carnaval et art de la chanson tel que les troubadours locaux le pratiquent. En un joyeux bazar rigoureusement ordonné – nous sommes au Brésil -, Siba et ses complices créent quelque chose d’à la fois nouveau et sans âge, un folklore authentique, quoique syncrétique, nourri des musiques les plus modernes. Siba est un des membres de Mestre Ambrosio, un de ces collectifs débordant d’idées qui, durant les années 1990, ont redonné de l’énergie à la vie musicale brésilienne en mélangeant avec entrain des sons très traditionnels et ruraux à tout ce que la technologie de leur temps, et les musiques qui vont avec, mettaient à leur disposition. Enregistré à Nazaré da Mata, près de Recife, le samba (mot qui signifie ici réunion) de Siba ne ressemble à aucun autre.

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Critique de disque. Amorcé durant la décennie 1990, le renouveau des musiques brésiliennes a abouti à une démultiplication des genres et à l’émergence de très fortes personnalités. Il n’empêche que les héros des années glorieuses, quand samba et bossa nCHICO BUARQUE « Carioca »ova fascinaient le monde, n’ont pas chanté leur dernière note. De même que Caetano Veloso, Chico Buarque continue de tenir son rang avec majesté. Sur ce disque où il exprime sa passion pour Rio, ce grand artiste pose douze chansons envoûtantes. Devenu romancier, cela faisait huit ans qu’il n’avait pas enregistré d’album. Sans doute attendait-il d’avoir quelque chose de costaud à nous faire écouter. Si tel est le cas, il a bien fait. C’est un bonheur que de replonger avec lui dans cet état d’âme nommé saudade, mélange de mélancolie et de gaieté propre aux musiques populaires des pays lusophones.

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Critique de disque. Voici un beau doublé pour celle qui est certainement la plus grande chanteuse brésilienne des années 2000. Au lieu de nous proposer un double album, ce sont deux disques distincts qu’elle nous offre en un même mouvement. Aussi MARISA MONTE « Universo ao meu redor »splendide l’un que l’autre, chacun explore une voie particulière. Le niveau se situant au plus haut, nous avons le bonheur de savourer vingt-sept titres en tout. Un grand nombre de ces derniers ont été écrits par Marisa Monte et ses deux complices, Arnaldo Antunes et Carlinhos Brown, avec lesquels elle avait fait paraître le délicieux Tribalistas. Infinito particular est proche de ce travail-là, avec ses ballades mixant samba et bossa nova à un rock très doux à la manière de Caetano Veloso dont, à l’évidence, Marisa Monte s’affirme comme étant la meilleure « élève ». Une écoute attentive et répétée vous révélera tous les prodiges de ce disque.

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Critique de disque. Retranscrire les sons de la nature, voilà un objectif poursuivi par d’innombrables musiciens depuis la nuit des temps. Terezinha Maria Miranda, dite « Tetê », Espíndola rejoint le club. Cette chanteuse à la voix pure est une figure originale de la scène brésilienne. Une de plus. Issue d’une famille de musiciens, elle s’est lancée avec succès dans la pop locale durant les années 1980. Mais, au lieu de faire fructifier ce capital, elle s’est investie dans des projets ambitieux à l’image de ce disque conçu en compagnie du compositeur français Philippe Kadosh. Leur collaboration s’est établie sur le désir de jouer avec les chants des oiseaux des régions intérieures du Brésil, Amazonie et Pantanal. Tetê est née dans le Pantanal, grande plaine sillonnée de nombreuses rivières où s’ébroue une faune extraordinaire au milieu d’une végétation luxuriante – elle s’étend de l’État du Mato Grosso do Sul à l’Argentine, la Bolivie et le Paraguay.

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Critique de disque. D’emblée, on est plongé dans un tourbillon de rythmes fous et de voix hautes en couleur. On se trouve déstabilisé et emballé aussi sec par des chansons festives telles qu’on sait en faire au Brésil. Graphiste, cinéaste et musicien, DJ Dolores alias Helder Aragão compose avec fantaisie, en artiste cherchant à rester le plus libre possible – sa manière rappelle celle du tropicaliste Tom Zé ou celle des grands créateurs du reggae, genre dont il s’inspire beaucoup d’ailleurs. Son menu est copieux. Pour arriver à ses fins, il se sert d’instruments de musique de toute sorte, bien sûr, mais aussi des sons de la rue, souvent captés auprès d’un aparelhagem. Aparelhagem cela signifie appareillage en portugais. Ici, le mot prend le sens de sound system, de sono ambulante – ce type d’installation plus ou moins bien équipée, est très fréquente dans les pays du sud où elle permet d’organiser des bals pour pas cher.

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