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Posts Tagged ‘Musiques du Brésil’

Dossier. Espaces où se concentrent et se brassent des populations venues de divers horizons, les villes sont des lieux propices à l’émergence de formes musicales originales. Issues de cultures locales, nourries d’influences extérieures, modernisées ou respectueuses de la tradition, elles sont devenues des emblèmes de ces cités, voire d’un pays tout entier. Les découvrir au cours d’un séjour fait partie des bonheurs que l’on peut s’offrir lors de ses voyages. Nous vous invitons dans ce dossier à suivre de belles partitions à travers le monde.

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Critique de disque. La voix a mûri, mais elle provoque toujours ce même frisson dans l’échine. Maria Bethânia Vianna Telles Veloso est une des artistes majeures de la musique populaire brésilienne. Essentiellement interprète, elle MARIA BETHANIA « Que falta você me faz »chante à merveille les plus importants auteurs et compositeurs de son pays. Ici, elle est au sommet, reprenant quelques trésors du répertoire de Vinicius de Moraes, figure historique de la bossa nova. Celui-ci accueillit chaleureusement la jeune Bahianaise lorsqu’elle descendit à Rio en 1965 pour confirmer les espoirs que l’on portait en elle après des débuts remarqués. Le titre de l’album est explicite : Combien tu me manques. Poète et diplomate, Vinicius de Moraes (1913-1980) était un bon vivant – marié sept fois ! – aux idées progressistes et, à ce titre, mis à la retraite par les dictateurs militaires en 1968. C’est notamment l’auteur, avec Tom Jobim, de « The Girl of Ipanema », standard non repris ici.

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Critique de disque. Vous qui passez par Arcoverde, cité marchande située à l’orée du Sertão du Pernambuco, État du Nordeste, rendez-vous sur une des hauteurs de la ville, dans le quartier de Cruzeiro. Là, vous rencontrerez COCO RAIZES DE ARCOVERDEcertainement un des membres de la famille Calixto qui, sur ce disque, nous restitue l’ambiance d’une samba de coco raízes. Ça y est, vous êtes perdu… Dans ce contexte, samba signifie réunion. Coco, c’est un style de danse chantée très répandu dans la région. Et il est raízes, parce que proche des racines des populations locales. Produit d’une hybridation entre rythmes venus d’Afrique, via la côte nordestine, et de traditions indiennes, le coco raízes s’interprète sur des percussions : tambourin pandeira, tambour basse bombo, maracas shékéré, triangle. À cet ensemble s’ajoute le son des tamancas, sandales en bois que portent les danseurs de trûpé – c’est le nom du pas de danse. Surplombant ce subtil enchevêtrement de rythmes, une voix principale chante, reçoit la réponse d’un chœur et reprend. C’est imparable ! La variété des rythmes et des styles de chant rend cette forme de musique festive constamment surprenante.

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Critique de disque. Ceux qui se promènent fréquemment dans l’État du Pernambouco ont la chance d’avoir déjà pu goûter aux saveurs de cette superbe et intrigante musique. Comme ils ne doivent pas être si nombreux que cela, il nous faut tenter de la décrire. En gros : des tambours, des cuivres et des voix SIBA « Fuloresta do samba »offrent une synthèse entre rythmes de carnaval et art de la chanson tel que les troubadours locaux le pratiquent. En un joyeux bazar rigoureusement ordonné – nous sommes au Brésil -, Siba et ses complices créent quelque chose d’à la fois nouveau et sans âge, un folklore authentique, quoique syncrétique, nourri des musiques les plus modernes. Siba est un des membres de Mestre Ambrosio, un de ces collectifs débordant d’idées qui, durant les années 1990, ont redonné de l’énergie à la vie musicale brésilienne en mélangeant avec entrain des sons très traditionnels et ruraux à tout ce que la technologie de leur temps, et les musiques qui vont avec, mettaient à leur disposition. Enregistré à Nazaré da Mata, près de Recife, le samba (mot qui signifie ici réunion) de Siba ne ressemble à aucun autre.

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Critique de disque. Amorcé durant la décennie 1990, le renouveau des musiques brésiliennes a abouti à une démultiplication des genres et à l’émergence de très fortes personnalités. Il n’empêche que les héros des années glorieuses, quand samba et bossa nCHICO BUARQUE « Carioca »ova fascinaient le monde, n’ont pas chanté leur dernière note. De même que Caetano Veloso, Chico Buarque continue de tenir son rang avec majesté. Sur ce disque où il exprime sa passion pour Rio, ce grand artiste pose douze chansons envoûtantes. Devenu romancier, cela faisait huit ans qu’il n’avait pas enregistré d’album. Sans doute attendait-il d’avoir quelque chose de costaud à nous faire écouter. Si tel est le cas, il a bien fait. C’est un bonheur que de replonger avec lui dans cet état d’âme nommé saudade, mélange de mélancolie et de gaieté propre aux musiques populaires des pays lusophones.

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Critique de disque. Voici un beau doublé pour celle qui est certainement la plus grande chanteuse brésilienne des années 2000. Au lieu de nous proposer un double album, ce sont deux disques distincts qu’elle nous offre en un même mouvement. Aussi MARISA MONTE « Universo ao meu redor »splendide l’un que l’autre, chacun explore une voie particulière. Le niveau se situant au plus haut, nous avons le bonheur de savourer vingt-sept titres en tout. Un grand nombre de ces derniers ont été écrits par Marisa Monte et ses deux complices, Arnaldo Antunes et Carlinhos Brown, avec lesquels elle avait fait paraître le délicieux Tribalistas. Infinito particular est proche de ce travail-là, avec ses ballades mixant samba et bossa nova à un rock très doux à la manière de Caetano Veloso dont, à l’évidence, Marisa Monte s’affirme comme étant la meilleure « élève ». Une écoute attentive et répétée vous révélera tous les prodiges de ce disque.

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Critique de disque. Retranscrire les sons de la nature, voilà un objectif poursuivi par d’innombrables musiciens depuis la nuit des temps. Terezinha Maria Miranda, dite « Tetê », Espíndola rejoint le club. Cette chanteuse à la voix pure est une figure originale de la scène brésilienne. Une de plus. Issue d’une famille de musiciens, elle s’est lancée avec succès dans la pop locale durant les années 1980. Mais, au lieu de faire fructifier ce capital, elle s’est investie dans des projets ambitieux à l’image de ce disque conçu en compagnie du compositeur français Philippe Kadosh. Leur collaboration s’est établie sur le désir de jouer avec les chants des oiseaux des régions intérieures du Brésil, Amazonie et Pantanal. Tetê est née dans le Pantanal, grande plaine sillonnée de nombreuses rivières où s’ébroue une faune extraordinaire au milieu d’une végétation luxuriante – elle s’étend de l’État du Mato Grosso do Sul à l’Argentine, la Bolivie et le Paraguay.

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Critique de disque. D’emblée, on est plongé dans un tourbillon de rythmes fous et de voix hautes en couleur. On se trouve déstabilisé et emballé aussi sec par des chansons festives telles qu’on sait en faire au Brésil. Graphiste, cinéaste et musicien, DJ Dolores alias Helder Aragão compose avec fantaisie, en artiste cherchant à rester le plus libre possible – sa manière rappelle celle du tropicaliste Tom Zé ou celle des grands créateurs du reggae, genre dont il s’inspire beaucoup d’ailleurs. Son menu est copieux. Pour arriver à ses fins, il se sert d’instruments de musique de toute sorte, bien sûr, mais aussi des sons de la rue, souvent captés auprès d’un aparelhagem. Aparelhagem cela signifie appareillage en portugais. Ici, le mot prend le sens de sound system, de sono ambulante – ce type d’installation plus ou moins bien équipée, est très fréquente dans les pays du sud où elle permet d’organiser des bals pour pas cher.

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Critique de disque. Dona Ivone Lara vit à Rio de Janeiro et compose des sambas depuis une soixantaine d’années. Ses chansons ont été reprises par tous les plus grands noms de la musique populaire brésilienne, de Chico Buarque à Caetano Veloso, en passant par Gal Costa. C’est dire l’importance de cette dona. Après une vie partagée entre son travail d’assistante sociale et l’écriture de chansons, après aussi s’être consacrée à l’activité de son école de samba nommée Império Serrano, elle aurait pu vouer son existence à arroser ses fleurs et chouchouter ses petits-enfants. Pas question ! Comme ses congénères Compay Secundo à Cuba ou Henri Salvador en France, Ivone Lara continue de pratiquer son art avec une vitalité impressionnante. La vieille garde ne se rend pas, elle arpentera les studios et les scènes jusqu’au dernier souffle. Suivant le formidable Nasci pra sonhar et cantar sorti en 2001, voici sur le même label, un Sempre a cantar conçu de façon identique. Les compositions et les orchestrations sont d’un élégant classicisme. À la manière brésilienne, cela s’entend, avec force rythmes, vents, cordes pincées et chœurs toniques.

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Critique de disque. Assaillis de toute part par des compilateurs plus ou moins avisés, on ne sait parfois plus à qui faire confiance quand il s’agit de s’offrir de belles sélections d’enregistrements présumés essentiels. Gilles Peterson est de ces DJ vers lesquels on peut se tourner. Ici, il propose deux disques dédiés aux musiques modernes brésiliennes. Le premier, Clássico, est consacré à une collection fruitée de titres des années 1960 et 1970 – Wilson Simonal, Djavan… Le second, Da hora, à une sélection de compostions du troisième millénaire commençant – XRS, Otto, Patricia Marx… Il a de l’oreille, le fondateur du label acid jazz et électro Talking Loud (dont le catalogue va des Young Disciples à Roni Size) devenu superstar des radios (Worldwilde, son programme est diffusé dans quinze pays, en France par Radio Nova) et des pistes de danse élégantes. Londonien pur jus, ce franco-suisse d’origine a fait ses premières armes dans les radios pirates.

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Critique de film. La vie de Pierre Barouh est remplie de ces aventures qui n’arrivent qu’aux saltimbanques dans son genre. Un jour de 1969, ou plutôt une nuit, le cinéaste Pierre Kast lui propose de le rejoindre à Rio où il va tourner un film documentaire sur les rites macumba et cambomblé. Grâce à ce passionné de samba et de bossa nova qu’est Barouh, on pourraSaravahit en effet réunir quelques-uns des meilleurs chanteurs et musiciens brésiliens du moment. Barouh débarque le jour dit de l’avion pour apprendre que le cinéaste va quitter la ville afin de rejoindre Bahia. Qu’à cela ne tienne, ayant devant lui quelques jours, Barouh entraîne le cameraman et l’ingénieur du son de Kast auprès d’une poignée d’artistes. Filmé en totale improvisation, Saravah est la réunion de séquences pleines de vérité, à commencer par l’apparition des deux anciennes grandes vedettes populaires que sont Pinxiginha et João da Bahiana.

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Critique de disque. Ces Brésiliens sont invraisemblables ! Voilà qu’ils nous mettent encore un important artiste entre les oreilles… Otto Maximaliano Pereira de Cordeiro Ferreira – on comprend qu’il ait abrégé son nom – est un Nordestin de Recife. D’ascendance néerlandaise, il est passé par São Paulo, puis par Paris où il a étudié le jazz et l’art de faire la manche dans le métro, avant de s’installer à Rio. Gentiment instable dans son genre… Comme sa musique, délicieusement insaisissable – l’album commence par un « Ah ! Ah ! Ah ! » narquois et enfantin. Outre des références aux styles traditionnels de sa patrie – aucun compositeur brésilien ne les rejette : ils ne sont pas fous dans ce pays musicalement richissime -, on y décèle des influences rock psychédélique, reggae dub, hip hop, électro… Enfin, on vous dit cela parce qu’il faut bien tenter de décrire ce que l’on trouve dans ce disque sans centre de gravité identifiable. On peut l’écouter en se satisfaisant du plaisir que l’on prend, en se laissant aller, mais on peut aussi être très attentif.

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Critique de disque. Tanto tempo, premier album paru sous le nom de Bebel Gilberto, a obtenu un succès critique et public un peu partout dans le monde lors de sa sortie en 2000. La chanteuse brésilienne avait donc intérêt à ne pas décevoir avec le disque suivant. Que celles et ceux qui ont apprécié le premier coup de maître de Bebel voilà quatre ans se réjouissent, aucune mauvaise surprise ne les attend. Au contraire même. Car si l’on pouvait apprécier l’environnement électronique qui caractérisait Tanto tempo – et plus encore, évidemment, le recueil de remixes qui l’a suivi -, le risque était grand que l’usage de machines devienne un procédé stérilisant. Il reste ici quelques touches électro, mais l’essentiel de l’orchestration est acoustique, ce qui finalement sied parfaitement à la relecture des grandes figures de style bossa nova à laquelle Bebel – fille de João Gilberto et de Miúcha Buarque – se livre avec bonheur.

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Liste des critiques de disques publiées sur ce blog.

Avec liens.

Classées de A à Z .

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Critique de disque. Fortes en sucre, les chansons d’Helena se croquent avec plaisir, une par une. Au terme de quarante minutes de dégustation, on s’aperçoit que, sans s’en être rendu compte, on a avalé tout le paquet. C’est que de fameux maîtres confiseurs, les musiciens de The Recyclers, ont enrobé les friandises d’Helena et de Katerine à la manière bossa nova et pop, comme on le faisait dans les années 1960 et 1970 – le disque est publié sous le label du maniaque des styles de cette époque-là, Bertrand Burgalat. Helena Noguerra, mannequin, comédienne, animatrice à la télé, susurre ses comptines faussement naïves en portugais, français et anglais, d’un ton quelque peu détaché.

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Critique de disque. Avez-vous déjà entendu chanter un ange ? Voilà qui doit se rapprocher de ce que l’on entend dans les cieux ! Jeune femme de Bahia dont le chant rappelle celui des hommes haute-contre, Virgínia Rodrigues expose dans ce disque à la fois l’étendue de ses capacités vocales et la beauté de son âme. Les ballades extatiques enregistrées ici sont enluminées par une orchestration inventive, dominée par les vents, les cordes et les percussions.

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Critique de disque. Bienvenue à la casa d’Antonio Carlos « Tom » Jobim, une « île d’amour » selon la définition qu’en donnait lui-même ce grand compositeur qui fut l’un des pères fondateurs de la bossa nova. Deux de ses anciens collaborateurs, Paula et Jaques Morelenbaum, ont convié le Japonais globe-trotter Ryuichi Sakamoto à une sorte de cérémonie surnaturelle, là même où composait le musicien disparu. Dans la maison, mieux, dans le bureau de Jobim, le trio s’est installé pour l’enregistrement de cet album de rêve ; Sakamoto caressant les touches de ce piano qui recueillit les mélodies de Jobim – on imagine le bonheur et le stress de l’interprète -, Jaques frottant les cordes de son violoncelle et Paula Morelenbaum chantant de sa voix à la fois sensuelle et séraphique. Les chansons choisies ne sont pas forcément les plus célèbres – telles que « The Girl from Ipanima » ou « Desafinado » -, mais dix-sept perles, rares ou jouées selon des arrangements inédits du compositeur.

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Critique de disque. Caetano Veloso est l’une des plus importantes figures de la musique populaire brésilienne. Grâce à cette anthologie, les étourdis qui l’ignoraient découvriront l’étendue des talents du monsieur. Superbe mélodiste, innovateur jamais essoufflé, chroniqueur attentif de la marche du monde, personnalité charismatique toujours bien entourée… Et puis, quelle voix ! Étrange, incertaine, à la fois haut perchée et douce, elle semble n’avoir subie aucune altération entre 1967 et 2003, les deux dates buttoir choisies par les concepteurs de ce double album. Chose étonnante : la sélection couvrant près de quarante années de création, il est cependant souvent difficile de discerner à quelle époque telle ou telle chanson a été enregistrée. Cela en dit long sur la cohérence du parcours « velosien ».

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Critique de disque. Énorme et inattendu succès dans son pays dès sa sortie, Tribalistas est l’œuvre de Arnaldo Antunes, Carlinhos Brown et Marisa Monte, trois figures importantes de la scène musicale brésilienne des années 2000. Chacun des auteurs de ce coup d’éclat s’est fait connaître durant la décennie précédente en tant que novateur doté d’une imagination débordante – on peut ajouter un quatrième mousquetaire à ce groupe, le fameux Lenine, absent ici. Sans complexe, ils font flèche de tout bois, comme d’autres avant eux : Caetano Veloso, Gilberto Gil, Tom Zé ou, référence qui s’impose, cet autre trio mixte nommé Os Mutantes. Ces derniers pratiquèrent dans les années soixante un rock qui, pour être psychédélique, n’en était pas moins profondément brésilien. Nos Tribalistes rallument le flambeau à l’initiative de Marisa Monte, productrice de l’album, qui a tout fait pour que les chansons écrites avec ses amis soient gravées.

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Critique de disque. Depuis les années 1990, une ribambelle de musiciens brésiliens célèbre un carnaval permanent. Sciemment festifs, ils rénovent brillamment l’art de la chanson populaire en y intégrant des éléments provenant de tous les genres inventifs imaginés partout dans le monde. Aux côtés de Lenine et Arnaldo Antunes, Carlinhos Brown se situe à l’avant-garde de ce joyeux cortège. Pour son quatrième album personnel – hyperactif, il a travaillé avec, entre autres, Daniela Mercury, Marisa Monte, les tambourinaires de Timbalada et est très impliqué dans la vie culturelle de sa ville -, le Bahianais s’est amusé à rehaussé sa musique hybride de sons latinos pour nous rappeler que son pays fait partie de la même aire culturelle que les Caraïbes, la Colombie ou l’Espagne. La fusion est ici parfaite. Presque trop à l’écoute du premier titre, « Carlito Marrón », énorme fusée sonique qui, lancée au cours d’une soirée dansante, ne peut que faire des dégâts monstrueux.

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Critique de livre. Caetano Veloso, grande vedette de la chanson brésilienne, revient ici sur la révolution culturelle qui a secoué le Brésil au tournant des années 1960 et 1970. Il est bien informé : il en était une des figures de proue. Sur le mode intime, Veloso raconte dans le détail comment, avec Gilberto Gil, son alter ego, ainsi qu’avec Gal Costa, Tom Zé, le groupe Os Mutantes et quelques autres, il a posé les bases théoriques du tropicalismo et de quelle manière il les a mis en pratique. Il s’agissait, pour ces fans de la bossa nova et de la pop anglaise, de faire entrer la musique brésilienne dans le monde moderne, sans rien renier des folklores nationaux – notamment les styles afro de Bahia, d’où ils sont originaires pour la plupart.

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Critique de disque. Lenine est un révolutionnaire, ce n’est pas du tout un capitaliste. En effet, quand d’autres musiciens brésiliens font fructifier l’héritage de leurs glorieux aînés, recyclant à l’infini les mêmes formes pour en tirer profit, lui préfère construire un monde nouveau. Certes il n’oublie rien de la bossa ou de la samba. Mais c’est pour mélanger ces vénérables styles locaux à d’autres ingrédients, internationaux ceux-là (électro, rock, funk, etc.). Dans son parti, celui du genre humain, l’esprit de synthèse est de mise. S’il faut lui trouver une filiation, c’est du côté des tropicalistes, ces jeunes gens énervés des années soixante qui s’inspiraient des sonorités venues de Londres ou New York. Lenine n’est cependant pas un boutefeu, ni un adorable zinzin tel que Tom Zé. Ayant écrit pour de nombreux camarades chanteurs de son pays – et pas des moindres : Gilberto Gil, Fernanda Abreu, Sergio Mendes… -, il sait composer des airs qui accrochent l’oreille.

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Critique de disque. Oubliez tout ce que vous croyez savoir de la musique brésilienne. Ou plutôt, ramassez tous vos souvenirs, respirez un bon coup et plongez dans l’univers constructiviste de Tom Zé. Dans les années 1960-1970, ce dernier fit partie du mouvement tropicaliste. Cette confrérie sensible au rock’n’roll et à la soul, se rebella contre l’extrême douceur de la bossa nova et à la violence des pouvoirs établis. Ce n’est pas que les Bahianais Caetano Veloso, Gilberto Gil ou Tom Zé aient détesté le style carioca alors en vogue, mais ces jeunes gens voulaient bousculer l’ordre des choses. Progressistes aussi bien au niveau politique que musical, ils subirent tous un sacré retour de bâton. Faisant déjà figure de mouton noir dans la bande, en raison de ses goûts étranges, Tom Zé subit un long purgatoire. Jusqu’à ce que David Byrne (Talking Heads) lui redonne sa chance en 1990, lorsqu’il lance son label Luaka Bop – procurez-vous l’indispensable The Best of Tom Zé paru sous cette marque, afin de prendre la mesure du phénomène à ses débuts. Jogos de armar nous permet de retrouver entière la saveur particulière des compositions de Tom Zé.

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Critique de disque. Voilà un disque dont la pochette n’est pas mensongère. Le dessin qui semble extrait d’une bande dessinée du type ligne claire que cette dernière arbore correspond parfaitement à la musique qu’elle nous incite à écouter. Le Trio Mocotó fait partie de l’écurie Ziriguiboum, dépendance du label belge Crammed qui défend avec goût les nouveaux destriers de la musique brésilienne et rend justice aux mustangs trop vite oubliés. Ce ne sont pas de vieux chevaux de retour que ces pieds nickelés groovy qui s’illustrèrent aux côtés de Jorge Ben (« Pais tropical ») quand, à la fin des années soixante, la samba conquérait le monde en s’enrichissant de soul et de rock’n’roll.

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Critique de disque. À la fois Brésilien et Barcelonais, Wagner Pá met à profit les avantages que lui procurent ses deux identités. Si son premier disque est fondamentalement de tonalité bossa, ses arrangements partent dans tous les sens. En cela, ce novateur partage avec son compatriote Lenine resté au pays, non seulement l’originalité de son prénom – au Brésil, on n’est pas vraiment du genre conventionnel… -, mais aussi le goût pour les musiques du monde. C’est-à-dire, vu de Rio ou de Bahia, le reggae, le rock ou le hip hop. Et comme Barcelone est une ville où se côtoient des musiciens gaiement cosmopolites – dont un certain Manu Chao, lequel a collaboré à l’enregistrement de cet album -, un musicien brésilien plein d’idées ne pouvait que trouver sa place. Wagner, DJ en radio et en club – relisez cet étrange début de phrase ! -, est devenu l’un des pivots de la scène locale où on l’a surnommé « brazuca matraca », autrement dit le Brésilien tchatcheur en argot catalan.

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Dossier. Ce dossier couvre mille ans d’histoire de la musique ! Des troubadours à Manu Chao, Musiques du mondeles échanges entre musiciens de toutes les cultures furent et restent très importants. Toujours, les mélomanes ont apprécié les sons nouveaux… Lesquels, en fait, sont souvent anciens, qu’ils viennent d’ici ou de là-bas. Le point de vue se fait depuis la France pour que chaque lecteur puisse retrouver ses repères les plus familiers au cours de ce voyage à travers le temps et le monde.

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bahiaDossier. Ne dites plus : « J’aime – ou je déteste – LA musique brésilienne ». C’est en effet un non-sens, car LES musiques du Brésil sont d’une grande variété. Chaque région, chaque ville, chaque époque possède ses genres, styles et artistes originaux. Ce dossier tente de donner quelques clés pour ne pas se perdre dans cette jungle qu’habitent d’innombrables musiciens et chanteurs, qu’ils soient simples troubadours ou superstars.

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Dans ce pays dont la population, et donc les cultures, se croisent ou se mêlent, tout est bon pour faire de la musique, chanter et danser : fêtes privées et publiques, célébration d’un saint, exécution d’un rite animiste… Cela fait cliché, n’est-ce pas ? Mais, c’est que les clichés ont parfois un fond de vérité ! Tenez, prenez celui qui nous donne à penser que le carnaval est l’un des grands temps forts de la vie brésilienne, et cela en tous points du territoire. Et bien, il est conforme à la réalité car, tous les ans en février, le pays connaît des jours de folie. C’est lors de ces défilés colorés que sont testés bon nombre d’airs qui deviendront des tubes dans le pays et parfois au-delà.

La vitalité des musiques du Brésil est époustouflante, les talents se renouvellent sans cesse et permettent au show-business local de rester dynamique face aux déferlantes anglo-saxonnes. Alors que l’on célèbre l’année du Brésil en France, l’occasion était excellente pour que routard.com se penche et tombe dans la marmite bouillonnante des musiques du pays aux mille rythmes !

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CHICO BUARQUE « Budapest » (Gallimard)Critique de livre. Très grande figure de la chanson brésilienne, Chico Buarque s’est lancé dans la littérature durant les années 1990. Budapest est son troisième roman. José Costa, son personnage principal, est un anti-héros auquel on s’attache malgré les nombreux défauts qui minent son caractère. Ancien journaliste, ce carioca vit confortablement de ses travaux d’écriture. Dans l’ombre, il produit des articles, des discours, des autobiographies… Bref, tout ce que l’on veut. Mais, au fond, qu’attend-il de la vie ? Pour l’heure, son existence est plutôt ennuyeuse. Son entourage est formé d’une épouse vedette de la télévision, donc distante, d’un fils obèse auquel il a du mal à s’intéresser, d’un ami et associé qui ne pense qu’au business… Bof ! Et ce n’est pas en pratiquant son métier que José risque de retrouver l’enthousiasme. Nègre, il doit œuvrer secrètement : hormis son associé, personne ne sait qu’il écrit divinement bien. Une escale imprévue va secouer cet homme aussi désolé que désolant.

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Critique de disque. Mélanger rythmes brésiliens et figures de style électro soul éprouvées est devenu monnaie courante. À tel point que nombre de faux-monnayeurs se sont placés sur le marché. Avec Zuco 103, formation basée à Amsterdam, on peut se laisser tenter sans craindre d’être grugé. Ses trois membres principaux, Lilian Vieira (superbe chanteuse et parolière brésilienne), Stephan Kruger (percussionniste et compositeur néerlandais) et Stefan Schmid (claviériste et compositeur allemand), font suffisamment preuve de malice et de talent pour que l’on mise sur eux. Premier atout : ils ne sont pas prétentieux. Leur musique est faite pour que nous nous amusions à l’écouter, pour que nous soyons saisis d’une irrépressible envie de danser. Mais, second atout, si selon la théorie du contrebandier chère au cinéaste Martin Scorsese, les Zuco 103 s’acquittent de leur contrat de départ, c’est pour mieux semer leurs très originales idées musicales.

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Critique de disque. À São Paulo, mégalopole brésilienne, un certain nombre de musiciens se sont lancés dans le courant électronique. Sans complexe, ils rivalisent avec leurs homologues européens. Cibelle Cavalli est une des personnalités marquantes de cette scène qui bouscule les canons de la pop de son pays. Jeune artiste ayant débuté enfant, elle joue la comédie, fait le mannequin et chante. Avant ce premier album publié sous son nom, on a déjà entendu sa voix sur à São Paulo Confessions, disque de Suba, un exilé serbe qui a posé les bases de ce que l’on pourrait nommer le brazilelectro – il a disparu tragiquement peu de temps après la sortie de cet enregistrement, en 1999. Cibelle, réalisé par la vocaliste, et Apollo, son complice, sort du lot. Ils ne se contentent pas, comme d’autres, de piquer des échantillons sonores dans de vieux microsillons de samba ou de bossa et de les mêler à une voix calibrée.

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Critique de disque. D’emblée, on est saisi par la force de « Tive Razao », le titre qui ouvre ce disque Cru. Tendue et tendre, diaboliquement rythmée, dotée d’une superbe mélodie interprétée par une voix rocailleuse et légère, cette chanson d’amour malheureux s’avère être un classique. Instantanément. Elle est l’œuvre de Seu Jorge, un Carioca issu des favelas dont l’histoire est peu banale. Zonant dans les rues de sa ville durant ses jeunes années, il rencontre des musiciens, des gens de théâtre et de cinéma. Gratifié d’une forte personnalité, Jorge Mario da Silva est alors affublé de son actuel pseudonyme, Seu Jorge, autrement dit M’sieur Jorge. Dans les années 1990, il est un membre fondateur de Farofa Carioca, groupe qui propose un mélange de samba traditionnelle et de pop au cours de spectacles mixant musique, théâtre et cirque. Il poursuit ensuite sa route en pratiquant le hip hop au sein de Planet Hemp, puis se lance en solo. Parallèlement, ou plutôt en même temps, il joue au cinéma, dans des comédies musicales, notamment. Voila donc un parcours qui permet d’écrire des chansons de caractère comme ce « Tive Razao » susnommé. Mais on s’inquiète : ce qui suit sur l’album va-t-il être à la hauteur d’un tel coup d’éclat ?

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Critique de disque. « Un deux, s’il vous plait, montrez ma chérie que vous savez danser… » C’est par ces quelques mots en français que démarre ce très réjouissant disque d’Adriana Calcanhotto, excellente chanteuse et guitariste brésilienne. Si vous avez séjourné au Brésil récemment, vous avez sans doute entendu l’une ou l’autre des chansons ici gravées, car Adriana Partimpim a fait un carton dans le ADRIANA CALCANHOTTO « Adriana Partimpim » (Ariola)pays. Même si la dame est très appréciée chez elle, ce fut tout de même une petite surprise, car l’album a été conçu en direction du public enfantin – « Partimpim » était le surnom que lui donnait son père lorsqu’elle était petite. Il y est notamment question de soupe, de papillon, d’interrogations d’enfant de 8 ans ou d’Alice au pays des merveilles. N’étant pas un de ces enregistrements bêtifiants que l’on réserve trop souvent aux chérubins, cet album de reprises a plu à tout le monde.

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Interview. Chanteur amoureux des musiques brésiliennes, Pierre Barouh a pu, grâce au succès de la musique du film Un homme et une femme et à travers son label Saravah, réaliser des disques à la fois libres, beaux et novateurs, dans lesquels se mélangent souvent la chanson française, les musiques du monde et le jazz. Nous le rencontrons à l’occasion de l’édition en dvd de Saravah, un carnet de voyage musical filmé que Barouh a réalisé au Brésil en 1969 et 1998.

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« C’est comme ça que je me suis retrouvé sur un cargo à laver des assiettes »

Comment est né votre amour pour les musiques brésiliennes ?

En 1959, je suis parti à Lisbonne, guitare à l’épaule. J’y ai d’abord vécu chez une famille de pêcheurs qui m’avait adopté. Puis, grâce à des jeunes avec lesquels j’avais joué au volley-ball sur la plage – j’avais un très bon niveau à l’époque -, j’ai décroché un job d’entraîneur pour le lycée français ainsi qu’une petite piaule. Ce qui m’a permis de faire mon trou, de connaître les réseaux souterrains, de me faire des copains comme Mario Alberto, un peintre anar que j’adorais. Grâce à lui, j’ai commencé à chanter dans un restau italien, le Sorrenzo. Un jour débarque Sivuca, un musicien noir albinos, mythique au Brésil. C’est par lui que je suis devenu fou de musique brésilienne, car il m’en a fait découvrir la richesse.

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