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Posts Tagged ‘Musiques électroniques’

Dossier. Espaces où se concentrent et se brassent des populations venues de divers horizons, les villes sont des lieux propices à l’émergence de formes musicales originales. Issues de cultures locales, nourries d’influences extérieures, modernisées ou respectueuses de la tradition, elles sont devenues des emblèmes de ces cités, voire d’un pays tout entier. Les découvrir au cours d’un séjour fait partie des bonheurs que l’on peut s’offrir lors de ses voyages. Nous vous invitons dans ce dossier à suivre de belles partitions à travers le monde.

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Dossier. Dès le 25 novembre, l’exposition « Les Nuits parisiennes » présentée à l’Hôtel de Ville va nous plonger dans une histoire allant du 18e siècle à aujourd’hui, en nous emmenant au Palais-Royal, au Moulin Rouge, au Tabou ou au Palace. Cette sorte de tournée des Grands Ducs nous donne l’occasion de faire un point sur le Paris noctambule d’aujourd’hui.

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« Paris la nuit c’est fini » chantait Manu Chao et son groupe Mano Negra au début des années 1990. Cette sentence définitive, combien de noctambules l’ont-ils proférée ? Tous ou presque depuis toujours, quand l’excitation d’avoir été là au bon moment pour vivre intensément une période marquante a cédé la place au désenchantement de l’avoir vue disparaître… tandis que d’autres vivaient à fond la hype du moment ! Si l’histoire de la fête nocturne parisienne a connu des baisses de tension, elle ne s’est pourtant jamais arrêtée. Mais au fait, quand a-t-elle commencé ? Depuis que la ville existe, bien sûr, mais pour l’historien Antoine de Baecque, commissaire de l’exposition « Les Nuits parisiennes – Du Palais-Royal au Palace », elle débute à la fin du 18e siècle en ce qui concerne l’organisation d’événements, la création de lieux et d’activités constituant peu à peu les bases d’un secteur économique florissant.

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Interview. Une série de jeunes athlètes de la musique vont participer à un Bach Marathon, afin de confronter leur esprit créatif à celui du génial Jean-Sébastien. Sans prendre de grands risques, gageons que ce dernier comme ses lointains héritiers sortiront vainqueur de l’épreuve étant donné la qualité des artistes présents : Thomas Enhco (piano) et Vassilena Serafimova (marimba), Francesco Tristano (piano) et Federico Nitti (vidéo), Arandel (machines), ainsi que Electric Rescue (machines électroniques) et Gaspar Claus (violoncelle), lequel évoque pour nous sa contribution à cette très originale soirée.

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Qu’allez-vous jouer durant le Bach Marathon ?

Une pièce d’une trentaine de minutes intitulée « Variations », imaginée autour d’œuvres de Bach, comme le prélude de la Première Suite. L’idée était de les faire entrer en collision avec un autre type de musique, électronique en l’occurrence, de manière un peu punk mais tout en en restant admiratif. Cela peut être jugé blasphématoire, mais j’assume !

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Dossier. Rock, électro, chanson, jazz, opéra… D’importants festivals rassemblent à travers la planète des centaines de milliers de mélomanes addicts aux sons des plus renommés artistes du moment. Pour vous aider à trouver la manifestation qui se trouvera sur votre route cet été, à moins qu’elle soit votre destination principale, routard.com vous invite à découvrir les programmes de 25 festivals incontournables. Ils le sont d’autant plus qu’ils se déroulent la plupart du temps sur ou tout près de sites remarquables : mer, montagne, nature, ville majeure… Pas étonnant que ces festivals soient des locomotives pour le tourisme !

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Festival d’AvignonDossier. Chaque été, la France prouve qu’elle est une terre de festivals. Nous vous indiquons ici quelques-uns des plus importants rendez-vous. Ils sont au nombre de dix, mais une vingtaine d’autres événements ont été ajoutés, en bref. La liste aurait pu être encore beaucoup plus longue… Les formes musicales les plus actuelles sont dominantes, mais pas au point que le rock ou la chanson parviennent à éliminer tous les autres genres. Les aficionados de reggae, de jazz, d’électro, de musiques classique ou « world » ont également de quoi agrémenter leurs loisirs estivaux. Idem pour les amateurs de théâtre.

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james brownBlogpasblog 2 vous invite à découvrir des vidéos d’anthologies repérées sur les sites de partage.

Il suffit de cliquer sur les images figurant dans l’article pour qu’elles s’animent.

Pour l’heure, il s’agit de prestations in vivo ou de clips d’artistes remarquables par leur qualité et leur intensité.

Des scènes de films ou de séries et d’autres choses encore seront prochainement proposées.

Le choix est évidemment subjectif.

C’est ici : http://blogpasblog2.wordpress.com/

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Interview. Durant six concerts et comme à son habitude, le compositeur pionnier de l’électro-acoustique Pierre Henry fait corps avec le site où il produit ses pièces Pierre Henryconstituées de parties électroniques, d’échantillons de sons du quotidien ou d’œuvres classiques – ce jeune homme de 86 ans est l’un des inventeurs du sampling. En l’occurrence, son dispositif est déployé dans le Carreau du Temple, un ancien marché couvert du Marais qui vient d’être réhabilité en centre culturel.

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Voyage à travers ma modernité est le titre donné à votre série de concerts…

Il s’agit d’un programme d’une semaine racontant 65 ans de musique dans les domaines que j’aime.

Qu’est-ce que la modernité pour vous ?

La modernité est pour moi vivre le futur aujourd’hui.

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Wax Tailor & The Phonovisions Symphonic OrchestraInterview. Les temps changent, les mélanges entre genres musicaux sont de plus en plus fréquents. Pour preuve, le concert que va donner Wax Taylor, l’une des têtes de file du courant électro, avec une cinquantaine de musiciens et choristes du Conservatoire de Lille dans le cadre d’un festival de jazz ! Et cela en ayant recours à des créations visuelles diffusées sur des écrans.

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Qu’allez-vous jouer au cours de ce concert ?

Des titres issus de mes quatre albums, lesquels font l’objet d’une relecture en grand format. J’ai déjà l’habitude de travailler avec des instrumentistes (flûte, violon, violoncelle) mais là, j’ai l’occasion de bénéficier d’un énorme nuancier de sons, les options qu’offre un orchestre symphonique étant quasi infinies. Ce qui m’a intéressé c’est de trouver un rapport équilibré entre sons physiques et amplifiés, d’éviter que les uns ou les autres ne prennent le dessus.

Qui dirige sur scène ?

C’est moi, devant le public, qui donne le top départ et indique à la chef d’orchestre Lucie Leguay le sens métronomique à suivre. Nous fonctionnons donc ensemble, face à face, de façon interactive.

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festival de carcassonneDossier. Un excellent programme qui se décline dans un lieu hors du commun : tels sont les deux critères retenus dans la sélection de festivals estivaux français que routard.com vous propose ci-dessous. Au plaisir d’écouter de la bonne musique ou de voir évoluer des comédiens remarquables s’y ajoute le spectacle qu’offre un site d’une beauté exceptionnelle.

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Francesco TristanoInterview. Formé au sein de la prestigieuse Julliard School, Francesco Tristano est reconnu pour le haut niveau de sa technique. Il aurait pu mener une carrière conventionnelle s’il n’était pas doté d’un profond esprit d’indépendance. Ce pianiste luxembourgeois est l’un des artistes qui figurent à l’affiche de Beyond My Piano – Le festival des pianistes affranchis, manifestation en forme de laboratoire où se croisent des claviéristes des domaines classique, jazz et électro.

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Qu’allez-vous jouer durant votre soirée ?

Un programme comme je les aime, qui mélange des pièces baroques et contemporaines, plus des compositions originales, afin de raconter une histoire à ma façon. Je vais jouer du piano et j’aurai un dispositif de machines me permettant de travailler le son en direct, d’obtenir des effets divers (réverbération, delay…), de même qu’un synthé pour générer des basses, par exemple.

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Un violon sur le sableDossier. Envie d’écouter de la musique les pieds dans l’eau ? Cet été, plusieurs festivals français vous invitent à suivre tout ou partie de leur programme sur une plage, que celle-ci donne accès à la mer, un lac ou une rivière. Pour écouter aussi bien des musiques actuelles que du jazz ou du classique, avant d’aller piquer une tête…

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Critique de disque. C’est d’une fraîcheur et d’un dynamisme rares et cela provoque une envie de danser irrépressible. Tel est le kwaito, le tempo selon lequel bat le cœur de la jeunesse sud-africaine. L’onde de choc de l’explosion house music partie de Chicago au milieu des années 1980 a rapidement atteint la TALES OF URBAN S.A. - KWAITO & HOUSEGrande-Bretagne, puis le monde entier. Si le genre existe encore en tant que tel, il a perdu sa suprématie parce que la famille électro s’est, depuis ces temps héroïques, considérablement enrichie de nombreux genres et sous-genres. Il reste au moins un pays ou ce rythme joyeux et bondissant est toujours vivace : l’Afrique du Sud. C’est dans les townships qu’il s’est formidablement acclimaté, dans ces quartiers populaires qui furent des zones de relégation durant l’apartheid, ségrégation qui a sévi dans le pays durant une quarantaine d’années. Lorsqu’au début de la décennie 1990, la minorité afrikaner renonça à monopoliser tous les pouvoirs, les jeunes issus des populations premières (Zoulous, Xhosas, etc.) se mirent à espérer en des temps meilleurs. C’est à ce moment-là que le kwaito apparut, particulièrement à Johannesburg (le terme se décompose ainsi : Kwaî pour énergie, To, pour township).

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Critique de disque. C’est peu dire que, de France, on perçoit assez mal ce que les pays voisins produisent comme musiques populaires. Ce qui est un comble à l’heure où l’on clame le mot Europe à tout bout de champ. La sortie de ce disque est donc une aubaine pour qui voudrait connaître l’un des importants courants qui traversent l’Italie au début des années 2000. La sélection met en avant les artistes qui s’inspirent autant des folklores que des sons électroniques. Trad’ plus électro ? Voila un type de cocktail qui a souvent mauvais goût, il faut bien le dire. On est donc heureusement surpris par la qualité des treize titres proposés ici. Chacun d’entre eux recèle de nombreuses idées piochées dans les traditions du nord comme du sud de cette nation si musicale qu’est l’Italie. Dans le vivier des tarentelles, notamment, ces chants et danses propices à la transe que Nidi d’Arac et Alpha Bass, par exemple, marient logiquement à l’une ou l’autre variante hypnotique de l’électro – à la drum’n’bass, en ce qui concerne Alpha Bass, ce qui donne l’inexplicable impression que sa chanson provient d’un groupe indien de Londres… Il y a plein de friandises de ce genre tout du long d’un album sans faute.

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Critique de disque. Cinq ans après La Revancha del tango, un premier album qui a amplement modifié le point de vue de nombreux auditeurs à travers le monde sur la musique du Río de la Plata, le trio Gotan Project a tenu à faire évoluer sa formule ô combien accrocheuse. Certes les figures langoureuses du tango et les rythmes électroniques font toujours bon ménage. Mais, pour ne pas se répéter, Eduardo Marakoff (guitare), Christophe H. Müller et Philippe Cohen Solal (basse, claviers) ont pris le parti de laisser leurs complices présents sur le précédent disque jouer avec leurs propres boîtes de couleurs. Il y a là le bandéoniste Nini Flores, auquel l’ensemble doit beaucoup, la chanteuse Cristina Vilallonga, la violoniste Line Kruse et le pianiste Gustavo Beytelmann, lequel s’est chargé de réaliser de majestueux arrangements pour section de cordes.

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Interview. Une certaine Iko a eu l’audacieuse idée de réunir des musiciens des courants électro afin d’imaginer des arrangements modernes de partitions baroques et classiques – Rameau, Bach, Mozart, Schubert, Verdi – pour un disque intitulé Private Domain dont on va découvrir une version scénique à la Cité de la Musique. Et qui est Iko ? Laurence Equilbey, chef du chœur Accentus !

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Qu’est-ce qui a déclenché votre envie de vous lancer dans un tel projet ?

Certaines œuvres classiques, notamment de Bach, me procurent des émotions extrêmement puissantes, proches de celles que je peux ressentir à l’écoute de musiciens électro que j’apprécie comme Air ou Aphex Twin. L’idée m’est venue de voir ce que cela donnerait si je combinais ces deux esthétiques.

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Critique de disque. D’emblée, on est plongé dans un tourbillon de rythmes fous et de voix hautes en couleur. On se trouve déstabilisé et emballé aussi sec par des chansons festives telles qu’on sait en faire au Brésil. Graphiste, cinéaste et musicien, DJ Dolores alias Helder Aragão compose avec fantaisie, en artiste cherchant à rester le plus libre possible – sa manière rappelle celle du tropicaliste Tom Zé ou celle des grands créateurs du reggae, genre dont il s’inspire beaucoup d’ailleurs. Son menu est copieux. Pour arriver à ses fins, il se sert d’instruments de musique de toute sorte, bien sûr, mais aussi des sons de la rue, souvent captés auprès d’un aparelhagem. Aparelhagem cela signifie appareillage en portugais. Ici, le mot prend le sens de sound system, de sono ambulante – ce type d’installation plus ou moins bien équipée, est très fréquente dans les pays du sud où elle permet d’organiser des bals pour pas cher.

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Critique de disque. C’est l’histoire d’une vedette du rock anglais, Damon Albarn, qui s’ennuyait un peu au faite de sa gloire. Pour changer d’air, le chanteur de Blur a mis en route deux projets plus qu’aboutis. Gorillaz, le premier, a frappé dans le mille : on s’est partout emballé pour ce disque en forme de brillant jeu de piste à travers les musiques en vogue du début des années 2000. Visiblement, Albarn bouillonne d’idées car, pour le second projet, il s’est envolé vers le Mali afin d’enregistrer des vocalistes et des instrumentistes, tels que le joueur de kora Toumani Diabaté, ainsi que leurs proches. L’un des intérêts de cette opération réside dans son impureté même. A l’évidence, Albarn n’est pas un spécialiste de la musique ouest-africaine. Mais c’est ce qui le rend libre d’aller au bout de sa démarche. Tout en respectant l’apport des artistes maliens, il se sert de leurs interventions pour créer un objet musical inédit et très personnel.

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Critique de disque. Du grand nord européen jaillissent régulièrement d’étonnants musiciens et chanteurs dont l’une des principales caractéristiques est d’user d’instruments électroniques afin de créer quelque chose qui ressemble à un nouveau folklore urbain. Sous le nom de Susanna and the Magical Orchestra s’avance un duo norvégien constitué de la chanteuse Susanna Wallumrod et du sorcier des claviers Morten Qvenild (c’est lui, l’Orchestre Magique !). Ils font partie d’une jeune génération qui est destinée à pousser encore plus loin les expériences menées par leurs aînés. En effet, depuis les années 1990, les pays scandinaves et finnois se sont fait remarquer par leur esprit novateur en matière de musique. Faut-il rappeler que c’est d’Islande que sont venus Björk et quantité d’autres groupes et artistes singuliers ? La Norvège a également et remarquablement tenu son rang avec Bugge Wesseltoft, Wibutee, Sidsel Endresen, Beady Belle, Anja Garbarek ou encore Jaga Jazzist, formation électro jazz dont est issu Morten Qvenild. Tous ces gens aiment leur folklore ancestral, le jazz, le rock, la soul, le reggae… Bref, ils sont de leur temps, les oreilles grandes ouvertes sur toutes les musiques du monde. Via les machines électroniques, ils en font la synthèse et inventent de nouveaux sons. Susanna and the Magical Orchestra sont de ceux-là avec leurs chansons minimalistes.

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Critique de disque. Assaillis de toute part par des compilateurs plus ou moins avisés, on ne sait parfois plus à qui faire confiance quand il s’agit de s’offrir de belles sélections d’enregistrements présumés essentiels. Gilles Peterson est de ces DJ vers lesquels on peut se tourner. Ici, il propose deux disques dédiés aux musiques modernes brésiliennes. Le premier, Clássico, est consacré à une collection fruitée de titres des années 1960 et 1970 – Wilson Simonal, Djavan… Le second, Da hora, à une sélection de compostions du troisième millénaire commençant – XRS, Otto, Patricia Marx… Il a de l’oreille, le fondateur du label acid jazz et électro Talking Loud (dont le catalogue va des Young Disciples à Roni Size) devenu superstar des radios (Worldwilde, son programme est diffusé dans quinze pays, en France par Radio Nova) et des pistes de danse élégantes. Londonien pur jus, ce franco-suisse d’origine a fait ses premières armes dans les radios pirates.

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Interview. « Oh mon amour… » Par ce leitmotiv entêtant, colonne vertébrale de la chanson « Désert », une nouvelle voix susurrante et piquante s’est gravée dans nos cerveaux. C’est celle d’Émilie Simon, jeune chanteuse et musicienne de caractère dont le premier album fait plus que séduire l’amateur d’électro et de chanson stylée.

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Emilie SimonMais d’où vient cette débutante si douée ? Émilie Simon a grandi à Montpellier, au-dessus du studio d’enregistrement de son père. Pratiquement tous les musiciens de la région sont venus y coucher sur bande leurs œuvres : jazzmen, punks, gitans, etc. Dans ces conditions, comment s’étonner qu’Émilie soit devenue musicienne : « Le fait de les voir venir avec des idées, travailler, puis repartir avec un résultat qui les contente ou pas, bref, de suivre le processus de création de ces artistes, ça m’a profondément marquée. » Passée très jeune par le conservatoire de sa ville, elle s’exile à Paris pour étudier la musique baroque à la Sorbonne – où elle a atteint le niveau de la maîtrise – et suivre des stages à l’IRCAM, temple de la bonne parole contemporaine.

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Critique de disque. Il fait très fort le DJ frenchy sur ce disque, son quatrième en quinze ans. Réputé pour ses animations de soirées apocalyptiques et joyeuses, Laurent Garnier a toujours cultivé son jardin privé. Jadis compositeur de house, il a obliqué vers des voies plus aventureuses en préparant cet album, lequel mérite amplement d’être écouté au-delà des cercles électro. Dès la première écoute, on perçoit qu’il arbore des couleurs jazz très prononcées. C’est de bon aloi. Qui flâne sur les terres jazz aime la musique, forcément. Rejoignant une déjà belle cohorte d’electromen jazzeurs et de jazzmen électro, Garnier contribue à élargir le débat. Ses travaux ici réunis font songer à ce que l’on entend sur le label Ninja Tune, grande petite maison de production sise à Londres qui se permet de sortir des disques de drum’n’bass lyriques (Amon Tobin), de hip hop en CinemaScope (The Herbaliser) ou de jazz acoustique qui semble sortir de machines (Cinematic Orchestra). Ils nous font également songer à ces musiciens scandinaves qui ont intégré l’électronique dans leur jazz tel que le claviériste norvégien Bugge Wesseltoft.

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Liste des critiques de disques publiées sur ce blog.

Avec liens.

Classées de A à Z .

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Dossier. Sa musique lui ressemble. Mi anglaise, mi égyptienne, à la fois sophistiquée et nature, tantôt festive tantôt grave. En combinant les sonorités novatrices de l’électro et les formes en vigueur dans les musiques populaires égyptiennes, Natacha Atlas a inventé un style qui lui est propre. Et qui a fait école, autant en Europe que dans les pays arabes.

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Critique de disque. Mazel tov ! Solomon et Socalled sont dans la place ! Il n’y a plus qu’une chose à faire : taper dans ses mains et faire tourner les vinyles ! Provenant de Londres, cette folie klezmer est une jolie surprise, du genre inclassable. Elle est l’œuvre de deux musiciens au parcours atypique. Sophie Solomon est une violoniste britannique, une spécialiste du folklore ashkénaze qui accumule néanmoins les collaborations au sein de collectifs électro – elle est membre de Oi Va Voi et se fait également appeler DJ Starets. Quant au canadien Socalled (alias Josh Dolgin), ce manipulateur de rythmes analogiques et digitaux s’est fait, de Montréal à New York, le champion d’un genre improbable : le hip hop yiddish ! L’union entre ces deux énergumènes est scellée par ce disque dans lequel ils jouent, avec le cérémonial en vigueur lors des banquets de mariages du Yiddishland. Puisque c’est la fête et que plus on est de fous, plus on peut aller à fond dans le délire, un certain nombre de figures du renouveau klezmer sont invitées à titre de témoins actifs.

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Critique de disque. C’est le genre de disque que l’on aborde avec méfiance. Des remixes de musique tsigane ? Ouf, le projet de « revisite », terme que le label Crammed préfère employer à la place de remix, donne des résultats concluants. Arto Lindsay, Mercan Dede, Bumcello et les autres travaillent à partir des voix, des cuivres ou de tout autre élément des morceaux originaux comme s’il s’agissait de leurs propres compositions. Chacun a sa manière. Señor Coconut transforme un titre du Koçani Orkestar en fanfare cumbia, DJ Dolores nous fait croire à l’existence d’un folklore tsigano-brésilien, Bucovina Club, alias Shantel, transforme en reggae survitaminé le « Carolina » du Taraf des Haïdouks, lui-même déjà un détournement de « Oh Carolina », un vieux tube roots des Folkes Brothers…

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Critique de disque. Un trio international pour une musique qui mélange les genres : tango, électro et dub… Cette fusion inédite est née dans l’esprit du musicien électronique français Philippe Cohen Solal. Comme ce dernier, le pianiste suisse Christoph H. Mueller a travaillé pour des réalisateurs de films – ce fut également l’un des membres de l’éphémère formation world techno Touch El Arab. D’où une certaine aisance à créer des atmosphères prenantes. À la guitare, l’Argentin Eduardo Makaroff apporte sa grande expérience de chef d’orchestre habitué des clubs où l’on chavire aux sons du tango – il a officié à La Coupole de Paris. Tel est le trio fondateur de Gotan (tango en verlan) Project.

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Critique de disque. Le vingt-et-unième siècle sera spirituel, paraît-il. En tout cas, il a de fortes chances d’être zen. Pas forcément selon les préceptes des sectateurs japonais de cette philosophie méditative, mais sûrement à la manière des géniaux musiciens britanniques réunis sous la bannière de Ninja Tune. Pour célébrer ses quinze ans d’activité, ce label a rassemblé trente deux titres de gloire. Au départ de l’histoire, on trouve le duo Coldcut, un des principaux détonateurs de la scène électronique anglaise aux temps sautillants de la house music. Fâchés avec les requins du show business, Jonathan More et Matt Black ont sorti leur sabre et tranché dans le vif. On ne peut travailler sérieusement que si l’on reste indépendant se sont-ils dit. D’où la création de leur confrérie Ninja. Et depuis, partout sur la planète, des milliers de musiciens électro en herbe se découragent à l’écoute des productions ninjatoonesques. Ou bien relèvent le défi.

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Critique de disque. The Hour of Two Lights est un disque jouissivement déstabilisant. Que celles et ceux qui ont apprécié le Mali Music de Damon Albarn se pâment, car voici un enregistrement qui s’en rapproche. Le principe de départ est identique. Prenez un Britannique pur jus et laissez-le courir après ses fantasmes exotiques. Si le leader de Blur et de Gorillaz avait opté pour l’Afrique, Terry Hall, lui, préfère l’Orient – comme, avant lui, Jaz Coleman ou Marc Almond. Ce n’est pas une surprise quand on a suivi de près le parcours de ce chanteur singulier. Voix des Specials, des Fun Boy Three, de The Colourfield, puis vocaliste en solo, on lui connaît depuis toujours des intonations plaintives, langoureuses, mélancoliques. Personnalité attachante du rock’n’roll circus british, il ne s’est jamais fourvoyé dans des entreprises opportunistes. Ce n’est heureusement pas avec ce disque que cela va commencer.

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Critique de disque. Señor Coconut, alias Uwe Schmidt, est un artiste qui mérite de nombreuses épithètes mais, en tout cas, pas celui de raisonnable. Ce qui ne l’empêche en rien de faire ce qu’il a à faire avec le plus grand sérieux. À savoir l’interprétation de grands classiques de la musique populaire internationale de la fin du vingtième siècle à la manière cha-cha-cha. Après un remarquable recueil consacré au groupe électronique Kraftwerk, voici un florilège constitué de « Smoke on the Water » (Deep Purple), « Riders in the Storm » (Doors), « Smooth Operator » (Sade), « Oxygène » (Jean-Michel Jarre), « Blue Eyes » (Elton John), ensemble auquel s’ajoute une série de chansons originales de Schmidt. Des morceaux de choix, certains étant plus évidents à passer au mixer latino que d’autres.

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Critique de disque. « C’est l’exode du vingt-et-unième siècle ! » L’exode dont il est question dans la cavalcade sonique qui ouvre l’album d’Asian Dub Foundation, c’est celui des parias des années 2000 qui frappent aux portes de la « Fortress Europe ». Les mots d’ADF sont crachés comme des boules de feu : pas d’arrangements, pas de grimaces, comme dirait Zebda, le groupe cousin de ce collectif britannique. Comme les Toulousains, les membres d’ADF passent par le rock, le reggae, le hip hop et les musiques de leurs pays d’origine – ce sont des enfants d’émigrés du sous-continent indien installés dans le Royaume plus ou moins Uni – pour exprimer leurs points de vue. Mais ils le font avec nettement plus de brutalité que les Français. Depuis 1993, se situant dans le droit fil d’une lignée Clash – Specials – Basement 5 – Public Enemy, ADF perpétue plus une manière d’être qu’un genre musical.

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Critique de disque. Il est presque étrange que les brigands de Thievery Corporation soient citoyens des États-Unis. On les imagine plutôt européens, tant leur musique cool et serpentine est ouverte à toutes les influences possibles. Il faut dire que cette Société des Voleurs est établie à Washington, la capitale fédérale de l’Empire où l’on croise facilement nombre de résidents de contrées fort disparates. En conséquence, Eric Hilton et Rob Garza, les deux mandrins en chef se sont laissés contaminés par les musiques du monde – Hilton a d’ailleurs animé des soirées bigarrées dans des lounge bars de la ville. À l’instar des Canadiens de Bran Van 3000, Thievery Corporation brouille les pistes. Sa musique peut être qualifiée d’électro, mais elle sonne organique. Chaque titre de cet album a sa couleur bien définie (funk, reggae, latino, bossa nova, indienne, etc.), mais l’ensemble trouve sa cohérence dans cette diversité.

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Critique de disque. Les musiques qui courent les rues de Tijuana se nomment banda sinaloense ou norteno, sortes de polkas mâtinées de rythmes afro-cubains. C’est à partir de ce terreau que de jeunes fondus de musique électronique locaux et locos ont inventé la nortec (norteno-techno). Grand bien leur a pris ! Après avoir échantillonné des bribes de percussions, de cuivres et d’accordéon, ils ont greffé ces échos de la tradition sur des canevas hérités de la house, du break beat, du drum’n’bass et même de l’électro-pop de groupes européens tels que Yello. La bonne surprise est que cette alchimie produit d’excellents résultats. Les membres du collectif Nortec se succèdent sur ce disque avec un égal talent – mention spéciale à Bostich et Terrestre.

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Critique de disque. Ah ! Vienne ! Les gâteaux, le beau Danube bleu, la valse… et sa scène électro d’enfer ! Mum est l’une de ces formations qui ont émergé durant la décennie 1990 à la faveur de l’engouement généralisé pour les musiques électroniques dans l’Europe continentale, surtout au nord et à l’est, où ces musiques sont bien plus populaires qu’ailleurs. Si l’Autriche a vibré aux sons du rock, elle n’a guère laissé de traces marquantes dans ce domaine. Il ne serait pas dit que, cette fois, les musiciens viennois ne brilleraient pas. Ils sont nombreux à avoir acquis une belle renommée : Krüder & Dorfmeister, Sofa Surfers, etc. Le fait est que ces artistes sont arrivés à maturité, s’affranchissant, comme leurs collègues scandinaves, belges ou français, de la tutelle britannique.

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Critique de disque. Il fut un temps où l’Inde, puis la Jamaïque, le Maroc ou Cuba, figuraient parmi les destinations favorites des musiciens européens et nord-américains en quête de ressourcement ou d’exotisme. L’Afrique de l’Ouest est également devenue une étape obligée. Frédéric Galliano s’en est allé au Mali, en Côte d’Ivoire, Niger, Sénégal et Guinée, enregistrer onze splendides voix de femmes, dont celle de Nahawa Doumbia. Installant son studio mobile au gré des possibilités, ce troubadour électronique a durant quatre ans sillonné la brousse sahélienne et ses îlots de maquis urbains. Le principe était de capter au mieux ces voix dans leur environnement naturel, puis de leur offrir le plus bel écrin possible, à l’aide de machines pas naturelles du tout. Galliano n’en est pas à son coup d’essai.

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Critique de disque. Les musiciens électro européens raffolent des ambiances arabisantes et sèment dans leurs enregistrements, qui des violons, qui une voix féminine évanescente. Le résultat est variable… Alors, si, pour une fois, on écoutait plutôt un Marocain féru de jungle et de drum’n’bass, ces formes très percussives de la techno. Naab, berbère grandi à Brest, a baigné dans un mixe de culture familiale et de hip hop. Quelques années plus tard, comme beaucoup de ses congénères, il s’est rendu au pays de ses ancêtres pour y retrouver une part de lui-même – il est également d’origine allemande. Mais le jeune homme en quête de ses racines qu’il est n’a pas censuré l’artiste. Sur place, il a enregistré des sons et des musiciens de rencontre. À son retour, ce disque singulier pouvait naître.

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Critique de disque. « Ça fait vlam ! Ça fait splatch ! Et ça fait chtuck ! Ou bien bomp ! » : Roudoudou ne reprend pas ici le « Comic Strip » de Gainsbourg. Mais ce tenant de l’électro pop aurait pu. Son disque est en effet un festival de sons divers et d’été que l’on a l’habitude d’entendre dans les dessins animés ou de lire dans les bulles de BD. De la gaieté et du dynamisme, ce parigot tête de minot en a à revendre. C’est d’ailleurs ce qui, paradoxalement, peut présenter une difficulté pour lui. Car il en va de la musique comme il en va du cinéma : quand on s’exprime avec humour, il arrive que l’on ne soit pas apprécié à sa juste mesure. Il ne faut donc pas se méprendre et savourer comme il convient ce festival de films sonores que Roudoudou projette sur son album. Avec lui, on peut dire que l’on en voit de toutes les couleurs. Et des exotiques, qui viennent d’Afrique, du Brésil, de Polynésie… Même de l’espace ! Dans sa tête de bricoleur spatio-temporel, tout cela se bouscule un peu beaucoup.

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Critique de disque. C’est bien connu, les derviches tournent pour atteindre un point d’harmonie divine. Certains de ces musulmans soufis tournent aussi à travers le monde. C’est le cas de Mercan Dede, alias Arkin Allen, l’un de ces musiciens des temps modernes qui ne veulent pas connaître de frontières. Jeune Turc expatrié à Montréal, il s’est fait un nom de DJ électro sur les pistes de danse profanes. Revenant régulièrement au pays, où il joue aussi bien avec ses confrères soufis que dans les clubs de jazz, il a exploré une idée très simple, quoique difficile à mettre en application. Il s’agit pour lui de fondre ses multiples références en une musique syncrétique. Cela donne présentement un disque à la tonalité homogène – les compositions ont servi à un spectacle de la National Modern Dance Troupe de Turquie.

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Critique de disque. Dans les laboratoires britanniques, des alchimistes procèdent à de folles expériences. Parmi ceux-ci, les Chemical Brothers sont les plus dangereux. Come with Us, intiment-ils : venez avec nous ! Ce qui attend les imprudents : une once de mélodie et beaucoup de rythmes martelés ou égrenés, qui s’enchevêtrent avec une redoutable efficacité. Tendez l’oreille et vous serez possédé par le démon de la danse – on sait que le duo de vrais-faux frères de Manchester teste ses trouvailles sur des cobayes humains, avant de les répandre sur la planète. Pour ces sorciers, tous les ingrédients sont bons à prendre : house, rock, hip hop, folk même, le temps d’une ballade pour reprendre son souffle. La recherche de la transe par la musique est une quête universellement répandue. En Grande-Bretagne, où l’on a remplacé les tambourins par des échantillonneurs, c’est ainsi que l’on procède.

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Critique de disque. Une voix mandingue qui dialogue avec un orchestre électro jazz dirigé par un rocker français : ça sent le coup world music de saison. Sauf que ce n’est pas ça du tout. Il est vrai que la définition même de cette hypothétique union est a priori inquiétante. Et pourtant, l’enfant qui en résulte est joli comme tout. On sent que c’est un fruit de l’amour et que ses parents ont veillé à lui assurer un avenir. Sa mère est Mamani Keïta, une chanteuse qui fut la choriste de Salif Keïta, Cheick Tidiane Seck et Djelimady Tounkara. Devenue artiste par choix – ce n’est pas une griote -, elle a croisé le chemin de Marc Minelli, lequel s’est fait un nom dans le rock anglophone très prisé en Normandie dans les années 1980. Fécondé dans un studio parisien, ce disque ne pâtit pas de l’utilisation quasi indiscernable des machines électroniques par Minelli – lequel a tout de même laissé quelques craquements de vinyle dans ses échantillonnages, comme pour nous faire un clin d’œil.

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Interview. Connu d’abord comme biographe inspiré de Thelonious Monk et pianiste bop, le franco-américain Laurent de Wilde a œuvré ensuite dans un registre drum’n’bass. Puis, tout en étant revenu à la formule trio acoustique, il a récemment accompagné le rappeur et slameur Abd al Malik. Décidément insaisissable, il se produit au cours du festival Factory, consacré aux musiques jazz, électro et singulières. Il y présente PC Pieces, un travail étonnant mené avec Otisto 23, lequel utilise son ordinateur comme un instrument.

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La musique que vous jouez en ce moment est agréablement déstabilisante. On a l’impression qu’elle est tantôt jazz, tantôt électro, ou dub, ou encore minimaliste
Oui, mais ça n’est pas vraiment volontaire. Toutes ces influences font partie de moi. Les morceaux se sont créés à partir de ma façon de travailler avec Otisto.

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Critique de disque. Lancée avec majesté par le titre « Astounded », chanté par feu-Curtis Mayfield, cette salve de chansons affriolantes fait suite à Glee, prodigieux album qui annonçait la naissance d’un collectif singulier. Réunion d’esprits allumés, ce dernier frappe avec autant de puissance que Massive Attack en son temps. Les préceptes édictés par les gurus de Bristol sont d’ailleurs parfaitement suivis par les petits lutins canadiens de Bran Van 3000. D’abord, il convient de ne se faire connaître que par sa musique, d’éviter la personnalisation des uns et des autres au profit de l’œuvre commune. Ensuite, il ne faut pas avoir de préjugés : nul style musical ne doit être ignoré – même chose pour les instruments. Enfin, il est bon de faire appel à des invités choisis pour leur couleur vocale. Ici, on entend donc le soulman Curtis Mayfield, mais aussi le Sénégalais Youssou n’Dour, le rapper Big Daddy Kane, le rocker minimaliste Momus, le DJ jamaïquain Eek-A-Mouse, ou encore, l’Indien Badar Ali Khan.

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Critique de disque. … Et c’est comme cela, chers enfants, que la fée toucha les étoiles devant les habitants des forêts de béton, enfin réunis à ses pieds. Ébahis, ils étaient sous le charme des pouvoirs magiques de cet être grandiose mais d’aspect fragile. En fait, Björk – c’était le nom que portait cette fée venue d’une île faite de glace – cachait sa puissance par la grâce de son chant doux et cristallin susurrant des mots d’amour. Elle était aidée en cela par quelques elfes et lutins tout entiers dévoués à sa cause. Ils employaient des instruments de musique bien connus mais, à les entendre, personne ne pouvait déterminer la provenance des sons qui en sortaient. On crut reconnaître des harpes, une boite à musique, des violons, d’étranges machines électroniques… On perçut aussi l’écho de voix humaines en forme de chœur en ce jour de Vespertine.

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Critique de disque. Tchicapoum lalala… Les airs de Tosca sont faciles à fredonner. Le duo d’électroniciens autrichiens formé par Richard Dorfmeister et Rupert Huber fait tout son possible pour se donner l’allure d’une association prônant la fainéantise en musique. Or, ça ne marche pas, car on se rend bien compte qu’il leur a fallu travailler avec acharnement pour produire Dehli 9, un double album faussement nonchalant et réellement inventif dont le titre reprend le nom du groupe dans lequel Dorfmeister et Huber ont débuté. Il est vrai que le premier disque est basé sur des rythmiques downtempo, c’est-à-dire plus méditatives qu’agitées. On y trouve des morceaux invitant à danser sans se fouler, aussi bien physiquement que mentalement. Tour à tour colorés de teintes reggae, funk et jazz, ils sont réalisés à partir de fragments d’instrumentaux que les duettistes viennois ont joué, puis retravaillé sur leurs ordinateurs ; des vocaux parcimonieux venant ensuite agrémenter le résultat obtenu. Au sein des multiples variantes de l’électro, la musique de ce disque-là se situe parmi les plus abordables. Réchauffante par temps froid, rafraîchissante quand sévit la canicule, elle est dotée de vertus tantôt apaisantes, tantôt revigorantes.

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Critique de disque. À São Paulo, mégalopole brésilienne, un certain nombre de musiciens se sont lancés dans le courant électronique. Sans complexe, ils rivalisent avec leurs homologues européens. Cibelle Cavalli est une des personnalités marquantes de cette scène qui bouscule les canons de la pop de son pays. Jeune artiste ayant débuté enfant, elle joue la comédie, fait le mannequin et chante. Avant ce premier album publié sous son nom, on a déjà entendu sa voix sur à São Paulo Confessions, disque de Suba, un exilé serbe qui a posé les bases de ce que l’on pourrait nommer le brazilelectro – il a disparu tragiquement peu de temps après la sortie de cet enregistrement, en 1999. Cibelle, réalisé par la vocaliste, et Apollo, son complice, sort du lot. Ils ne se contentent pas, comme d’autres, de piquer des échantillons sonores dans de vieux microsillons de samba ou de bossa et de les mêler à une voix calibrée.

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Critique de disque. Soit un homme seul, chez lui, à New York, avec ses instruments, ses machines et ses sons sélectionnés avec soin. Face à lui, le monde ! Qu’il harponne allégrement, à l’aide de ses chansons joliment mélancoliques. Moby a tapé dans le mille en faisant paraître Play (plus de dix millions d’exemplaires vendus), disque dans lequel plusieurs titres mettaient en scène des voix de blues(wo)men amateurs et professionnels que ce musicien en chambre avait glané dans sa collection de disques. Il leur avait offert un écrin électro-pop aux contours habilement dessinés. Quelques années plus tard, revoilà notre capitaine solitaire reparti à la pêche à la baleine. Les voix blues échantillonnées ont cédé la place à des vocaux soul samplés – ou d’autres encore, enregistrés pour l’occasion : Angie Stone, Sinéad O’Connor, etc. – sur une partie des titres de 18, album qui en dit un peu plus sur l’univers de ce musicien.

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Critique de disque. Björk donne de la voix. Ça, on le sait depuis un moment, mais là, ce n’est pas qu’un peu. Sur ce disque, mis à part quelques effets de claviers, on n’entend que des sons humains. Des qui montent haut, des qui s’enfoncent dans des profondeurs abyssales, des râles, des souffles, des soupirs, des on ne sait pas trop quoi exactement… Quelle maîtrise ! Au moment de réaliser cet album, Björk s’en est convaincue : il était inutile d’utiliser des instruments autres que des cordes vocales. Mais sans pour autant marcher sur les traces de l’honorable Bobby McFerrin, par exemple, un habitué du chant a capella. On est tellement habitué à entendre des créateurs nous assommer de leurs intentions et prétentions que l’on se méfie de prime abord. Mais non, rien ne semble plus évident à l’écoute de ce Medúlla – terme latin qui signifie « moelle ». C’est bien comme cela qu’il convenait de procéder. La chanteuse islandaise serait issue du milieu classique, on gloserait fort pompeusement sur l’ensemble de pièces très ambitieuses qu’elle nous livre dans cet album.

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Critique de disque. Il y a du Ennio Morricone chez Amon Tobin. Comme son aîné italien, le Brésilien n’a pas peur des grandes formes, des excès en tous genres pour faire son cinéma. Mais, évidemment, les moyens employés ne sont pas les mêmes. Le premier use d’orchestres symphoniques, le second de machines électroniques. Et puis, Morricone écrit des musiques de film, tandis que Tobin, en tout cas ici, signe une musique de jeu vidéo… À l’évidence les rythmes concassés du laborantin collent à merveille aux situations inspirées par divers films d’action et d’aventure du jeu Splinter Cell – Chaos Theory (Ubisoft). Ce troisième volume d’une série à succès, met en scène l’agent états-unien Sam Fisher dont la mission est de découvrir l’être infâme qui propage un méchant virus au cœur des systèmes informatiques de la planète. Quitte à dégommer tout ce qui se met en travers de son chemin, bien sûr. Nous sommes en 2008 et la guerre menace en Extrême-Orient. Le joueur a donc intérêt à être efficace… Il est aidé en cela par tout un arsenal dont, et c’est une première, la musique. D’habitude, pour donner un peu de punch à leur création, les concepteurs de jeu choisissent des titres dans les catalogues de maisons de disques ou font composer un thème qui servira de leitmotiv. Là, on va beaucoup plus loin, car Amon Tobin a écrit dix titres. Chacun d’eux correspond à une phase de l’action.

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Interview. Il figure parmi les DJ les plus cotés sur la scène internationale. Grand mélangeur de genres dans ses sets, Laurent Garnier est aussi un compositeur de musique électronique qui aime à explorer de nouveaux espaces sonores. Pour preuve, The Cloud Making Machine, un album inventé au cours de quatre années de pérégrinations par ce globe-trotter professionnel. Le temps d’une interview, il fait halte dans les pages de routard.com.

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« Je vois passer des trains sans arrêt »

L’album sonne très urbain, presque industriel. Fait-il rérence à une ville en particulier ?
Il est très représentatif de l’endroit où je vis à Paris, un quartier très industriel, situé en face d’une déchetterie, pas très loin du boulevard périphérique et d’une gare… Une trentaine de voies se trouvent juste en bas de chez moi, ce qui fait que je vois passer des trains sans arrêt… Il y a un lien entre le fait d’avoir choisi d’habiter ici et le type de musique que j’écoute depuis très longtemps, la techno de Detroit, par exemple. Mais, après avoir été sensible à cette esthétique pendant un bon moment, je m’en lasse un peu maintenant. Peut-être que j’avais besoin de la digérer pour passer à autre chose.

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Interview. Amon Tobin est un des meilleurs compositeurs que le monde des musiques électroniques ait jamais connu. Brésilien longtemps installé en Angleterre, puis au Québec, il mène tantôt l’existence claustrophobique des créateurs en chambre, tantôt la vie errante des DJ. Son nouveau disque est également la bande originale de Splinter Cell, troisième mouture d’un célèbre jeu vidéo.

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« J’aime ce qui sonne étrangement, que ce soit d’origine électronique ou organique »

Les musiques brésiliennes sont-elles une source d’inspiration pour vous ?

Oui, mais il m’est difficile de dire de quelle manière. Je suppose qu’elles m’influencent inconsciemment, étant donné mes origines. Mais d’un autre côté, je m’en inspire parce que je les apprécie, tout autant que les musiques indiennes et africaines, par exemple.

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Interview. Roudoudou ! Derrière ce nom qui fleure bon l’enfance, s’avance Laurent Étienne, un disc jockey formé sur les ondes des radios parisiennes les plus libres, un fondu de reggae et de soul qui s’est fait une place au soleil dans le milieu de l’électro française. Ce musicien n’est cependant pas un obsédé du gros son qui tue. Son style est plus proche de celui des musicosmopolites Thievery Corporation ou Bran van 3000. Après Tout l’univers (1998), sort Just a Place in the Sun en 2002, une collection de vignettes très colorées que l’on peut qualifier avec certitude de disque-pour-les-vacances idéal. Sans pour autant le réduire à cela, car la qualité des compositions et de l’interprétation place cet album parmi les meilleurs productions électro de son époque.

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Vous faites beaucoup d’emprunts aux musiques du monde…

Elles m’ont toujours intéressées. Mon premier disque s’appelait Tout l’univers – qui reprenait le nom de l’émission que je faisais sur Radio Nova. Pour le deuxième, j’ai forcé le trait sur les couleurs ensoleillées et exotiques car j’ai envie de faire voyager les gens. Pour ça, j’utilise pas mal le sampling. J’achète beaucoup de disques à dix balles aux puces de Montreuil, des tas de pauvres albums de guitares hawaïennes ou de batucada dans lesquels je pioche des sons aux couleurs inédites. Même si la musique est nulle, la pochette où figure une jolie vahiné suffit à m’inspirer. C’est comme ça que certains morceaux sont nés.

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