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Posts Tagged ‘Opéra’

Interview. Stéphanie chante accompagnée de Mathieu à la guitare. Avec beaucoup de délicatesse, le fraternel Duo Varnerin nous offre un bouquet de mélodies françaises dont les musiques ont été composées par Fauré, Debussy, Hahn, ou Séverac, afin de porter les textes de poèmes signés Mallarmé, Verlaine ou Charles Duc d’Orléans. De sa belle voix de soprano, Stéphanie Varnerin évoque ici le travail d’orfèvre qu’elle a accompli avec son frère.

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Quand on chante des mélodies, c’est normalement un piano qui assure les parties instrumentales. Qu’est-ce que cela apporte de le remplacer par une guitare ?

Cela permet par exemple de donner de nouvelles couleurs ou un peu plus de relief à ces œuvres. Nous ne les avons cependant pas fondamentalement modifiées.

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Interview. La soprano Julie Fuchs nous offre un magnifique programme consacré au bel canto à l’Opéra royal du château de Versailles, de même que sur l’album Mademoiselle. Avec le grand talent qu’on lui connaît, elle interprète ce soir des airs de Rossini, Fioravanti, Donizetti, Raimondi, Berlioz et Barbieri en compagnie de l’Orchestre National d’Île-de-France dirigé par Paolo Arrivabeni.

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Qu’est-ce que le bel canto ?

Littéralement, cela signifie beau chant. En tant que terme générique, le bel canto qualifie un répertoire écrit pour mettre en avant la voix. On le doit à beaucoup d’Italiens, mais pas seulement. Il est associé à la période romantique, quoiqu’il soit plus ancien qu’on ne le croit.

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Interview. Manon retrouve l’Opéra Comique, où cet opéra de Jules Massenet, adapté du roman Manon Lescaut de l’abbé Prévost, est né en 1884. Il est présenté dans une production mise en scène par Olivier Py avec, dans le rôle-titre, la flamboyante Patricia Petibon. Marc Minkowski en assure la direction musicale à la tête des Musiciens du Louvre. Quelle affiche !

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Qui est Manon ?

C’est une jeune femme dont on ne connaît pas le passé, qui cherche à briller, mais aussi à exister par rapport aux hommes. Avec le chevalier Des Grieux, elle vit une histoire passionnée, tous deux formant une sorte de couple à la Bonnie and Clyde !

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Interview. Baum est un trio à cordes qui, sous le titre Ici-bas, interprète des mélodies de Fauré après les avoir arrangées sur le plan instrumental et en faisant appel à des chanteuses et chanteurs issus des univers jazz et pop. À cela s’ajoutent des « décrochages stylistiques » joués à la guitare électrique par Olivier Mellano, le directeur artistique de ce projet. On tombe sous le charme de ces airs dont on (re)découvre la profonde beauté. Sur disque, les vocalistes sont une vingtaine. Sur scène montent ce soir Camille, Élise Caron, Himiko Paganotti, Kyrie Kristmanson, John Greaves, Judith Chemla, Sandra Nkaké, Philippe Katerine.

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Dans quel état d’esprit avez-vous réalisés vos arrangements ?

L’idée était de retrouver au mieux toute la douceur qui émane des mélodies de Fauré. Nous restons fidèles aux partitions et, d’une certaine façon, nous sommes très proches de ce que l’on entend lorsqu’on les lit. Ce travail nous a demandé deux ans pendant lesquels nous nous sommes immergés dans la musique de Fauré. Plus nous plongions dedans, plus nous en tombions amoureux. Cette musique est envoûtante, à tel point que l’on surnommait ce compositeur « le maître des charmes ». Avoir réussi à mettre autant de beauté dans de petites formes telles que ses mélodies, est exceptionnel.

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Robert Carsen.jpgInterview. Pour écrire L’Opéra de quat’sous, Bertolt Brecht et Kurt Weill se sont inspirés de The Beggar’s Opera (L’Opéra du gueux), œuvre de John Gay et Johann Christoph Pepusch créée en 1728. Robert Carsen et Ian Burton en proposent une nouvelle version avec le chef des Arts florissants William Christie. Robert Carsen, qui en assure la mise en scène, évoque pour nous cette recréation.

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On connaît bien L’Opéra de quat’sous, moins The Beggar’s Opera

C’est une œuvre très particulière, importante dans l’histoire du théâtre, on peut dire qu’il s’agit de la première comédie musicale. Elle a été écrite à une époque durant laquelle on donnait beaucoup d’opéras en italien en Angleterre. Certains, comme John Gay et ses amis, trouvaient absurde que le public se presse pour voir des spectacles dans une langue qu’ils ne comprenaient pas et qui, de plus, montraient des histoires de dieux, de magiciens, etc. Ils ont donc conçu cette œuvre comme une satire de ces opéras. Composée de chansons populaires anglaises, écossaises et irlandaises, ses personnages sont d’un côté des voleurs, des assassins ou des prostituées et, de l’autre, des représentants de l’ordre corrompus. Elle tourne en dérision la capacité de l’homme à être malhonnête. Cela a été un énorme succès, les gens ont très bien compris son propos.

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Interview. Aussi savant que plaisant, le nouveau projet de la contralto Nathalie Stutzmann lui fait enchaîner des bijoux d’airs baroques, principalement italiens. Ils sont extraits du recueil Arie antiche, constitué à la fin du 19e siècle par Alessandro Parisotti. Elle nous en interprète une partie ce soir en dirigeant son ensemble Orfeo 55.

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Qu’est-ce que sont les Arie antiche ?

C’est un équivalent de la Méthode rose destinée aux pianistes, un livre d’exercices pour les chanteurs débutants qui est utilisé depuis plus d’un siècle dans le monde entier. Il se compose de plusieurs volumes et on y trouve des airs pour tous les types de voix, chacun d’eux présentant des difficultés différentes.

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Interview. Avec audace, Katie Mitchell (mise en scène) et Raphaël Pichon (direction musicale) nous proposent Miranda, un spectacle lyrique conçu à partir de musiques d’Henry Purcell (1659 – 1695) et inspiré par La Tempête de William Shakespeare. Miranda, personnage un peu en retrait dans la pièce est ici mis en avant. Elle revient 10 ans plus tard après voir connu l’exil et met en scène son enterrement, ce qui révèle ses blessures. Le chef de l’Ensemble Pygmalion nous explique sa démarche.

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Quelle a été l’idée de départ de ce projet ?

Il est né de l’envie que j’avais de me plonger dans l’œuvre de Purcell. Depuis quelques années, j’arpente les « couloirs cachés » de son répertoire, à la découverte de pièces quelque peu oubliées. Parmi celles-ci se trouvent des musiques de scène composées pour accompagner des spectacles de théâtre. Beaucoup me fascinant, notamment par leur expressivité, l’idée est venue d’inventer une œuvre nouvelle à partir d’elles.

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Interview. D.I.V.A est actuellement l’un des spectacles les plus appréciés à Paris. Sur scène, accompagnées d’un quatuor à cordes, cinq chanteuses lyriques interprètent de célèbres opéras réduits chacun à une durée de 10 minutes ! Costumées et maquillées de façon carnavalesque, leurs personnages sont très typés : la Peureuse, la Bêcheuse, la Décalée, la Coléreuse et la Diva Ultime. À l’origine de cette fantaisie, on trouve Flore Philis et Marie Menand. L’une commençant une phrase et l’autre la terminant, leurs propos sont rapportés ici comme dits d’une seule voix.

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Comment est né ce projet ?

Nous nous connaissions depuis un an quand nous avons réfléchi à un spectacle qui serait différent de ce qui existe et qui nous ressemblerait. En plus de cela, nous tenions à ce qu’il soit entièrement féminin. En trois jours, le concept était défini. Si trouver un producteur a pris un peu plus de temps, tout est allé très vite. Les personnages que nous avons créés représentent chacun une facette des divas que nous avons pu rencontrer, la personnalité de chacun d’eux évoluant au cours du spectacle. Ces images fantaisistes qu’ils renvoient sont contrebalancées par le sérieux absolu de l’aspect musical de ce show.

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Dossier. Rock, électro, chanson, jazz, opéra… D’importants festivals rassemblent à travers la planète des centaines de milliers de mélomanes addicts aux sons des plus renommés artistes du moment. Pour vous aider à trouver la manifestation qui se trouvera sur votre route cet été, à moins qu’elle soit votre destination principale, routard.com vous invite à découvrir les programmes de 25 festivals incontournables. Ils le sont d’autant plus qu’ils se déroulent la plupart du temps sur ou tout près de sites remarquables : mer, montagne, nature, ville majeure… Pas étonnant que ces festivals soient des locomotives pour le tourisme !

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Interview. Le chanteur contralto célèbre la création de son Académie musicale au sein de la nouvelle Seine musicale. La ferveur souriante de cet artiste plein de charme va s’exprimer ce soir à travers un concert donné en compagnie de quelques-uns de ses amis.

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Quel est le programme de la soirée ?

Elle prend la forme d’un parcours à travers l’histoire de l’opéra, de Monteverdi à Offenbach en passant par Purcell, Mozart, Bizet… L’idée est de faire la promotion de l’académie tout en faisant la fête dans ce lieu merveilleux, ni trop grand ni trop petit, qu’est l’auditorium de la Seine musicale, un bâtiment incroyable. La soirée sera sérieuse sur le plan musical, mais pour l’ambiance, je pense qu’elle va vite dégénérer ! (rires)

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Interview. À la tête de l’Orchestre national de France, Louis Langrée dirige Pelléas et Mélisande, une œuvre de Debussy qui le passionne depuis longtemps. Mise en musique d’une pièce de Maurice Maeterlinck, son intrigue est simple : Pelléas et Mélisande s’aiment, mais cette attirance est contrariée par Golaud. Cette nouvelle production est mise en scène par Éric Ruf, costumée par Christian Lacroix et interprétée notamment par Patricia Petibon. Une sacrée distribution !

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Pelléas et Mélisande compte beaucoup pour vous…

Sa découverte a été un choc fondamental pour moi. C’est cette œuvre qui m’a fait apprécier l’opéra. Avant, je n’aimais que la musique de chambre, le piano ou les pièces orchestrales.

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Interview. Un violoncelle qui chante au sein d’un chœur, voilà qui n’est pas banal. C’est Henri Demarquette qui en tient l’archet ce soir sous les ogives gothiques de la nef du collège des Bernardins au milieu des vocalistes de Sequenza 9.3, ensemble dirigé par Catherine Simonpietri. Il nous explique ce qui fait la spécificité de Vocello, ce divin projet qui les a réunis.

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D’où vous est venue l’idée de jouer avec un ensemble vocal ?

Vocello est né d’un désir que j’avais depuis longtemps. À l’origine, il y a le souvenir de ces chorales qui ont bercé mon enfance en Afrique. J’ai eu envie de retrouver l’émotion qu’elles suscitaient en moi en mariant les sonorités de chanteurs a capella avec celles de mon instrument, lesquelles sont très souvent comparées à celles de la voix humaine. La rencontre avec Catherine Simonpietri et Sequenza 9.3 a été décisive. Ensemble, nous avons créé un son nouveau, c’est un cocktail dont la saveur est immédiate. Une telle association étant inédite, ou presque, il m’a fallu créer un répertoire en m’adressant à des compositeurs d’aujourd’hui.

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Interview. L’Opéra-comique va rouvrir ses portes en mars après travaux, mais son premier spectacle est donné au Châtelet, salle qui va elle-même ensuite fermer afin que soient effectués d’autres travaux… Vous suivez ? Donc, voici Fantasio, une œuvre d’Offenbach qui renaît 150 ans après sa création, grâce à un minutieux travail de reconstitution de sa version originale. Le thème : le jeune Fantasio se fait passer pour un bouffon défunt qu’aimait une princesse. C’est Laurent Campellone qui dirige cet opéra.

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En quoi consiste la reconstitution de cet opéra ?

Cela fait une vingtaine d’années que Jean-Christophe Keck travaille sur les partitions d’Offenbach. Ce qu’il a reconstitué, c’est l’œuvre originale créée à Paris en 1872, dont la partition fut partiellement détruite lors d’un incendie. Ce fut un échec public, son compositeur étant victime du succès phénoménal qu’il avait connu durant le Second Empire, régime qui venait juste de disparaître. Offenbach modifia ensuite sa partition, notamment en confiant le rôle-titre à un ténor au lieu d’une mezzo, son choix initial.

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Interview. Les opéras baroques permettent souvent de produire des spectacles féeriques. C’est le cas de Didon et Énée, chef-d’œuvre de l’Anglais Henry Purcell datant de 1689. La production présentée à Versailles, qui est mise en scène par Cécile Roussat et Julien Lübek, se compose notamment de danses, de mimes, d’acrobaties et d’effets spéciaux théâtraux. En ce qui concerne la musique, c’est Vincent Dumestre qui tient la baguette à la tête de son ensemble, le Poème Harmonique. L’intrigue : les amours contrariées de Didon, reine de Carthage, et d’Énée, prince de Troie.

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Quelle place tient Didon et Énée dans l’histoire de la musique ?

C’est le seul opéra qu’a composé Purcell. Il a pour particularité d’être très court, d’une grande densité. On ne s’y perd pas en histoires secondaires comme c’est souvent le cas dans d’autres œuvres lyriques. Le livret de Nahum Tate et la musique font preuve de force et de simplicité. Amour, devoir, fatalité… Ses thèmes nous parlent encore aujourd’hui.

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Interview. La grande mezzo Karine Deshayes nous plonge dans l’histoire de l’opéra à travers des airs exposant différents types d’héroïnes. Elle est accompagnée pour cela de sa consœur Delphine Haidan, du pianiste Dimitris Saroglou et du journaliste Jean-Michel Dhuez, de Radio Classique, qui apporte un éclairage sur les morceaux interprétés.

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karine-deshayes-c-aymeric-giraudelEst-ce que l’on peut qualifier ce spectacle de récréation pour vous qui vous produisez dans de grandes productions d’opéra ?

Pourquoi pas, à ceci près qu’il est préparé avec autant de sérieux qu’une prise de rôle ! Ce spectacle, comme tous ceux que je réalise avec Delphine Haidan est conçu pour nous rapprocher du public, notamment des gens qui n’osent pas aller à l’opéra. Nous leur disons en quelque sorte : venez nous écouter comme vous allez à une exposition, vous n’avez pas forcément besoin de tout connaître des œuvres présentées pour les apprécier.

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Béatrice Uria-Monzon 2Interview. Radio Classique organise une grande fête en l’honneur de Jacques Offenbach, compositeur du 19e siècle qui reste très populaire. Diverses facettes de son œuvre sont présentées avec la complicité de ces vocalistes de grand talent que sont Amélie Robins (soprano), Florian Laconi (ténor), Florian Sempey (baryton), Karine Deshayes et Béatrice Uria-Monzon (mezzo-soprano). Cette dernière nous confie en quelle estime elle tient ce musicien.

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Quels sont les mots qui vous viennent à l’esprit quand on évoque le nom d’Offenbach ?

Joie, légèreté… C’est un compositeur de musique enlevée, agréable à chanter, qui a porté un regard critique sur sa société tout en étant le plus souvent d’une gaieté folle.

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SALZBOURG 1Salzbourg compte parmi les villes autrichiennes les plus touristiques. À juste titre, étant donné ses trésors architecturaux, ses musées ou encore ses festivals. Durant l’année 2016, elle célèbre plusieurs jubilés riches en événements, dont les plus importants se rapportent au rattachement de cette cité à l’Autriche et à la mémoire de Mozart qui y a passé son enfance.

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Amel Brahim DjelloulInterview. La fascination des Occidentaux pour l’Orient s’est notamment manifestée au XIXe siècle et au début du XXe dans le domaine de la musique. Inaugurant le cycle de quatre concerts Désirs de l’Orient, la lumineuse soprano Amel Brahim-Djelloul le prouve en donnant des pièces de Delage, Saint-Saëns, Caplet, Pierné, Massenet, Pillois et Stravinsky au cours de concerts intitulés L’Invitation au voyage.

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Tous les airs que vous allez chanter évoquent des contrées lointaines…

Ils ont été écrits sous l’inspiration de voyages ou de récits de voyage. Touchés par un souffle venu d’ailleurs, leurs compositeurs y abordent des langages musicaux différents de ce qui se pratiquait en Occident. Ils restent très énigmatiques. On y entend souvent de petites phrases en suspens qui se résument parfois juste à une idée. J’aime beaucoup ce répertoire qui est à la fois impressionniste, charmant et ludique.

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MAX EMANUEL CENČIĆ - Photo Anna HoffmannInterview. Le contre-ténor croate a le chic pour nous faire presque oublier que les airs qu’il chante datent de l’époque baroque, tant ses interprétations sont vivantes. La souplesse de sa voix y est pour beaucoup. Le concert de ce soir est consacré à des extraits d’opéras napolitains du XVIIIe siècle formidablement bien choisis, certains étant rarement interprétés de nos jours.

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Qu’est-ce que les airs de votre programme ont de particulier ?

L’Italie, et singulièrement Naples, est au début du XVIIIe siècle une terre des plus fructueuses sur le plan de la musique. Ces airs sont très modernes pour leur époque, celle des castrats triomphants. Bien sûr, la musique a beaucoup évolué depuis ce temps, mais il faut réaliser qu’ils étaient extrêmement novateurs. Jusqu’alors, on n’avait pas entendu d’airs permettant aux artistes de combiner diverses manières de chanter (aigu, colorature…) et une expressivité dramatique à ce point élevée. Pour les interpréter, et on peut dire cela d’une façon générale au sujet de la musique baroque, il faut être très vigilant sur le plan technique, que la voix soit flexible, mais il est aussi nécessaire de se laisser pénétrer par les émotions intenses qu’ils expriment. Cela prend des années pour obtenir un tel résultat et demande un travail constant si l’on veut continuer ensuite sur cette voie.

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Sébastien_Daucé_photo_MolinaVisuals 10Interview. Le claveciniste Sébastien Daucé a entrepris la reconstruction d’une œuvre monumentale datant de 1653 : le Ballet royal de la nuit. Dans la distribution originale figurait le jeune Louis XIV qui y apparut pour l’éternité en Roi-Soleil mettant fin aux ténèbres. La première étape de ce projet est présentée sous la forme d’un concert donné par l’Ensemble Correspondances, qui réunit une vingtaine de chanteurs et instrumentistes dirigés par Daucé.

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À quelle occasion a été créé le Ballet Royal de la Nuit ?

Au XVIIe siècle, le ballet de cour est le grand spectacle par excellence. Tout y mélangé : la musique, la danse, le théâtre… Le Ballet Royal de la Nuit a ceci de particulier qu’il prit des dimensions exceptionnelles. Il s’agissait pour Mazarin d’asseoir le pouvoir du roi au sortir de la Fronde. Certains témoins racontent qu’il durait douze heures. Il faut dire qu’un spectacle comme celui-ci comprenait beaucoup de temps morts au cours desquels on manœuvrait des machines, des décors…

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Interview. Le Festival Palazzetto Bru Zane à Paris vous propose un voyage au cœur de la musique romantique française en six concerts. Son point dArnaud Marzoratie départ est Le Ventre de Paris. Ce réjouissant spectacle est l’œuvre de la Clique des Lunaisiens dont l’un des master chefs est le baryton Arnaud Marzorati, lequel évoque ici le menu du dîner musical servi aux… Bouffes du Nord.

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Comment vous est venu l’idée de ce spectacle ?

L’objectif du centre de musique romantique Palazzetto Bru Zane étant de porter un regard neuf sur les répertoires du 19e siècle, nous avons proposé ce spectacle en forme d’ode à la nourriture. Elle est omniprésente dans les opéras comiques, les opérettes et les chansons écrits en France durant cette période, laquelle fut celle des grands cuisiniers.

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opéra comique - salleReportage. L’Opéra Comique célèbre ses 300 ans à partir de cet automne. Cette institution a connu bien des vicissitudes, mais aussi des heures glorieuses, comme nous le rappelle son directeur Jérôme Deschamps, lequel peut se vanter d’avoir redonner des couleurs aussi bien au genre, typiquement parisien, qu’à la salle qui lui est dédiée.

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Felicity LottInterview. La soprano anglaise Felicity Lott nous reçoit dans le Grand salon du musée Jacquemart-André pour deux soirées conjuguant la prose de Marcel Proust et la musique de Reynaldo Hahn, lesquels furent très liés. Comprenant une visite du musée et la dégustation d’une coupe de champagne, le programme se constitue d’extraits de Un amour de Swann lus par le comédien Alain Carré et de mélodies chantées par Dame Felicity, qui sait être aussi émouvante que malicieuse. Elle est accompagnée au piano par Jacqueline Bourges-Maunoury.

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Êtes-vous une proustienne chevronnée ?

Oh, j’aimerais bien. Mais, comme pas mal de gens, j’ai commencé à lire son œuvre sans jamais le terminer. Il faut beaucoup de temps et de quiétude pour cela. Or, je suis toujours en train de courir ! Cela dit, j’ai suffisamment lu de romans et de lettres de Proust pour apprécier sa merveilleuse écriture, en particulier son humour. Sa façon de décrire sa société ne suscite pas des éclats de rire, mais elle fait naître de grands sourires sur les visages de ses lecteurs.

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JEAN-CHRISTOPHE SPINOSIInterview. À la tête de l’ensemble Matheus, le fougueux Jean-Christophe Spinosi a enthousiasmé à maintes reprises le public en interprétant des œuvres de Vivaldi. Rossini, qui fait l’objet d’un festival jusqu’en juin au Théâtre des Champs-Élysées, est l’un des autres compositeurs qu’il sert avec passion. On va s’en rendre compte en le voyant diriger Otello, un magnifique opéra créé en 1816 d’après la pièce de Shakespeare.

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La présence de Cecilia Bartoli dans votre spectacle est un événement en soi…

C’est en effet sa première prise de rôle sur scène à Paris depuis 25 ans. J’ai déjà travaillé avec elle plusieurs fois et c’est un bonheur de la retrouver à cette occasion. Elle est la fois une virtuose et une grande actrice qui aborde ses personnages en s’intéressant avant tout à leur psychologie et cela en s’investissant énormément. Il y a chez elle une quête de vérité exceptionnelle. Son interprétation de Desdémone suscite en vous une émotion telle qu’elle vous tire les larmes des yeux. Les membres de l’ensemble Matheus comme moi-même partageons cet engagement.

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Interview. La mezzo suédoise a sélectionné une série de pièces extraites d’opéras baroques italiens du XVIIe siècle qui ont pour particularité de posséder un fort pouvoir dramatique. Elles donnent à cette grande artiste l’occasion d’exprimer une belle variété de sentiments. L’écrin instrumental est fourni par l’ensemble Cappella Mediterranea dirigé par Leonardo Garcia Alarcon. Après ce récital inédit organisé à Gaveau, Anne Sofie von Otter reviendra à Paris pour une reprise de son concert dédié aux musiciens de Terezin.

ANNE SOFIE VON OTTER÷

Comment avez-vous constitué votre programme intitulé Sogno barocco ?

J’ai choisi des scènes extraordinaires que je n’avais jusqu’à présent jamais eu la chance d’enregistrer et de réunir sur scène. Ce sont des chants déclamatifs du génial Monteverdi, de Provenzale, de Cavalli et de Rossi qui permettent d’interpréter différents types de personnages sur le mode de la tristesse, de la folie, de l’ironie ou de la comédie. Ils sont issus des premiers opéras, lesquels comportaient des textes très expressifs, plus que dans les œuvres qui leur ont succédé.

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Interview. La contralto Nathalie Stutzmann rend hommage aux chanteuses à voix grave de l’époque baroque, celles que l’on surnommait les « castrats en jupon » ! À cette occasion, elle interprète des airs d’Antonio Vivaldi en dirigeant elle-même l’ensemble Orfeo 55.

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Nathalie StutzmannPourquoi votre récital est-il composé uniquement dairs de Vivaldi ?

Vivaldi a écrit pour toutes sortes de voix, mais sa préférence allait vers les voix de femmes alto. Il a composé de très nombreux airs pour les jeunes filles pensionnaires de l’Ospedale della Pietà de Venise, où il était professeur de musique. C’est un répertoire qui me passionne depuis longtemps. Avec un musicologue, nous avons fait un long travail de recherche qui a aboutit à la découverte d’airs inédits que je chante en plus de magnifiques bijoux extraits de la centaine d’opéras de ce compositeur. Tous mettent en valeur la voix alto.

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Interview. La love affair entre la France et la soprano suédoise d’origine états-unienne Barbara Hendricks dure depuis quatre décennies. Pour preuve, elle est l’une des principales invitées du festival destiné à un large public qu’organise Radio Classique dans le temple du music-hall parisien, l’Olympia. Au cours de la soirée dont elle est la vedette vont se succéder d’autres importants artistes.

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Qu’allez-vous chanter au cours de la soirée ?

Je vais interpréter des airs extraits des Noces de Figaro car Mozart est un compositeur qui, par les émotions qu’il exprime, est tout à fait apte à toucher le public de ce festival lequel, en grande partie, n’a jamais écouté de la musique classique en concert. J’apprécie beaucoup ce type d’événement car il soulève toujours un enthousiasme incroyable. Cette manière de présenter le classique de façon détendue me rappelle ces émissions de télévision diffusées en prime time, comme Le Grand échiquier, qui malheureusement n’existent plus. Elles permettaient au plus grand nombre de découvrir aussi bien des stars que des jeunes talents.

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Interview. Respectivement prince et princesse, Ariodante et Ginevra s’aiment et vont se marier. Mais un funeste jour, voilà que… Pour interpréter le rôle masculin d’Ariodante, opéra de Haendel donné ici en version concert, on retrouve ce soir la mezzo Joyce DiDonato. À l’origine, en 1735, il fut tenu par un castrat. Ce bouleversement des genres, typique de l’époque baroque, est le thème de Diva, Divo, le dernier disque de l’ardente Joyce.

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Comment aborde-t-on les rôles masculins quand on est une femme ?

Tout simplement en se concentrant sur ce qui est dans la partition. Ce qu’expriment les mots et la musique vous donne les indications nécessaires. Dans les opéras comme dans la vie, il n’y a pas deux hommes identiques. Certains sont impétueux, d’autres fragiles… D’autres encore ne sont pas clairement définis, ce qui est très intéressant sur le plan de la psychologie. C’est le cas d’Ariodante, un rôle que j’adore. C’est un personnage plein d’humanité, avec ses bons et ses mauvais côtés. Il est capable de souhaiter la mort de sa bien-aimée avant de revenir à des sentiments plus nobles.

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Interview. Une décennie après sa fondation, l’ensemble instrumental et vocal baroque Le Concert d’Astrée conserve cette fraîcheur d’âme qui lui a valu d’être instantanément considéré comme une formation majeure dans son domaine. Toujours dirigé par Emmanuelle Haïm, il célèbre son anniversaire en compagnie de stars comme Natalie Dessay, Patricia Petibon, Sandrine Piau, Anne Sofie von Otter, Philippe Jaroussky, Rolando Villazón… Notez que les recettes du concert sont destinées à la recherche contre le cancer.

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Vous réunissez un superbe plateau pour ce concert anniversaire…

Mon idée de départ était d’inviter quelques-uns des chanteurs qui nous accompagné depuis dix ans. À l’arrivée, tous ceux que j’ai sollicités ont répondu présent, certains vont faire l’aller-retour dans la soirée… Je ne m’attendais pas à cela ! Nous allons joué des airs de Lully, Rameau, Purcell et Haendel qui nous ont marqué. Il y aura des moments graves, légers et même humoristiques. Par exemple, des duos d’amour vont se transformer en trio, quatuor ou quintette. Cela donnera l’occasion à des chanteurs de se retrouver ensemble sur une scène pour la première fois.

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Interview. Yvette et Sigmund est une « fantaisie lyrico-pseudo-psychanalytique » imaginée par la mezzo Hélène Delavault. Ce nouveau spectacle, proposé avec la complicité de Jean-Pierre Drouet au piano, est bien dans sa manière. Piquant, drôle et intelligent, il est constitué de chansons d’Yvette Guilbert, diva des cafés-concerts des années 1900 (« Le Fiacre »…) et évoque l’admiration que lui portait Sigmund Freud.

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Hélène DelavaultQu’est-ce qui vous attire chez Yvette Guilbert ?

J’aime beaucoup son ironie, son humour. J’ai déjà interprété un certain nombre de ses chansons dans un précédent spectacle, L’Absinthe, que j’ai donné avec sa dernière accompagnatrice, Irène Aïtof – elle vient de décéder à l’âge de 102 ans. Elle m’a montré comment Yvette les chantait. Quand j’ai appris que Freud l’admirait, je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire sur cette relation.

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SANDRINE PIAUInterview. Avec le baryton basse Ildebrando d’Arcangelo, la belle soprano « baroqueuse » donne des airs d’opéras et d’oratorios de Haendel en compagnie de l’ensemble Modo Antiquo dirigé par Federico Maria Sardelli. Tous deux viennent chacun de consacrer un disque à ce compositeur dont on célèbre cette année le 250e anniversaire de la mort.

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Vous revenez régulièrement à Haendel…

Ce qui me frappe le plus chez lui, c’est que sa musique provoque une très grande émotion, elle « prend aux tripes » grâce à des effets que l’on pourrait qualifier de pyrotechniques. En même temps, elle est exigeante du point de vue technique envers ses interprètes.

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Interview. Chanteur à la voix alto et meneur du Seminario Musicale, Gérard Lesne propose ce soir un spectacle hors du commun. Dans Le Mythe du centaure, il concilie en effet l’art équestre et la musique baroque. Des airs de Luigi Rossi (vers 1597-1653) sont au programme de cette féerie donnée dans le cadre des ruines de l’abbatiale sur le site de l’abbaye de Royaumont.

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Mêler musique et art équestre n’est a priori pas une chose facile…

Comme je pratique l’équitation et que j’aime mélanger les disciplines, ce n’était pas difficile pour moi d’imaginer ce spectacle et, à présent, de l’interpréter. C’est sans doute moins évident pour l’écuyer qui, lui, a plus de handicaps techniques à surmonter. Il a par exemple besoin de repères rythmiques pour effectuer galops, trots ou couchés. Mais nous avons trouvé des solutions…

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Interview. Charmant opéra d’inspiration romantique d’Ambroise Thomas, Mignon retrouve l’Opéra comique, salle où il a été créé en 1866, d’après Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister, un roman de Goethe. François-Xavier Roth dirige l’Orchestre Philharmonique de Radio France lors de cette nouvelle production. En marge, il interprète une pléiade de compositeurs français à la tête des Siècles, sa formation.

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Quelles sont les qualités de Mignon, œuvre aujourd’hui méconnue ?
D’abord il faut rappeler que c’est un opéra qui a connu un succès retentissant à travers le monde. Il a été joué plus de mille fois du vivant de son compositeur. Ce record n’a jamais été égalé. C’est un ouvrage incroyable, riche en rebondissements théâtraux et en airs d’une grande variété. Le tout est brillant, voire flamboyant si je peux me permettre ce mot, étant donné que c’est durant l’une de ses représentations qu’a débuté l’incendie qui a ravagé l’Opéra comique en 1887 !

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Interview. Airs d’opéras, d’opérettes, mélodies… Accompagnée de la pianiste Erika Guiomar, la délicieuse soprano Sarah Vaysset nous offre un florilège d’airs du XIXe siècle faisant volontiers rimer exotisme et érotisme. Ce récital au programme original a été imaginé par une jeune chanteuse qui par ailleurs, avec plusieurs de ses confrères et consœurs, s’est lancée dans une aventure audacieuse : l’opéra en appartement !

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Comment avez-vous constitué votre programme ?
Les œuvres bâties autour de thèmes exotiques dans la musique du XIXe siècle sont incroyablement nombreuses et souvent pittoresques. Les personnages de femmes séductrices abondent : reine des îles, créole, princesse japonaise… Ce qui est amusant, c’est que la très grande majorité des auteurs et compositeurs de cette époque n’ont jamais mis les pieds hors d’Europe. Leur idée des pays exotiques et du lointain est donc largement fantasmée !

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Interview. María-Felicità García est née le 24 mars 1808 à Paris. Connue comme la Malibran (nom de son mari), elle deviendra une des plus importantes figures du monde musical romantique. 200 ans après cette naissance (jour pour jour), la Bartoli lui rend hommage. La mezzo soprano ne lésine pas sur son cadeau d’anniversaire : une journée entière de musique !

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Qu’est-ce qui vous a particulièrement attiré dans la personnalité de la Malibran, au point de lui rendre un hommage au disque et durant une journée entière sur scène ?
Maria Malibran, c’était la Madonna de son temps ! Elle est toujours un mythe aujourd’hui, bien qu’on connaisse peu de choses sur elle. Aussi, quand je me suis mise à étudier sa vie et son art, j’ai trouvé formidable d’en révéler certains aspects à l’approche du 200e anniversaire de sa naissance. Ce que l’on sait d’elle, c’est par exemple qu’elle était capable de donner plusieurs récitals en une Cecilia Bartolisoirée, ce qui était fréquent à l’époque. Pour cette journée, il me paraissait évident qu’il fallait que je rende un hommage « malibranesque » ! Plus sérieusement, j’ai trouvé plus judicieux de montrer toutes les facettes de sa personnalité artistique en trois performances plutôt qu’en un seul concert. Elle était en effet chanteuse de salon, de concert et d’opéra, ainsi d’ailleurs que compositrice et muse ; elle était très proche de gens comme Paganini, Liszt et Mendelssohn.

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Interview. C’est un contre-ténoPHILIPPE JAROUSSKYr qui monte dans les aigus comme dans l’estime des amateurs de musique baroque. Au moment où sort son hommage discographique au castrat Carestini, il donne ici Aminta et Fillide, une rare cantate de Haendel en compagnie de la soprano Nuria Rial et de l’Ensemble Artaserse.

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Lors du concert de ce jour, vous allez nous chanter une œuvre très peu entendue…
C’est une œuvre de jeunesse de Haendel, de celles qu’il a écrites lors d’un séjour en Italie et qui ont révélé son génie. Il a été subjugué par les musiques de Scarlatti et Corelli, qu’il a rencontré, au point de les assimiler. Aminta et Fillide est un mini opéra qui raconte l’histoire d’un berger tentant désespérément de séduire une bergère.

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Interview. Une voix exceptionnelle, une expressivité débordante : Rolando Villazón a été très vite adopté par le public parisien, dès ses premières apparitions sur scène. Ce ténor d’origine mexicaine rencontre ce soir son homologue péruvien Juan Diego Flórez. Avec l’Orchestre de Prague dirigé par Michele Mariotti, ils donnent en solo et en duo des airs d’opéra de Rossini, Gounod, Verdi, ainsi que des chansons traditionnelles sud-américaines du XIXe siècle.

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Avez-vous déjà chanté avec Juan Diego Flórez ?
Non, mais nous nous connaissons bien. Nous nous sommes rencontré très souvent à New York, Vienne, etc. C’est un rossinien de premier ordre, sa technique et son art sont au plus haut niveau. Pour moi, c’est le plus grand chanteur de l’histoire de l’opéra !!!

Quel est votre Rolando Villazóndomaine musical préféré ?
L’opéra en général. Peu importe le style : bel canto, vériste ou baroque. Ce qui compte pour moi, c’est d’interpréter au mieux un personnage. Si la technique est importante, la dramaturgie l’est encore plus. Bien sûr, on ne peut pas tout chanter, mais on peut toujours s’adapter, jusqu’à la dernière limite.

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Interview. Le ténor français ne se contente pas d’être l’interprète des plus grands rôles écrits par les compositeurs d’opéra. Avec ses frères Frédérico et David, il a conçu Le Dernier jour d’un condamné, une œuvre lyrique inspirée par le court roman de Victor Hugo qui porte le même titre. Cette saisissante confession d’un homme qui va être guillotiné est un chef-d’œuvre de la littérature romantique. Roberto Alagna est bien entendu à l’affiche de cette création donnée pour deux soirs en version concert.

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Comment vous est venue l’idée de cet opéra ?
Il y a sept ans, je me trouvais à Chicago et je me sentais très seul dans ma chambre. En discutant au téléphone avec mon frère Frédérico, je lui ai lancé en forme de boutade que j’avais l’impression d’être un condamné en attente de son exécution. Il m’a dans la foulée envoyé le livre de Victor Hugo, lequel m’a interpellé. C’est comme cela que je me suis mis à écrire l’ébauche d’un livret, en utilisant uniquement les mots d’Hugo. Mes frères ont trouvé ça bon et se sont mis eux aussi au travail.

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Interview. Ses performances vocales, son caractère tonique et enjoué font qu’elle abat les barrières culturelles. Elle est de ces artistes qui amènent un très large public à apprécier l’art lyrique en toute simplicité, tandis que les connaisseurs savourent la finesse de son chant. En janvier, on va pour le première fois découvrir cette soprano en Cléopâtre sur la scène du Palais Garnier, dans une nouvelle production de Giulio Cesare, opéra de Haendel mis en scène par Laurent Pelly et musicalement dirigé par Emmanuelle Haïm. Une bonne occasion d’aller à sa rencontre !

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Vous avez commencé le chant vers vos 20 ans. Vu du côté du grand public, on se dit que c’est atypique. Qu’en est-il vraiment ?
Nous sommes tous atypiques de ce point de vue. La voix, c’est le seul instrument que l’on peut commencer à pratiquer tardivement. En ce qui NATALIE DESSAYconcerne le chant opératique, c’est même une obligation car la voix change à l’adolescence. Si vous avez débuté très tôt, il faut tout reprendre à l’âge adulte. Dans mon cas, j’ai d’abord fait de la danse et du piano, comme beaucoup de gens. C’est en abordant le théâtre que l’occasion de chanter s’est présentée à moi. Comme mon but était de monter sur scène, je me suis dit que ce serait plus rapide d’y parvenir en tant que chanteuse qu’en tant que comédienne, que je rencontrerais moins de concurrence.

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Critique de disque. Créé en 1928 par le compositeur Kurt Weill et le dramaturge Bertolt Brecht, l’Opéra de quat’sous a connu un sort hors du commun. Les chansons qu’il comprend sont devenues des standards repris par des artistes de tout pays et tout style (le fameux « Mack the Knife », par exemple). Excessivement moderne, l’œuvre est bâtie sur des bases classiques et adopte les formes en vigueur dans la chanson de cabaret berlinoise ; le tout étant saupoudré d’une pincée de jazz syncopé. Grâce à elle, on perçoit ce que pouvait être l’esprit frondeur des Berlinois avant que la barbarie nazie ne le détruise. Repris à l’occasion du centenaire de la naissance de Kurt Weill (1900-1950), cet opéra populaire fait l’objet ici d’une révision basée sur une édition de la partition savamment reconstituée.

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Critique de disque. Expressive, subtile et émouvante, Catherine Bott est l’une des plus belles voix de la scène baroque. Quelle autre chanteuse pouvait interpréter aussi bien ces Mad Songs qui permettent de comprendre pourquoi les Anglais en remontrent à la terre entière en matière d’inventivité musicale ? Les « chansons folles » que recèle ce disque ont été écrites aux XVIIe et XVIIIe siècles. À cette époque, la haute société aimait se rendre dans les hospices pour observer le comportement des aliénés.

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