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Posts Tagged ‘Pakistan’

Critique de disque. Prêt pour une superbe balade en terres hautement spirituelles ? Alors en route. Le Qalandar Express est un train qui, chaque année au mois d’octobre, mène des pèlerins au village de Sehwân Sharif situé dans la province pakistanaise du Sindh. Là, les fidèles vénèrent la mémoire de Qalandar, un saint soufi de notre 13e siècle. Montent à bord du disque présent, les cinq musiciens de l’ensemble Badila pour une belle échappée dans les répertoires mystiques d’Inde et d’Asie centrale : raga, maqâm, qawwâli… Rapprocher comme ils le font des pièces musulmanes et hindoues n’est pas une lubie. Il existe en effet une caste de musiciens et poètes dont la zone d’activité s’étend le long de la frontière indo-pakistanaise et qui chantent tout aussi bien les louanges des saints soufis et de Krishna. Ils se nomment les Manghaniyars. Mame Khan, l’un des deux chanteurs de Badila, est issu de ce clan qui a bien du mérite de pratiquer l’œcuménisme là où les conflits religieux sont souvent sanglants.

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Critique de film. La collection Histoires d’actualités aborde les rivages de l’Inde et du Pakistan. Lourde de dangers pour le monde, la difficile coexistence de ces deux États est ici détaillée.

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L’entrée en matière de ce montage d’archives est majestueuse. En 1899 à Bénarès, des opérateurs britanniques tournent les toutes premières images filmées d’une contrée ô combien mythique. Elles sont suivies de celles L’INDE, LES TOURMENTS DU SIECLErecueillies trente ans plus tard par une équipe d’Albert Kahn. Fastes des Maharadjahs obsolètes, plans fixes de passants : que savait-on de l’Inde en ce début de siècle ? Pas grand chose. Le commentaire se charge de dresser un rapide et efficace exposé de la situation. Au début du XXe siècle, elle est sous domination anglaise et comprend une multitude d’hindous, ainsi qu’une forte minorité de musulmans, lesquels sont majoritaires dans certaines régions.

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Critique de disque. Quand on explore les traditions musicales du monde, il arrive qu’on en écoute certaines un grand sourire aux lèvres. C’est ce qui risque de vous arriver si vos prêtez vos oreilles à Mazhar Shagan. Non pas que ce musicien œuvre dans une quelconque voie drolatique. Pas du tout. Ce Pakistanais du Penjab interprète des ragas. Il n’y a pas de quoi rire donc. Seulement, il nous les livre en jouant de la mandoline et du rebab. Pas du sitar comme c’est généralement l’usage. Et, bien que Mazhar Shagan suive scrupuleusement tous les codes traditionnels, on s’amuse beaucoup à constater que ce simple changement d’instrument modifie grandement la perception que l’on a habituellement de ce type de musique savante. Mazhar Shagan n’est pas un expérimentateur tel qu’on en trouve à foison en Occident. Il est membre d’une famille de Lahore, vouée à la musique depuis des lustres – son père est le chanteur Ustad Gulam Hassan Shagan. En procédant comme il le fait, il retourne aux sources mogholes et persanes qui ont en partie donné naissance à la culture hindoustani du nord des Indes.

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Critique de disque. Voilà une musique insouciante, pas sérieuse, mais qui mérite d’être écoutée avec le plus grand intérêt. On connaît les caractéristiques du cinéma de divertissement indien issu des studios hollywoodiens de Bombay. Une histoire d’amour, des gentils, des méchants, une sensualité bridée, des références à de riches légendes, des couleurs flamboyantes, de parfois beaux mouvements de caméra… Et puis, de la musique ! Né en 1924 dans ce qui deviendra le Pakistan, Mohammed Rafi est l’un de ces grands chanteurs qui, en play-back, ont prêté leurs voix aux vedettes de l’écran du sous-continent. Il a rempli cet office durant une quarantaine d’années, jusqu’à son décès en 1980. Ce disque lui rend hommage, ou plutôt incite à fêter sa mémoire. Car ce résumé de carrière offre seize merveilleuses chansons par lesquelles Rafi vous plonge dans un océan de volupté – on n’est pas loin du tarab oriental. Et cela grâce à des chansons sans prétention.

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Critique de disque. Quand le souffle puissant de Nusrat Fateh Ali Khan s’est abattu sur l’Occident au milieu des années 1980, beaucoup ne se sont pas remis de la secousse ressentie. Déjà très célèbre en son pays, le Pakistan, le chanteur allait se faire connaître en Europe grâce à plusieurs de ses spectaculaires prestations scéniques, notamment au Théâtre de la Ville à Paris (récital disponible en cd Ocora). Il atteint ensuite la gloire lorsque le britannique Peter Gabriel l’enregistre sur son nouveau label, Real World – Nusrat Fateh Ali Khan figure en premier lieu dans la bande originale du film Passion de Martin Scorsese. De la même manière que Chris Blackwell avait fait travailler le son de Bob Marley pour que les chansons de ce dernier atteignent les oreilles des jeunes acheteurs de disque, Gabriel recrute notamment Michael Brook, compagnon de jeu de Brian Eno, pour que la voix sublime de Nusrat reçoive l’accueil qui convient au delà de son public d’origine. Le projet réussit – plusieurs albums ont parus, tous excellents. Et pourtant, qui aurait pensé que des chants qawwâlî emballeraient autant de gens dans le monde entier ?

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Critique de disque. « Je suis un tourbillon d’ivresse / Je suis la flamme de la vie / Je suis le feu de la passion / Je suis la fleur / Je suis la rosée / Je suis l’incarnation du Bien-Aimé / Je suis noyé dans ma passion / Je suis un oiseau de paradis / Je possède un joyau céleste… » Tels sont les vers du poète Wasif Ali Wasif que chante Abida Parveen en introduction d’un album empreint d’une rare ferveur. ‘Ishq, son titre, signifie amour absolu, irrépressible, fusionnel. Voilà ce qu’exprime AbABIDA PARVEEN « ‘Ishq »ida Parveen, très fameuse vocaliste du Pakistan – que l’on apprécie énormément aussi en Inde. Les textes qu’elle interprète ici sont d’inspiration soufie. Dieu est celui auquel sont destinés les messages enflammés des adeptes de la philosophie soufie, branche très mystique de l’Islam pas toujours bien vue des autorités religieuses et politiques. Ces adorateurs de l’amour divin, qui cherchent à approcher leur être suprême par la transe (parmi lesquels figurent les derviches tourneurs, les gnaoua…), forment en effet un monde à part. Ainsi, acceptent-ils notamment qu’une femme chante les louanges de Dieu, de son prophète et de ses saints. Pas banal ça.

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