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Posts Tagged ‘Piano’

Interview. En compagnie de la pianiste Hélène Couvert, la flûtiste Juliette Hurel rend un très bel hommage à des compositrices françaises qui ont écrit de superbes œuvres au tournant des 19e et 20e siècles. En seconde partie, elles reçoivent le renfort de la comédienne Julie Depardieu pour évoquer Misia Sert, née Marie Sophie Olga Zénaïde Godebska et surnommée « reine de Paris », pianiste et figure importante de la vie culturelle de cette époque.

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Augusta Holmès, Mel Bonis, Clémence de Grandval, Cécile Chaminade, Lili Boulanger : la plupart des compositrices dont les œuvres figurent à votre programme sont méconnues…

Ce qui n’est pas normal ! Quelques-unes ont connu une certaine célébrité, mais il faut dire que composer de la musique quand on était une femme à cette époque, ça ne se faisait pas. C’est pour cela que Mélanie Bonis est devenue Mel Bonis, afin que l’on ne sache pas qu’il s’agissait d’une femme. Mais ce n’est pas cet aspect des choses qui nous a incité à créer ce programme, même si le fait qu’il réunit des pièces écrites par des femmes lui donne une unité. C’est la curiosité qui nous a guidé. Personnellement, j’ai un faible pour la musique française de la fin du 19e siècle et du début du 20e. Surtout, évidemment, pour les œuvres destinées à être jouées à la flûte qu’ont composées Fauré Debussy, Ravel…

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Interview. Anne la pianiste et son frère Yann l’écrivain vous invitent à vous rendre au port de La Scala pour vous élancer avec eux dans un périple musical et littéraire sur le thème de la mer. Cette grande artiste qu’est Anne Queffélec nous présente ce concert pas comme les autres qui est logiquement intitulé « En musique en mer ».

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Quel est votre rapport à la mer ?

Pour Yann comme pour moi, c’est quelque chose qui est lié à l’enfance. Nous sommes d’origine bretonne et nous avons passé beaucoup de temps chez notre grand-mère dans une maison située près de Brest, dans le Finistère. Les sensations que suscitent un tel environnement naturel, très puissant, restent profondément ancrées en vous, beaucoup plus que ce que vous avez pu vivre dans votre appartement parisien !

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Interview. Le pianiste belge Éric Legnini a écrit une très plaisante collection de chansons sans paroles qu’il interprète en trio, au disque avec le contrebassiste Thomas Bramerie et un guitariste, tantôt Rocky Gresset tantôt Hugo Lippi, chacun des deux possédant un style personnel. Ce beau travail dont le titre, « Six Strings Under », est un clin d’œil à la fameuse série « Six Feet Under » qu’il apprécie particulièrement, est à découvrir en club à l’approche de Noël. Un beau cadeau à se faire !

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Interview. Voici un printemps très florissant pour la pianiste Vanessa Wagner qui donne Inland, son nouveau projet en solo consacré à des œuvres minimalistes, retrouve son confrère violoniste Augustin Dumay pour une nouvelle conversation à deux, puis participe à un concert orchestral avec Les Solistes Français.

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Inland fait suite à Statea, programme également consacré à la musique qualifiée de minimaliste, réalisé avec le musicien électro Murcof…

Qui était constitué de pièces de compositeurs de Satie, Cage, ou Adams. Dans le même esprit, mais seule cette fois, j’explore ce répertoire très prolifique en mettant en avant des musiciens pour beaucoup peu connus comme Bryce Dessner, William Susman ou Nico Muhly, aux côtés de plus célèbres tels que Moondog, Philip Glass, Michael Nyman ou Wim Mertens. C’est une sorte de voyage au cours duquel s’enchaînent des atmosphères différentes, quoiqu’une certaine mélancolie se dégage de ces morceaux intimistes. Il n’y a pas si longtemps que j’ose jouer des œuvres de ce répertoire, même si j’en écoute depuis un bon moment. J’essaie de trouver un équilibre entre l’interprétation de ces pièces et d’autres, appartenant aux domaines classiques, de même que j’aime travailler avec des artistes de diverses disciplines, ou me produire dans des lieux inattendus. Sortir de sa zone de confort est une bonne chose.

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Interview. De multiples influences irriguent les beaux morceaux que compose ce jeune pianiste, dont le jeu est aussi précis que brillant et généreux. Ils les interprètent ce soir en trio, avec les non moins excellents Dan Pappalardo à la contrebasse et Philippe Lemm à la batterie.

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Vos morceaux semblent raconter des histoires. Quelles sont-elles ?

La musique est en effet pour moi comme une forme de récit. Mais mes morceaux ne se référent pas forcément à des événements concrets. Chacun d’eux exprime plutôt le sentiment que quelque chose est en train de se passer. Ce que cela pourrait être exactement, c’est à vous d’en décider. J’aime emmener les gens en voyage grâce à ces morceaux, à la croisée des chemins, entre mon imagination et celle de chaque auditeur.

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Interview. Pianiste aventurier, Wilhem Latchoumia propose un récital sur le thème du « silence dans le son » ! On sait que l’absence de son joue un rôle important en musique et c’est avec des œuvres de Cowell, Dubedout et Scelsi qu’il le démontre ce soir entre les murs d’une galerie d’art, cadre qui se prête bien à l’écoute attentive de cet artiste.

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Vous venez d’enregistrer un album dans lequel vous mélangez des pièces issues du Cendrillon de Prokofiev à d’autres de Henry Cowell, compositeur surprenant de la première moitié du 20e siècle, lequel est au programme de votre récital…

Ce qui fait cohabiter deux mondes féeriques, Cowell s’étant beaucoup penché sur des traditions irlandaises empreintes de magie, ainsi que de spiritualité. Pour le récital, j’associe quelques-unes de ses pièces à des œuvres de Scelsi et Dubedout ayant elles aussi des liens avec la spiritualité, hindou notamment.

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Interview. Unis à la ville comme à la scène, selon l’expression consacrée, Ludmila Berlinskaïa et Arthur Ancelle donnent ce soir un florilège de pièces pour deux pianos, françaises et russes, plus quelques solos. Elles font partie des programmes de leur 2 Pianos Originals Project discographique. Aussi subtils qu’inspirés, ils nous révèlent des trésors rarement interprétés.

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Comment en êtes-vous venus à vous spécialiser dans l’interprétation d’œuvres écrites pour deux pianos, en plus de mener vos carrières en solo ?

A.A. Nous avons beaucoup exploré les transcriptions pour deux pianos, puis nous nous sommes aperçus qu’il existait un répertoire très important d’œuvres écrites directement pour ce duo d’instruments. C’est un domaine à part, trop souvent traité comme un parent pauvre. Hors, les chefs-d’œuvre abondent, même si nombre d’entre eux ont été oubliés. On a un peu tendance à jouer toujours les mêmes pièces.

L.B. Pourtant, il suffit d’aller regarder ce qui se trouve dans les bibliothèques pour en découvrir beaucoup d’autres…

A.A. … de même que d’aller dans des boutiques spécialisées où vous tombez sur des partitions de compositions qui n’ont jamais été jouées !

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Interview. La claveciniste baroque Violaine Cochard, cofondatrice de l’ensemble Amarillis, forme un duo très original avec le pianiste de jazz Édouard Ferlet. Après la réalisation d’un premier projet consacré à Bach, les voici de retour avec un programme dont le thème est la danse. S’emparant de pièces classiques allant du 13e au 21e siècle, Ferlet les a comme recomposées pour leurs instruments…

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Votre duo est peu banal…

E.F. C’est la première fois à notre connaissance qu’un tel duo existe. L’idée est que nous gardions chacun ce qui fait notre univers, baroque pour Violaine, jazz pour moi, et que nous fassions se rencontrer ces deux mondes.

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Interview. Qu’il fasse chanter son piano ou qu’il se contente de ponctuer le jeu de ses compagnons, il fait toujours preuve d’une exceptionnelle musicalité. Ce soir, Jean-Pierre Como nous invite à découvrir une nouvelle série de compositions mélodieuses en compagnie de Christophe Panzani (saxophones), Rémi Vignolo (batterie) et Bruno Schorp (contrebasse).

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On est frappé par le soin que portez à l’aspect mélodique de vos morceaux…

Le fait est que je fais partie des musiciens de jazz mélodistes. J’adore les chansons. Je sais que d’autres composent d’une façon cérébrale, mathématique, rationnelle. Ce n’est pas mon cas. Mon inspiration c’est la vie, tout ce qui rythme notre quotidien, en bien ou en mal. Un bel endroit, une rencontre importante… Cela peut paraître naïf de dire cela, mais c’est vrai. Je ne maîtrise pas ce phénomène, c’est comme un souffle qui me traverse.

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Interview. Le pianiste virtuose François Chaplin nous offre deux programmes passionnants cet été. Le premier, donné en plein air au parc floral de Paris est consacré aux rapports entre Paris et les Amériques, tandis que le second, qui se déroule en deux parties dans l’Orangerie de Bagatelle, est en grande partie dédié à Debussy, dont on célèbre cette année le centenaire de la disparition terrestre.

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De Paris aux Amériques : votre premier programme possède un titre qui peut se lire dans les deux sens…

Il comporte des pièces qui expriment le grand attrait qu’ont opéré les musiques américaines sur les compositeurs européens au début du 20e siècle, notamment le jazz, lequel a fait souffler un vent de liberté à Paris. Et il comprend aussi en effet des œuvres d’Américains se sont inspirés de la capitale française, tels que Gershwin. Ce programme que je donne avec la pianiste argentine Marcela Roggeri et le clarinettiste Florent Héau va être festif et comportera des moments d’émotion.

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Interview. Le pianiste Michel Reis, le bassiste Marc Demuth et le batteur Paul Wiltgen forment un excellent trio qui vous emballe par ses mélodies parfaitement rythmées, dont les couleurs sont des plus variées. Ces trois Luxembourgeois adhèrent à ce grand mouvement qui a depuis une vingtaine d’années profondément fait évoluer l’art du trio, grâce à des artistes tels que Brad Mehldau ou Bobo Stenson. Michel Reis nous dit ici ce qui caractérise leur musique.

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Votre trio sonne comme un groupe…

Nous essayons de le faire du mieux que nous pouvons. Même si j’écris beaucoup de morceaux, il ne s’agit pas d’une formation destinée à m’accompagner. Nous discutons de toutes les options ensemble en ce qui concerne l’interprétation de ces morceaux. Nous nous connaissons depuis 20 ans, nous avons commencé à jouer du jazz tous les trois à l’occasion d’un concert donné dans notre lycée. Ensuite, nous avons chacun de notre côté suivi des formations, puis nous nous sommes vraiment retrouvés voilà sept ans.

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Interview. Le pianiste Michel Dalberto nous entraîne dans l’univers de Gabriel Fauré (1845-1924) à l’occasion de la sortie d’un disque s’inscrivant dans une série consacrée à la musique française qui l’a déjà vu explorer le monde de Debussy avant d’aborder ceux de Ravel, Franck et sans doute d’autres compositeurs encore. Le choix de pièces du singulier Fauré qu’offre cet interprète à la fois savant et inspiré est subjuguant.

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Quelles sont les spécificités de la musique française au tournant des 19e et 20e siècles à laquelle vous vous consacrez en ce moment ?

Les compositeurs français de cette période sont généralement tournés vers l’expression de sensations, l’évocation de couleurs, de choses vues. Il sont les contemporains des peintres impressionnistes, ne l’oublions pas.

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Interview. Il multiplie sans cesse des projets originaux en quête de nouvelles expériences, du côté de l’électro, du rap, de la chanson, du théâtre, de la radio, du cinéma documentaire… Mais ce pianiste revient toujours vers la forme trio, son « refuge » comme il dit. Avec Jérôme Regard (contrebasse) et Donald Kontomanou (batterie), le voici qui se consacre entièrement à la musique de Thelonious Monk (1917-1982), génie du jazz auquel il a jadis consacré une biographie exemplaire.

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Votre formation se nomme Monk Trio, ce qui ne laisse aucun doute sur ce que vous proposez au public…

Ce sont en effet des reprises de titres de Monk, arrangés à ma manière. Il m’a fallu 20 ans pour me lancer. Je pense que c’est le bon moment car je suis très en phase avec les musiciens de ce trio, avec lesquels je joue depuis quelque temps, notamment lors du spectacle que nous donnons régulièrement avec le comédien Jacques Gamblin, Ce que le djazz fait à ma djambe. Et puis parce qu’en 2017, on va célébrer le centenaire de Monk.

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olivier-hutman-1Interview. Pour son nouvel album, le pianiste Olivier Hutman a composé de superbes et subtiles chansons qu’interprète parfaitement l’Italienne Alice Ricciardi. Fondamentalement jazz, elles possèdent de belles couleurs soul, folk ou pop, ce qui contribue à les rendre immédiatement séduisantes. Elles sont à découvrir in vivo au New Morning.

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Tout au long de votre carrière, vous avez accompagné des vocalistes comme Jon Hendricks, Mark Murphy, Dee Dee Bridgewater ou Sheila Jordan et vous écrivez vous-même des chansons…

Pour moi, il n’y a pas d’instrument plus beau que la voix. J’aime aussi la forme chanson car elle recèle en elle un défi pour ses auteurs : elle les oblige à être concis s’ils ne veulent pas se planter. J’adore les contraintes quand elles sont d’ordre artistique. Par exemple, j’ai fait beaucoup de musiques pour l’audiovisuel, notamment pour des publicités. On ne peut faire mieux dans le genre concis !

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ray-lema-headbug-1Interview. Inclassable, Ray Lema joue toutes sortes de musiques depuis longtemps. C’est ainsi qu’il a créé la sienne propre, au gré de ses pérégrinations entre son Congo natal, divers autres pays africains, les États-Unis, le Brésil ou la France où il s’est établi. Excellent pianiste et chanteur, il emprunte en ce moment les voies du jazz, résolument, mais à sa manière, à la fois grave et joyeuse, très abordable et sophistiquée.

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Reprenant un propos de Miles Davis, vous dites souvent « Le jazz n’est pas une musique, c’est une attitude »

C’est une phrase très importante pour moi. Pendant longtemps, j’ai été intimidé par le jazz, une musique très réglementée qui s’apprend à l’école ou dans un conservatoire, qui possède une dimension quasiment scientifique. Moi qui n’ai pas fréquenté ces institutions, quand je suis tombé sur ce propos, je me suis dit « pourquoi pas moi ? » et j’ai sauté le pas.

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nicolas-horvath-c-sakuya-okayasu-8Interview. Pour Nicolas Horvath le titre de la manifestation artistique Nuit blanche prend tout son sens ce 1er octobre. Durant plus de 12 heures, il va jouer tout l’œuvre pour piano du compositeur états-unien Philip Glass (né en 1937). Il n’en est pas à son coup d’essai. On l’a déjà vu accomplir cette prouesse dans différents lieux où il a donné ce programme ou Vexations de Satie.

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Pour qui ne connaît pas la musique de Philip Glass, pouvez-vous nous la définir ?

On la dit répétitive car elle donne l’impression de l’être. En fait, à chaque répétition d’une cellule, celle-ci est transformée de manière quasi imperceptible. Cette musique, comme celles qui sont composées par d’autres minimalistes de la même génération, est à rapprocher de ce qui se fait dans le domaine classique indien, notamment.

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PASCAL AMOYELInterview. Pianiste familier du répertoire romantique, Pascal Amoyel célèbre la musique de Chopin au cours d’un festival annuel dédié à ce compositeur. Celui-ci se déroule dans l’orangerie du merveilleux parc de Bagatelle en soirée, à la lumière de bougies. Un contexte idéal pour écouter les polonaises qu’il a choisi d’interpréter.

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Qu’expriment les polonaises que vous allez interpréter ?

Elles ont été écrites par Chopin après son arrivée à Paris en 1831. Elles sont très différentes de celles qu’il avait composées en Pologne. D’insouciantes elles sont devenues dramatiques en référence à la situation tragique que connaissait ce pays.

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François-Frédéric Guy - Photo Caroline Doutre-1024x683Interview. François-Frédéric Guy au piano et Xavier Phillips au violoncelle nous plongent dans l’univers sublime du romantique Beethoven en donnant des pièces que ce dernier a écrites pour leurs instruments. Celles-ci font partie d’une intégrale enregistrée par le pianiste dans le cadre d’un vaste projet consacré au compositeur.

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Commencé en 2008, votre Beethoven Project, qui se constitue d’intégrales, en est à sa troisième étape…

J’ai déjà interprété ses 32 sonates, ses cinq concertos et j’aborde maintenant le domaine de la musique de chambre avec le violoniste Tedi Papavrami, ainsi que le violoncelliste Xavier Phillips. Ce sont des cycles énormes, composé d’œuvres d’une immense richesse.

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Baptiste Trotignon par Franz GaloInterview. Nouvelle soirée de la série Jazz at the Philharmonie, « Trumpet Summit » est une splendide réunion de musiciens de différentes générations, nationalités et styles dont le directeur artistique est le pianiste Baptiste Trotignon. Sont au sommet ce soir Tom Harrell, Flavio Boltro, Stéphane Belmondo, Airelle Besson et Avishai Cohen, ainsi que Greg Hutchinson (batterie), Joe Sanders (contrebasse) et Trotignon lui-même, lequel nous souffle quelques indications sur ce qui va se passer.

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La trompette est une des pièces maîtresses de l’instrumentarium jazz…

Depuis que cette musique existe, oui, avec le piano, le saxophone ou la contrebasse, grâce notamment à des figures comme Louis Armstrong, Miles Davis ou Chet Baker.

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Labèque©Umberto NicolettiInterview. Katia et Marielle Labèque forment un duo majeur et singulier dans le monde de la musique classique. Durant deux soirées à la Philharmonie, ces sœurs en piano opèrent une sorte de retour aux sources en interprétant, avec l’Orchestre de Paris dirigé par Esa-Pekka Salonen, le Concerto pour deux pianos, percussion et orchestre de Béla Bartók (1940), pièce adaptée d’une Sonate du même compositeur qu’elles jouèrent à leurs débuts, en 1970. Katia Labèque nous en dit plus.

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Quelques mots sur ce concerto ?

C’est un des chefs-d’œuvre du répertoire pour deux pianos, une pièce très forte, sans doute une de celles qui comptent le plus pour nous. Elle est magnifique et n’a pas pris une ride. Il est étonnant que peu de compositeurs aient suivi cette idée d’associer piano et percussions. Dieu sait pourtant que ça sonne très bien.

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Interview. Des mélodies, de l’énergie, beaucoup de swing et de groove : le trio RP3 du pianiste Rémi Panossian suscite un enthousiasme mérité depuis sa création voilà cinq ans. On peut comparer la musique de ce groupe à celle de EST ou de The Bad Plus, ainsi qu’à certaines créations de Brad Mehldau, tout en précisant qu’il possède sa propre identité.

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Comment s’élabore votre musique ?

Rémi Panossian trioNous l’écrivons ensemble, tous les trois. Chacun apporte des ébauches de morceaux à partir de ses propres influences : be-bop, rock, funk, musiques du monde… Et nous procédons à des essais. Un titre peut naître en une journée ou en six mois. Nous formons un groupe d’amis. C’est important à souligner car le fait que nous nous connaissons très bien établit une confiance mutuelle qui nous stimule : l’envie de se surprendre les uns les autres est permanente. De plus, c’est génial d’entreprendre des tournées quand on est potes. À condition de s’accorder des pauses, car être 24h sur 24 ensemble, ça peut devenir très pesant.

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Benjamin Alard - c_Jean-Baptiste_MillotInterview. À 30 ans, Benjamin Alard est reconnu comme l’un des meilleurs joueurs de clavecin et d’orgue de sa génération. Ce jour, il nous interprète l’Aria avec divers variations de Bach, plus connue sous le titre posthume de Variations Goldberg. Un chef-d’œuvre que cet artiste expose en toute clarté.

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Les Variations Goldberg sont un des sommets du répertoire pour clavier…

C’était la première fois dans l’histoire de la musique qu’un compositeur écrivait des variations aussi complexes et virtuoses ; avant Bach, elles pouvaient être écrites, mais une grande part de leur interprétation était laissée à l’improvisation. C’est une œuvre parfaite, rien n’a été laissé au hasard, ce qui représente une épreuve à chaque fois qu’on la joue. Il est très important de la lire scrupuleusement pour que son sens vous pénètre. À cet égard, y revenir encore et toujours permet de renouveler son regard et réserve son lot de surprises.

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Rene URTREGER3/2010-moisson© ANDREU/ DALLEInterview. Au Japon, on qualifie de « Trésor national vivant » les personnes qui portent en elles une part de la culture de leur pays. 60 ans après ses débuts, le pianiste René Urtreger mériterait ce titre ! Quand on évoque sa carrière, le plus difficile n’est pas de lui demander quel grand musicien a croisé sa route, mais avec qui il n’a pas joué. Il livre la quintessence de son art cet été, durant deux soirées en trio.

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Enfant, vous avez commencé à étudier le piano classique…

Oui, avant la guerre. Étant donné mes origines, ma vie a ensuite été chaotique pendant l’Occupation : ma famille n’a pas cessé de déménager car nous étions pourchassés. J’ai repris mes études à la Libération, mais c’était trop tard.

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ROMAIN COLLINInterview. On peut être virtuose sans être démonstratif. C’est le cas du pianiste Romain Collin, dont les compositions sont nourries de nombreuses influences issues du jazz, bien sûr, mais aussi des domaines classique, electro, rock ou encore des musiques de film. Ce Français de New York vient présenter au public parisien une série de nouveaux morceaux passionnants. C’est l’occasion de parler à la fois de sa musique et de son exil volontaire aux États-Unis.

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Qu’est-ce qui vous a amené à vous installer à New York ?

Un certain nombre de circonstances. À la base, il y a un attrait viscéral pour cette ville, suscité par un cours séjour en solitaire effectué quand j’avais 15 ans. À ce moment-là, je me suis promis d’y habiter un jour. À la suite d’études menées aux États-Unis, j’ai concrétisé ce projet. J’adore son extrême dynamisme, son énergie.

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Interview. Quand on a 26 ans, on peut empoigner une guitare électrique pour déclencher la foudre autour de soi… Mais on peut faire la même chose en s’asseyant devant un piano, comme le prouve Thomas Enhco dans ses morceaux les plus vifs. On va mesurer ce soir l’étendue de ses talents en solo à l’occasion de la sortie d’un nouveau disque très lyrique intitulé Feathers.

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LTHOMAS ENHCOe thème de votre disque et du concert est rien moins que l’amour…

L’amour oui, vu sous l’angle de la rupture et de la reconstruction de soi qui suit. J’évoque tous les états émotionnels par lesquels on passe dans ces situations. Les morceaux ont été composés lorsque je les ai vécues, il y a un an et demi. Cela a été une catharsis, le piano étant le meilleur moyen pour moi de m’exprimer. Quelques mois plus tard, je me suis rendu compte que je disposais d’un matériel qui pouvait être exposé au public.

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Philippe Cassard - photo Vincent CatalaInterview. Le pianiste Philippe Cassard consacre un concert entier aux sonates D. 958, 959 et 960 de Franz Schubert, les dernières que ce génie a composé avant de décéder en 1828. Il évoque pour nous sa passion pour ce musicien emblématique de la période romantique.

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Quelles sont les particularités des dernières sonates de Schubert ?

Jouées ensemble, elles forment un voyage dans son imaginaire tel qu’il était à la fin de sa courte vie – il est mort à 30 ans, deux mois après les avoir écrites. Comme tous les chefs-d’œuvre qu’il a alors composé, elles expriment sa jeunesse à travers des moments empreints de vigueur, de gaieté, un jaillissement ininterrompu de mélodies, des références aux danses viennoises… Mais aussi, par contraste, elles comportent des pages mélancoliques telles que le mouvement lent de la D. 959 qui vous plonge dans des sentiments de détresse et de solitude absolus. C’est cette ambivalence qui fait que sa musique est si émouvante. Je peux vous dire que quand j’arrive au terme de leur interprétation, je suis exsangue !

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SKIP SEMPEInterview. Le toujours très inspiré claveciniste américain Skip Sempé célèbre la musique de Jean-Philippe Rameau (1683-1764) au cours du festival Terpsichore dont il est le directeur artistique. Il donne deux programmes dans la salle Érard, un lieu aussi rare que mythique.

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Vous venez de consacrer une année à célébrer l’œuvre de Rameau à l’occasion du 250e anniversaire de sa mort. D’où vous vient cette passion ?

Je suis obsédé par ce compositeur depuis mon enfance à la Nouvelle-Orléans. J’ai découvert ses pièces pour clavecin à l’âge de 10 ans et elles sont devenues mon répertoire de prédilection. Plus tard, j’ai approfondi ma connaissance de son œuvre en abordant ses suites pour orchestre et son travail pour la scène. Ce qui m’a rendu encore plus obsédé !

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Cyprien Katsaris, Janis Vakarelis, Ferhan et Ferzan Önder 2Interview. On n’a pas souvent l’occasion d’assister à un tel concert ! Disposant chacun d’un piano, Cyprien Katsaris, Janis Vakarelis, Ferhan et Ferzan Önder jouent ensemble des transcriptions de pièces de Wagner, Dvořák, Vivaldi, Poulenc, Bizet, Liszt, Say, Theodorakis et Ravel, dont ils interprètent le Boléro. Cyprien Katsaris nous présente cet événement qui est plus qu’un spectacle musical.

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Vous êtes tous les quatre originaires d’une région du monde en proie à des tensions…

Il y a une dimension symbolique dans ce concert. Je suis Chypriote grec d’origine, Janis Vakarelis est Grec, tandis que les sœurs jumelles Ferhan et Ferzan Önder sont Turques. Or on sait quels sont les conflits et tensions qui existent entre nos pays. On a un mal fou à les résoudre. Aussi, sachant que la musique n’a pas de frontières, cette soirée est une modeste contribution au rapprochement pacifique des uns et des autres.

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Francesco TristanoInterview. Formé au sein de la prestigieuse Julliard School, Francesco Tristano est reconnu pour le haut niveau de sa technique. Il aurait pu mener une carrière conventionnelle s’il n’était pas doté d’un profond esprit d’indépendance. Ce pianiste luxembourgeois est l’un des artistes qui figurent à l’affiche de Beyond My Piano – Le festival des pianistes affranchis, manifestation en forme de laboratoire où se croisent des claviéristes des domaines classique, jazz et électro.

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Qu’allez-vous jouer durant votre soirée ?

Un programme comme je les aime, qui mélange des pièces baroques et contemporaines, plus des compositions originales, afin de raconter une histoire à ma façon. Je vais jouer du piano et j’aurai un dispositif de machines me permettant de travailler le son en direct, d’obtenir des effets divers (réverbération, delay…), de même qu’un synthé pour générer des basses, par exemple.

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Dana CiocarlieInterview. Dans le cadre de la Folle Nuit Mirare, la pianiste roumaine Dana Ciocarlie rapproche les œuvres de deux amis, les romantiques Frédéric Chopin et Charles-Valentin Alkan. Formidablement passionnant, le répertoire de ce dernier, dont on célèbre cette année le bicentenaire de la naissance, est rarement exploré. Un récital à ne pas manquer donc !

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Pourquoi Alkan est si peu joué ?

Parce que techniquement, interpréter ses œuvres est très très difficile. Il faut avoir des mains élastiques ! Une partie de son répertoire est constitué de pièces expérimentales audacieuses, comportant par exemple des rythmes asymétriques. On assimile trop souvent la musique romantique à la mélodie en oubliant les recherches menées par les compositeurs de ce courant sur le plan rythmique, lesquelles m’intéressent particulièrement.

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ALEXANDRE ASTIERInterview. L’humoriste à qui l’on doit la série télévisée Kaamelott est aussi un musicien. Au cours du spectacle Que ma joie demeure !, il interprète seul en scène un Jean-Sébastien Bach survolté revenu sur terre pour nous offrir une master class à la fois sérieuse et délirante. Un vrai régal !

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Comment avez-vous construit votre personnage ?

Bach ne s’est pas beaucoup exprimé directement, mais on sait quand même pas mal de choses sur lui grâce aux témoignages de ses contemporains et à des documents d’époque. L’idée de la pièce m’est venue de la phrase qu’a écrite sa femme : « J’ai l’impression qu’il n’est pas son assiette. » D’où ce personnage tendu, qui pousse des coups de gueule. Pourquoi pas ? C’était quelqu’un qui avait des problèmes d’argent, qui vivait des relations difficiles avec ses employeurs, qui a perdu plusieurs enfants en bas âge… Cela dit, c’était aussi un bon vivant.

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Baptiste Trotignon et Mark TurnerInterview. Le pianiste Baptiste Trotignon et le saxophoniste ténor Mark Turner forment un duo aérien qui fait se mélanger subtilement les traditions jazzistiques française et états-unienne au gré de leurs compositions respectives. Le premier nous en dit plus sur ce projet très abouti.

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Que recherchez-vous à travers la forme duo ?

Par définition, le duo implique un dialogue direct avec un autre musicien, ce qui rend les échanges fluides et limpides. Il y a une fraîcheur d’écoute l’un envers l’autre et, comme il n’y a pas d’interférence d’un tiers, on jouit d’une grande liberté, il est possible de changer d’orientation à volonté. Ce qui est aussi très agréable, c’est que l’on peut jouer purement en acoustique, ce qui élimine pas mal de contraintes liées aux problèmes de sonorisation que l’on subit habituellement quand on est plus nombreux. C’est un travail artisanal en fait.

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Jacky TerrassonInterview. Fondant sous ses doigts de nombreuses influences, Jacky Terrasson a créé son propre style, mélodique, tout en subtilité, aisance et joie de swinguer. Il joue ce soir en trio des titres de son dernier album et d’autres choses encore, « pour le plaisir » nous dit-il. Vous voilà prévenu !

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Depuis vingt ans, vous faites carrière autant aux États-Unis qu’en France. Qu’est-ce qui caractérise le jazz de ces pays ?

Aux États-Unis, il est profondément lié à l’histoire et aux nouveaux courants des musiques afro-américaines, le rythme y est essentiel. En France, l’héritage des compositeurs classiques européens se fait grandement sentir et je dirais que le jazz y est plus chantant.

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Interview. Avec respect, délicatesse et beaucoup de liberté, le pianiste Édouard Ferlet s’empare de pièces de Bach qu’il recompose de façon surprenante, en y intégrant des parties écrites ou improvisées que cette musique lui a inspiré. Superbe au disque, ce travail en solo intitulé Think Bach se prolonge sur scène au cours de concerts passionnants, comme ce soir à la Sorbonne.

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Vous n’êtes pas le premier jazzman à vous « attaquer » à Bach…

Il ne s’agit pas pour moi d’interpréter sa musique à la manière jazz, mais de l’aborder sous un angle inattendu.

Le texte inclus dans votre disque dit que vous jouez avec Bach au lieu de jouer du Bach…

JÉDOUARD FERLET’aime le jeu sous toutes ses formes, notamment les tours de magie. Face à mon piano, c’est un état d’esprit proche de celui de l’enfance qui m’anime. Je prends plaisir à expérimenter, ce qui est une excellente façon de trouver en soi des sources d’inspiration et de développer son propre style. Je ne sais jamais à l’avance ce qui va en résulter. Sur scène, c’est un peu la même chose, j’intègre tout les incidents ou inconvénients du moment à ce que j’ai prévu de jouer : quelqu’un qui tousse, le vent qui souffle, le son du piano qui n’est pas très bon… Pour faire ça, il faut être détendu, avoir confiance en soi. Cela implique aussi que l’on a effectué un travail conséquent au préalable.

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Interview. Voilà neuf ans, ce musicien canadien hors du commun a sorti un album de pièces pour piano solo qui révélèrent un compositeur délicat et très inspiré. Jusqu’alors, on ne le connaissait que comme un ludion du rap et de l’électro. Le voici qui récidive CHILLY GONZALESavec un second volume d’œuvres qui se situent au même niveau. Il les joue ce soir, plus des inédits, au cours d’un concert qui bénéficie du dispositif PianoVision. Celui-ci consiste à filmer en direct les mains de l’artiste et à projeter les images obtenues au-dessus de ce dernier, lequel va également délivrer quelques-unes de ces leçons de musique drolatiques dont il a le secret.

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Quel mot pourrait résumer votre travail de pianiste solo ?

Pureté, en ce sens que ces morceaux montrent ce que je peux faire absolument tout seul.

Vous reconnaissez-vous cependant des influences ?

La musique française en général, surtout celle de César Franck et de Gabriel Fauré, dont j’apprécie la sensualité et le grand plaisir qu’elle procure. L’humour d’Erik Satie me convient également beaucoup.

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MONTY ALEXANDER 2Interview. À l’occasion du festival Jazz à Saint-Germain-des-Prés Paris, le pianiste Monty Alexander nous offre un survol de ses cinquante années de carrière et, en forme d’itinéraire bis, un florilège du répertoire empreint de reggae avec lequel ce Jamaïquain nous charme depuis deux décennies.

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Vous avez déclaré : « Quoi que je joue, de dois l’épicer »

Je veux dire par là que je tiens à mettre avant tout de la passion et du feeling dans mon jeu. Ce que mon cœur et mon âme ressentent doit s’exprimer pleinement… Bref, il faut que ce soit vivant ! Sinon, à quoi bon ? Quand je joue, je me sens si bien, si heureux, que je ne peux pas faire autrement.

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Interview. Se situant dans la lignée de ces formations qui, des deux côtés de l’Atlantique, rénovent actuellement de fond en comble l’art de jazzer à trois, le pianiste Colin Vallon, le contrebassiste Patrice Moret et le batteur Samuel Rohrer nous font entendre des compositions superbement équilibrées. On suit sans restrictions ces captivants musiciens suisses dans leurs échappées aussi méditatives que swinguantes. À découvrir absolument !

La forme trio jazz a été explorée par de nombreux musiciens. Avez-vous des modèles ?

Je n’ai pas vraiment de modèle. En revanche, j’ai écouté beaucoup de pianistes de trio, d’Oscar Peterson à Brad Mehldau ou Jason Moran. Et comme nombre de gens de ma génération, je me suis aussi nourri de musiques électroniques, de pop, de musiques du monde…

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Interview. Ces dernières années, elle a successivement exploré les domaines de Rachmaninov, Scriabine, Mozart, Schumann, Britten et Debussy. La pianiste fait en ce moment un pas de côté en se plongeant dans le grand registre des variations, ces œuvres composées à partir d’un même thème. En l’occurrence, elle a fait son choix chez Haydn, Rachmaninov, Berio, Rameau et Brahms. Ce travail est audible sur un disque lumineux et lors d’un concert donné dans le beau cadre du Théâtre de l’Atelier à Montmartre.

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Comment vous est venue l’idée de ce projet consacré aux variations ?
J’ai enregistré plusieurs disques dédiés à des compositeurs uniques et j’avais envie de passer à autre chose. C’est en jouant un jour des variations de Berio et de Corelli que j’ai été frappée par le fait que ce type de composition avait traversé toute l’histoire de la musique. Je me suis piquée auVanessa Wagner 2 jeu et j’ai pioché dans tous les répertoires, quels que soient les styles et les époques. C’est un projet qui me correspond parfaitement car ce sont les œuvres qui m’intéressent, pas les classifications. Ce qui m’a aussi passionné, c’était de trouver des solutions pour, sur un piano Steinway, interpréter le mieux possible des pièces différentes les unes des autres. Elles ne se jouent pas de la même façon du point de vue technique. L’emphase que l’on peut s’autoriser pour Brahms, par exemple, ne convient pas à Berio qui demande un toucher quasi évanescent.

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Interview. Après Maxime Le Forestier (3 décembre) et l’orchestre lyrique d’Avignon (4 décembre), c’est au tour de Rhoda Scott d’inviter les vocalistes et instrumentistes de son choix, car tel est le principe des Nuits des Musiciens. Ils, et surtout elles, sont vingt à accompagner sur scène cette célèbre organiste américaine tombée in love with Paris voilà quarante ans.

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Rhoda ScottLa première partie de la soirée va être exclusivement féminine…
Le public va être surpris de constater à quel point la scène jazz française est riche en jeunes musiciennes de haut niveau ; je pense que ce phénomène est du à la qualité des formations des écoles et conservatoires. J’ai le plaisir de jouer régulièrement avec quelques-unes d’entre elles au sein du Lady Quartet, ce qui est très stimulant parce qu’elles ont beaucoup d’idées et qu’elles savent comment les concrétiser. L’occasion est rare de voir réuni un tel nombre d’artistes femmes. Sur scène comme dans le public, tout le monde va se régaler !

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Madeleine Malraux - François Marthouret - EsotErik SatieInterview. EsotErik Satie : ainsi été surnommé le compositeur Erik Satie (1866-1925) par son ami l’humoriste Alphonse Allais. C’est aussi le titre d’un spectacle charmeur conçu par Karin Müller avec la complicité de la pianiste Madeleine Malraux. Cette jeune musicienne de 93 ans, ex-épouse d’André, connaît très bien l’œuvre de l’ermite d’Arcueil qu’elle interprète depuis une soixantaine d’années. Elle joue ici un florilège de ses pièces, tandis que l’excellent comédien François Marthouret dit quelques-uns des textes aussi drôles qu’étonnants, voire étranges, du fantasque compositeur.

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Vous avez commencé à interpréter Satie en 1946, alors qu’il était quelque peu oublié…
Oui, c’était lors d’un concert donné à la galerie de la Pléiade. Je l’avais étudié durant mes études au conservatoire de Toulouse et, dès mon enfance, je l’avais entendu joué par mon père. C’est vrai qu’à l’époque, il était tombé dans un certain oubli, même si certains musiciens continuaient de le considérer à sa juste mesure.

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Interview. Cette jeune pianiste au jeu intense consacre un récital entier à Liszt en interprétant des pièces comme « Ballade en si mineur » et « Nuages gris », ainsi que des transcriptions d’œuvres de Mozart, Schumann, Schubert et Wagner du même compositeur, grande figure de la musique romantique.

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Lise de la SalleQu’évoque pour vous Liszt et sa musique ?
Beaucoup de choses ! Cela fait de nombreuses années que je le joue, il fait partie de ma vie. C’est l’un des plus importants compositeurs romantiques pour le piano. La plupart du temps, on souligne l’aspect virtuose de son œuvre. Je trouve que c’est réducteur. Pour moi, il y a effectivement du panache dans sa musique, mais aussi de la tendresse, du lyrisme, de la profondeur, de l’intériorité, ce que l’on oublie souvent.

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Interview. À coup sûr, Une flûte enchantée va être l’un des spectacles les plus surprenants de l’automne. En compagnie de Frank Krawczyk et Marie-Hélène Estienne, le grand metteur en scène Peter Brook réinvente un célèbre opéra de Mozart avec la complicité de jeunes chanteurs. La partition est jouée par le superbe pianiste Alain Planès, en alternance avec Matan Porat.

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Comment va se dérouler ce spectacle ?
Il est conçu selon les mêmes principes que la Tragédie de Carmen et les Impressions de PelléAlain Planèsas, deux autres spectacles que Peter Brook a mis en scène par le passé. Il s’agit d’une adaptation théâtrale de l’opéra de Mozart. On en a gardé certaines scènes et éliminé d’autres. Les chanteurs et comédiens vont avoir une certaine liberté dans leurs déplacements sur le plateau… Je ne peux vous en dire plus dans la mesure où les techniques d’improvisation comptent beaucoup pour Peter Brook. Des surprises sont à prévoir jusqu’au dernier moment !

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Alexandre TharaudInterview. Ce pianiste adepte de la ligne claire en musique propose un programme Chopin au cours duquel il joue les œuvres avec lesquelles il est en connivence depuis son enfance. C’est dire si ces interprétations ont fait l’objet d’un conséquent travail de préparation !

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Quand avez-vous découvert Chopin ?
Certainement quand j’avais quelques mois ! Ma mère était professeur de danse et sa pianiste jouait régulièrement du Chopin. Ensuite, mon enfance a été bercée et rythmée par l’écoute des 33 tours de mes parents, parmi lesquels figuraient notamment les enregistrements de l’extraordinaire Samson François. En fait, ce compositeur a marqué toutes les étapes importantes de ma vie. Je ne l’ai jamais quitté.

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Alain Jean-MarieInterview. Pour la sixième année, le festival Gwoka Jazz met en valeur des percussionnistes traditionnels guadeloupéens et suscite des rencontres avec des jazzmen passionnés par leur musique. Alain Jean-Marie est de ceux-là. Les jazzophiles parisiens connaissent bien ce pianiste pour l’avoir entendu jouer dans la plupart des clubs de la capitale, notamment au sein de sa formation Biguine Reflections.

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Qu’est-ce que le gwoka ?
Le gwoka se joue avec des tambours, c’est la musique traditionnelle de la Guadeloupe. J’y suis sensible en tant que Guadeloupéen, mais aussi comme pianiste qui, doté d’un background be-bop, s’intéresse depuis toujours à la biguine. Biguine et gwoka ont un point commun : ce sont des musiques qui sont nées aux Antilles. Pourtant, elles sont très différentes.

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Critique de disque. Alors que les vieilles branches et les jeunes pousses cubaines s’imposent dans le paysage musical mondial, et que sont mis de plus en plus en évidence les beaux fruits musicaux venus du Pérou ou de Colombie, on a tendance à oublier que New York a été et reste un terreau fabuleux en matière de musique latino-américaine. Dans la jungle minérale de la côte est des États-Unis se sont effectivement épanouis de nombreux artistes venus des îles voisines. Ils y ont créé la salsa, style particulièrement en vogue dans les années 1970 quand flottait fièrement le fanion de la Fania. Eddie Palmieri, Portoricain d’origine, a été l’un des plus splendides musiciens de cette génération caliente. D’innombrables virtuoses sont passés dans son orchestre, soulignant souvent les qualités humaines, professionnelles et artistiques de leur lider maximo. Sur le premier point, on espère qu’ils sont sincères et lucides. Sur les deuxième et troisième, impossible de douter de leur avis, notamment à l’écoute de ce disque.

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Interview. Le pianiste russe a choisi de rompre avec l’URSS à la faveur d’une tournée passant par Paris en 1977. Parue récemment, son autobiographie évoque cet événement et bien d’autres. Toujours inspiré, il est capable d’interpréter avec la même intensité des œuvres de compositeurs très différents. Preuve en est ce soir à Pleyel et au disque, avec la réédition en coffret d’enregistrements consacrés au répertoire romantique.

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Quand on lit votre autobiographie, on comprend que votre départ de Russie a été un épisode central dans votre vie…
Quitter l’Union soviétique et demander l’asile politique, c’était un point de non-retour. Cela a été un moment incomparable, un déchirement, quelque chose comme vivre sa propre mort de son vivant.

Qu’est-ce qui vous a le plus frappé quand vous êtes arrivé à Paris la première fois ?
La légèreté ! J’avais l’impression de venir d’une autre planète avec un poids de 100 kilos sur le dos. C’était le mois de juin, il y avait du monde aux terrasses des cafés, les gens portaient des tenues décontractées… C’était intense. J’ai toujours une relation passionnelle avec cette ville où je vis maintenant et où j’adore marcher pendant des heures. Elle est de taille humaine tout en étant une des plus importantes au monde, notamment sur le plan culturel. Il s’opère ici une chimie inexplicable entre passé, présent et futur.

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Interview. Connu d’abord comme biographe inspiré de Thelonious Monk et pianiste bop, le franco-américain Laurent de Wilde a œuvré ensuite dans un registre drum’n’bass. Puis, tout en étant revenu à la formule trio acoustique, il a récemment accompagné le rappeur et slameur Abd al Malik. Décidément insaisissable, il se produit au cours du festival Factory, consacré aux musiques jazz, électro et singulières. Il y présente PC Pieces, un travail étonnant mené avec Otisto 23, lequel utilise son ordinateur comme un instrument.

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La musique que vous jouez en ce moment est agréablement déstabilisante. On a l’impression qu’elle est tantôt jazz, tantôt électro, ou dub, ou encore minimaliste
Oui, mais ça n’est pas vraiment volontaire. Toutes ces influences font partie de moi. Les morceaux se sont créés à partir de ma façon de travailler avec Otisto.

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Interview. Il a 20 ans et jouit déjà de la reconnaissance des professionnels comme des amateurs éclairés ! Tigran Hamasyan fait preuve d’une maturité exceptionnelle. Il impressionne autant par son jeTigran Hamasyanu plein d’allant et techniquement très au point, que par la qualité de ses compositions dotées de puissants pouvoirs évocateurs. On a rarement l’occasion d’assister à la naissance d’un futur grand : vous savez maintenant quoi faire en cette fin avril…

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Vous avez été lauréat du prestigieux concours Monk en 2006, quel effet cela fait-il ?
L’influence qu’a eu Thelonious Monk sur moi est énorme. C’est tout bonnement mon compositeur de jazz préféré, ses œuvres sont sans âge, toujours actuelles. Elles m’ont beaucoup inspirées lors du concours, un grand moment pour moi car j’ai quand même joué devant des artistes comme Herbie Hancock et Danilo Perez !

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Interview. Les téléspectateurs ont pu se passionner pour sa Boite à musique diffusée cet été sur France 2. Compositeur, pianiste, enseignant au Conservatoire, homme de radio et de télévision, Jean-François Zygel bondit d’une scène à l’autre, d’un studio à une salle de cours, partout où se trouve un piano et une assistance avide de voir s’éclaircir les mystères de la musique classique. Durant toute la saison on le retrouve au Châtelet et à la mairie du 20e pour une Leçon de musique mensuelle. C’est vivant, amusant et très instructif !

Jean-François Zygel÷

À qui s’adresse vos leçons ?
Mais à tout le monde bien sûr ! À ceux que la musique classique intimide, mais aussi aux mélomanes confirmés qui veulent en savoir plus sur un compositeur, une œuvre, une notion, de même qu’à ceux qui, par exemple, aiment Mozart mais qui ont du mal avec Stravinsky. Ou l’inverse. En un mot, au gens qui sentent qu’il y a dans la musique classique des siècles de chefs-d’œuvre qui ne demandent qu’à être apprivoisés.

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Critique de disque. « Un zeste de citron… » Si l’on évoque d’entrée l’une des plus fameuses chansons du dernier Gainsbourg (Lemon Incest), c’est que ce coquin de Serge avait emprunté l’« Étude n° 3 » de Frédéric Chopin pour y déposer ses vers. On retrouve celle-ci sur ce disque éblouissant, non seulement de technique – ça on est habitué – mais aussi de richesse d’inspiration. Les doigts du russe Nikolaï Lugansky virevoltent en effet sur le clavier comme si ce pianiste était lui-même l’auteur de ces pages écrites fiévreusement par le grand romantique polonais. Avec ces Études, Chopin cherchait à extirper le meilleur du piano, un instrument nouveau dans les années 1830.

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