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Posts Tagged ‘Rock’

Dossier. Espaces où se concentrent et se brassent des populations venues de divers horizons, les villes sont des lieux propices à l’émergence de formes musicales originales. Issues de cultures locales, nourries d’influences extérieures, modernisées ou respectueuses de la tradition, elles sont devenues des emblèmes de ces cités, voire d’un pays tout entier. Les découvrir au cours d’un séjour fait partie des bonheurs que l’on peut s’offrir lors de ses voyages. Nous vous invitons dans ce dossier à suivre de belles partitions à travers le monde.

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Dossier. Rock, électro, chanson, jazz, opéra… D’importants festivals rassemblent à travers la planète des centaines de milliers de mélomanes addicts aux sons des plus renommés artistes du moment. Pour vous aider à trouver la manifestation qui se trouvera sur votre route cet été, à moins qu’elle soit votre destination principale, routard.com vous invite à découvrir les programmes de 25 festivals incontournables. Ils le sont d’autant plus qu’ils se déroulent la plupart du temps sur ou tout près de sites remarquables : mer, montagne, nature, ville majeure… Pas étonnant que ces festivals soient des locomotives pour le tourisme !

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Le Velvet Underground au Castle Los Angeles 1966 © Gerard MalangaEn 1966, trois garçons et une fille pâles tout de noir vêtus enregistraient un album qui changea la face du rock. Parrainés par Andy Warhol, ils ouvraient alors des voies inédites encore explorées de nos jours. L’exposition The Velvet Underground – New York Extravaganza de la Philharmonie de Paris nous fait visiter l’univers contrasté d’un groupe qui, aujourd’hui célèbre, fut quasiment ignoré en son temps.

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Et le rock devint adulte… Sur le moment, peu de gens s’en sont rendu compte. C’est dans les décennies qui suivirent la fin du Velvet Underground que cela apparut comme évident. Conçue par Carole Mirabello et Christian Fevret, fondateur de la revue Les Inrockuptibles, l’exposition consacrée à ce groupe pop et avant-gardiste, séduisant et venimeux, est organisée à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’enregistrement du chef-d’œuvre qu’est The Velvet Underground and Nico, alternance de chansons délicates et de morceaux d’une rare brutalité. Dans les deux cas la sophistication des compositions et arrangements est extrême.

« Il ne s’agit pas d’un mausolée, nous explique Christian Fevret. Nous ne jouons pas la carte de la nostalgie car l’esthétique et le son du VU ne sont pas datés. Pour nous, c’est un groupe qui est notre contemporain. » Le parcours est constitué d’espaces qui illustrent ce point de vue à travers divers documents, dont des photos, films et sons. New York y tient un rôle majeur. « Le VU ne pouvait pas venir d’un autre lieu que cette ville qui était alors sinistrée, métallique, sale et sombre, que seuls égayaient quelques rayons de soleil. Sa musique est à cette image. »

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Festival d’AvignonDossier. Chaque été, la France prouve qu’elle est une terre de festivals. Nous vous indiquons ici quelques-uns des plus importants rendez-vous. Ils sont au nombre de dix, mais une vingtaine d’autres événements ont été ajoutés, en bref. La liste aurait pu être encore beaucoup plus longue… Les formes musicales les plus actuelles sont dominantes, mais pas au point que le rock ou la chanson parviennent à éliminer tous les autres genres. Les aficionados de reggae, de jazz, d’électro, de musiques classique ou « world » ont également de quoi agrémenter leurs loisirs estivaux. Idem pour les amateurs de théâtre.

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Bowie - Aladdin Sane, 1973 Photograph by Brian DuffyQui est David Bowie ? De quelle manière travaille-t-il, lui qui est entouré depuis ses débuts d’innombrables et très variés musiciens, producteurs, chorégraphes, photographes, designers, décorateurs… ? Une importante exposition présentée dans le cadre de la nouvelle Philharmonie de Paris va livrer quantité de secrets de cet artiste pop majeur. Au cœur du parcours sont présenté des tenues ébouriffantes de créateurs inspirés par le mystérieux Mr Bowie.

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A Touch of Class for the Neighbourhood (photo Michel Doussot)

Portrait de Dominique Laboubée, leader du groupe Dogs.

Œuvre peinte par Jef Aérosol.

Place Dominique-Laboubée (1957-2002) à Rouen.

Photo de Michel Doussot

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james brownBlogpasblog 2 vous invite à découvrir des vidéos d’anthologies repérées sur les sites de partage.

Il suffit de cliquer sur les images figurant dans l’article pour qu’elles s’animent.

Pour l’heure, il s’agit de prestations in vivo ou de clips d’artistes remarquables par leur qualité et leur intensité.

Des scènes de films ou de séries et d’autres choses encore seront prochainement proposées.

Le choix est évidemment subjectif.

C’est ici : http://blogpasblog2.wordpress.com/

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festival de carcassonneDossier. Un excellent programme qui se décline dans un lieu hors du commun : tels sont les deux critères retenus dans la sélection de festivals estivaux français que routard.com vous propose ci-dessous. Au plaisir d’écouter de la bonne musique ou de voir évoluer des comédiens remarquables s’y ajoute le spectacle qu’offre un site d’une beauté exceptionnelle.

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Un violon sur le sableDossier. Envie d’écouter de la musique les pieds dans l’eau ? Cet été, plusieurs festivals français vous invitent à suivre tout ou partie de leur programme sur une plage, que celle-ci donne accès à la mer, un lac ou une rivière. Pour écouter aussi bien des musiques actuelles que du jazz ou du classique, avant d’aller piquer une tête…

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Francesco BearzattiInterview. Au sein de son Tinissima Quartet, ce saxophoniste italien réinterprète la musique de Thelonious Monk en glissant dans les compositions de ce dernier des accords puisés dans le répertoire rock, de AC/DC à Lou Reed en passant par Pink Floyd ! C’est aussi fou que jouissif, comme la musique du génial Monk en somme.

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On est étonné de constater que la musique de Monk se prête si bien à votre exercice de collage…

Tout simplement parce que le point commun entre Monk et le rock, c’est le blues, lequel est à l’origine de ces deux univers.

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Critique de disque. Le Chávez Ravine n’existe plus. Ou plutôt, cet ensemble de quartiers de Los Angeles Est a subi une telle mutation que ses premiers habitants ne peuvent plus le reconnaître. Aujourd’hui, le stade des Dodgers a remplacé les rues et sentiers de ce secteur semi-urbain où s’étaient établies des familles de RY COODER « Chávez Ravine »chicanos, ces émigrants mexicains installés en Californie. C’est le souvenir de ce lieu que ravive Ry Cooder dans un disque singulier. Rappelons aux étourdis que ce guitariste et chanteur est une figure à part dans le show business américain. Épris de toutes les formes de musique, il a exploré avec succès – public et critique – tous les registres existant aux États-Unis, puis ceux d’autres contrées : Inde (avec V. M. Bhatt), Mali (avec Ali Farka Touré) ou Cuba (avec Manuel Galbán et le Buena Vista Social Club). Ici, il s’inspire des musiques que l’on pouvait écouter à l’époque où les citoyens de Chávez Ravine, du moins certains d’entre eux, s’élevèrent contre leur expropriation, dans les années 1950. Rock tex-mex, rhythm’n’blues, conjunto, country et jazz sont au programme, le tout étant agrémenté de touches reggae et électro. Un vrai festival !

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Rue de VerneuilDossier. Les chanteurs et musiciens pop se nourrissent de leur environnement, des rumeurs de leur ville comme de la vie qu’ils y mènent. Aussi est-il passionnant d’aller sur leurs traces pour voir où ils ont passé leur enfance, fait leurs débuts, écrit tout ou partie de leur répertoire et, parfois, visiter les lieux où ils reposent. Ce dossier vous propose des parcours et une sélection de sites majeurs où vous avez de grandes chances de percevoir quelque chose de la magie qui émane ou émanait de stars mondialement célèbres telles qu’Elvis Presley, U2, Bruce Springsteen, Serge Gainsbourg ou Shakira. Nous vous indiquons également des musées qui sont dédiés à certaines d’entre elles, des Beatles à Oum Kalsoum en passant par Bob Marley et ABBA. Il y en a pour tous les goûts !

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DON’T LOOK BACK 10Critique de film. En 1965, le jeune Bob Dylan est en train de devenir une figure de proue de la pop music internationale. C’est ce dont témoigne Don’t Look Back, un film exceptionnel signé Donn Alan Pennebaker, l’un des plus importants représentants du cinéma direct ou cinéma vérité.

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Né en 1941, Robert Zimmermann a adopté son pseudonyme en hommage au poète gallois Dylan Thomas. Considéré comme un fils spirituel de Woody Guthrie, Bob Dylan devient l’un des chefs de file du courant folk en 1963 avec Blowin’ in the Wind et The Time They Are a-Changin’, aux côtés de Pete Seeger et Joan Baez, laquelle sera un temps sa compagne. Agressif, ironique, ce poète aux allures de beatnik bouscule les convenances et critique la marche du monde.

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SEPTEMBER SONGS filmCritique de film. Un compositeur inclassable interprété par des artistes hors norme, lesquels sont filmés avec originalité : c’est le cadeau que nous fait le réalisateur de September Songs – The Music of Kurt Weill.

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« Je n’ai jamais admis la différence entre la musique sérieuse et la musique légère; il n’y a que la bonne ou bien la mauvaise musique » : le compositeur allemand Kurt Weill (1900-1950) répondait ainsi à ses nombreux détracteurs. Les milieux académiques n’ont jamais vraiment accepté la démarche de cet artiste qui s’échappa très vite de leur emprise pour écrire une musique inclassable faite de classicisme, de jazz et d’échos de chansons populaires. Le plus rageant pour eux fut que le créateur de L’Opéra de quat’sous et de Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny obtint un succès public gigantesque avec ses œuvres les plus ambitieuses.

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Critique de disque. « I got my finger on the trigger /But I don’t know who to trust / When I look into your eyes / There’s just devils and dust / We’re a long, long way from home, Bobbie / Home’s a long, long way from us / I feel a dirty wind blowing » (« J’ai mon doigt sur la gâchette / Mais je ne sais pas qui croire / Quand je regarde dans tes yeux / Il n’y a que démons et poussière / Nous sommes loin, loin de notre foyer, Bobbie / Et notre foyer est loin, loin de nous / BRUCE SPRINGSTEEN « Devils & dust »Je sens un vent mauvais en train de souffler »)… Ainsi commence « Devils & Dust », la chanson qui donne son titre à l’album. On se dit très vite qu’elle a pour destin de devenir un classique. Elle pourrait être celle par laquelle de nombreux États-uniens trouveront les mots qui expriment leur désarroi par rapport à la guerre menée en leur nom en Irak. « Fear’s a powerful thing, baby / It can turn your heart black you can trust / It’ll take your God filled soul / And fill it with devils and dust » (« La peur est une chose très puissante, baby / Capable de noircir ton cœur, tu peux le croire / Elle laissera ton âme née de la bonté de Dieu / Livrée aux démons et à la poussière »)… Devils & Dust n’est cependant pas un disque militant. C’est une fois de plus un recueil de quasi nouvelles que Springsteen a écrit dans cette langue rock’n’rollienne dont usent les meilleurs auteurs de la chanson US. Prenons un vers au hasard : « Your sweet brown legs got me feeling so blue. » C’est évocateur et cela se prête naturellement à ce chant rythmé inventé au sud des États-Unis dont on ne se lasse pas.

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Critique de disque. Le Bostonien et néo-Californien Frank Black, alias Charles Thompson, a pris la direction du sud des États-Unis pour réaliser son disque et il a eu bigrement raison. Enregistré à Nashville, dans les studios de Dan Penn, Honeycomb s’est ainsi retrouvé paré de couleurs soul et country du meilleur FRANK BLACK  « Honeycomb »teint. Black et ses musiciens sont allés au plus près de la vérité du genre rock’n’roll. Le choix du producteur est pour beaucoup dans la réussite de ce beau disque. En activité depuis près de cinquante ans, Dan Penn a écrit quelques grandes pages du rock et de la soul, notamment en tant que pilier des fameux studios de Muscle Shoals. À son actif, on compte des hits comme « Dark End of the Street » repris ici. Comme dans un rêve, Frank Black a vu se joindre à lui une poignée d’autres héros des temps passés tels que le complice de Penn, « Spooner » Oldham (le solo d’orgue sur « When a Man Loves a Woman » de Percy Sledge, c’est lui) et Steve Cropper qui a joué pour toutes les stars du label Stax (la partie de guitare de « Dock of the Bay » d’Otis Redding, cela vous dit-il quelque chose ?).

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Jacques Higelin 10Biographie. Né à Brou-sur-Chantereine (Seine-et-Marne) le 18 octobre 1940, décédé à Paris le 6 avril 2018.

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Bébert et l’omnibusIssu d’une famille modeste, Jacques Higelin est poussé par son père vers le monde du spectacle. Enfant, il chante des chansons de Charles Trenet dans les cinémas, lors d’entractes. Adolescent, il s’initie à la cascade. Passant audition sur audition, il décroche un contrat de figurant pour l’opérette Nouvelle Orléans. On le voit en Indien ou en soldat au côté du jazzman Sidney Bechet.

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Jean-Charles de Castelbajac & Nouvelle VagueInterview. Ce n’est pas tous les jours qu’un créateur de mode renommé se lance dans la réalisation d’un show musical à la fois ambitieux et grand public. Passionné de rock, Jean-Charles de Castelbajac a conçu Dawn of Innocence, mise en scène fastueuse du groupe Nouvelle Vague, dont les deux superbes chanteuses Mareva Galanter et Liset Aléa interprètent une série de chansons new wave. Actuellement en tournée mondiale, ce spectacle hors du commun fait halte par Paris.

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Pouvez-vous définir ce spectacle en quelques mots ?

Il tient du concert rock, de l’installation, de la performance… C’est un spectacle fantomatique dont j’ai conçu la scénographie, les décors et les costumes. Riche en effets spéciaux, c’est une quête d’émotions : sensualité, troubles, peurs, enthousiasme… Chaque chanson est mise en scène. J’ai utilisé toute sorte de détails qui proviennent de l’univers du rock et de la pop : le guitariste porte un costume de guitar hero inspiré par un souvenir de concert de Roxy Music, une des chanteuses est vêtue d’une robe qui évoque les boules à facettes typiques du disco… On emploie aussi des fumées, des lasers et des effets stroboscopiques dans l’esprit des light shows des années 1960… Je créée des images, je ne suis pas un scénographe de métier. Mes références sont du côté de tous ces artistes visuels qui ont participé à l’histoire du rock, comme Andy Warhol.

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Critique de disque. C’est l’histoire d’une vedette du rock anglais, Damon Albarn, qui s’ennuyait un peu au faite de sa gloire. Pour changer d’air, le chanteur de Blur a mis en route deux projets plus qu’aboutis. Gorillaz, le premier, a frappé dans le mille : on s’est partout emballé pour ce disque en forme de brillant jeu de piste à travers les musiques en vogue du début des années 2000. Visiblement, Albarn bouillonne d’idées car, pour le second projet, il s’est envolé vers le Mali afin d’enregistrer des vocalistes et des instrumentistes, tels que le joueur de kora Toumani Diabaté, ainsi que leurs proches. L’un des intérêts de cette opération réside dans son impureté même. A l’évidence, Albarn n’est pas un spécialiste de la musique ouest-africaine. Mais c’est ce qui le rend libre d’aller au bout de sa démarche. Tout en respectant l’apport des artistes maliens, il se sert de leurs interventions pour créer un objet musical inédit et très personnel.

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Critique de disque. S’étant complètement émancipé, Manu Chao a les moyens de faire exactement ce qui lui plaît. Tous les artistes qui possèdent cette chance n’en profitent pas. Mystère… Chao lui si. Après des années de vadrouille, le vagabond latino-parigot a passé un hiver dans sa ville natale, le temps d’enregistrer une flopée de nouvelles chansons. À son rythme, comme il les entendait et en cherchant à les présenter d’une manière inédite. Il en résulte un disque accompagné d’un livre signé avec le graphiste Woźniak. Les dites chansons rappellent celles des deux précédents albums studio de Chao, mais également certaines autres datant de l’époque de la Mano Negra. Dans les années 1980, nombre de groupes « alternatifs » ne rechignaient pas à pratiquer une sorte de rock musette. C’était souvent l’occasion de chanter Paris, ce qui est justement le sujet de cet album. Pas le Paris des rupins, bien sûr, mais celui des faubourgs, là où ça fait parfois froid dans le dos et souvent chaud au cœur.

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Critique de disque. Du grand nord européen jaillissent régulièrement d’étonnants musiciens et chanteurs dont l’une des principales caractéristiques est d’user d’instruments électroniques afin de créer quelque chose qui ressemble à un nouveau folklore urbain. Sous le nom de Susanna and the Magical Orchestra s’avance un duo norvégien constitué de la chanteuse Susanna Wallumrod et du sorcier des claviers Morten Qvenild (c’est lui, l’Orchestre Magique !). Ils font partie d’une jeune génération qui est destinée à pousser encore plus loin les expériences menées par leurs aînés. En effet, depuis les années 1990, les pays scandinaves et finnois se sont fait remarquer par leur esprit novateur en matière de musique. Faut-il rappeler que c’est d’Islande que sont venus Björk et quantité d’autres groupes et artistes singuliers ? La Norvège a également et remarquablement tenu son rang avec Bugge Wesseltoft, Wibutee, Sidsel Endresen, Beady Belle, Anja Garbarek ou encore Jaga Jazzist, formation électro jazz dont est issu Morten Qvenild. Tous ces gens aiment leur folklore ancestral, le jazz, le rock, la soul, le reggae… Bref, ils sont de leur temps, les oreilles grandes ouvertes sur toutes les musiques du monde. Via les machines électroniques, ils en font la synthèse et inventent de nouveaux sons. Susanna and the Magical Orchestra sont de ceux-là avec leurs chansons minimalistes.

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THE BEAT 2Biographie. Ranking Roger (chant), David Wakeling (chant), Andy Cox (guitare), David Steele (basse), Everett Moreton (batterie), Saxa (saxophone).

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Formé en 1978 à Birmingham, The Beat est avec Specials et Madness un pionnier du renouveau ska en Grande-Bretagne. Appelé auparavant The Bodysnatchers, le groupe adapte l’ancêtre du reggae en y injectant une énergie punk. Immédiatement, sa reprise amphétaminée de « Tears of a Clown » (de Smokey Robinson) fait mouche. En 1980, le titre « Mirror in the Bathroom » issu de son premier album (I Just Can’t Stop It) le fait connaître du grand public. Wha’ppen ?, son deuxième album ralentit le tempo, sous influence africaine.

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Interview. Londres, New York, Paris, tels sont les points d’ancrage de Daniel Darc en ce monde. L’ancien chanteur de Taxi Girl, poète urbain comme on en fait peu en France, est un prince du macadam qui connaît aussi bien les avenues que les impasses de ces villes. À l’heure où sort son album Crèvecœur, il nous livre ici quelques propos à leur sujet, ainsi que sur la musique. À sa manière. Dur parfois, ironique souvent, sincère toujours.

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« Quand je voyage, c’est pour aller à Londres ou à New York, dans les grandes villes en tout cas »

Voyages-tu beaucoup ?

Non !

Pourquoi ?

Parce que j’ai beaucoup de problèmes. Il n’y a rien qui me casse plus les couilles que les gens qui se barrent pour oublier leurs problèmes. Quand je voyage, c’est pour aller à Londres ou à New York, dans les grandes villes en tout cas. Quand j’arrive en banlieue, je flippe de ne pas avoir Europe Assistance.

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Interview. Leader du Sacre du Tympan, le bassiste et guitariste Fred Pallem a imaginé une quinzaine de morceaux destinés à illustrer les images de films… qui n’existent pas, bien que leurs titres soient tout à fait crédibles : Il colore dei soldi, Virus from Outter Space… Très amusants, extrêmement bien fichus, mélangeant jazz et pop, ils s’inspirent des meilleurs compositeurs du genre : Morricone, de Roubaix, Schiffrin…

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Comment est né ce nouveau projet intitulé Soundtrax ?

J’ai d’abord écrit de petits scénarios puis j’ai imaginé quelles musiques pourraient les accompagner. Je crois que Schoenberg a suivi cette démarche… Cela dit sans que je fasse la moindre comparaison entre lui et moi !

Ces musiques font référence aux années 1960 et 1970…

Je suis attaché aux sons de cette époque depuis toujours. Dans la voiture de mon père, on écoutait les musiques de film de François de Roubaix, mes premiers disques ont été les b.o. de Casanova et de Shaft… En plus de ça, je découpais des encadrés consacrés aux films dans les magazines télé que je collais ensuite sur des cahiers. Les compositeurs de cette période, comme Roubaix ou Morricone, étaient fascinants. Ils mélangeaient le jazz et le classique à plein d’autres genres. Ils étaient très inventifs. Il ne faut pas oublier que c’est parmi ces musiciens que se trouvent les premiers à avoir utilisé des synthés.

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Critique de disque. Lorsqu’il écrit une chanson, Paddy McAloon – l’homme qui se cache derrière Prefab Sprout (Chou Préfabriqué…) – pense cinéma. C’était flagrant dans ses précédents albums (notamment les formidables Steve McQueen, From Langley Park to Memphis, Jordan : the Comeback). Ici, le septième art est carrément le thème d’un album entier. Et pas n’importe quel cinéma : le western. Grands espaces, personnages légendaires, coups de feu, parties de poker… Paddy l’ancien gamin de Newcastle (port industrieux du nord de l’Angleterre) retranscrit ses rêves de cow-boy en format Scope. De construction à la fois ample et luxuriante, les douze travaux de Paddy ne peuvent que combler d’aise les amateurs de rock sophistiqué – avec McAloon, le co-réalisateur de ce film sonore est Tony Visconti, lequel est un vieux complice de David Bowie.

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Interview. Dirigé par le contrebassiste Daniel Yvinec, le nouvel effectif de l’Orchestre National de Jazz se plonge dans le répertoire aussi singulier que mirifique de Robert Wyatt, cofondateur du groupe rock-jazz Soft Machine. Au disque, et ce soir sur scène, il interprète un florilège de chansons présentées sous de magnifiques arrangements pleinement acceptés par le compositeur.

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Quand avez-vous découvert la musique de Robert Wyatt ?

Daniel YvinecQuand j’étais collégien. Ma passion était d’écouter des musiciens « bizarres », les plus aptes à me faire « voyager ». Robert Wyatt en faisait partie. Lorsque a paru Rock Bottom [disque majeur sorti en 1974], cela a été un choc. Je ne comprenais pas d’où sortait cette musique. D’ailleurs, je ne comprends toujours pas. Elle est totalement libre, elle part sans cesse dans de multiples directions. C’est ce qui fait de Wyatt un personnage mythique chez de nombreux musiciens qui, souvent, n’osent pas avoir la même audace.

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Interview. Pour son projet Songs of Freedom, le guitariste s’empare de classiques de la pop des années 1960 et 1970 en donnant libre cours à son imagination. C’est avec grand plaisir que l’on redécouvre en sa compagnie des compositions des Beatles, de Stevie Wonder, de Led Zeppelin ou de Bob Marley, lesquelles sont réinventées avec la complicité de divers chanteurs.

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Comment avez-vous choisi les titres ?

Ce sont des morceaux qui ont marqué ma jeunesse, qui m’ont remué et fait aimer la musique. Je les ai choisis aussi parce qu’ils me permettent de continuer à développer mon propre son.

Votre première passion n’était pas le jazz ?

Non, j’y suis venu tardivement. Enfant, j’ai d’abord été attiré par le dessin et la peinture puis, avec des camarades d’école, je me suis mis à la batterie pour m’amuser, pour faire du bruit ! J’étais plutôt hard rock et de fil en aiguille la guitare m’a happé. C’est en découvrant le rock progressif que j’en suis venu au jazz, une musique qui m’a tellement fasciné que j’ai voulu apprendre toutes ses méthodes et théories, be-bop notamment. Ce que j’ai fait en autodidacte, en travaillant intuitivement, avant de jouer en tant que professionnel dans des formations de style fusion.

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Critique de disque. « Je ne raisonne pas mais je veux que mes chansons résonnent » affirme Jean-Philippe Nataf quand on l’interroge sur sa musique. Depuis ses débuts, avec Les Innocents dans les années 1980, ce chanteur et guitariste a fait preuve d’un goût sûr et certain pour l’écriture rock classique. C’est-à-dire chic et sans chichi. Ici, dans un esprit folk, JP Nataf nous offre des mélodies concises, aérées, lyriques. Celui qui affirme que les textes ne sont pas une priorité fait sonner ses mots, français, à la manière anglo-saxonne. C’est-à-dire que leurs sonorités contribuent à l’efficacité de la musique. Ce n’est pas qu’ils ne veulent rien dire, mais ils évoquent plus des choses qu’ils ne les racontent. À cet égard, le salut à « Mon ami d’en haut » est un des plus délicats hommages à un proche disparu que l’on ait pu entendre. Pas facile à traiter ce thème.

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Liste des critiques de disques publiées sur ce blog.

Avec liens.

Classées de A à Z .

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Serge Gainsbourg 22Biographie. Lucien Ginsburg, né à Paris le 2 avril 1928 (une sœur jumelle, Lilianne), décédé à Paris le 2 mars 1991.

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Riche et intense, telle fut l’existence de Serge Gainsbourg, alias Lucien Ginsburg (ou Ginzburg), l’artiste aux mille vies. La première est celle d’un fils d’émigrés russes réfugiés à Paris après avoir fui la guerre civile qui sévit dans les années 1920 en Union Soviétique. Durant l’occupation allemande, le petit Lulu porte, selon son expression, « l’étoile de shérif ». Mais la famille échappe à l’extermination programmée des juifs en se cachant dans le Limousin. Après la guerre, jeune homme aux goûts classiques, Lucien étudie l’architecture, la peinture… Pour survivre, il devient pianiste d’accompagnement ou d’ambiance comme son père.
Peu à peu, il écrit des chansons sous le pseudonyme de Julien Grix ou le nom de Serge Gainsbourg et commence à les interpréter en public. En 1957, il joue du piano au cabaret parisien Milord l’Arsouille et accompagne sa patronne, la chanteuse Michèle Arnaud, première artiste à avoir soutenu ce nouveau venu hors norme. Il se démarque en effet de l’esprit Rive gauche post Saint-Germain-des-Prés en vogue dans les cabarets de l’époque par son inspiration caustique et acerbe. Des artistes comme Les Frères Jacques inscrivent bientôt quelques-unes de ses chansons à leur répertoire. Gainsbourg entre dans l’écurie du dénicheur de talents Jacques Canetti qui le tourner dans Paris, en France et à l’étranger.

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Dossier. Chanteur, batteur et pianiste, Robert Wyatt s’est toujours tenu éloigné du cirque rock’n’roll. Il est pourtant l’une des figures majeures de la « culture rock » de par la position très originale qu’il tient depuis les années 1960. Resté fidèle à son esthétique, il ne s’est jamais compromis dans des aventures opportunistes. Au pont, parfois, de se faire oublier car il ne donne des albums que lorsqu’il le juge nécessaire et ne rentabilise pas sa notoriété par des tournées dans les stades. Il a raison d’ailleurs : de quoi aurait-il l’air !?

Batteur influencé par le jazz, chanteur poignant, ses compositions profondes et mystérieuses gardent leur beauté sublime, de son engagement dans Soft Machine à aujourd’hui. Il fait partie de ces grands artistes singuliers et mystérieux qui font l’honneur de la Grande Bretagne : Nick Drake, Syd Barrett, Peter Hammil, Scott Walker (le plus british des exilés états-unien)… Il est devenu une référence absolue chez les esthètes du rock.

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Critique de disque. Ballades pour balades au crépuscule, douces chansons pour accompagner des moments heureux, ou pour mettre du baume au cœur… Keren Ann poursuit sa route au pays de la pop avec cet album que l’on surnommera, « le disque anglais ». Après deux cd dans la langue de Françoise Hardy, notre artiste s’exprime dans celle des Beatles. Elle y est plus qu’à l’aise, l’anglais étant une des langues maternelles de cette polyglotte. En écoutant Not Going Anywhere, on retrouvera quelques chansons de La Disparition, qui prennent de nouvelles couleurs par le seul effet de leur traduction, ainsi que des compositions originales du meilleur cru. Plus que jamais les fantômes des crooners rock-soul des années soixante hantent la voix et les compositions de Keren Ann.

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Critique de disque. Sacré Marc Almond ! Le voici dans l’ex-pays des Soviets, où l’on chante langoureusement de grands sentiments, avec force trémolos. Passion, drame, joie de vivre mélangés dans un même mouvement… Garçon ! Vodka et caviar pour tout le monde ! Archétype de l’artiste anglais excentrique, l’homme à la voix d’orgeat n’aime rien tant que la culture underground, celle des cabarets, night-clubs et discothèques. En conséquence, c’est sous cet angle qu’il aborde ses genres musicaux préférés. Le duo électro rock Soft Cell par lequel il débuta ? De tonalité disco. Mother Fist and Her Five Daughters, l’un de ses disques majeurs ? Il suinte l’atmosphère des bars louches de Barcelone. Les chansons françaises qu’il a interprétées dans deux albums ? Toutes puisées dans le répertoire rive gauche. Son grand succès « Something’s Gotten Hold of my Heart », extrait du flamboyant The Stars We Are ? Inspiré par les shows de Broadway et de Las Vegas. On le retrouvera plus tard avec plusieurs enregistrements aux rythmes puisés à la source électro la plus festive. Et ainsi de suite… Ce parcours très original peut faire sourire. Pourquoi pas d’ailleurs ? Cette obsession du premier degré un peu décalé tel qu’on l’aime dans les boites gay possède un charme fol.

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Critique de disque. Ry Cooder intervenait de façon discrète sur le disque Buena Vista Social Club, cette réunion de famille qui a connu le succès que l’on sait. Il en était le maître de cérémonie et se contentait, en tant que pièce rapportée, de glisser quelques notes toujours bienvenues. Guitariste fort apprécié dans les studios californiens dès les années 1960, Cooder est parti à l’aventure dans les décennies suivantes, forant les soubassements de la musique populaire nord-américaine : blues, rock, jazz, tex-mex, etc. Puis, il alla encore plus loin, se tournant vers Hawaï, l’Inde, l’Afrique de l’ouest et enfin Cuba. Une quête émaillée de trouvailles merveilleuses, de rencontres passionnantes pour lui, comme pour nous. Quand on aime le jeu de ce guitariste – en fait, il maîtrise tous les instruments à cordes pincées -, tout à la fois direct, précis, élégant, économe et généreux, on pouvait donc être frustré de ne pas assez l’entendre dialoguer avec ses flamboyants héros de La Havane. Mambo sinuendo comble toutes les attentes.

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Critique de disque. L’énigmatique Devendra Banhart semble avoir été télétransporté de 1974 à 2004, année durant laquelle il a enregistré de quoi graver deux albums. Le premier se nomme Rejoicing in the Hands, le second Niño rojo. À les écouter, on jurerait presque qu’ils datent d’un temps où l’on prenait entre les oreilles les disques de Neil Young, Tim Buckley ou Syd Barrett. Ce type de chanson folk sophistiquée, lointain rejeton de l’art des bardes d’Irlande ou d’Angleterre, Devendra Banhart en maîtrise l’écriture à la perfection. Il est difficile de ne pas être accroché par ses mélodies brillantes à force de simplicité. On est également intrigué par les délires post hippies qui alimentent ses textes drôlement abscons. Quant à la voix de ce chanteur âgé d’une vingtaine d’année, elle envoûte grâce à son expressivité puissante, mais sans excès. Comme un nombre conséquent de musiciens états-uniens de sa génération, Devendra Banhart délaisse les machines électroniques et choisit la guitare acoustique et le piano comme soutiens principaux à ses chansons. Moins corseté que d’autres néo-folk singers renommés, plus immédiatement abordable que nombre de ses congénères minimalistes, Devendra Banhart est the right man at the right place.

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Critique de disque. Enrôlés de gré ou de force dans les troupes du show business états-unien, les artistes canadiens anglophones en arrivent à perdre leur identité. Ou, du moins, le croit-on. Canadienne elle-même, k.d. lang, alias Kathryn Dawn Lang, ne l’entend pas de cette oreille. Aussi a-k.d. lang « Hymns of the 49th parallel »t-elle enregistré cet album entièrement consacré aux auteurs et compositeurs de son pays. Ses aînés Neil Young, Joni Mitchell, Leonard Cohen et Bruce Cockburn, sont à l’affiche de ce disque ému, ainsi que Ron Sexmith, Jane Siberry et… k.d. lang. Une voix, une guitare, une basse, un piano et des cordes dirigées par Eumir Deodato : les arrangements sont à la fois simples et grandioses. Si, si, c’est possible. Autant le dire, on ne se tape pas sur les cuisses, ni ne saute sur la piste de danse, en écoutant ces Hymnes du 49e parallèle qui évoquent d’infinies étendues aussi finement que des sentiments intimes. Mais enfin, on ne déprime pas non plus. C’est juste que l’on se balade ici entre mélancolie, nostalgie et autres émotions du même acabit. Avec grand bonheur, car la voix de k.d. lang est de celles qui vous pressent le cœur sans que vous puissiez y faire grand chose.

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Critique de disque. Si la « Honky Tonk Woman » des Rolling Stones est bien connue, beaucoup ignorent finalement ce que signifie exactement le terme honky tonk. Il nomme d’abord ce type de gargote que l’on trouvait dans tout le sud des États-Unis, là on l’on vivait sous la pression de nombreux interdits. Pour boire, jouer, fréquenter des femmes et écouter de la musique, et tout cela sans entraves, on savait donc où aller… Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, sous l’effet des mutations économiques et aussi par le fait que bon nombre d’hommes avaient couru le monde un fusil à la main, la country music que l’on écoutait dans les honky tonks changea notablement. Les textes se firent plus crus, tandis que les orchestrations prirent des couleurs blues et s’électrifièrent, préfigurant ainsi ce qu’allait être le rock and roll. Fatalement, le genre prit le nom des lieux où il s’épanouit. Bien que le style honky tonk n’ait jamais disparu, la période durant laquelle il fut dominant ne dura qu’une décennie, jusqu’au milieu des années 1950. Ensuite, la country devint sirupeuse et perdit de sa rugosité, avant de renaître à la fin des sixties, grâce aux « outlaws » texans et autres empêcheurs de sourire bêtement en ronde. L’excellente anthologie que voici nous offre une enivrante tournée des honky tonks d’antan – parmi les artistes qui y figurent se trouve notamment Hank Williams, la très grande vedette du genre.

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Critique de disque. Vétéran de la scène rock’n’roll et country blues nord-américaine, J.J. Cale est loin d’être rangé des voitures. Pour preuve cet album impeccable, par lequel il nous offre treize chansons pleines de vitalité. Elles ont beau avoir été enregistrées au début du troisième millénaire, il est bien difficile de les dater avec certitude. Rien d’étonnant à cela car l’artiste a, dès les années 1960, créé son propre univers, lequel est assez éloigné des feux de la mode – en revanche, comme tous les modèles, il a fait école (Dire Straits…) et nombre de ses chansons ont été reprises, notamment par Eric Clapton (« After Midnight », « Cocaine »…). Mais, si la musique de Cale est indatable, elle est en revanche situable : go west ! Le sud-ouest des États-Unis, ses routes sans fin, ses plaines, ses montagnes et ses déserts : on voit tout cela en écoutant les disques du cow-boy à guitare.

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Critique de disque et critique de livre. Quand la new wave vient heurter la rive gauche… Dominique Ané est l’un des plus éminents représentants de la scène française des années 1990-2000. C’est dit. Enfant du rock amoureux des mots en rouge et noir d’artistes de la génération cabaret – tels que Barbara -, Dominique A est parti d’un univers très personnel, voire excessivement tourné sur lui-même, pour finalement parvenir à élargir son point de vue. D’abord minimaliste (La Fossette), il s’est aventuré sur des zones risquées, déstructurant son propos à la manière d’un Bashung (Remué). Et puis, avec Tout sera comme avant, le voici se frottant aux grandes formes, faisant souffler quelques vents tourmentés dans ses airs de jeune urbain. Mine de rien, ils sont rares, dans la chanson française, à s’y essayer.

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Critique de disque. Gueule cassée de la punkitude parisienne, Daniel Darc est un poète chantant, fasciné pour toujours par les zones d’ombre de la vie, autant que par les éclatantes clartés qui illuminent l’existence. Cette chienne de vie, pourrait-on dire, qui ne fait aucun cadeau aux extralucides, à ceux qui ont choisi le camp du beau, du vrai, du pur, de l’idéal et qui s’en prennent plein la poire – « Pardonnez nos enfances comme nous pardonnons à ceux qui nous ont enfanté » chante-t-il. En ayant tout fait pour, peut-être, mais surtout parce que se révolter coûte cher. Daniel Darc n’est pas François Villon ni Arthur Rimbaud, mais il appartient à cette famille de garçons qui cherchent la bagarre. Et autre chose. Pas de pitié pour les tièdes ! Fasciné par les figures du rock et de la littérature les plus extrêmes (Johnny Cash, William Burroughs, Hubert Selby Jr., Lou Reed, Iggy Pop…, de grands blessés, eux aussi), il est l’un de ceux qui, en France, ont le mieux compris de quoi doit être fait une chanson rock. De notes et de mots instantanément sensibles. Le reste étant une question d’esprit et de style.

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Critique de disque. Le glacier Carbon se situe sur le Mont Rainier, près de Seattle. Il a pour particularité d’être constitué de glace mélangée à du charbon, ce qui lui donne un aspect pour le moins étrange, ni blanc ni noir, pas vraiment gris non plus. Habitant non loin de cette montagne, l’ex-géologue Laura Veirs a donc beau jeu de nous présenter son album comme un recueil de chansons instables, à la fois gaies et mélancoliques. On ne la contredira pas. Et c’est même une des raisons pour lesquelles on revient sans cesse à ce disque captivant. Les autres atouts de Carbon Glacier sont nombreux. Disons-le : on a rarement l’occasion d’écouter des balades aussi mélodieuses, aussi bien arrangées et chantées. Le folk song, l’une des tendances de la musique populaire nord-américaine les plus originales, a trouvé en elle une nouvelle héroïne. Bien qu’il ne soit plus aussi ardemment défendu que dans les années 1960 et 1970, aux temps de Bob Dylan ou Joni Mitchell, ce style a réussi à se maintenir par la grâce d’artistes dotés d’une belle force créatrice – Suzanne Vega, par exemple. Laura Veirs fait partie de la génération 2000, celle qui a bu à de nombreuses sources littéraires et musicales.

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Critique de disque. Des clubs de jazz aux saloons, de la ville aux grands espaces. C’est le parcours qu’a effectué Norah Jones depuis l’énorme succès qu’a connu son premier disque, Come Away With Me, en 2002. Peut-être sont-ce ses origines texanes qui se sont réveillées ? En tout cas, on trouve ici nettement moins de jazz et beaucoup plus de country et de folk rock dans cet album qui, comme le précédent, est d’esprit pop. Arrivant dans le sillage des chanteuses de jazz crossover (Lisa Ekdahl, Diana Krall, Dianne Reeves, Stacey Kent, etc.), Norah Jones a d’abord été de ces artistes dont on se transmet le nom entre connaisseurs, particulièrement en France où son succès sera aussi important qu’imprévu. Elle fut étonnante. Son premier album charmait les oreilles les plus dures, et l’on retrouvait son patronyme sur une série de disques d’amis en tout genre (électro, jazz, etc.) sur lesquels elle posait sa belle voix.

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Critique de disque. Une petite merveille de plus à inscrire au patrimoine du rock anglais ! Quoi ? Cela existe encore cet art de trousser des chansons élégantes et nerveuses ? Eh bien oui, l’électro, ou les groupes considérés comme majeurs, tels que Radiohead, n’ont apparemment pas tout balayé sur leur passage. The Coral est un sextette de Liverpool, évidemment constitué de lads tout juste sortis de leur chambre d’ado fana de foot, de piliers de pub qui rêvent de gloire et de vie dissolue. L’histoire n’est donc pas terminée. Et ce n’est pas faire injure au talent des membres de The Coral que de les rattacher à une noble et plébéienne filiation qui commencerait par les Beatles des premières années et se poursuivrait par les Kinks, les Housemartins, les La’s, etc. Bref, de les relier à ces formations qui ont su perpétuer la grande tradition mélodique anglaise, tout en sacrifiant avec énergie aux rythmes venus d’Afrique, via le rock’n’roll des États-Unis. Pas un seul des onze titres de ce disque n’est à écouter d’une oreille distraite.

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Critique de disque. Les Wampas, ces damnés de la chanson électrique, sillonnent les routes de France et d’ailleurs depuis 1983, semant et récoltant des décharges de joie désordonnée. Ils en ont vu du pays ! D’abord à la faveur de la vogue des groupes « indépendants » et « alternatifs » qui leur fit côtoyer la Mano Negra ou Les Garçons Bouchers, puis, quasiment en solitaire, durant une longue période, tels des survivants d’une cause que tout le monde croyait perdue ; celle du rock à la française. Vingt ans après, on trouve la trace des nombreux déplacements de ces rockers parisiens dans ce disque. On y parle notamment de Brest, de Toulouse et même de Saint-Mandé ! Étonnant chroniqueur, Didier Wampas, auteur et chanteur du groupe, évoque quantité de scènes vues ou vécues, à la fois datées et intemporelles, en tout cas toujours justes. En gros, il nous offre dans chacun de ses disques une étude assez fouillée de l’état d’esprit adolescent.

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Critique de disque. The Hour of Two Lights est un disque jouissivement déstabilisant. Que celles et ceux qui ont apprécié le Mali Music de Damon Albarn se pâment, car voici un enregistrement qui s’en rapproche. Le principe de départ est identique. Prenez un Britannique pur jus et laissez-le courir après ses fantasmes exotiques. Si le leader de Blur et de Gorillaz avait opté pour l’Afrique, Terry Hall, lui, préfère l’Orient – comme, avant lui, Jaz Coleman ou Marc Almond. Ce n’est pas une surprise quand on a suivi de près le parcours de ce chanteur singulier. Voix des Specials, des Fun Boy Three, de The Colourfield, puis vocaliste en solo, on lui connaît depuis toujours des intonations plaintives, langoureuses, mélancoliques. Personnalité attachante du rock’n’roll circus british, il ne s’est jamais fourvoyé dans des entreprises opportunistes. Ce n’est heureusement pas avec ce disque que cela va commencer.

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Critique de disque. « C’est l’exode du vingt-et-unième siècle ! » L’exode dont il est question dans la cavalcade sonique qui ouvre l’album d’Asian Dub Foundation, c’est celui des parias des années 2000 qui frappent aux portes de la « Fortress Europe ». Les mots d’ADF sont crachés comme des boules de feu : pas d’arrangements, pas de grimaces, comme dirait Zebda, le groupe cousin de ce collectif britannique. Comme les Toulousains, les membres d’ADF passent par le rock, le reggae, le hip hop et les musiques de leurs pays d’origine – ce sont des enfants d’émigrés du sous-continent indien installés dans le Royaume plus ou moins Uni – pour exprimer leurs points de vue. Mais ils le font avec nettement plus de brutalité que les Français. Depuis 1993, se situant dans le droit fil d’une lignée Clash – Specials – Basement 5 – Public Enemy, ADF perpétue plus une manière d’être qu’un genre musical.

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Critique de disque. Calexico est un duo qui aime le rock, la country, le jazz et les mariachis mexicains. John Convertino et Joey Burns ne se compliquent pas la vie : leur musique rassemble tout cela sans la moindre difficulté. On peut faire complexe sans compliquer les choses. Installés à Tucson-Arizona pour travailler avec le groupe néo-country Giant Sand, Convertino le batteur et Burns le chanteur guitariste ont formé Calexico – nom d’une ville située à la frontière de la Californie et du Mexique – pCALEXICO « Feast of wire »our essayer des formules musicales au gré de leur fantaisie. Une sorte de récréation sans objectif précis qui, à leur grande surprise, connaît un succès grandissant – surtout en Europe ; du moins, jusqu’à présent. Avec leurs amis, ils égrènent des chansons superbement tournées, des balades énergiques et hautes en couleurs – un peu d’accordéon par ici, des bribes de cordes ou de cuivres par là ; toujours à bon escient – qui rejoignent les plus belles compositions des Byrds, de Neil Young ou de R.E.M.

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Critique de disque. Wouff ! Ce frisson qui vous saisit dans le bas du dos et qui remonte dans la nuque… Beth Gibbons fait partie du club très fermé des voix qui font instantanément frémir. On la connaissait comme chanteuse de Portishead – groupe dans lequel son apport est essentiel -, la voici en duo avec Rustin Man, alias Paul Webb, bassiste de Talk Talk. Écrites à la campagne (dans le Devon et l’Essex), les chansons de cet album Hors de saison fleurent bon l’Angleterre. Pas celle des jungles urbaines, mais celle des Hauts de Hurlevent. Cela fait un peu cliché, mais c’est tellement évident. Ce spleen romantique qui émane aussi bien de la voix que des mélodies, il n’y a que sur ces terres que l’on peut le trouver et le faire fructifier.

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Critique de disque. « La bomba ! » Ce cri du cœur lancé au début de ce disque indique l’état d’esprit régnant sur les scènes où durant trois ans se sont produit Manu Chao et ses acolytes du Radio Bemba Sound System, son groupe explosif. Les adorateurs des deux précédents albums solo de Chao risquent de tomber de leur petit nuage car, enregistrées à la Grande Halle de La Villette en septembre 2001, les chansons du troubadour libertaire passent de leur état de ballades à celui de brûlots. Elles s’enchaînent à vitesse grand V : pas le temps de souffler ; ce qui est finalement très représentatif de ce qui se passe quand Manu est en ville. On se remémore les concerts de la Mano Negra – bien obligé, puisque une partie des vingt-neuf titres de l’album sont puisés dans le répertoire de la précédente formation de Chao. Et l’on constate que l’énergie est toujours là.

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Critique de disque. Quand un artiste de renom décide de consacrer un disque aux chansons qu’il aime par dessous tout, on craint souvent le pire : autocomplaisance, kitsch et autres ratages sont souvent au rendez-vous. Ouf ! Sinéad O’Connor, elle, réussit son projet. Chantant des airs qu’elle a entendus et appris durant son enfance, en famille et à l’école, son hommage à la culture populaire irlandaise, dont la manifestation la plus fameuse est la musique, est de bout en bout emprunt d’une rare dignité. La réussite est là parce que la chanteuse a choisi le bon angle d’attaque : la simplicité. Dans ce Sean-nós nua (Le Vieux chant nouveau), pas d’emphase, pas de surenchère dans les arrangements « modernes » – la plaie de bon nombre de productions « celtiques ». Ici, ils concilient avec classe les figures stylistiques du genre (chorus de violon, de cornemuse, etc.) et les tendances du jour (effets dub discrets, dus à Adrian Sherwood, coréalisateur du disque avec la chanteuse).

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