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Posts Tagged ‘Sénégal’

Critique de disque. « Je suis allé à Kinshasa j’ai trop souffert (…). Les jaloux saboteurs aux yeux de crocodiles veulent mon échec, souhaitent ma misère ; voilà mon problème »… Cette chanson de style zaïrois enregistrée à Abidjan par un Tchadien (Maître Gazonga) est l’un des tubes absolus des années 1970 et 1980, quand de forts contingents de musiciens ouest-africains modernistes partirent à l’assaut de leur continent, de la France et finalement du monde. Période dorée s’il en est ! Cette impressionnante anthologie offre près de deux heures et demi de bonheur parfait en alignant quelques chefs-d’œuvre glanés dans des albums souvent difficiles à dénicher – nous insistons : tous les titres sélectionnés sont géniaux. Dakar, Bamako, Conakry, Abidjan – où de très nombreux artistes des pays voisins venaient enregistrer -, telles étaient les places fortes de la pop dans la région. Au terme de deux décennies d’indépendance, les jeunes nations de l’ex-Empire français affichaient une vitalité extraordinaire en matière de musique. Réunis pour jouer dans des bars d’hôtel ou des buffets de gare, pour représenter leur pays ou une administration, des centaines de musiciens ont alors acquis une expérience phénoménale, comparable à celles des jazzmen états-uniens des temps héroïques.

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Critique de disque. Le Sénégal est une pépinière très féconde. Les grands et beaux talents y poussent de toutes parts. En vingt ans, on a vu s’élancer Touré Kunda, Xalam, Youssou n’Dour, Baaba Maal ou Ismaël Lô. Mais que ces baobabs ne cachent pas le reste de la plantation. Ainsi, El Hadj N’Diaye, qui adopte la posture du folk singer. Ce lointain héritier de Woody Guthrie, mêle dans son propos des descriptions réalistes et des images poétiques, tout en parlant d’amour, sujet ô combien intemporel et universel. Cette manière de faire a perdu de sa force dans les pays riches où l’on se gausse de façon simpliste des « chanteurs engagés ». Mais pas au Sénégal où El Hadj N’Diaye s’est acquis un public fidèle. Là, on sait que les rues sont peuplées d’enfants qui souffrent, que le sang peut couler au gré des caprices de tel ou tel. Et il est bon que quelqu’un le dise. Surtout si, comme ce barde à la voix déchirante, on sait faire de l’excellente musique.

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Interview. On est vraiment charmé par le travail de ce trio dont l’intrigant mélange de jazz et de musiques traditionnelles ouest-africaines fait mouche. Il est constitué de Djeli Moussa Diawara à la kora, de Moussa Cissoko aux percussions et d’Abdoulaye Diabaté au piano. Ce dernier nous parle de son trio à l’occasion de la sortie d’un nouveau disque dont les titres sont présentés ce soir en club.

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Le jazz est-il une musique que l’on connaît bien en Afrique ?
C’est-à-dire que l’on y joue des musiques traditionnelles sans toujours savoir qu’elles sont proches du jazz. Une des raisons d’être de notre trio est de contribuer à sa reconnaissance auprès de nos compatriotes grâce Kora Jazz Trioà l’emploi que nous faisons de la kora, un instrument familier, qui permet de toucher un large public. Cela dit, il y a d’authentiques fans de blues et de jazz un peu partout en Afrique. Au Sénégal, par exemple, où on a bénéficié de structures comme le Conservatoire national et où se sont produits pas mal de musiciens américains.

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Critique de disque. Eh bien, ça alors ! Si l’on s’attendait à un tel disque… Cela fait plusieurs années que Youssou N’Dour prépare ce projet : chanter sa vision de l’Islam. Casse-cou, n’est-il pas, en ces temps de pseudo-choc des cultures ? Doté d’une notoriété internationale acquise en trente ans de carrière, le bougre nous offre un disque flamboyant, que l’on n’a pas fini d’écouter tant il est musicalement riche et subtil. Vedette en son pays à la fin des années 1970, il croise dix ans plus tard la route de Peter Gabriel et devient une célébrité pop mondiale. Des tubes (« Seven Seconds », notamment), des tournées gigantesques… Que faire après tout cela ? Retrouver l’innocence et se permettre ce qu’aucun industriel du disque n’aurait eu l’idée de lui proposer. Enfant, Youssou écoutait la radio du Caire, fasciné par la voix d’Oum Kalsoum alors accompagnée par de luxuriants orchestres. Il se souvient ici de ses émotions passées, de même qu’il se remémore les enseignements émanant des nombreuses communautés soufies établies au Sénégal.

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Critique de disque. Ismaël Lô est un cas à part dans le petit monde des vedettes internationales ouest-africaines. Il a commencé sa carrière très jeune avec une guitare et un harmonica, se faisant ainsi surnommé l’« homme orchestre » par les Sénégalais. Un temps chanteur du fameux Super Diamono de Dakar, il a ensuite réussi à mener sa barque en solo, se faufilant entre les ornières de la « world music ». Petit à petit, comme l’oiseau fait son nid, Ismaël Lô s’est constitué un public restreint (par rapport à celui de son compatriote Youssou n’Dour ou de Salif Keita), mais fidèle, aussi bien en Afrique qu’en Europe. Cependant, son style s’impose au-delà de ce cercle en 1999. « Tajabone », l’un de ses plus beaux titres, enregistré quinze ans plus tôt, figure dans la bande originale du film Tout sur ma mère d’Almodóvar. Bingo !

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Critique de disque. Elle l’a trouvé, ce que cherchent nombre de musiciens africains, parfois au risque de se perdre. Ce compromis équitable qui permet de jeter un pont entre ce qui se pratique chez les toubabs et ce dont on est héritier. Chez Fania et ses amis, ça se passe avec Naturel. Cet album, c’est leur deuxième, est un ravissement. Il comprend de très abordables et excellentes chansons, certes, mais ce n’est pas pour cette seule raison qu’il séduit. Son principal atout est la voix de Fania. Elle est de celles qui vous saisissent dès le premier souffle émis. Androgyne et donc troublante, à la fois forte et fragile, elle est irrésistiblement touchante. Suivant un orchestre franco-sénégalais, elle vadrouille entre folk rock, mbalax ou reggae avec aisance. À vrai dire, on a le sentiment qu’elle peut chanter ce qu’elle veut.

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Critique de disque. Les rencontres entre musiciens du Nord et du Sud sont fort nombreuses. Moins courantes sont les fraternisations Sud-Sud. En voici une, et des plus réussies. Pour la cinquième fois en huit ans, des musiciens cubains et africains se réunissent pour perpétuer une fusion qui ne date pas d’aujourd’hui. Depuis les années 1930, sur toute la façade Atlantique, les rythmes cubains ont trouvé des oreilles plus que bienveillantes en Afrique. En somme, ces formes musicales héritées des esclaves africains revenaient au pays ! Quand sort « Indépendance cha-cha », ce merveilleux et énorme tube de Joseph Kabasele qui symbolise une nouvelle ère dans les années 1960, la jeune génération ne jure plus que par le style épicé des cousins américains.

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