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Posts Tagged ‘Voyage (interviews)’

Interview. La violoncelliste aventureuse Sonia Wieder-Atherton a commencé en 2012 un cycle de concerts hors norme, intitulés chacun « Odyssée ». À l’occasion de Nuit blanche, elle en donne six versions à la Cité de la musique. Cette invitation au voyage faite aux spectateurs, libres d’aller et venir dans la salle, les embarquera dans un périple sonore et visuel passant par les mondes de Bach, Bellini, Prokofiev, Krawzyck, Aperghis, ou Schumann, dont des œuvres croisent la route de pièces de Sonia Wieder-Atherton inspirées par des chants corses, hébraïques, ou arabo-andalous.

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Votre spectacle porte un titre évocateur. De quoi s’agit-il ?

C’est l’histoire d’un voyage d’une femme violoncelliste, laquelle est confrontée à différents sons. Je joue avec une bande-son comportant des bruits de vagues, de vent, de coups de tonnerre, etc. On y entend aussi des voix enregistrées dans divers lieux, au cours de résidences. Ce peut être une chanteuse, un écrivain, des enfants… Enfin, des gens qui avaient envie de participer à ce voyage !

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Optimistic TravelerInterview. Faire le tour du monde en 80 jours sans un sou en poche, afin de prouver qu’« il y a des gens bien dans le monde entier » ?  C’était le pari de deux « Optimistic Travelers » (voyageurs optimistes), Milan et Muammer. Mission accomplie ! Rencontre avec des Phileas Fogg de l’ère 2.0.

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Interview. Écrivain, peintre, chanteur, Serge Rezvani possède tous les talents, y compris celui d’avoir su mener une existence à la fois riche et simple, vivant le grand amour avec Lula entre les Maures et Venise. La cité des Doges est le personnage principal de son dernier livre, Venise qui bouge, recueil de réflexions et d’évocations sensibles que magnifient d’étonnants collages réalisés à partir de cartes postales. Cette publication coïncide avec la sortie du deuxième volume de l’intégrale discographique qu’il consacre à ses chansons.

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« Moitié Russe, moitié Iranien, je suis un exilé depuis toujours »

Depuis quand êtes-vous passionné par Venise ?

Pendant des années, Lula et moi ne voulions pas y aller. Nous étions passés une fois au loin, à bord du petit bus Ford que j’avais acheté pour aller en Grèce. Nous voyions les panneaux Venezia, mais nous refusions obstinément d’entrer dans cette ville qui n’était pour nous qu’une plate carte postale. Et puis, j’ai eu la chance de rencontrer un Vénitien, un restaurateur de tableaux, qui nous a invité dans sa ville. Évidemment, cela a été le coup de foudre ! Nous nous y sommes installés et y avons vécu la moitié du temps pendant vingt ans – l’autre moitié, nous la passions à La Garde-Freinet, dans le Var.

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Interview. Jérôme-Cécil Auffret fait partie de la maison de production Boréales depuis sa création en 1987. Pour elle, il a signé quelques épisodes de la série Les Seigneurs des animaux, contes dans lesquels l’ethnologie et l’éthologie croisent l’art cinématographique.

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Il a notamment réalisé Le Pélican de Ramzan le Rouge : en Inde, sur le lac Manchar, les pêcheurs Mohanna ont pour « hobby » la capture d’oiseaux dont ils agrémentent leurs jardins. Comme dans tous les villages, la jalousie pointe son nez de fouine… À la découverte d’un site magnifique, d’un peuple inconnu et d’animaux étonnants, s’ajoute le plaisir de suivre un récit tantôt poignant, tantôt amusant, captivant toujours. Tels sont les atouts de ce film et de la collection en général.

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Interview. Londres, New York, Paris, tels sont les points d’ancrage de Daniel Darc en ce monde. L’ancien chanteur de Taxi Girl, poète urbain comme on en fait peu en France, est un prince du macadam qui connaît aussi bien les avenues que les impasses de ces villes. À l’heure où sort son album Crèvecœur, il nous livre ici quelques propos à leur sujet, ainsi que sur la musique. À sa manière. Dur parfois, ironique souvent, sincère toujours.

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« Quand je voyage, c’est pour aller à Londres ou à New York, dans les grandes villes en tout cas »

Voyages-tu beaucoup ?

Non !

Pourquoi ?

Parce que j’ai beaucoup de problèmes. Il n’y a rien qui me casse plus les couilles que les gens qui se barrent pour oublier leurs problèmes. Quand je voyage, c’est pour aller à Londres ou à New York, dans les grandes villes en tout cas. Quand j’arrive en banlieue, je flippe de ne pas avoir Europe Assistance.

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Bernard GiraudeauInterview. Après son remarquable Les Marins à l’ancre, Bernard Giraudeau revient nous raconter de vigoureuses et lyriques histoires de voyageurs. C’est qu’il écrit vraiment bien le gaillard ! Quatre des cinq nouvelles que contient Les Hommes à terre ont pour personnages principaux des marins débarqués, assoiffés de sexe et surtout d’amour. Ancien marin lui-même, le comédien et cinéaste connaît bien les gens de la mer, leurs rêves et leurs espoirs. Grand lecteur de récits de voyage et de romans dont les intrigues se situent sur des terres lointaines, Bernard Giraudeau a trouvé son style. Ce qui n’était pas gagné d’avance, étant donné le nombre et la qualité de ses prédécesseurs. Melville, Cendrars ou Duras ne sont pas loin du bateau, mais c’est bel et bien captain Giraudeau qui tient la barre.

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Interview. Le chanteur Rachid Taha revient d’un voyage en Algérie, son pays d’origine, où il effectué une tournée organisée par les centres culturels français. Né à Oran, il a grandi à Strasbourg et Lyon. L’ancien meneur du groupe Carte de Séjour poursuit depuis une vingtaine d’années une RACHID TAHAcarrière solo entre Paris et Londres. Son mélange de chaâbi, de raï, de rock et d’électro en fait un phénomène rare dans le monde de la musique, apprécié autant en France qu’en Grande-Bretagne et dans les pays arabes. Rachid Taha nous offre ici un carnet de voyage dans lequel il livre ses impressions sur l’Algérie, après être passé par Sig, Oran, Alger et Annaba.

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Tiken Jah Fakoly 2.jpgInterview. Des artistes de cette trempe, on n’en rencontre pas tous les jours. Connu dans toute l’Afrique de l’Ouest comme celui qui combat toutes les injustices, l’Ivoirien Tiken Jah Fakoly chante des textes forts, soutenus par des mélodies reggae roots d’excellente facture. Nous l’avons interrogé à l’occasion du lancement de son disque Coup de gueule.

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« J’ai la chance de pouvoir parler à haute voix, pour que tout le monde puisse m’entendre »

Votre Coup de gueule est très fort. On ne peut s’empêcher d’avoir peur pour vous…
Je suis fâché, comme des millions de personnes à travers le monde aujourd’hui. En ce qui me concerne, je suis en colère par rapport à ce qui se passe en Côte d’Ivoire, en Irak, en Tchétchénie… J’ai la chance de pouvoir parler à haute voix, pour que tout le monde puisse m’entendre. Il aurait été regrettable que je ne le fasse pas.

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Interview. Le grand chanteur malien Salif Keita nous parle de ses voyages et de son pays, où il a pu enregistrer son dernier album, M’Bemba, accompagné d’une pléthore de superbes musiciens. Aussi curieux que cela puisse paraître, pour qui ne connaît pas les difficultés du show business local, il n’est pas courant que les artistes africains aient les moyens de produire leurs disques chez eux.

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« C’est bien ce retour actuel à l’acoustique dans la musique africaine »


Que vous a apporté le fait d’avoir enregistré ce disque chez vous, à Bamako ?

Maintenant que j’ai toute la technologie nécessaire à domicile, ça me donne plusieurs avantages. L’un des plus importants, c’est que tous les musiciens dont j’ai besoin sont à proximité. Les transporter, les loger et les nourrir en Europe ou aux États-Unis, c’est une ruine. Et puis me plonger dans un environnement éloigné de chez moi ne se prête pas toujours bien à ce que je veux faire de mes chansons. À Bamako, quand on sort du studio, ce que l’on voit dans la rue nous inspire beaucoup et nous donne de l’énergie.

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Interview. C’est une belle histoire que celle du groupe Sinsemilia qui, depuis plus d’une décennie, réunit une dizaine de musiciens autour de leur amour commun pour le reggae. Ces Grenoblois font souffler un vent de fraîcheur dans la chanson d’expression française avec des titres comme « Tout le bonheur du monde ». Contrairement à d’autres, ils ne sont pas obsédés par la Jamaïque. C’est vers l’Afrique qu’ils tournent volontiers leur esprit. Voilà ce que nous raconte Mike, le porte-parole du collectif, à l’occasion de la sortie de l’album Debout, les yeux ouverts.

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« Le voyage qui nous a le plus marqués, c’est celui que nous avons fait au Ségal »

Vous avez la réputation d’être un groupe qui se trouve constamment sur la route…
Nous tournons essentiellement en France, pays que nous avons écumé dans tous les sens, ainsi qu’en Suisse, en Belgique, un peu en Hollande et en Allemagne. Et puis nous sommes allés à La Réunion et nous partons bientôt pour Tahiti et Nouméa.

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Interview. Depuis plusieurs années, cet instituteur de profession a trouvé le moyen d’organiser de grands voyages sans se ruiner, plaçant des reportages par-ci, faisant publier des livres par-là. Son dernier ouvrage illustré de photos, Carnet de vol, raconte le périple en ULM qui l’a mené de Madagascar en France. Il nous fait partager son aventure à bord de ce moyen de transport hors du commun et nous confie ses bons plans sur l’île rouge.

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Qu’est-ce qui vous a incité à voler en ULM ?
Voler, c’est un rêve de petit garçon. Comme je suis du genre à concrétiser mes rêves dès que j’en ai la possibilité, je me suis lancé. J’ai fait du delta et du parapente, puis j’ai passé le thierry barbierbrevet de pilote d’avion. Posséder mon propre appareil étant au-dessus de mes moyens, j’ai opté pour l’ULM lorsque je me suis trouvé en poste à Madagascar. J’ai appelé tous les constructeurs pour voir lequel m’accorderait le plus de remise en échange de publicité. C’est de cette façon que j’ai pu me payer le moins cher, un kit de Sky Ranger. Je l’ai fait venir à Madagascar, ainsi qu’un mécano, et nous l’avons monté durant trois cents heures ! C’est un ULM trois axes, c’est-à-dire qu’il ressemble à un petit avion. Tout de suite, je suis parti à la découverte du ciel de Madagascar.

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Interview. Longtemps journaliste pour Radio France Internationale, collaborateur du Monde et du Monde diplomatique, Ramón Chao est aussi écrivain. Espagnol de Galice, il est l’auteur de plusieurs ouvrages évoquant sa région natale, notamment Priscillien de Compostelle, récit d’un pèlerinage entrepris aux manettes d’un scooter sur les traces d’un évêque hérétique du Ve siècle. Écrit sous forme de roman picaresque, il comporte un personnage prénommé Oscar, surnom d’un certain Manu C…

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« En Galice, le panthéisme est la religion naturelle »

Pourquoi ce livre sur Priscillien ?
Parce que je suis Galicien. Il se trouve que je revendique les figures de cette région, comme la Belle Otero [chanteuse et demi-mondaine du Paris de la Belle Époque], au sujet de laquelle je viens de faire un livre, ou la comédienne Maria Casarès – je pense d’ailleurs écrire quelque chose sur elle aussi. En Galice, Priscillien était un personnage dont on me parlait tout le temps chez moi quand j’étais petit : mon père, les curés des alentours… Ces derniers étaient tous des priscillianistes sans le savoir. Par exemple, ils avaient des femmes, évidemment.

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Interview. Quand Michel del Castillo écrit ses romans, l’Espagne n’est jamais loin. L’auteur de La Nuit du décret, Le Crime des pères ou de Mon frère l’idiot s’est résolu à exposer sans détours ce qui le lie au pays qui l’a vu naître. Dans son Dictionnaire amoureux de l’Espagne, il évoque quantité de lieux ou de personnages selon lui emblématiques. Sans sentimentalisme, mais avec passion. À l’espagnole, quoi.

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Le terme « amoureux » convient-il précisément pour qualifier votre rapport à l’Espagne ?
S’il s’agit d’un amour transi et sentimental, non. En revanche, je voue une vraie passion pour ce pays. Mais les passions sont rarement douces. Comme le dit Dominique Fernandez : « Tout le monde aime l’Italie. Ce n’est pas le cas de l’Espagne. » La corrida, l’Inquisition… Le fait est que lorsqu’on évoque l’Espagne, de grands désaccords apparaissent. C’est un pays dont l’histoire est conflictuelle depuis toujours, et pas qu’un peu. Il n’a pas la douceur de l’Italie, donc on l’aime différemment.

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Interview. Excellent batteur, Manu Katché a joué avec la plupart des vedettes françaises et pour un certain nombre de stars anglo-saxonnes telles que Sting et Peter Gabriel. Passant d’un univers musical à l’autre, il n’en a pas oublié pour autant le sien. Avec de passionnants jazzmen européens, il a enregistré Neighbourhood, un bel album conçu comme une invitation au voyage.

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« J’ai d’abord fait pas mal de photos, puis j’ai laissé tomber pour juste regarder »

Quelle place prend le voyage dans votre vie de musicien ?
Je pense qu’à ses débuts, tout jeune musicien cherche à être connu et entendu, bien sûr, mais aussi à voyager. Et quand ça marche, si tu as cette chance, c’est très agréable. J’ai fait plusieurs fois le tour de la planète avec des artistes différents. C’est génialissime, parce que dans ce cas, tu voyages dans des conditions optimum. Tu es chouchouté : transporté en vol commercial, parfois en vol privé, tu arrives dans des hôtels extrêmement confortables, avec souvent un ou deux jours pour te promener. En plus, quand les gens savent que tu es en ville, plein de musiciens viennent te voir pour te faire écouter leur disque, discuter avec toi devant un café. C’est une porte d’entrée formidable parce qu’ils te proposent de t’emmener là où ils habitent. Tu as alors accès directement au cœur même d’une ville ou d’un pays.

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Interview. L’une des premières choses que font pas mal de voyageurs quand ils arrivent dans une ville, c’est ouvrir la portière d’un taxi. Après des années de déplacements dans le monde entier, Lionel Cottu, journaliste à la rédaction de France 3, a consacré un ouvrage à ce type de véhicule dont le nom et la fonction sont identiques en tous points du globe. Du rickshaw en Inde aux hydravions des Maldives, il nous parle de ce moyen de transport universel et de ses particularités locales. Il nous donne aussi des conseils pour établir un bon contact avec les chauffeurs, lesquels s’avèrent le plus souvent être de très bons guides…

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Comment vous est venu l’idée de consacrer un livre aux taxis du monde entier ?

Tout le monde connaît ce moyen de transport. Le mot taxi est absolument international, même lorsqu’il ne s’écrit pas en lettres latines. Dans n’importe quelle ville du monde, vous pouvez sortir dans la rue et en trouver un. Au cours de mes voyages, je me suis rendu compte que la première personne que je rencontrais, c’était toujours un chauffeur de taxi. Et que les véhicules pouvaient être très différents. La majorité sont des automobiles, mais vous avez aussi des tricycles, des bateaux, des avions, des motos… C’est souvent l’emblème d’une ville, pensez à New York ou à Londres, par exemple. Cela m’a donc intéressé d’exposer tout ça, notamment le lien essentiel qui unit le taximan au visiteur.

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Interview. Il figure parmi les DJ les plus cotés sur la scène internationale. Grand mélangeur de genres dans ses sets, Laurent Garnier est aussi un compositeur de musique électronique qui aime à explorer de nouveaux espaces sonores. Pour preuve, The Cloud Making Machine, un album inventé au cours de quatre années de pérégrinations par ce globe-trotter professionnel. Le temps d’une interview, il fait halte dans les pages de routard.com.

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« Je vois passer des trains sans arrêt »

L’album sonne très urbain, presque industriel. Fait-il rérence à une ville en particulier ?
Il est très représentatif de l’endroit où je vis à Paris, un quartier très industriel, situé en face d’une déchetterie, pas très loin du boulevard périphérique et d’une gare… Une trentaine de voies se trouvent juste en bas de chez moi, ce qui fait que je vois passer des trains sans arrêt… Il y a un lien entre le fait d’avoir choisi d’habiter ici et le type de musique que j’écoute depuis très longtemps, la techno de Detroit, par exemple. Mais, après avoir été sensible à cette esthétique pendant un bon moment, je m’en lasse un peu maintenant. Peut-être que j’avais besoin de la digérer pour passer à autre chose.

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Interview. Bienvenue au club. C’est le titre du dernier disque de Kent : rien à voir avec une célèbre société spécialisée dans le tourisme, mais tout avec une entreprise amicale. Coécrit avec une pléthore d’artistes « anciens » et nouveaux, cet album rock est d’une fraîcheur et d’une générosité remarquables. Ce à quoi nous a habitué Kent, un des chanteurs les plus attachants de la scène française.

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« Tout môme, j’étais fan du feuilleton Les Globe-trotters »

Voyagez-vous beaucoup ?
kentAutant que je peux. Si je faisais moins de disques, je voyagerais plus. C’est quelque chose qui m’a toujours tenté. Tout môme, j’étais fan du feuilleton Les Globe-trotters. Je disais à mes parents : « C’est ça que je ferai quand je serai grand. » Mais la musique m’a très rapidement pris et j’ai été obligé de retarder les grands voyages. Quand je m’y suis mis, cela a d’abord été pour échapper à ma vie de musicien. Je suis allé au Cameroun en me disant que c’était peut-être pour toujours. Je pensais que si je trouvais quelque chose à faire là-bas, j’y resterais. En fait, ce que j’ai trouvé, c’est que j’étais complètement inadapté à ce type de pays.

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Interview. Jacques Higelin est un adepte du voyage improvisé. Voila qui n’est guère surprenant quand on connaît les chansons de ce baladin qui, en d’autres temps, aurait été à son aise en parcourant le monde à pied, à cheval ou dans un chariot bâché ! Alors qu’il a repris la route avec son spectacle consacré au répertoire de Charles Trenet, il nous raconte ses pérégrinations sur la terre ferme et dans les nuages.

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« Je veux toujours savoir ce qu’il y a au-delà du coin de la rue »

Vous avez chanté New York, Cayenne, la gare de Nantes… Écrivez-vous souvent lors de vos voyages ?
Beaucoup. J’ai toujours du papier et un dictaphone sur moi. Je consigne mes impressions, en mentionnant date et lieu, pour pouvoir m’y retrouver plus tard. Il suffit que je réécoute ou relise ces notes pour qu’immédiatement tout me revienne : le temps qu’il faisait, l’histoire qu’il y avait autour… Les artistes sont des voyageurs, obligatoirement. Mozart, par exemple, me fait beaucoup voyager. Quand j’étais enfant, l’écoute de disques de blues m’emmenait immédiatement à New Orleans, dans des endroits que je ne connaissais pas, mais que je voyais. Les gens en train de jouer, l’ambiance, tout cela m’apparaissait clairement. Je m’allongeais, je fermais les yeux et j’écoutais de tout mon corps, de toute mon âme.

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Interview. Ancien membre du groupe folk Malicorne, Hughes de Courson a surpris son monde en concrétisant à plusieurs reprises une idée folle : marier les musiques d’un compositeur classique à celles d’homologues populaires. Grâce à lui, Bach est allé en Afrique, Vivaldi en Irlande et Mozart en Égypte. Il nous confie son intérêt pour les musiques traditionnelles et ses coups de cœur pour des villes comme Le Caire et Sofia où a été principalement enregistré le second volume de Mozart l’Égyptien.

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D’ vient votre grand intét pour les musiques du monde ?
Cela remonte à longtemps. J’ai grandi en Espagne et la première musique qui m’a ébloui, c’est le flamenco, un genre hybride. Après avoir joué un peu de rock, j’ai fait partie de Malicorne avec Gabriel Yacoub, groupe qui était théoriquement versé dans le folklore français. En fait, nous l’avons en quelque sorte réinventé en nous inspirant notamment des polyphonies sardes et bulgares. À cette époque, dans les années 1970, nous étions quelques-uns à nous passionner pour les musiques d’ailleurs, à collectionner des disques et à rapporter de nos pérégrinations des instruments, ainsi que des adresses de musiciens.

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FRANÇOISE HUGUIERInterview. Photographe connue pour ses travaux au long cours réalisés dans le monde entier – Sur les traces de l’Afrique fantôme, En route pour Behring… -, Françoise Huguier se penche sur son passé dans un livre intitulé J’avais huit ans. Elle y raconte son enlèvement par des combattants du Vietminh et sa rétention pendant plusieurs mois dans la forêt cambodgienne alors qu’elle n’était encore qu’une enfant. Elle nous parle de son retour sur les lieux-mêmes de sa douloureuse épreuve et nous fait partager ses expériences de voyage, notamment en Sibérie et au Mali.

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« Le commissaire politique qui nous détenait semblait vouloir nous garder très longtemps »

Au cours de votre retour au Cambodge, vous retrouvez la pagode où vous avez é libée, ce qui réveille de vieux souvenirs…

J’ai montré aux bonzes des photos du vénérable qui avait aidé mon père à faire en sorte que nous soyons libérés. Ils n’avaient plus rien sur cet homme aujourd’hui décédé. Du coup, ils ont organisé une cérémonie de la mémoire pendant laquelle ils ont sorti ses cendres. J’ai donné de l’argent pour que ce vénérable soit enterré dans un stupa convenable. Avec une figurine le représentant, plus une de mon père.

Votre livre n’est-il pas lui-même une cémonie de la mémoire ?
Tout à fait.

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Interview. Dans Crossing the Bridge, le cinéaste germano-turc Fatih Akin propose une vivifiante promenade dans les milieux musicaux d’Istanbul sous forme de film documentaire. Nous emmenant des deux côtés du Bosphore, il nous fait tout aussi bien rencontrer des adeptes de l’électro qu’un joueur de saz (instrument traditionnel), des punks rockers, des derviches tourneurs ou des rappeurs… Tous sont à la fois profondément fiers de leur culture et ouverts aux influences venues du monde entier.

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Le film est si riche que l’on a le sentiment qu’il pourrait ne jamais se conclure…
Absolument. À la fin du tournage, Alexander Hacke [bassiste du groupe allemand Einstürzende Neubauten, il sert de guide à l’écran] m’a dit : « Ce n’est pas possible de s’arrêter là, je ne peux pas quitter la ville comme ça. » Je pensais la même chose. Il y a tellement de fleurs qui se tournent vers le soleil, et cela de plus en plus. Enfin, l’essentiel c’est que ce film donne envie d’aller sur place, d’en savoir davantage.

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DEE DEE BRIDGEWATER 12.jpgInterview. En adoptant Dee Dee Bridgewater, le public français a gagné une chanteuse de jazz de premier plan. Son parcours rappelle celui d’une autre native du sud des États-Unis, la grande Joséphine Baker. Comme cette dernière, Lady Dee Dee a autant de goût pour le swing que pour la chanson à la française. Nous la rencontrons à l’occasion de la sortie de J’ai deux amours, un disque dans lequel elle interprète quelques airs du patrimoine populaire made in Paris.

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Le titre du disque évoque bien entendu une célèbre Américaine de Paris…

J’ai deux amours, c’était une façon de rendre un petit hommage à Joséphine Baker. Mais cette chanson a aussi beaucoup de signification pour moi. Comme elle, j’ai un grand amour pour la France. J’y ai mené une deuxième carrière, j’y ai grandi en tant que femme et en tant qu’artiste. C’est là où j’ai réalisé tous mes rêves : faire de la télévision, de la radio, de l’opéra, du théâtre, de la production de disque… Et j’y ai trouvé l’homme de ma vie, qui m’a donné un fils. Tout cela, c’est grâce à la France.

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Interview. Comédien et metteur en scène algérien, Fellag est un des plus talentueux humoristes actuellement en activité en France. Ses spectacles restituent mille et une choses vues et vécues des deux côtés de la Méditerranée. C’est aussi un écrivain dont la plume alerte raconte des histoires tragi-comiques. À l’occasion de la reprise de son spectacle Le Dernier chameau, il se souvient pour routard.com des voyages qui ont formé sa jeunesse. Les vrais comme ceux que livres et films lui ont permis d’effectuer.

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« Maintes fois, j’ai couru tout en haut pour voir où se situait le gouffre dans lequel le soleil se reposait »

Le thème du voyage est très présent dans votre spectacle…

À chaque fois qu’il s’est passé quelque chose d’important dans ma vie, j’avais un sac ou une valise à la main. Sur un bourricot, à bord d’un train, dans un bus… Quand j’étais enfant, il y avait un bus qui s’appelait L’Oiseau blanc. À l’époque on donnait des noms aux bus – en France c’était peut-être pareil. Le bus, c’était un moyen de communication extraordinaire, le seul dont on disposait dans nos montagnes. De mon village de Kabylie, qui domine une petite route qui court le long de la mer, on ne voyait passer que deux voitures par jour et puis L’Oiseau blanc. Pour nous les gamins, il représentait le Voyage.

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Interview. L’écrivaine Colette Fellous revient dans Aujourd’hui sur cette journée du 5 juin 1967 qui marqua sa vie pour toujours. Elle a alors 17 ans et voit ses compatriotes tunisois s’en prendre aux juifs de la ville lorsque éclate ce que l’on nommera la Guerre des Six Jours. Également éditrice (la collection Traits et portraits au Mercure de France), Colette Fellous est aussi la productrice et animatrice de Carnet nomade une émission vagabonde de France Culture.

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Aujourd’hui, cela signifie-t-il que vous êtes resté en esprit à ce jour de 1967 ?

Oui et non. J’ai eu envie de raconter des moments du passé comme s’ils étaient présents, mais il m’importait aussi de parler du monde d’aujourd’hui. Je ne suis pas nostalgique. Je raconte mon enfance et mon adolescence avec la conscience que j’avais à ce moment-là, pas avec ce que je sais aujourd’hui. J’essaie de retrouver ce qu’il y avait de plus concret : la découverte de la sexualité, la perte d’un amour, la prise de conscience politique… enfin, toutes les premières fois.

J’ai eu envie d’écrire ce livre quand la guerre d’Irak a commencé. Sa brutalité a rejailli sur moi, comme si c’était ma propre histoire. C’était trop fort. Je me suis dit : calme-toi, essaie de voir pourquoi tu ressens tant d’émotion. Du coup, cela a appelé d’autres moments de bouleversement, éparpillés dans ma vie de femme, chacun étant porteur d’une énigme.

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Ouvre ton cœur à l’amour.
Ouvre ta fenêtre au jour.
Laisse entrer chez toi le gai soleil et dis,
Ah dis, ah dis, ah dis : Ah Bon-jour !
Cueille la fleur, la plus belle.
Chante une chanson nouvelle
Et va-t’en courir sur les chemins
Qui sont de la nature les lignes de la main.

Prends un bain dans la rivière.
Sèche-toi dans la clairière
Et n’assieds pas ton derrière
Sur les orties familières…
Dis-toi que le temps est court,
Qu’il faut penser à l’amour.
Ouvre ton cœur et ta fenêtre au jour
Et dis : Ah dis, ah dis, ah dis : Ah Bon-jour !

(Charles Trenet)

Interview. Les carnets de voyage sont à la mode, mais Cabu n’a pas attendu cette dernière pour croquer tout ce qu’il voit au cours de ses déplacements à l’étranger et… dans sa propre ville, Paris. Immense dessinateur de presse (Le Canard enchaîné, Charlie Hebdo) et de bandes dessinées (Le Grand Duduche, Mon beauf), Cabu fait l’objet – à l’Hôtel de Ville de Paris, s’il vous plait ! – d’une grande exposition consacrée à sa vision de la capitale. Cabu et Paris est son titre, le même que celui d’un livre qui rassemble les dessins montrés.

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« J’essaie de choper ce qui fait que Paris ne ressemble pas à une autre ville »

cabuÀ quel genre appartiennent vos dessins sur Paris ?

C’est du reportage. À ma façon, c’est-à-dire à la fois critique et tendre. J’essaie de choper ce qui fait que Paris ne ressemble pas à une autre ville, de montrer l’envers du décor. Je pense à ces hommes qui se déguisent en statue égyptienne du côté du Louvre. Un jour, j’ai constaté qu’ils étaient plusieurs à se succéder sous le costume. Une vraie relève de la garde !

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Interview. Historien de la colonisation et de l’immigration, Pascal Blanchard a, avec Éric Deroo, réunit une équipe de spécialistes afin de repérer les traces de la présence des Asiatiques à Paris. La somme d’information rassemblée a paru sous le titre Paris Asie, captivant volume qui succède à Paris noir et Paris arabe, deux livres conçus sur le même principe.

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« L’exotisme présent dans nos villes a provoqué une révolution du regard et des cultures »

Pourquoi ces livres sur les étrangers à Paris ?

C’est une histoire fascinante qui concerne beaucoup de monde : il y a près de neuf millions de Français qui ont un grand parent né dans les ex-domaines coloniaux. Cela représente un sixième de la population. En région parisienne, ça double. En gros, un tiers des gens sont liés au Maghreb, à l’Afrique noire, aux Antilles ou à l’Asie. Et ce décompte n’inclut pas les descendants des non colonisés.

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Interview. Yamina Benguigui a parcouru le monde musulman afin de réaliser un film documentaire qui cherche à comprendre ce qui s’y passe du point de vue féminin. Femmes d’Islam est à présent disponible en DVD chez MK2, de même que Mémoires d’immigrés, autre grande fresque de cette cinéaste, qui évoque le sort vécu par ces Algériens, hommes et femmes, qui ont quitté leur terre natale pour venir travailler en France. Leurs enfants y ont également droit à la parole. Enfants, dont l’auteure fait partie.

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Dix ans après le tournage de Femmes d’Islam, quelles traces ce film a laissé en vous ?

Je me souviens que lorsque j’allais présenter le sujet dans les chaînes de télévision, il semblait exotique, pas vraiment capable de concerner les sociétés française et européenne. J’avais pourtant le sentiment que, depuis l’avènement de Khomeini, le monde musulman était dans une période de mutation et que les répercutions sur la France allaient être importantes. Observer comment les femmes musulmanes vivaient dans plusieurs pays permettait de mesurer la température de chacun d’entre eux. Nous sommes allé en Algérie, en Égypte, au Yémen, au Mali, en Indonésie et nous avons également enquêté en France.

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Zazie Inde 2Interview. Zazie ne prend pas que le métro. En auto ou en avion, elle pointe son minois mutin sur tous les continents. Bien souvent pour le plaisir, mais aussi pour le boulot. On l’a vu, par exemple, parcourir l’Extrême-Orient lors d’une série de concerts intitulée Zaziatic Tour. Et puis, avant la sortie de son disque Rodéo, elle a pris la direction de l’Inde pour tourner dix clips au Rajasthan…

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Pourquoi êtes-vous allée tourner tous vos clips en Inde ?

Alors qu’il était question de faire un film à partir des chansons de l’album Rodéo, le réalisateur Didier Le Pêcheur s’est convaincu que cela devait se faire en Inde. Il voyait quelque chose dans le style Bollywood après avoir écouter le titre « Doolididom ». Au début, j’ai dit non, parce que je trouvais le cinéma de Bollywood trop kitsch par rapport à ce que j’avais mis dans l’album.

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Interview. Il a une voix de tête et les pieds sur terre. C’est le héraut du maloya, cette musique syncrétique très représentative des diverses composantes de la population réunionnaise. Parmi les voix singulières qui expriment le mieux l’identité d’un peuple, celle de Danyel Waro figure au premier rang. Cet homme proche de ses racines (au sens figuré comme au sens propre : il cultive lui-même sa terre) porte aujourd’hui son regard sur le monde pour routard.com.

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Quand vous quittez la Réunion, est-ce surtout pour le travail, ou pour le plaisir ?

Principalement pour chanter. En Europe, au Québec, en Afrique de l’ouest… Des fois, on a le temps de se promener, des fois non. Voyager en touriste, c’est assez rare. Je suis allé à Maurice, à Mayotte ; dans les environs de la Réunion en fait.

Les Réunionnais sont-ils voyageurs ?

Oui. Avant, il y avait un avion de temps de temps. Maintenant, c’est un ou deux tous les jours. Les gens de la Réunion vont beaucoup vers la France ; la métropole, comme on dit. Pour les vacances, ils se rendent surtout à Maurice, parce que c’est plus prêt et moins cher. Sinon, ceux qui ont les DANYEL WAROmoyens financiers vont à Singapour, Bali, en Afrique du Sud, aux Seychelles. Moi, je ne suis même pas allé à Madagascar ! Je suis plutôt un sédentaire. C’est-à-dire que je suis très enraciné dans mon coin. Ce qui ne veut pas dire que je me sens enfermé. Une fois que je suis dans un autre pays, j’y vais à fond, je m’éclate. Mon problème, c’est plutôt le manque de temps. En 1990, j’ai commencé à accepter les invitations à aller chanter en dehors de la Réunion – c’était au Japon. À cette époque, j’avais des réticences à sortir, à aller en France. En fin de compte, de festival en festival, ça a fait boule de neige. Maintenant, j’aime bien y participer, parce qu’on a plus de temps pour voir d’autres artistes et le pays.

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Interview. Il a passé 44 postes-frontières ! C’est lui qui a fait le décompte. Si Pierre Vassiliu n’est pas un voyageur, qui l’est ? Chanteur à qui l’on doit certaines des plus belles balades de ces quarante dernières années (« Amour amitié », notamment), il s’est très tôt inspiré des sonorités venues d’ailleurs. Toujours avec pertinence comme le prouve un récent et brillant double cd intitulé Pierre Précieuses.

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Vous voyagez beaucoup, et depuis longtemps. Quel a été le déclic ?

Ça a commencé à me prendre quand j’avais 17, 18 ans. Je suis allé un jour à un bal à Paris, salle Wagram, où j’ai vu Manu Dibango dans un orchestre créole qui jouait des rumbas. J’ai été séduit par la musique et par le bonhomme. Ensuite, j’ai fait mon premier voyage important en 1958-59, en partant pour la guerre d’Algérie. C’est comme ça que j’ai découvert les grands horizons… À mon retour, je me suis dit qu’il était impossible de rester enfermé, de tourner en rond : j’irai visiter tous ces pays que je ne connaissais pas, j’y habiterai, même. Ce que j’ai fait. Je suis donc reparti en 1965-66, pour chanter à bord du France, puis lors d’une fête à l’hôtel N’Gor de Dakar, celui que Le Corbusier a créé. Là, j’ai trouvé des gens sympas, qui rigolaient tout le temps. Je me suis dit : « La vie a l’air très douce ici, même si c’est très pauvre. Il faudra que j’y revienne. »

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Interview. Ce trompettiste de jazz est un phénomène : il remplit les salles et vend des disques comme un chanteur de rock ou de variétés à succès. Aussi bien en France qu’à l’étranger, et cela sans compromettre sa musique. Nourri depuis longtemps de sonorités issues du monde de l’électro, Erik Truffaz introduit à présent des éléments de musique tunisienne dans ses compositions, comme on peut l’entendre dans le disque Saloua.

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Le voyage tient-il une grande place dans votre vie ?

Beaucoup, de par mon travail de musicien, mais aussi parce que découvrir le monde est pour moi une passion. Quand j’étais enfant, je voulais devenir aventurier et musicien… Savoir que sur les trois quarts du globe on vit de mille et une façons différentes, ça ne m’attriste pas, ça me donne de l’espoir.

Qu’est-ce qui a déclenché cette envie précoce de voyage et de musique ?

Quand la télévision est arrivée à la maison vers 1967, cela a été un grand choc car elle m’a ouvert une fenêtre sur le monde… Mes premiers héros ont été des cow-boys de séries télé. Après, cela a été les musiciens de rock. A l’époque, je vivais près de la Suisse. On pouvait voir de nombreuses retransmissions de concerts du festival de Montreux. Led Zep’, Hendrix, Weather Report, des groupes très costauds. Le rock et le jazz m’ont permis de me démarquer de la musique de variétés que jouait professionnellement mon père.

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Interview. À la fois profondément malienne et imprégnée de nombreuses influences provenant du monde entier, la chanteuse et guitariste Rokia Traoré produit une musique très personnelle. Peut-être son esprit d’ouverture lui vient-il du fait qu’elle est fille de diplomate. En tout cas, elle sait ce que voyager veut dire.

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Vous avez vécu une enfance très voyageuse. Cela a-t-il influencé votre musique ?

Certainement. Si ma musique est telle qu’elle est, c’est parce que j’ai acquis une certaine indépendance d’esprit grâce à l’éducation que j’ai reçue. Et je pense que cette éducation n’aurait pas été la même si mes parents n’avaient pas autant voyagé. Oui, cela a à voir avec ma musique.

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Interview. Amon Tobin est un des meilleurs compositeurs que le monde des musiques électroniques ait jamais connu. Brésilien longtemps installé en Angleterre, puis au Québec, il mène tantôt l’existence claustrophobique des créateurs en chambre, tantôt la vie errante des DJ. Son nouveau disque est également la bande originale de Splinter Cell, troisième mouture d’un célèbre jeu vidéo.

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« J’aime ce qui sonne étrangement, que ce soit d’origine électronique ou organique »

Les musiques brésiliennes sont-elles une source d’inspiration pour vous ?

Oui, mais il m’est difficile de dire de quelle manière. Je suppose qu’elles m’influencent inconsciemment, étant donné mes origines. Mais d’un autre côté, je m’en inspire parce que je les apprécie, tout autant que les musiques indiennes et africaines, par exemple.

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Interview. Gianmaria Testa fait partie de ces chanteurs européens des temps modernes qui ont, consciemment ou pas, repris l’héritage des troubadours. Georges Brassens, Paco Ibáñez, Nick Drake, Paolo Conte : leurs chansons allient l’art de la mélodie et celui de la poésie, sans trop faire de concessions aux modes du moment. Par ailleurs, Testa appartient à une autre confrérie, peu nombreuse : celle des chanteurs cheminots. Rencontre à l’occasion de la sortie de l’album Altre Latitudini.

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Rencontrer un chanteur chef de gare, cela n’arrive pas tous les jours…

Aujourd’hui, je ne suis plus chef de gare, mais chef de ligne à Cuneo. C’est-à-dire que je suis devant un ordinateur qui gère tout ce qui se passe sur cent kilomètres. C’est une ligne de montagne, qui va de Turin à Nice, empruntée par des trains de voyageurs et de marchandises.

Est-ce une occupation qui permet de penser à ses chansons ?

Oh non ! C’est un travail qu’il faut prendre très au sérieux et qui demande beaucoup d’attention. Il y a constamment des décisions à prendre, les retards sont endémiques…

Êtes-vous en contact avec les voyageurs ?

Non, et c’est un avantage ! Je ne les entends pas râler.

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Interview. Avec lui, la chanson réunionnaise s’est enrichie d’une nouvelle voix originale. Mélangeant le traditionnel maloya et la soul dans son album Ker Maron, Davy Sicard propose une musique aux couleurs inédites. Ce trentenaire à la fois tranquille et ardent est né en métropole mais a grandi dans la belle île de l’Océan Indien, qu’il connaît parfaitement bien. Il donne ici quelques clés pour la comprendre et l’apprécier.

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Quel est le mot qui vous vient à l’esprit lorsqu’on vous dit « Réunion » ?

« Force », parce que l’union fait la force… J’allais dire : la Réunion fait la force (rires). C’est leur histoire qui a rendu les Réunionnais solide comme le roc. Les montagnes de l’île symbolisent d’ailleurs bien leur identité. Nous avons la chance d’avoir différences ethnies très unies. C’est-à-dire que dans les veines de chaque Réunionnais il y a une part de Malgache, d’Indien, d’Européen, d’Africain, de Chinois. Dans certains pays, les peuples cohabitent. À la Réunion, on peut parler de métissage.

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Interview. Dans les années 1970, Alan Stivell a contribué avec éclat à la redécouverte des musiques traditionnelles de Bretagne en les mélangeant au rock. Pinçant avec toujours autant de grâce les cordes de sa harpe celtique, il livre un nouvel album aux sonorités électroniques intitulé Explore. L’occasion est excellente de le rencontrer pour discuter avec lui de musique, de voyage et, ô surprise, de la Bretagne.

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Sa musique

Explore a été en grande partie conçu avec des machines électroniques…

J’ai toujours été attiré par les évolutions technologiques en matière musicale. Là, j’emploie beaucoup de machines et ça intrigue, car quand on parle de moi, on évoque surtout les racines des musiques celtiques et mes harpes en oubliant cet aspect de mon travail.

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Interview. Né à Cayenne, élevé à Paname, devenu vedette à Rio au sein de l’orchestre de Ray Ventura : voilà comment on peut très brièvement résumer la première partie de la vie d’Henri Salvador. Ensuite, à partir des années 1950, le chanteur et guitariste a poursuivi une carrière solo joliment équilibrée entre charme et fantaisie. À 80 ans passés, ce superbe crooner séduit une fois de plus tous les publics. Nous le rencontrons à l’occasion de la sortie de son album Ma chère et tendre.

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« Ils étaient venus avec des cadeaux. Et pas de la merde. De l’or, de la nacre… »

Voyagez-vous beaucoup ?

Quand je n’ai rien à faire, je vais dans le Midi où je joue un peu aux boules avec les copains. Mais j’aime bien voyager. Et là, je vais beaucoup voyager, car nous partons faire une tournée de trois ans. Nous allons partout : Europe, Japon, Brésil, Canada, États-Unis, Antilles, Tahiti, Nouméa… On va voir du pays. Ma femme adore les voyages et mon tour de chant n’est pas trop fatigant. Alors…

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Interview. Roudoudou ! Derrière ce nom qui fleure bon l’enfance, s’avance Laurent Étienne, un disc jockey formé sur les ondes des radios parisiennes les plus libres, un fondu de reggae et de soul qui s’est fait une place au soleil dans le milieu de l’électro française. Ce musicien n’est cependant pas un obsédé du gros son qui tue. Son style est plus proche de celui des musicosmopolites Thievery Corporation ou Bran van 3000. Après Tout l’univers (1998), sort Just a Place in the Sun en 2002, une collection de vignettes très colorées que l’on peut qualifier avec certitude de disque-pour-les-vacances idéal. Sans pour autant le réduire à cela, car la qualité des compositions et de l’interprétation place cet album parmi les meilleurs productions électro de son époque.

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Vous faites beaucoup d’emprunts aux musiques du monde…

Elles m’ont toujours intéressées. Mon premier disque s’appelait Tout l’univers – qui reprenait le nom de l’émission que je faisais sur Radio Nova. Pour le deuxième, j’ai forcé le trait sur les couleurs ensoleillées et exotiques car j’ai envie de faire voyager les gens. Pour ça, j’utilise pas mal le sampling. J’achète beaucoup de disques à dix balles aux puces de Montreuil, des tas de pauvres albums de guitares hawaïennes ou de batucada dans lesquels je pioche des sons aux couleurs inédites. Même si la musique est nulle, la pochette où figure une jolie vahiné suffit à m’inspirer. C’est comme ça que certains morceaux sont nés.

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Eliades OchoaInterview. Eliades Ochoa est de ces hommes qui, au premier coup d’œil, vous inspirent le respect par leur allure. Costaud, affable et plutôt réservé, le grand guitariste cubain est l’un de ces musiciens qui ont conquis la terre entière en participant à l’enregistrement du disque Buena Vista Social Club réalisé par Ry Cooder. Avec son propre groupe, le Cuarteto Patria, il défend les musiques traditionnelles de son île natale depuis un quart de siècle. À l’occasion de la sortie de son album Estoy Como Nunca et au lendemain d’un concert triomphal donné à Paris, Ochoa le virtuose nous parle de voyage et de musique. Tout étonné que l’on puisse s’intéresser à sa personne…

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« Je crois que c’est avec les pilotes et les hôtesses de l’air que j’ai le plus de relations »

Votre métier vous mène d’un continent à l’autre. Quelle est votre vision du monde ?

Ma vision du monde, c’est que tous ces voyages m’empêchent de travailler autant que je le voudrais à ma musique. Je n’ai pas non plus beaucoup de temps pour répondre à des invitations lancées par des amis ou des gens qui veulent me rencontrer. Mes voyages sont donc essentiellement consacrés à me déplacer d’une ville à l’autre… Et à passer de longs moments dans les aéroports. Je crois que c’est avec les pilotes et les hôtesses de l’air que j’ai le plus de relations (rires) ! Plus qu’avec les gens qui viennent nous écouter sur scène. Nous avons aussi des obligations autour des concerts. Ce matin, nous avions prévu d’aller nous promener dans Paris. Et voilà qu’on est venu nous dire qu’il fallait répondre à des interviews. D’un côté, c’est bien parce que ça aide à nous faire connaître. Mais de l’autre, ce temps pris nous manque pour faire autre chose…

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Interview. Jeune vétéran de la scène reggae française, Nuttea a tout ce qu’il faut pour séduire au-delà des seuls fans du genre : une belle voix, du punch et de bonnes chansons. Il va sans dire que lorsqu’on évoque avec lui ses voyages, on est certain que le mot magique va être prononcé : Jamaïque !

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Voyagez-vous beaucoup ?

Oui, je suis quelqu’un qui aime bien voyager, entre potes ou en famille. J’essaie d’emmener les enfants à droite et à gauche pour qu’ils voient du pays. Comme je suis quelqu’un des îles, mes destinations préférées sont la Guadeloupe, la Martinique, Sainte-Lucie, Saint-Martin, la Réunion, Maurice, les Seychelles… Sinon je suis allé un peu partout en Europe, en Afrique, en Océanie…

Où logez-vous ?

Quand je suis à la Guadeloupe, je prends une petite chambre d’hôtel pour ne déranger personne, même si j’ai de la famille là-bas. J’aime bien avoir un petit coin à moi. J’apprécie beaucoup les hôtels, les tout simple comme ceux qui ont plein d’étoiles où je vais surtout quand je ne connais pas le pays. Le bungalow, je n’aime pas trop parce qu’il faut cuisiner, tout faire soi-même. Les vacances c’est les vacances. Moi, je fais tous les jours à manger à mes enfants, alors je n’ai pas envie de me mettre derrière les fourneaux.

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Interview. Chanteur, guitariste, auteur et compositeur, JP Nataf dit n’avoir Plus de sucre – titre de son premier album en solo. Cela ne signifie pas que l’ancienne figure de proue des Innocents n’a plus d’énergie. Ses chansons de grand style vibrent toujours au rythme d’un rock épuré. Le voici qui nous parle de voyage, de musiques du monde et… de chanson française.

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« J’aime les voyages, mais pas y penser et encore moins les organiser »

Les voyages comptent-ils beaucoup dans votre vie ?

J’aime les voyages, mais pas y penser et encore moins les organiser. J’adorerais que quelqu’un m’attende un matin en bas de chez moi et m’emmène à Bali ou Bratislava. Entrer dans une agence de voyage, c’est impossible pour moi. De toute façon, c’est toujours la croix et la bannière pour mes proches quand ils veulent me faire prendre une décision. J’ai beaucoup de mal à me caler dans le temps, même quand il s’agit de trouver une date pour dîner avec des copains.

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Interview. I Muvrini (Les Mouflons) se sont regroupés à la fin des années 1970 sur la crête du mouvement folk alors florissant. C’était aussi le temps du renouveau autonomiste et nationaliste corse. Leurs chants polyphoniques, bientôt arrangés dans un style pop, ont séduit au-delà du public insulaire. Très vite, leur renommée les a fait devenir de grosses vedettes dans le genre world music. Que font les Mouflons quand ils quittent leurs montagnes ? Jean-François Bernardini, leur chanteur leader, raconte ci-dessous quelques souvenirs d’escapade à l’occasion de la sortie de l’album Umani.

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« C’est toujours émouvant et très gratifiant de voyager avec sa musique »

Qu’est-ce que le voyage pour vous ?

Nous tournons beaucoup, ce qui n’est pas exactement la même chose que se déplacer pour le plaisir. Cela dit, c’est toujours émouvant et très gratifiant de voyager avec sa musique. Nous revenons de Roumanie, c’était un pays dans lequel nous n’étions jamais allé. Nous avons chanté place de la Révolution à Bucarest à l’occasion de la Fête de la Musique. Cela a été une rencontre très très belle avec un peuple, un pays, une terre que l’on croit étrangère et qui ne l’est pas autant que cela – nos langues ne sont pas si lointaines. La musique nous offre ce privilège de rentrer dans des ailleurs où l’on trouve immédiatement l’hospitalité et l’écoute de l’autre.

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Interview. D’origine hellène, il est né à Alexandrie en Égypte puis a fait carrière à Paris. Il a notamment écrit pour Édith Piaf, Serge Reggiani et enfin pour lui-même. Avec sa gueule de métèque, de juif errant, de pâtre grec, Georges Moustaki n’a en effet eu de cesse de découvrir les hommes et, euh, les femmes, qui habitent notre planète. À se demander s’il n’est pas devenu chanteur pour pouvoir voyager toujours plus…

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« Il faut du temps pour aller où souffle le vent, où l’on ressent l’inspiration, où se tissent des liens d’amitié ou d’amour »

Oserais-je vous demander si vous voyagez beaucoup ?

Ça commence à se savoir ! Je change de pays une fois par mois, à peu près. Ce qui veut dire que mes séjours de voyageur ne sont jamais très longs. Mais ils sont intenses. Car lorsqu’ils sont liés à mon métier, l’accueil que je reçois est immédiat. L’hôtel est retenu, le théâtre est prévu. Cela me fait deux points d’appui confortables. J’aime ça, parce que voyager en touriste, cela a son charme, mais l’on met du temps à prendre ses marques. Les musiciens, les techniciens, les gens que je connais, ceux qui m’ont invité, me donnent les clés de la ville un peu plus vite. C’est une contrepartie. Les surprises sont souvent au rendez-vous.

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Interview. Après avoir longtemps accompagné les vedettes de la chanson française, l’harmoniciste Jean-Jacques Milteau s’est envolé pour une carrière solo couronnée de succès. Routard dans ses jeunes années, il voyage à présent afin d’exercer son métier. Pour se produire en concert ou à l’occasion d’un enregistrement d’album tel que Blue 3rd.

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«  Même les Américains venant d’autres régions ont l’impression d’arriver dans un pays à part quand ils débarquent à Memphis » 

VJJ_Milteauos deux derniers albums ont été enregistrés aux États-Unis, l’un à Memphis, l’autre dans le New Jersey…

C’est toujours bien d’être coupé de ses bases quand on enregistre, car on joue différemment lorsqu’on n’a pas à rentrer chez soi le soir.

Comment avez-vous été reçu par les musiciens américains ?

Très bien. Les gens que nous avons rencontrés sont des professionnels. La qualité des rapports était aussi bonne que celle du travail. C’est ce que l’on recherchait. D’une manière générale, les relations avec les Américains sont toujours très cordiales. Du moins au départ, car cette cordialité ne se transforme pas obligatoirement en amitié durable.

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Interview. Insaisissable, Martin Meissonnier est à la fois journaliste, réalisateur, musicien, agent, tourneur et producteur. Côté médias, on a lu, entendu et vu ses travaux dans Libération, sur France Musique, Arte (Megamix), Canal + (La Guerre radioactive secrète), La Cinquième (Paroles de juges), etc. Pour la musique, Don Cherry, Fela, King Sunny Adé, Khaled, Papa Wemba, Amina, Arthur H, Alan Stivell et quantité d’autres ont été ses heureux comparses. Un sacré palmarès pour ce musicien qui a, en son nom, obtenu de beaux succès (spectacle de Decouflé pour l’ouverture des J. O. d’Albertville, générique des Guignols, musiques de film…). Voilà comment on peut tenter de cerner les activités de cet artiste éclectique qui fut, et reste, à la pointe de l’innovation en matière de world music. Par exemple, grâce à lui, les Nigérians Fela et Sunny Adé ont grandement élargi leur audience. Ce fut aussi le cas de Khaled, dont l’album enregistré avec Safy Boutella est d’ailleurs historique – avec Kutché, le raï s’est définitivement ouvert au monde. En 2001, il n’est pas surprenant de retrouver notre inlassable passeur en tant que concepteur d’un ébouriffant disque qui opère une synthèse parfaite entre reggae et raï. La sortie de ce disque intitulé Big Men, qui marque le grand retour de Meissonnier à la production, nous donne l’occasion d’aller voir cet impénitent nomade dans son home studio pour qu’il nous raconte comment il associe deux de ses passions : la musique et les voyages.

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Interview. Cela fait plus d’une dizaine d’années que Massilia Sound System fait monter l’aïoli. À l’écoute du verbe simple et riche de ce collectif haut en couleur qui se censure très peu, parlant de la vie quotidienne et des grands problèmes, beaucoup en viennent à se sentir Marseillais, qu’ils soient de Provence ou d’ailleurs. L’autre grand atout de MSS est de réussir à lier un reggae solide à des modes musicaux hérités du chatoyant répertoire provençal. Tatou (alias Moussu T), l’un de ses membres, nous en dit plus ci-dessous à l’occasion de la sortie de l’album Occitanista. Aïoli !

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« Sortir de chez toi, c’est toujours bien, c’est même quelque chose qui t’aide à être de chez toi »

Quels ont été vos voyages les plus marquants ?

L’Inde et le Brésil, des pays dans lesquels tu as l’impression de te déplacer à la fois dans le temps et dans l’espace. Nous sommes friands de folklore, donc nous préférons les endroits où le truc est vivant, où les pratiques existent, où il y a de vrais troubadours. Là, l’intérêt musical est évident, mais tous les voyages sont intéressants. Sortir de chez toi, c’est toujours bien, c’est même quelque chose qui t’aide à être de chez toi. Voilà : les voyages marquants c’est quand tu te confrontes à des choses complètement différentes et qu’elles te donnent des petites solutions pour chez toi.

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Didier Lockwood - Globe-Trotter-2Interview. Que ceux qui aiment voyager fasse hôtesse de l’air, Guide du Routard, mercenaire ou Didier Lockwood. Ils en verront du pays ! Pour ses trente ans de carrière, ce violoniste de jazz ouvert à toutes les musiques du monde raconte sa vie et ses voyages dans un livre – Profession jazzman (Hachette Littératures). Dans le même temps, il sort un nouveau disque nommé Globe-trotter (Label Ames)…

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« Récemment, j’étais à la Réunion et, trois jours après, j’étais en Russie »

Globe-trotter : ce titre ne pouvait que piquer au vif routard.com…

C’est sûr. Pendant un temps, nous avons pensé illustrer la jaquette de l’album avec un voyageur portant un violon dans le dos comme le bonhomme des guides… Ce disque est la somme de ce que j’ai pu ramasser comme sensations à travers le monde. Mais je n’ai pas essayé de retranscrire exactement ce qu’est, par exemple, la musique indienne ou le flamenco. Il faudrait une vie pour y arriver. Il s’agit simplement du recueil de souvenirs d’un petit Français qui, au cours de ses voyages, s’est imprégné de parfums, d’odeurs de cuisine, de couleurs…

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LHASA DE SELA 2Interview. Chanteuse américano-mexicaine vivant au Québec et portant le nom de la capitale du Tibet, Lhasa a étonné son monde en obtenant un beau succès grâce à un premier disque de chansons aux teintes sombres. Elle parvient à renouveler son inspiration dans son deuxième enregistrement. Plus coloré, ce dernier se nomme The Living Road. Il est l’œuvre d’une routarde comme on en fait peu.

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« Ma réalité c’est de suivre mon chemin, de voir où il me mène, de vivre l’instant présent »

Vous évoquez abondamment le thème de la route dans votre disque. Quel sens prend pour vous le mot voyage ?

Pas ou peu celui de vacances. C’est la vie qui m’intéresse, pas les vacances. Je ne suis pas dans le schéma social qui consiste à faire des choses que l’on n’aime pas chaque jour qui passe, tout en rêvant d’aller ailleurs pour enfin réaliser ses envies. Ce n’est pas du tout ma réalité. Ma réalité c’est de suivre mon chemin, de voir où il me mène, de vivre l’instant présent. J’ai grandi comme ça. Avec mes trois sœurs, nous vivions dans un bus aménagé. Nos parents étaient des hippies. Ils disaient : « On va faire un tour au Mexique et on va voir ce qui nous arrive. » C’était comme prendre un billet sans retour. Aujourd’hui, je suis toujours dans cet état d’esprit.

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Interview. Journaliste depuis un quart de siècle, Hélène Lee a largement contribué à faire connaître le reggae et les musiques d’Afrique en France. Dans Voir Trench Town et mourir, elle enquête sur le quartier de Kingston où vécut Bob Marley. Un périmètre dans lequel se concentrent la misère, les meurtres « politiques » et mafieux depuis trois décennies. Émergent de cet enfer quelques belles figures de sages rastas.

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« Au départ, les rastas sont des voyageurs, des libres penseurs, des apatrides, des anti-nationalistes »

Votre enquête a-t-elle été difficile ?

Elle a surtout été désespérante parce que c’est une histoire épouvantable et sanglante. Je voulais écrire la suite du Premier rasta [biographie de Leonard Howell, Flammarion, 1999]. Où était passé le mouvement rasta ? À Trench Town et Back O’Wall… Finalement, je suis tombée sur une histoire de politique et de meurtre, un génocide. Cette enquête m’a donné l’occasion de découvrir que l’on peut devenir accro au sang, au mystère, au secret. Tout le temps que j’ai écrit ce livre, je me suis battue contre l’horreur et la fascination. C’est donc un livre très sombre. Il faut le lire en écoutant de la musique…

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Interview. Chanteur, musicien, poète, mais aussi reporter à ses heures, Bernard Lavilliers passe sa vie à sauter d’un pays à l’autre, ne s’immobilisant que le temps de faire un Arrêt sur image – c’est ainsi que se nomme son dernier cd paru chez Barclay. La nouvelle expo de Lavilliers comprend 12 photos en forme de chansons. On y croise notamment des gamins perdus, des truands, des businessmen, des ouvriers et bien entendu des femmes – en fait une seule, la sienne, vue sous différents angles. Tous ces personnages existent : « Je peux mettre un nom sur chacun d’eux ». Lavilliers les a rencontré sur sa route, depuis que ce fils d’ouvrier a troqué le bleu de chauffe contre le bleu du ciel et de la mer. C’est en 1965 qu’il a commencé son long périple, suivant une hôtesse de l’air en partance pour le Brésil. Depuis, il a sillonné l’Amérique centrale, les Caraïbes, l’Afrique, l’Extrême-Orient… Le temps d’une conversation – dans un bar, bien sûr -, il opère avec nous un arrêt sur voyage.

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